De l’utilité de peindre en groupe

Il y a quelques temps, je vous avais parlé du sentiment lié à une attitude nous laissant dubitatifs et déconcertés, attitude qui peut envahir notre esprit et freiner nos élans artistiques.

Il n’est pas facile de relativiser et de percevoir nos progrès. On est plus attentif parfois à nos lacunes, nos défauts qu’à nos qualités. L’autocritique est parfois dévastatrice. Quand l’auto critique conduit à une dépréciation de son travail, il est dur avec de telles pensées de trouver la motivation pour continuer. A ce stade critique, on se dit que l’on est mauvais, que l’on y arrivera jamais, et que l’on sera nul éternellement.

Comme je l’avais expliqué, le doute est inhérent à notre cheminement artistique. Il faut trouver alors de nouvelles sources de motivation et de réconfort pour à nouveau continuer. Et si cet élan de positivisme et optimisme ne vient pas de nous, il faut aller le chercher ailleurs !

En toute curiosité, et avec ma soif d’échange et partage, j’ai visité ces derniers jours un atelier de peinture. Je fais ça d’ailleurs assez souvent. Il y avait là tout un groupe de personnes fort sympathiques en pleine concentration et exercice. C’était un réel plaisir de les voir peindre, présenter leurs travaux sans complexe, et d’entendre mots et compliments pour valoriser les œuvres des collègues. Oui, c’était vraiment agréable de les entendre apprécier le travail des autres. Je pense que la solution est là. Rester à la maison, s’isoler n’est peut être pas bon ! Il faut l’avouer, on se sent valorisé, compris, et aimé, lorsque que l’on reçoit de bons éloges sur nos tableaux. C’est notre côté un peu mégalo, à nous autres artistes.

Notre souci de communiquer et s’exprimer, est un gros besoin de reconnaissance, d’attention ou d’amour. Rejoindre un groupe, un atelier répond à cette attente là. Car (à moins de tomber sur un clan de grincheux coincés et aigris ; imaginez le tableau !), vous aurez la chance de partager votre Art avec des gens ouverts et chaleureux, rassemblés autour d’une même passion. Et là, en montrant ses œuvres, on s’aperçoit, au delà de notre propre jugement souvent trop sévère, que ce que l’on fait plait.

Peindre en groupe a aussi d’autres intérêts. Vous pourrez ainsi puiser à volonté dans les connaissances des uns, vous inspirer des autres, collaborer pour trouver des solutions techniques et des conseils avisés. Le travail en équipe, ou juste en collectivité sera un nouveau moteur pour votre progression. Je pense à tous ces groupes de peintres qui ont écrit l’histoire de la peinture. L’impressionnisme fourmille de ces petits groupes, dans lequel chaque peintre, en s’inspirant des techniques, des innovations et découvertes des autres ont su progresser et s’affirmer une nouvelle identité.

Et si rejoindre un atelier, un groupe d’ami peintre ne vous séduit pas, ou vous est impossible, par manque de temps libre, par timidité ou complexe, il y a encore d’autres petites solutions. Aujourd’hui sans se déplacer, sans sortir de chez soi, on peut avoir des amis et échanger grâce à internet. Et des sites communautaires, il y en a d’autres, pour montrer son travail, recevoir des avis, partager tout simplement. Ce blog en est la preuve)))))

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6 commentaires pour “De l’utilité de peindre en groupe”

  1. anne marie tran dit :

    Il est vrai qu ‘il nous faut MONTRER ce que l ‘on fait mais montrer à qui ? Si l ‘on est fragile et indécis , le regard de l ‘autre qui serait restrictif risque de vous démolir . montrer cependant . Dans un groupe forcément on montre ce que l ‘on fait et on voit le travail des autres Mais ce groupe a été choisi , on y est . Le GROUPE peut aussi vous restreindre , étouffer même un germe et un  » animateur  » aussi . mon avis . on le choisit comme le groupe . Je trouvais moi , très gai de peindre avec les autres . Il y a un effet énergétique mais il y a des choses que si on n ‘était pas SEUL , on n ‘aurait pas fait et JAMAIS découvert . C ‘est étrange . il y a à la fois apport par la présence des autres et apport insoupçonné de soi ; mon avis, mon expérience . Pas de règles .

  2. elisa dit :

    Je comprends ce que vous voulez dire. J’avais eu l’occasion d’interviewer une chanteuse qui m’avait expliqué que l’artiste était solitaire. La solitude était liée au fait qu’il avait besoin de calme et de silence et que sa musique il la puisait en lui. Cette recherche de solitude était selon elle une force. Mais comme elle me disait, il fallait aussi que l’artiste s’inscrive dans une recherche d’approbation de ceux qui écoutent sa musique. L’interdépendance existe. Il faut être solide pour montrer son travail aux autres, on peut aussi se sentir seul face au groupe. Mais qui n’a jamais cherché le soutien de ses pairs ? Un choix difficile.
    Personnellement je pense que « je suis les liens que je tisse avec les autres » (Jacquard). « Je suis », certes mais les liens que je tisse sont indispensables à mon équilibre.
    Caroline de Label Art

  3. Anne - Marie Tran dit :

     » Les liens que je tisse sont indispensables à mon équilibre  » dîtes vous . Le mot tisse est beau . Je trouve votre réponse aujourd ‘hui . Un mois a passé . Les tableaux ont séché , eu le temps et, à regarder les premiers réalisés , accrochés , toute une suite dans l ‘escalier , un jour sans soleil pourtant , le café n ‘a pas brûlé, le micro onde failli , pas de café mais aujourd ‘ hui alors que ce sont d’autres que je montre et exposerai peut être, ces tableaux me paraissent beaux , répondant au temps ? et complètement sortis de ma tête !

    Mais, puisque vous me répondiez, je profite pour vous demander conseil bien que je sois sur twitter ; Tant pis ! j ‘ai un problème avec ces tableaux justement . Je voudrais les protéger car le matériau utilisé est fragile . J ‘aoi OSE . Peintures gestuelles, réalisées avec un mélange de colle à tapisser et de pigments colorés , puis – je les vernir, avec quoi ? Quelque chose de léger, un fixatif en bombe comme pour pastel et fusain ou un vernis à appliquer au pinceau ? J ‘hésite pour ma commande mais je peux demander conseil à label art même , je crois l ‘avoir déjà fait pour des cimaises .

    Cordialement
    anne marie .

  4. elisa dit :

    Bonjour et merci

    Qu’avez-vous utilisé comme peinture, comme matériau de collage?
    Ne sachant ce que vous avez utilisé exactement, je vous suggère un vernis gras.
    Pour vos prochaines toiles, je vous recommande vivement l’emploi de gels acryliques ou de Binder pour le travail d’incorporation pigmentaire.
    Gels acryliques Talens par ex ou le Binder de Lefranc & Bourgeois.
    Pour découvrir les gels acryliques Label Art, c’est ici : http://www.label-art.fr/c1079-Gessos-gels-et-vernis-acrylique
    Bonne journée

  5. Anne - Marie Tran dit :

    Bonjour Elisa
    Merci de m ‘avoir répondu , mais je me trouve un peu perdue avec ces médias . Je crois que vous n ‘aviez pas compris que les premières toiles, une série heureuse et libre, avaient été réalisées, peintes si on peut dire , ou plutôt que sur les toiles , un geste coloré s’exprimait , à la main, et avec tout simplement une pâte légère, visqueuse , faite de colle à tapisser diluée donc à l ‘eau , à la quelle je mélangeais directement des poudres acryliques . Un travail rapide , par brossages et léger . C ‘est ce travail séché depuis longtemps que je voudrais FIXER . Avec quoi ? Un vernis gras , dîtes vous , Je n ‘en trouve pas référencé . je trouve des vernis mats, brillants ou satinés liquides tous .

    C ‘est dans un stage que j ‘avais utilisé cette colle comme média , pour sa qualité tactile , une matière visqueuse qui s’étend facilement ,
    en glissant . Le support était le papier, je préfère la toile et par dessus on peignait à la gouache .( les yeux fermés ! ) Résultat prodigieux . La gouache est bon marché, cet  » enduit – colle  » aussi ( type Mehlan , la colle à tapisser ) J ‘ai chez moi remplacé la gouache par des pigments que j ‘avais et aimais . Mais l ‘essentiel , la liberté du geste et la trace laissée. J ‘ai voulu transposer …

    Le gel Talens par exemple que vous me suggérez est cher et conditionné en tube , quatre fois plus cher que la peinture acrylique elle même . 15 euros pour un tube de 250 ml . L ‘essayer ? l ‘acheter en gros ? Mais est il fluide , une gelée fluide et incolore ? J ‘ai esssayé le gessao ; Il est pâteux et blanc . Convient à des fonds , j ‘en ai acquis trois litres ! que vais je en faire ? Il faudrait pouvoir tester les matériaux . Il peut évidemment recevoir des impressions au pigment mais actuellement je peins directement avec le tube ou le flacon de peinture acrylique sans utiliser de palette , la toile est la palette . Mic mac .

  6. elisa dit :

    Bonjour

    Pour répondre à votre question, nous vous suggérons déjà pour la suite d’utiliser un liant acrylique de type Binder plutôt qu’une colle à papier peint et pour la consistance d’ajouter plus ou moins d’eau selon ce que vous recherchez.
    Ensuite et par dessus quand on peint à l’acrylique, on peut, sans souci, et pour finir utiliser n’importe quel vernis.
    Dans votre cas précis, le souci est surtout d’avoir fait des touches de pastel. Sans pastel n’importe quel vernis faisait l’affaire. Là, pas le choix, vous devez prendre un vernis en bombe (mat, satin, ou brillant, il y a le choix).
    Procédez au vernissage par un premier voile histoire de fixer surtout le pastel sans trop le « noyer », puis un second voile plus généreux après séchage.
    Vous devez savoir qu’inévitablement un fixatif ou un vernis en bombe va altérer la couleur du pastel, effacer considérablement les touches de pastel blanches et de valeurs très claires.
    Le mieux dès que vous utilisez le pastel, c’est d’encadrer votre oeuvre sous-verre en guise de protection.
    Pour finir, nous vous invitons à découvrir dans quelques semaines le billet sur l’utilisation des pigments que nous sommes actuellement entrain de mettre au point.

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