L’indispensable terre d’ombre naturelle

Ce mois-ci, voila un petit cours théorique sur une couleur indispensable à notre palette :

On vous dit tout sur la terre d’ombre naturelle

« L’ombre naturelle, est une terre, donc un pigment naturel, qui a toujours figurée sur les palettes des maîtres anciens. C’est un brun très doux, chaud. Ce pigment n’est pas couvrant. Il ne faut surtout pas le confondre avec sa version brûlée, la terre d’ombre brûlée. C’est une couleur que l’on va associer à d’autres pour produire des effets précis. A l’inverse des impressionnistes, des fauves et autres peintres qui recherchent une pureté des couleurs et à exploiter leur vivacité, leur fraicheur, jusqu’à les saturer, la terre d’ombre naturelle conviendra aux peintres qui recherchent à ternir et rabattre leurs mélanges. Le noir salit trop les couleurs et les foncent en produisant des mélanges peu heureux, jusqu’à transformer les jaunes en vert par exemple. Les bruns aussi sont trop puissants et dénaturent aussi les couleurs. Une petite pointe d’ombre naturelle va « calmer » le jeu sans transformer la valeur de base. Un jaune restera jaune etc.
Les mélanges ainsi obtenus permettront d’obtenir des couleurs plus ternes, salies, mais « proprement salies ». Les mélanges donneront des valeurs chaudes.
Sur cette photo, à partir de couleurs franches en base nous voyons l’effet obtenu par adjonction de cette terre ».

 


« Le blanc donne un gris chaud. Quand aux autres couleurs, on perçoit la différence entre les valeurs franches et les valeurs ternies avec l’ombre, sans trop les foncer ».

Voici un rendu avec adjonction de terre d’ombre naturelle dans un tableau

« Cette terre peut être utilisé en toute fin d’exécution pour ternir, toujours, mais aussi donner un côté vieilli au tableau. Pour cela il faudra l’utiliser en glacis. Du médium à glacis avec un peu de cette couleur produira cet effet. Suivant la quantité de couleur adjointe au médium on varie l’intensité du usé-vieilli. Sur ces deux photos, en 1 on a le tableau brut, en 2 une partie vieillie avec un glacis peu chargé en ombre naturelle, et en 3 avec un glacis plus concentré en ombre naturelle ».

« On perçoit nettement l’aspect « ancien » produit avec cette terre, tout en conservant la chaleur du sujet. De plus, avec cette méthode de glacis, toutes les couleurs se retrouvent raccordées sous une couleur commune, créant ainsi une unité de l’ensemble et une harmonie supplémentaire au sujet. »

 

Cette méthode me rappelle mon papa qui vieillissait ses meubles avec de la cire teintée. Et à en juger par cette démo, sa cire devait contenir de la terre d’ombre naturelle.

La terre d’ombre naturelle est déclinée aussi bien en peinture à l’huile chez Rembrandt par exemple qu’en acrylique chez Liquitex, en aquarelle chez Winsor & Newton.

facebooktwitterpinterest

3 commentaires pour “L’indispensable terre d’ombre naturelle”

  1. Delizy marie Louise dit :

    cet article sur l’utilisation de la terre naturelle a été une révélation ! Je me bats depuis si longtemps avec la notion de couleur « salie » propre, surtout dans certains paysages. J’aime bien ce que vous faites et vos C D de démo m’ont été bien utiles quand j’ai commencé à peindre pour mon plaisir.

  2. elisa dit :

    Merci beaucoup pour ce message !
    Elisa

  3. anatolie dit :

    J ‘ai me les couleurs franches et serais plutôt fauve, abstraite en tout cas mais l ‘utilisation et le mélange des couleurs primaires avec cet ombre naturelle me séduit et de le voir ! Je vous remercie de ces explications à champ ouvert et de donner échantillon et références . J ‘ai adoré le bleu obtenu et le violet et cela me donne envie de tester . Liquidex vous dîtes en acrylique . Merci

Laisser un commentaire