Les recettes pour vous faire connaître !

Vous allez me trouver bien curieuse peut-être, mais voilà, je vous livre une question qui me titillait de poser à mes amis peintres depuis quelques temps et qui s’est traduite par une véritable enquête de ma part :

« Comment vous êtes-vous fait connaître ? »

Question intéressante, n’est-ce pas ? Et en bonne copine, je vous fais part des résultats de cette enquête…

Pour se faire connaître : chacun sa stratégie !

Chacun sa réflexion, voici trois témoignages :

J’ai d’abord commencé par Georges, un ami architecte de papa. Georges est un bon vivant qui aime deux choses dans la vie : cuisiner et peindre. A la retraite il s’est tout naturellement remis à peindre (il a fait les beaux-arts à Oran) car c’est une vraie passion pour lui. Son style est traditionnel, figuratif et il peint à l’huile.

Témoignage de Georges.

G. – Ma chère Elisa, la commercialisation de mes peintures ne s’est pas faite d’un coup de baguette magique. Après avoir pas mal pataugé dans toutes les directions, j’ai enfin réussi à trouver « le » créneau qui m’a fait connaître. Comme tu le sais, j’habite une région viticole où sont établies des caves prestigieuses, je me suis mis à peindre tout ce qui avait trait au vin… Tout y est passé : les courbes douces et veloutées des vignes étagées le long des collines ensoleillées, Bacchus en train de festoyer, la lumière jouant sur des bouteilles de vin couleur rubis, les vendangeurs au travail, etc… etc…

Et puis, avec quelques tableaux sous le bras, j’ai commencé à démarcher les cavistes. J’ose à peine te raconter le succès que j’ai eu enfin, après toutes ces années de galère ! Maintenant, ce sont les cavistes qui me téléphonent pour me réclamer de nouvelles expositions car elles leurs amènent beaucoup de monde.

E. – Mais alors, tu t’es enfermé dans un seul thème ! Quelle horreur !

G. – Pas du tout. Les clients qui m’ont acheté ces tableaux m’ont commandé ensuite des portraits de leur famille, de leurs animaux, de leur résidence. Ils sont venus à mon atelier et ils m’envoient d’autres clients.

E. – Bref, tu es un artiste heureux.

G. – Oui, on peut le dire.

Ensuite, j’ai rencontré Isabelle, mariée, mère de trois turbulents galopins et qui s’est spécialisée dans les portraits d’enfants. Elle place ses petits modèles dans un environnement qui reflète au mieux leur personnalité et leurs goûts. Auparavant elle a un long entretien avec les parents pour mieux connaître le caractère des enfants.

Témoignage d’Isabelle.

I. – Pour me faire connaître, j’ai frappé fort ! Je me suis payée un « publi-reportage » dans un magazine d’arts très connu…

E. – Tu peux nous en dévoiler le coût ?

I. – Le publi-reportage s’étalait sur deux pages avec beaucoup de photos de mes tableaux. Il était superbement mis en page et le rédactionnel était très valorisant. Il m’a coûté de mémoire environ 3000 euros.

E. – C’est un sacré investissement !

I. – Il était nécessaire pour que je démarre la commercialisation de mes portraits d’enfants.

E. – Tes clients sont devenus ensuite tes ambassadeurs ?

I. – Oui d’ailleurs c’est comme ça que je les appelle… Mais tu sais, je ne ménage pas ma peine, car je fais une sorte de « newsletter » pour les tenir informés régulièrement de mon activité artistique. De plus, je continue à déposer des petites publicités dans les maternités et sur le comptoir des magasins de jouets.

Mon frère (qui ne me lâche jamais…) s’est intéressé à mon enquête et s’est proposé de me faire rencontrer l’un de ses copains Jérôme. J’ai tout de suite adoré le style de Jérôme qui me fait un peu penser aux œuvres de Basquiat. Il peint d’immenses fresques à l’acrylique. Ses peintures dénoncent les agressions de notre vie actuelle.

Témoignage de Jérôme.

J. – Amusant ton enquête. Et je ne te surprends pas si je te dis qu’il n’y a pas « une » façon de se faire connaître, mais plein de façons… Pour ma part, je suis né avec un ordinateur greffé au bout des doigts, alors j’y vais à fond sur la toile !

E. – Explique-toi…

J. – Un copain m’a filmé en plein travail et j’ai mis la vidéo sur Youtube. J’utilise aussi les réseaux sociaux comme Facebook, Viadeo, Linkedin, Twitter…

E. – Qu’est-ce que cela t’a rapporté ?

J. – J’ai été remarqué par un galeriste en Belgique qui m’a proposé une exposition.

E. – Une vraie ?

J. – Une vraie de vraie… Pas une exposition avec une location de murs à ma charge, si c’est ce que tu veux dire. Je n’ai rien eu à débourser. Tous les frais ont été pris en charge par le galeriste qui croit en ce que je fais. Tout a été payé par la galerie : frais d’inauguration, d’affichage, d’invitations, de dossiers de presse. Le jour du vernissage, j’ai vendu 4 fresques.

E. – Et ensuite ?

J. – J’ai laissé en dépôt quelques œuvres car le galeriste a un carnet d’adresses bien fourni et il va proposer mes fresques à des clients qui n’ont pas pu assister à mon expo. J’estime que c’est un beau début, mais j’ai bien conscience que je ne peux pas vivre uniquement de ma peinture et qu’il me faut une activité salariée en parallèle. Néanmoins, je considère cette expérience comme très positive.

A suivre…

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11 commentaires pour “Les recettes pour vous faire connaître !”

  1. Aurélie dit :

    Sur la pointe bretonne, ce système ne fonctionne absolument pas. Si tu ne fais pas QUE du bateau, de la mer, des phares, tu ne vendras strictement RIEN !

    Même le marché de la carte postale est touché, j’ai vu un représentant de cartes dépité, remballer toutes ses cartes de paysages champêtres ou d’églises. J’ai été à la mer, je veux des bateaux, voilà le refrain du touriste moyen.

    Pour ce qui est de la peinture, les gribouillages de bateaux avec 2 ou 3 gouttes d’aquarelle pleuvent tellement dans les galeries du coin qu’on ne sait plus quoi en faire. Marché saturé…

  2. Véronique dit :

    Avec des amis artistes nous avons crée une association qui a 11 ans plus de 70 adhérents.
    Nous organisons des expo individuelles et collectives, les seules conditions pour faire parti du collectif : être en Bourgogne, faire des œuvres de qualités.

    Nous exposons dans des lieux prestigieux de notre régions la Bourgogne.
    Notre dernière exposition collectives intitulé « Grand Formats » vient de ce terminer au musée d’Auxerre plus de 2000 visiteurs en deux mois.

    Cela me coute que 25 € a l’année.
    Je refuse de payer pour exposer dans une galerie, je reçois régulièrement des propositions, une publication très renommé ma proposé un publireportage pour 2000 € soit disant un prix très attractif. J’ai décliner son offre généreuse.
    Je suis affilié à la MDA.
    Les gens ont trop souvent l’impression que nous vivons de l’air du temps. Nous nous organisons, nous aidons ceux qui ont du mal et qui débute a montrer leur travail.

    A plusieurs ont n’est plus fort.

  3. roiseux dit :

    ECHANGE ILE DE FRANCE CONTRE ILE DE GROIX
    Un mot pour Aurélie. Je vis dans le sud de l’ile de France et mon sujet de prédilection : l’océan, les ciels tourmentés de la cote bretonne, les tempêtes bref, la mer dans tous ses états, à l’acrylique et à l’huile, figuratif souvent, abstrait parfois, je ne suis pas sectaire. J’ai démarché des galèristes (ceux qui te font vivre une vraie galère) parisiens et des Yvelines mais me suis vue opposer une fin de non recevoir. Sur Paris même, il faut faire dans le contemporain donc installations ou abstrait type tâches de couleurs et bonhomme bâton, c’est la tendance des 3/4 des galeries. Dans les Yvelines, il faut des forêts, des églises (tu trouverais ton bonheur), des scènes de chasse, des villages de la vallée de Chevreuse, des chevaux, des poules c’est bien aussi… J’ai demandé à des galeries ce qui « péchait » dans mes tableaux, les réponses sans appel : « On ne prends que des grands formats, vos cadres sont trop classiques (damned, ils sont de chez Label art ), pas de marines.
     » Et pourquoi ? les gens n’aiment pas les marines ? Il n’y a pas de demandes ?  »
     » SI, il y en a mais on ne fait pas »;
    Exit donc les marines en « Ile » de France comme exit les villages et églises en Bretagne.
    Clairement, les marines c’est au bord de la mer et puis c’est tout.
    Les volcans, c’est pour les galeries auvergnates, les vignes en Bourgogne et dans le Bordelais…
    Ce n’est pas la loi du marché, c’est le marché formaté par les galeries.
    Alors, on fait quoi ? Aurélie fait des bateaux stylisés qui encombrent les galeries portuaires et Alta fait dans les arbres et les équidés ou fait peindre sa prochaine oeuvre par la queue d’un âne ?
    je préconise de rester sur les thème et styles qui expriment notre personnalité, qui correspondent à notre envie, à ce que nous sommes et d’envoyer paître les « tendances » éphémères et créées bien artificiellement, être soi à un prix auquel il ne faut pas renoncer sauf à faire ce qui nous ressemble pas et à renoncer à sa passion.
    La peinture c’est comme la mode même si l’art ne devrait jamais composer avec la loi du marché, c’est ainsi. Il y a eu la mode africaine, il fallait faire dans la savane et les villageoises en tenues colorées, la mode coquelicots (oups, pardon Elisa je sais qu’il y a un blog pour apprendre à les faire mais bon…), en ce moment sur Paris c’est l’urbain made in USA si possible et le home déco et séries made in china de la grande distribution ne sont pas en reste, il y a une petite percée de l’art animalier, des chiens et chats en costumes d’époques pour les initiés, demain à voir…
    bref, si l’on veut rester fidèle à soi même, il faut « ramer » Aurélie en Ile de France ou en Ile de Groix et espérer que les vents changent. ALTA

  4. Paule belot dit :

    Site web pas fini, entre abstrait et finement figuratif, travail sur le mvt du cheval et puis l’art pariétal qui me poursuit avec toutes ces pierres que je peins, que je donne, que j’accumule, cette expression j ne l’ai vue nulle part ailleurs mais j’aimerai tellement vendre et connaitre la reconnaissance. Mais trop introvertie j ne bouge pas et j peins : acrylique sur un peu tout support, j’aime aussi les grès surfaces ds lesquelles j me fonds bises Elisa

  5. elisa dit :

    Paule n’abandonnez JAMAIS ! battez vous, avec vos pinceaux et votre expression picturale
    je vous recommande de lire la biographie de cette femme formidable qui, seule contre tous n’a jamais abandonné
    http://www.youtube.com/watch?v=ou0EOcpdJm4

    bon courage en tout cas !

    Elisa

  6. Muriel Soriano dit :

    excellente Frida, et il faut toujours continuer , on peint pour soi, pas pour les autres, alors les petits bateaux, si ça fait plaisir…ok, si non, y a autre chose je crois !

  7. SYLVIE PASCAL dit :

    Lecture de cet article avec du retard, mais j’avoue que cela fait plaisir de lire tous ces messages. Je fais du pastel en amateur, j’ai crée mon blog, j’ai exposé dans un restaurant (une vente en 1 an!!!) et surtout vendu des pastels à des amis. Juste de quoi me racheter du matériel, mais un réel plaisir de créer et d’avoir fait plaisir à des personnes que j’estime et à une inconnue! Pour moi c’est juste du bonheur de créer, si je peux le partager c’est le bonheur total !

  8. elisa dit :

    Merci mille fois de vos commentaires. Et oui ! Vendre n’est pas une sinécure … Bon courage pour vos prochaines expositions et n’hésitez pas à partager vos oeuvres sur notre page facebbok … :-)

  9. joël dit :

    Très intéressant cette petite enquête, pour ma part et comme le dit Véronique, je pense que la première façon pour faire connaître son travail et ainsi vendre ses oeuvres passe le biais d’associations qui organisent des expositions. Je suis président d’une association en Normandie qui s’appelle les peintres du bocage et nous réunissons chaque année environ 80 artistes. Flers (61100). N’hésitez pas à venir nous voir pour découvrir de très belles peintures et sculptures au mois de novembre.

  10. Crayon lunaire dit :

    Article très intéressant. J’ajouterais qu’il est plus facile de percer loin de chez soi. Les réseaux sociaux deviennent alors des alliés incontournables.

  11. bahloul dit :

    Chacun à sa stratégie serte, il y a plusieurs facteurs :
    1- Création de passerelles entre les beaux et les autres domaines « littérature, philosophie, architecture, sciences »
    2- Préparer de futurs consommateurs de l’esthétique
    3- Environnement de culture d’esthétique
    4- Un vrai marché de l’art
    En tout cas, l’artiste peintre algérien soufre énormément de tous, c’est une vision par apport à l’Algérie.

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