Tu sais moi … la peinture

Oh ... moi la peinture ....

Oh ... moi la peinture ....

Souvent mes amis et bien d’autres personnes avec qui je converse sur l’art, me disent « tu sais, moi, je n’y connais rien ». Pareil lorsque je leur demande un avis sur ma peinture ou une œuvre d’un autre artiste.

Depuis quand faut-il être musicien pour apprécier la musique ! Cuisinier pour apprécier de bonnes recettes ! Cinéaste pour apprécier le cinéma ! Couturier pour apprécier la mode !

Peintre pour apprécier la peinture !!

Ma petite nièce qui démarre une année de préparation aux écoles d’art part en Espagne avec sa classe. Je lui demande, puisque sa classe va à Madrid : « Vous allez voir le célèbre tableau de Picasso, Guernica ? ». Elle me répond : « Peut être, mais tu sais moi Picasso, je n’aime pas ; Enfin je dis ça mais je n’y connais rien en peinture » !!!

Comme si elle venait de faire affront à l’Art en émettant cet avis. Comme si face à la célébrité de cette artiste et aux éloges qu’on lui accorde, son appréciation ne valait rien.

Aimer un tableau est affaire de sensibilité. Pas besoin de connaître l’histoire de l’art, ou de maitriser les techniques pour émettre un avis qui sera que subjectif et personnel.

Depuis nombres d’années, les critiques d’art, les galeristes et bons nombres d’artistes se sont accordé ce privilège : celui d’avoir le seul droit et le bon gout pour juger de ce qui est beau ou laid en matière d’art.

Quelle prétention !!

Et le pire c’est que l’on consent par éducation à ce mode de pensée.

Moi je dis, nul besoin d’être cultivé, érudit, féru d’art ou d’être peintre, pour exprimer un avis, et heureusement.

Que chacun dise ce qu’il pense sans honte ni complexe, en toute humilité, avec son cœur et son âme.


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4 commentaires pour “Tu sais moi … la peinture”

  1. Roy dit :

    Il y a tellement eu de théories sur l’art, les artistes, les mouvements artistiques que les gens en oublient l’essentiel : l’art c’est une question de sentiments. Dans la honte des gens qui n’aiment pas Picasso, j’entends qu’il y a une part « d’ignorance », le « après j’y connais rien ». J’ai l’impression que c’est une double faute qui est sous-entendu, la première est de ne pas aimer alors qu’on devrait (parce que les spécialistes disent que Picasso c’est bien), et l’autre d’avouer que si on n’adhère pas, c’est à parce qu’on ne connait pas ou peu tout l’histoire de l’art. Ce qui est bien dans l’art c’est qu’il ne s’adresse pas uniquement à une seule catégorie de personne. Les artistes créent pour eux-même et pour toucher la sensibilité des gens, les spécialistes apprécient l’art à leur niveau mais celui-ci n’est aucunement supérieur à celui d’un amateur qui visite une exposition occasionnellement.

    C’est bien d’avoir rappelé via cet article que l’art ne s’adresse pas à une élite mais qu’il se veut le plus universel possible.

  2. elisa dit :

    Merci Roy, tu as compris effectivement que la peinture doit être ouverte à tous !

    Je suis allée le we dernier en famille à St Paul de Vence, temple de l’Art. J’ai parcouru avec gourmandise tout ce qui existait sur le thème …

    je suis entrée dans une galerie réputée, accompagnée de mes enfants. La toile qui m’intéressait (dans les bleus type Chagall) était vendue 27 000 euros ! Mes enfants se sont approchés d’une sculpture, une poupette rouge et or gigantesque, au doux prix de 43 000 euros ! (on a des goûts de luxe dans la famille).

    Bref, la galeriste tout au long de notre longue visite a été CHARMANTE, ouverte, souriante, nous parlant des artistes avec passion. J’ai trouvé son regard vrai, dans le respect de tous.

    Quelques mètres plus loin, je suis immédiatement attirée par un portrait de femme peint sur toile … le regard de cet femme est fascinant … Encore du bleu et un aspect fantasmagorique qui me fait penser à une peinture vaporeuse, mystérieuse … Envoutée par ce regard d’acier, je me dirige vers la porte. Je vois un type et mon regard frôle le sien. Il se tient assis, dans sa galerie VIDE, vide de tout, d’âme, d’amour, de passion … Cela me glace (je suis très sensible aux énergies). La main sur la porte, il me suffit d’une nanoseconde pour la retirer immédiatement. Je ne peux décidément pas entrer dans la galerie.
    je m’apprête à faire demi-tour tant je suis saisie par ce regard d’un mépris caractérisé.
    Hélas mes enfants, innocents, attirés par des statues équestres ont déjà saisi la poignée. Je n’ai que le temps de leur dire « Non !!! » que cet énergumène se lève, traverse d’un pas vif la galerie et sans un mot, saisi mes deux têtes blondes et les jette dehors ! Puis referme la porte …
    Que faire ? Hurler ou tourner les talons …
    Je décide de garder mon calme habituel mais avant de partir, je me dirige à nouveau vers sa porte vitrée, toque délicatement et plonge mon regard dans le sien en applaudissant lentement de longues secondes. Cette fois, ce type ressent de la gène … Et moi une certaine victoire car mon regard signifie un vrai « pauvre type » (pour être polie).

    Dans cette histoire véridique et objective se dessinent deux types de galeristes : ceux qui aiment leur métier et les autres. Les affables, les soit-disant bobos qui savent et qui méprisent le « peuple » que nous formons, qui ne voient en leur client que des dollars sur pattes. Tu as la tête de l’emploi, tu dégaines vite et bien et tu affiche ta fortune, tu transpire l’ostentation ou tu dégages !!!
    Et malheureusement, quand je parle de ce métier à mes amis, qui baignent dans ce milieu, beaucoup reconnaissent ce « mépris » des initiés, et cet air désagréable affiché en permanence par ce type de catégorie.

    Nos galeries sont vides, elles n’inspirent pas au partage tout simplement !

    Évidemment, elles ne se substituent pas aux musées, elles existent pour vendre. Mais au-delà, ce métier n’est pas celui d’un simple commerce ! Il faut détenir quelques clés pour se prétendre vendeur d’Art !

    Voyageant au Canada, je discutais avec l’un des galeristes les plus connus de Montréal et lui disais à quel point son accueil était chaleureux ! et qu’en France, j’étais désespérée de constater tant de mépris chez nos galeristes. Il me disait que c’était l’une des cartes à jouer au Quebec car l’Art n’est pas encore apprécié à sa juste valeur, que les afficionados ne sont pas au rendez-vous et que par conséquent, il fallait être ouvert à tout public pour forger le regard, affiner les goûts et tout simplement attirer le public.

    Force est de constater que mon type aigri et méprisant devrait se prendre un aller simple pour Montréal et y rester quelques années, ça lui ferait le plus grand bien !

    😉

    à bon entendeur !!!!

  3. Hélène Bousquet dit :

    Je suis québécoise et j’aime te lire .Bravo !

  4. elisa dit :

    :-)
    Et moi donc ! ça fait rudement plaisir !!!!

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