Archive pour la catégorie ‘Acrylique’

L’indispensable terre d’ombre naturelle

mardi 24 mars 2015

Ce mois-ci, voila un petit cours théorique sur une couleur indispensable à notre palette :

On vous dit tout sur la terre d’ombre naturelle

« L’ombre naturelle, est une terre, donc un pigment naturel, qui a toujours figurée sur les palettes des maîtres anciens. C’est un brun très doux, chaud. Ce pigment n’est pas couvrant. Il ne faut surtout pas le confondre avec sa version brûlée, la terre d’ombre brûlée. C’est une couleur que l’on va associer à d’autres pour produire des effets précis. A l’inverse des impressionnistes, des fauves et autres peintres qui recherchent une pureté des couleurs et à exploiter leur vivacité, leur fraicheur, jusqu’à les saturer, la terre d’ombre naturelle conviendra aux peintres qui recherchent à ternir et rabattre leurs mélanges. Le noir salit trop les couleurs et les foncent en produisant des mélanges peu heureux, jusqu’à transformer les jaunes en vert par exemple. Les bruns aussi sont trop puissants et dénaturent aussi les couleurs. Une petite pointe d’ombre naturelle va « calmer » le jeu sans transformer la valeur de base. Un jaune restera jaune etc.
Les mélanges ainsi obtenus permettront d’obtenir des couleurs plus ternes, salies, mais « proprement salies ». Les mélanges donneront des valeurs chaudes.
Sur cette photo, à partir de couleurs franches en base nous voyons l’effet obtenu par adjonction de cette terre ».

 


« Le blanc donne un gris chaud. Quand aux autres couleurs, on perçoit la différence entre les valeurs franches et les valeurs ternies avec l’ombre, sans trop les foncer ».

Voici un rendu avec adjonction de terre d’ombre naturelle dans un tableau

« Cette terre peut être utilisé en toute fin d’exécution pour ternir, toujours, mais aussi donner un côté vieilli au tableau. Pour cela il faudra l’utiliser en glacis. Du médium à glacis avec un peu de cette couleur produira cet effet. Suivant la quantité de couleur adjointe au médium on varie l’intensité du usé-vieilli. Sur ces deux photos, en 1 on a le tableau brut, en 2 une partie vieillie avec un glacis peu chargé en ombre naturelle, et en 3 avec un glacis plus concentré en ombre naturelle ».

« On perçoit nettement l’aspect « ancien » produit avec cette terre, tout en conservant la chaleur du sujet. De plus, avec cette méthode de glacis, toutes les couleurs se retrouvent raccordées sous une couleur commune, créant ainsi une unité de l’ensemble et une harmonie supplémentaire au sujet. »

 

Cette méthode me rappelle mon papa qui vieillissait ses meubles avec de la cire teintée. Et à en juger par cette démo, sa cire devait contenir de la terre d’ombre naturelle.

La terre d’ombre naturelle est déclinée aussi bien en peinture à l’huile chez Rembrandt par exemple qu’en acrylique chez Liquitex, en aquarelle chez Winsor & Newton.

Comment peindre de la fumée ?

lundi 16 mars 2015

Une de mes amies peintres a réalisé un tableau représentant la silhouette d’un visage d’homme sur fond noir, fumant une cigarette. Elle a eu beaucoup de mal à rendre cet effet de fumée sur ce fond mais ne s’en est pas trop mal sorti. C’est costaud à produire cette fumée, que ce soit de cigarette ou d’un plat qui sort du four ou bien encore d’une tasse de café. Ça m’a donné l’idée de demander à notre spécialiste Roland de nous préparer un petit tutoriel sur ce sujet. Voila son cours.

Comment peindre de la fumée ? Notre tuto pas à pas

« On va déjà peindre deux surfaces, l’une en gris foncé et l’autre en gris très clair. Ceci pour voir comment produire cet effet sur un fond sombre ou un fond clair. »

 

« Première étape, on place sur nos fonds encore frais,  des masses plus moins denses, de couleur gris moyen. Au départ de la fumée, ces masses seront fines puis gagneront en espace en remontant. A noter que sur le fond encore frais, il faut travailler plus en pâte pour poser ces masses, avec une brosse très souple. »

 

« Ensuite, avec une brosse plate en martre ou kevrin, donc très souple, et propre, on va fondre ces masses avec le fond pour créer un effet de flou. C’est ce « floutage » qui donne l’impression de fumée. »

 

« On pose ensuite par endroit, avec plus de finesse, des rehauts de blanc sur le fond foncé, et inversement, des rehauts de gris plus soutenu sur le fond clair. Ces rehauts donneront par endroit plus de densité à notre fumée. »

 

« Idem, on floute ces rehauts et l’opération est terminée. Sur un fond coloré, il est évident qu’il faudra travailler les masses dans la même couleur, légèrement grisée, avec des valeurs différentes. Par exemple si le fond est bleu foncé, la fumée sera bleu-gris clair, et si le fond est vert clair, la fumée sera gris-vert foncé.»

Rapide et efficace comme d’habitude. C’est simple mais je pense que le placement des masses et leur graphisme demande un peu d’expérience. Je vais essayer au plus vite.

Merci pour ce tuto Roland.

Voir tous nos tutos videos sur notre chaîne YouTube : LabelArt Video

 

 

Comment réussir à peindre une nature morte ?

lundi 9 mars 2015

Connaissez-vous la chaîne YouTube de Label Art ? Pour apprendre, découvrir et travailler sur de multiples sujets, chaque mois nous vous proposons un cours de peinture ou de dessin. Artistes débutants, amateurs ou confirmés, nous traitons tous les niveaux. Voici l’un de nos cours les plus regardés, et commentés. Retrouvez ici tous les ingrédients pour réussir votre salade de tomates, presque « à croquer véritablement » tant les jeux d’ombres et de lumières rendent cette nature morte tout à fait saisissante.

Le matériel beaux-arts

Pour cette leçon, nous utiliserons de l’acrylique Liquitex, des brosses Isabey, un châssis pour toile en coton Label Art numéro 8 figure, ainsi qu’une palette Clairefontaine.

Tous ces produits sont choisis par Label Art pour leur qualité professionnelle.

Commençons par le dessin

J’utilise pour le dessin un crayon HB Faber-Castell.

 

La création des fonds

Le dessin terminé nous allons passer à la peinture et placer nos fonds.

Je commence à appliquer un premier jus de peinture vert clair. Un vert légèrement kaki composé avec du vert de Hooker, de l’ocre jaune, du blanc, de la terre de sienne brûlée. Vous remarquerez que je ne cherche pas à obtenir un vert uniforme de manière à obtenir une surface animée.

Le grand avantage de travailler avec de l’acrylique : le matériau sèche très vite.

On va pouvoir retravailler dans le fonds sans détremper la première couche pour garnir d’avantage et commence à matierer.

Le but est d’obtenir un effet de peinture craquelée vieillie.

Pour le premier plan, je compose un petit ton bois avec du blanc, de l’ocre jaune, de la terre d’ombre brûlée et de la sienne brûlée.

Je poursuis et compose un ton bois plus foncé sur le premier plan et passer quelques touches de ce ton dans mon fonds vert comme pour faire ressortir des parties de bois là où la peinture s’est écaillée.

On continue le travail du fonds avec du noir et de la sienne brûlée, l’objectif étant de « salir notre surface » pour donner l’illusion d’un vieux bois.

On va procéder de la même manière sur le premier plan en garnissant d’avantage notre couleur.

Nous allons à présent poursuivre le travail sur le fonds avec une brosse fine pointue à former tout un jeu de craquelures.

On remarquera que pour équilibrer la composition, je vais concentrer le travail de fissures et d’écaillage de la peinture dans une partie de l’œuvre où justement il ne se passe rien.

Je peins quelques petits trous à la pointe de mon pinceau. C’est ce genre de petits détails qui vont apporter beaucoup de réalisme à notre sujet.

 

Etape suivante : le travail de la feuille de papier froissé

 

Avec du blanc chargé d’un peu d’ocre jaune, je reprends les contours. Toujours avec la même couleur chargée avec de la terre d’ombre brûlée et un peu de noir, je vais ombrer ma feuille de papier.

Cette couleur va simuler les ombres produites par le froissage du papier.

Avec un pinceau beaucoup plus fin et la même teinte plus foncée, j’affine mon travail.

Toujours avec le même pinceau cette fois chargé de blanc, je place mes lumières.

Sans oublier l’ombre de la punaise qui maintient le papier accroché.

 

Etape suivante : les lumières et les ombres

 

Je poursuis mon travail en m’attaquant à la peinture des tomates.

Je précise mes contours avec du blanc de façon à travailler sur un fond propre. Pendant que le fonds des tomates sèches, on va travailler les lumières et les ombres sur tout ce travail de craquelures.

J’attaque ensuite les ombres portées de chaque élément sur le fonds, en commençant par la feuille avec un jus de terre d’ombre brûlée, noir avec un peu de vert. Un petit frottement du doigt pour produire une légère estompe. Dans la foulée, nous allons aussi représenter les ombres portées sur le plan en bois, les tomates et les pots, avec un mélange de noir, terre de Sienne brûlée et un peu d’eau.

 

Etape suivante : les tomates

 

Je commence à placer un ton jaune clair là où la tomate est frappée de lumière. Puis, je fonce ma couleur avec un petit peu de vert de Hooker et d’avantage de jaune. J’ai, dans mon mélange, ajouté un soupçon de rouge, pour travailler le volume et commencer à peindre les parties plus sombres. Je nettoie bien mes pinceaux et m’attaque à la peinture des tomates mures et rouges, rouges que j’obtiens avec un mélange de rouge et de jaune, et un soupçon de blanc pour la partie claire de la tomate. Puis du rouge et de la terre de Sienne brûlée pour m’attaquer aux valeurs plus sombres de la tomate voisine.

Avec une brosse plus petite j’affine ce travail et je précise le contour des tomates avec une ombre forte.

 

Etape suivante : le travail de matière sur le pots

 

Avec un mélange de blanc, ocre jaune, terre d’ombre brûlée, et terre de Sienne brûlée, blanc, je mélange toutes ces couleurs de façon irrégulière pour faire vibrer et transparaitre la matière au maximum.

Après avoir placé mon ton de fonds pour les pots, je place mes ombres et lumières : ma teinte de base avec du blanc pour les lumières très douces puis les ombres avec un mélange de terre de Sienne brûlée, de blanc et d’ocre jaune, de rouge et un peu de terre d’ombre brûlée.

Dans un premier temps, je peins des ombres douces que je vais accentuer au fil de mon travail.

J’affine à présent mon travail avec une brosse plus petite et une ombre plus soutenue à base de terre de Sienne brûlée et de terre d’ombre brûlée. Je procède à quelques repiquages à la martre pointue. Toujours au pinceau martre pointure, je place des rehauts de lumière sur mes arrêtes. Je place des touches de blanc à la martre pointue que je fonds avec le doigt pour accentuer les zones de lumière.

 

Etape suivante : la peinture des détails du trompe-l’œil

 

Avec un mélange de vert de Hooker et de terre de Sienne brûlée, je m’attaque à la peinture des queues de tomates. Puis je reprends les tons d’ombres des tomates pour les placer sur ombres des queues des tomates. Avec un mélange de blanc, jaune et vert je place mes lumières sur les feuilles. Je passe ensuite des ombres avec du vert plus de la terre d’ombre brûlée, quelques rehauts de lumière sur les feuilles, et pour terminer ses tomates de beaux rehauts blancs pour suggérer de la brillance.

Pour terminer, au pinceau martre pointu, j’écris un petit mot en prenant soin de suivre les plis du papier.

 

Pour clore cette leçon de peinture, on retiendra que la réussite d’un trompe-l’œil dépend de la précision du trait, de la richesse d’éléments et de matière, et comme tout tableau, d’un bon équilibre des masses, avec ici une composition triangulaire, entre les tomates, le papier et le pot (classique mais efficace) et une belle harmonie de couleurs comme on peut le voir sur le sujet avec le vert du fond et le rouge des tomates : couleurs complémentaires.

 

Voir tous nos cours de peintures

 

Découvrez comment travailler l’opacité en peinture

lundi 2 mars 2015

Il peut arriver que nos couleurs, ou nos mélanges manquent d’opacité. On souhaite couvrir une surface et on observe que le fond blanc de la toile transparait, ou que des nuances, des détails que l’on voulait couvrir sont toujours visibles. Par exemple, on réalise une nature morte à l’ancienne avec un fond sombre. On prend de la terre d’ombre brulée ou du noir, ou les deux pour peindre le fond et aïe !! Ça couvre mal. Idem vous souhaitez poser un bel orange concocté par vos soins avec un jaune primaire et du vermillon. C’est transparent !! Cela se produit pour plusieurs raisons que je vais évoquer.

La concentration pigmentaire, c’est essentiel

La première est que tout simplement si vous avez dans votre mallette des tubes de mauvaises qualités, ou bas de gamme, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Ces tubes sont peu concentrés en pigment. Ensuite il faut savoir, que certaines couleurs, même dans les hautes gammes, sont transparentes. Il existe des pigments, tels que le bleu de Prusse, la terre d’ombre naturelle, le blanc de zinc, le carmin, le vert de vessie et bien d’autres, qui sont par nature transparents. Vous avez l’indice d’opacité sur les tubes pour les repérer. C’est le petit carré. S’il est plein, la couleur est opaque, et s’il est vide c’est le contraire. A moitié plein, la couleur est entre les deux. Donc si vous recherchez l’opacité, préférez les couleurs opaques.

Comment obtenir une opacité maximale ?

Cela dit, il existe une astuce pour donner de l’opacité à un mélange : Utilisez le blanc de titane. Je vous l’ai déjà conseillé lors d’articles précédents : un blanc de titane de très bonne qualité est essentiel dans votre mallette. Et s’il est d’excellente qualité il sera super opaque. C’est ce qu’il faut ! Une petite dose de blanc de titane dans chaque mélange assurera à celui-ci une bonne opacité. Évidement cela va éclaircir légèrement votre mélange, le modifier un peu, mais la touche sera bien plus jolie et dense. Il faut parfois corriger alors le mélange avec des pointes d’autres couleurs. Et ça marche aussi avec des valeurs sombres ou foncées. Votre terre d’ombre brulée ne couvre pas, ajoutez un peu de blanc de titane, du noir et une pointe de rouge, et le tour est joué. Pour notre orange fait de jaune et rouge, une goutte de blanc lui assurera de l’opacité. Certes il sera moins saturé en couleur, moins vif, mais rien n’empêche par la suite de réajuster la couleur avec des glacis. Pour les couleurs sombres et brunes, on peut aussi utiliser de la terre de sienne naturelle ou de l’ocre jaune, et utiliser du vert oxyde de chrome pour opacifier des verts foncés,ça marche tout aussi bien et même mieux encore. Faites le test et vous serez convaincus.

 

Apprenez à décrypter les symboles inscrits sur les tubes de peinture

Nous prenons ici l’exemple sur un tube de peinture à l’huile Van Gogh.

1 : La résistance à la lumière

+++ = au minimum 100 ans sous conditions de musée

++ = 25 – 100 ans sous conditions de musée

La résistance à la lumière de toutes les couleurs est testée selon la norme ASTMd4303

 

2 : Transparence, opacité

Le degré d’opacité d’une peinture est indiqué par les symboles suivants :

un carré vide= transparent
un carré coupé par une diagonale = semi-transparent
un carré à moitié rempli = semi-opaque
un carré rempli totalement = opaque

 

3 : Le numéro de la couleur

Au lieu d’utiliser le nom de la couleur, vous pouvez utiliser ce numéro. Le numéro correspond toujours avec le même nom.

4 : La série de prix (facultatif)

Certains pigments sont plus coûteux que d’autres et entrainent une tarification de prix différente selon les couleurs d’une même gamme.

5 : Pigments

Dans cet espace sont indiqués les pigments utilisés dans la composition de la couleur.
En savoir plus :
Royal Talens

 

 

 

 

 

Parce que tous les Grey sont dans la nature

lundi 16 février 2015

Gris souris, gris de Payne, vert gris, gris bleu … Il existe de nombreux tons de gris chez les fabricants de peintures beaux-arts.
Le noir est aussi décliné en plusieurs nuances, c’est l’absence de lumière qui détermine ce ton.
Il est indispensable de connaître les qualités de chaque valeur afin de les utiliser au mieux dans votre palette. Label Art ouvre quelques pistes afin de vous accompagner dans votre choix de nuances.

Il existe des noirs aux variations infinies

Le noir est associé au pigment communément nommé PBk.
Je me suis souvent étonnée de trouver des noirs d’ivoire sur les nuanciers. Aussitôt évoqué, ce ton me faisait penser à une couleur claire évidemment.
Connaissez-vous son origine ? Généralement il est obtenu en faisant bouillir des eaux dégraissées.  D’une intensité exceptionnelle, le noir d’ivoire a supplanté de loin des autres noirs proposés par nos fabricants.

Il existe aussi des noirs fabriqués à partir de charbon végétal, c’est le cas pour les noirs de vigne par exemple.

On trouve aussi souvent du noir de Mars. Là encore je laisse mon esprit divaguer et me trouve soudain propulsée loin de la planète terre.
Le noir de Mars, c’est tout simplement de l’oxyde de fer, un noir d’une finesse et d’une densité absolue.

Certains noirs peuvent être trompeurs, ainsi le noir manganèse qui en fait … reste un brun très foncé !

Et le gris en peinture ?

Ah le gris ! Toutes les nuances permettent de travailler les valeurs du clair à l’obscur, en passant par le chaud ou le froid bleuté.
Le gris de Payne est le plus fréquent. Il a été mis au point par M. Payne au XVIIIème siècle. C’est à l’origine un mélange de cramoizie alizarine, de Sienne naturelle et de bleu Indigo.

Le gris est obtenu en mélangeant à quantité égale les trois couleurs primaires que sont le jaune, le cyan et le magenta.

L’utilisation du gris en peinture à l’huile ou à l’acrylique

Choisir vos gris pour vos palettes relève de l’harmonie des couleurs que vous souhaitez faire ressortir ou nuancer. La couleur grise mélangée ou utilisée directement sur la toile créera des effets différents et c’est à vous l’Artiste de travailler votre expression. Concernant la peinture acrylique, quelques pointes de noir utilisées sciemment apportent contrastes et forces au tableau.
En revanche la peinture à l’huile supporte moins les mélanges de noir avec d’autres nuances.

Et en aquarelle ?

Il est courant de voir beaucoup d’aquarellistes hésiter sur l’utilisation de couleurs sombres par peur de « salir » les couleurs. Ils les remplaceront alors plus facilement par un Brun Van Dyck. Le gris de Payne est présent sur leurs palettes.

Pour aller plus loin

Michel Pastoureau, spécialiste et écrivain qui nous parle des couleurs

Le petit Livre des Couleurs, Michel Pastoureau

Comment évoquer le noir sans vous recommander d’admirer les toiles de Pierre Soulages au Musée Fabre (Montpellier)

Voir les oeuvres du peintre

 

 

 

 

 

Comment peindre une aquarelle avec de l’acrylique Liquitex

lundi 19 janvier 2015

J’ai demandé à Roland qu’elle était sa marque préférée d’aquarelle. Et s’il préférait les aquarelles en godet ou tube. Il m’a répondu en riant « Liquitex ». « Mais c’est de la peinture acrylique ! ».

Il m’a dit, je cite : « oui j’avais bien compris ta question mais sais tu Elisa que l’on peut peindre avec de l’acrylique, comme à l’aquarelle ! ». Label Art

Voici ici une démonstration étape par étape que Roland exécute pour montrer que l’acrylique peut-être aquarellée et permet de magnifiques résultats.

 

Matériel beaux-arts utilisé pour ce cours

Label Art vous propose une sélection de matériel beaux-arts dans le cadre de ce cours de peinture.

> De l’acrylique Liquitex

> Une feuille pour aquarelle Clairefontaine

> Un crayon HB Faber-Castell

 

 Etape 1 : Le dessin au crayon HB

« Ok. Je vais réaliser cette vue de maisons asiatiques sur pilotis. Je prends du papier aquarelle, 300gr, grain fin et je commence par mon dessin au crayon HB ».

 

Etape 2 : la mise en couleurs à l’aquarelle

« Ensuite je pose mes premier lavis. Ici du bleu outremer pour le ciel les montagnes et le canal. Pour ce faire, je dilue simplement avec beaucoup d’eau une toute petite noisette de peinture acrylique bleu outremer. Très diluée, l’acrylique offre une transparence proche de l’aquarelle. Sur les montagnes, avec un petit mouchoir je pose quelques essuyés pour sculpter celles-ci. »

 

« Je mets en couleur mes maisons, les herbes, le personnage et la barque avec des lavis, toujours en acrylique très diluée. Ce sont que des aplats de couleur. »

 

Etape 3 : pose des ombres et création de reflets

« Après séchage, avec des lavis de couleur violet, je pose des ombres sur mes couleurs ocre, brune et orangé, et avec un lavis vert foncé, je pose quelques ombres dans les herbes. »

 

 

« En reprenant les couleurs utilisées pour les maisons, les ombres, les herbes, je pose les reflets dans l’eau. Ainsi utilisée en lavis, mon acrylique perd son opacité, devient transparente, et mes couleurs se mélangent par cette superposition de lavis, comme pour l’aquarelle. Le petit avantage est que l’acrylique accroche mieux le support papier. Elle se fixe et sèche rapidement en formant un film plus résistant à la détrempe. On peut donc sans risque de détremper les lavis précédents superposer plusieurs couches. »

 

« Pour finir, j’utilise là l’opacité de l’acrylique pour couvrir par-dessus mon travail et peindre les bambous dans l’eau. C’est un mélange de blanc et d’ocre jaune avec très peu d’eau. »

 

L’illusion de la peinture aquarelle

« Il faudra avoir un œil bien aiguisé pour voir que ce n’est pas de l’aquarelle. Évidement les spécialistes ne seront pas « trompés ». On obtient une transparence proche de l’aquarelle, mais pas aussi profonde et limpide. Mais cette technique peut nous rendre bien des services. »

Très intéressant !! J’imagine déjà les réactions des lecteurs aquarellistes !!! Sacrilège diront certains !

Qu’en pensez-vous ? J’attends vos commentaires et réactions avec impatience.

 

Pour aller plus loin :

Le site de la marque : Liquitex

En savoir plus sur l’aquarelle

 

 

 

On vous dit tout sur les pinceaux d’Art

lundi 12 janvier 2015

Entre les brosses et les pinceaux de toutes sortes, il est difficile de faire les bons choix et bons achats pour servir au mieux notre peinture. Un petit topo sur les spécificités des différents pinceaux et brosses s’impose !

Première question qui se pose, c’est quoi la différence entre une brosse et un pinceau ?

C’est la même chose ! Sauf que l’on appelle plus communément une brosse, un pinceau monté avec des poils plus fermes ou monté à plat. Ce qu’il faut savoir c’est que le poil constituant la brosse influe sur la touche. Il y a aussi des poils qui sont adaptés à certaines écritures, certains types de travail et techniques. La préciosité de certains poils, la finesse et qualité de montage déterminent le prix. C’est dans tous ces sens que je vais les passer en revue.

1. Commençons par les pinceaux en soie de porc

Les brosses en soie de porc offrent un poil rude. Les bonnes soies de porc présenteront un poil relativement souple. Il faut de préférence les choisir avec une grande longueur de poil, car plus le poil est court, moins il se charge en peinture et moins la brosse est souple. Ces brosses marquent la touche. Elles sont adaptées surtout pour l’huile. On peut travailler l’acrylique avec ces brosses mais la touche sera encore plus franche et marquée. Ce sont donc des outils adaptés à une touche énergique, spontanée, sans recherche du détail et de la précision. Quand à leurs aspects, à savoir plate carrée, usée bombée, pointue, là c’est une affaire de gout, car les touches suivant la forme seront un peu différentes.

2. Poursuivons avec le Kevrin

C’est de la mangouste. On leur coupe les poils pendant leur sommeil !! Si si !! Elles ne sentent rien ainsi. C’est un poil très souple, résistant, qui peut être utilisé pour charger ou pour lisser. Il allie la force des soies de porc à la finesse et précision des martres. On obtient de beaux fondus, de beaux dégradés de couleur avec ce type de brosses. La touche ainsi peut disparaitre sans laisser de trace ni de marque à l’inverse de la soie de porc. Le Kevrin a l’avantage de ne pas être trop chère. C’est une alternative à la martre. Cependant, pour les détails hyper précis, comme la peinture en trompe l’œil par exemple, ou on a besoin de pinceaux pointus et fins, le Kevrin a ses limites. Les poils ne sont pas suffisamment fins et ne portent pas assez de peinture pour ces détails extrêmes.

3. Le pinceau en martre Kolinsky

C’est la Rolls Royce des outils. Souplesse extrême, précision et finesse sont ses qualités. Elle n’a pas de défaut à l’exception de son prix, qui reste élevé, mais elle est nécessaire et incontournable dans notre mallette de peintre. Donc il faut en prendre grand soin et ne pas les utiliser de la même manière que les brosses en soie de porc, qui elles, sont costaud. C’est avec délicatesse que l’on posera la peinture sur la toile, muni d’une martre. La touche sera tendre, onctueuse, sans trace, parfaite aussi évidement pour les fondus, les glacis, les rehauts sur les empâtements, et excellente dans sa version pointue pour les détails. Elle va aussi bien à l’huile qu’à l’acrylique, et même l’aquarelle. Attention : la martre rouge n’a pas les qualités de la martre kolinsky. C’est du second choix même si elle reste très bonne. Elle sera donc moins chère.

4. Le pinceau putois

Il est presque aussi souple et précis que la martre kolinsky. A utiliser de la même manière.

5. Après il y a les brosses synthétiques

Là attention !!! il y en a qui supportent l’huile, les solvants et d’autres pas. En général il est indiqué, dans les notices évidement mais aussi sur le manche si elles sont formulées pour l’acryl ou l’huile ou les deux. Certaines sont conçues pour remplacer la soie de porc mais aucune ne remplace leur vigueur. Certaines présentent des qualités comparables à la martre mais sans égaler la souplesse. Généralement elles ne vieillissent pas aussi bien que les poils naturels et finissent souvent en « éventail » avant d’être usées, surtout en les utilisant avec la peinture à l’huile. Cela dit elles restent intéressantes d’un point de vue économique.

6. Le pinceau petit gris

C’est de l’écureuil. Ce sont des poils spécifiques à l’aquarelle. Ce poil retient l’eau et permet ainsi de couvrir en grand lavis. Il est très souple donc idéal pour fondre et dégrader. Toujours monté en pointe, il est idéal, lorsque chargé de peu d’eau, pour réaliser des touches hyper précises.

7. Le pinceau blaireau

Oui oui on peut se servir du blaireau de notre papa, qu’il prenait pour sa mousse à raser. C’est la même chose pour la peinture, et la forme reste presque identique. Il est excellent pour fondre et estomper. C’est là sa seule fonction. Il existe encore d’autres poils naturels, tel que le poney, l’oreille de bœuf, la belette etc. Ils n’ont pas grand intérêt sinon qu’être plus économique. Ils n’ont pas les qualités des précédents poils naturels décris. On peut donc s’en passer. Il convient aussi de changer de pinceau en cours de travail (acrylique et huile surtout) : – Généralement, dans la réalisation d’une peinture, on commencera par placer les fonds et base de couleur avec une soie de porc. – Ensuite on pourra travailler plus en détail, fondre et lisser sa touche avec une brosse plus souple en Kevrin ou martre. Là, ces brosses permettent de poser de la peinture plus épaisse, moins diluée sur la base tout en affinant le travail. – Et pour finir avec les petits détails et touches très précises, les rehauts de lumière etc. on prend une martre. – Après séchage, si l’on travaille les glacis, il faut du Kevrin, martre ou putois.

Voila pour les caractéristiques et spécificités des différents poils existants.

Sachez que pour avoir du bon matériel, il faut mettre le prix. Les lots de brosses de chez les magasins discount et autres sont à éviter. Sachez aussi que pour une meilleure durée de vie il faut bien entretenir ses brosses. Roland, notre spécialiste, m’a déconseillé par exemple de nettoyer les brosses que l’on utilise pour l’huile avec du savon, ou du liquide vaisselle. Ce procédé assèche de trop les poils si bien que les pinceaux ne gardent pas leur forme initiale et s’ouvrent en éventail. On passe les brosses simplement à l’eau si on peint à l’acrylique, et si l’on peint à l’huile, on nettoie son matériel au white spirit (essence de pétrole). Et le top pour conserver ses brosses spéciales peinture à l’huile, est le les humecter de suif (graisse de mouton) après nettoyage. Il m’a conseillé deux marques en qui il met toute sa confiance pour leurs qualités : Isabey et Raphael. Là, pas de mauvaises surprises, c’est du haut de gamme.

J’espère que ce petit article vous permettra de mieux orienter vos choix.

Et puis pour aller plus loin, c’est par ici : Bien choisir ses pinceaux

Comment fabriquer sa propre peinture ?

jeudi 27 novembre 2014

Beaucoup de peintres aiment utiliser des pigments bruts pour préparer leurs couleurs et peintures.

Faire sa propre cuisine peut être agréable, produire de jolis effets, mais peut être aussi peut entraîner de « périlleuses formules » ! 😉

D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que toute peinture est constituée de pigments et de liants. Plus une peinture est de bonne qualité et plus sa teneur en pigments est élevée. C’est un des critères de qualité. Ensuite le broyage, qui est le mélange par écrasement des pigments et du liant, a son importance aussi pour une bonne homogénéité de la pâte obtenue. Donc quelque soit le type de peinture que l’on utilise, c’est à la base du pigment. Le truc alors, pour préparer sa bonne et propre recette, sera de bien lier les pigments.

C’est là ou bon nombre de peintre commettent quelques erreurs.

Si vous souhaitez peindre sans solvant, il vous faudra un liant acrylique. Oubliez : La colle à papier peint, trop épaisse ! Les mélanges genre émulsion à base d’œuf, ou de sucre, ou de farine, ou tout ça ensemble, qui, bien que vieux comme le monde et efficaces, nécessitent de savants dosages et de la pratique ! Préférez à tout ça un liant acrylique fluide genre Binder. Il faudra après un peu « d’huile de coude », pour mélanger les pigments à celui-ci avec un couteau. Attention ! C’est long, fastidieux, et le résultat obtenu risque d’être granuleux s’il a pas été malaxé et écrasé suffisamment longtemps. Mais si justement vous souhaitez obtenir du grain c’est parfait. La technique est de d’abord disperser le pigment dans de l’eau puis d’incorporer le liant petit à petit. Ensuite pour ceux qui supportent les solvants et souhaitent peindre à l’huile, la solution est d’utiliser de l’huile pour broyer les pigments. Là c’est idem, le broyage est long et énergique pour obtenir une pâte fine et crémeuse. Pour l’huile, prendre de préférence de l’huile de lin décolorée, ou mieux encore de l’huile d’œillette, totalement incolore.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il existe des pigments hydrophiles et hydrophobes. C’est-à-dire que certains pigments auront du mal à se mélanger à un liant à base d’eau, et d’autres auront du mal à se mélanger à de l’huile. Là il existe des adjuvants, genre l’alcool et autres, pour résoudre ces problèmes mais là ça demande beaucoup de connaissances et expériences. Moi je ne connais pas tout ça, alors je préfère assurer le coup avec de la peinture toute prête. Et je sais au moins qu’elle vieillira bien ! De plus il est quasiment impossible d’obtenir des couleurs aussi saturées et concentrées que celles en tube. Mon choix est fait !

Bien utiliser le noir dans la peinture

mardi 4 novembre 2014

Je vous ai déjà écris un petit article sur la couleur noire : ses différentes nuances et les précautions à prendre avec cette couleur en mélange avec d’autres. Je crois que mon article n’a pas été lu avec assiduité, ou pas lu du tout, aux vues de multiples tableaux de peintre amateur. Il se trouve que souvent, ceux-ci utilisent le noir pour travailler les ombres. Ce n’est pas interdit, mais vraiment pas recommandé et maladroit. Effectivement, lorsque l’on travaille le modelé, c’est-à-dire les ombres et lumières, que ce soit pour un arbre, une pomme, un visage, des nuages, il faut premièrement trouver une valeur claire à notre couleur de base. Là ce n’est pas difficile, on ajoute du blanc, avec parfois une touche de jaune et, ou, une pointe de rouge, et on obtient une valeur claire exprimant la lumière. Mais pour la valeur foncée, ça se complique. La facilité est de prendre du noir et l’ajouter à notre couleur de base. Ça marche, mais qu’avec certaines couleurs, et déjà foncées. Pour les verts foncés et les bleus foncés, pas de problème, le résultat sera efficace, ainsi que pour les rouges genres cadmium moyen, vif et carmin. Par exemple, on peut peindre les ombres propres d’un sapin en suivant cette voie. Idem si l’on peint un vase bleu, un jean, une pastèque, un poivron vert et rouge, etc.
Mais attention, pour toutes autres couleurs, telles que les jaunes, les rouges type vermillon et orangé, et généralement toutes les couleurs claires, ça se gâte ! Le souci est que cette valeur foncée ne sera pas belle du tout, et surtout plus trop en raccord avec notre couleur de base. Le noir va la dénaturer et l’emmener vers des gris plus ou moins foncées, ternes et voir même sales.
L’idéal est de rester toujours dans la gradation de la couleur de base. Cela veut dire rester dans la même gamme de couleur, et de toujours utiliser de la couleur pour exprimer les ombres. Le mieux pour comprendre est de citer quelques exemples.

-Un citron. S’il est bien jaune, on prendra de l’ocre jaune puis du brun pour exprimer un dégradé qui ira de jaune, à  jaune moyen, puis jaune foncé jusqu’à brun. S’il est légèrement vert, on mélangera cette couleur à du vert anglais n°1 et de la terre verte, en augmentant progressivement la proportion de ces deux dernier pour obtenir au final une valeur foncée très colorée.
-Des pétales roses. Même schéma donc que pour le citron pour emmener ce rose vers une valeur foncée, en utilisant ici du rouge foncé, du carmin, en éliminant progressivement le blanc contenu dans la couleur de base et inversement en augmentant la quantité de rouge foncé.
-Des feuillages clairs. On élimine progressivement le blanc et le jaune contenu dans la couleur de base, et puis on fonce notre nuance avec des verts plus foncé genre vert anglais n°1, terre verte, vert olive, et seulement après avec du noir si l’on veut des ombres très fortes.
Dans la peinture académique, cette règle est respectée bien que le brun prédomine pour exprimer les valeurs foncées des ombres. Les impressionnistes, eux,  ont exacerbé cette notion de mettre de la couleur jusque dans les ombres. Observer leurs tableaux et vous verrez que le noir est souvent absent.
Le noir est dangereux et à manier avec beaucoup de précaution et de savoir faire. Mais en suivant les petites règles énoncées dans cet article vos tableaux seront bien plus jolis.

Quels noirs choisir ?

Chez Royal Talens, le noir bougie Rembrandt

Chez Lefranc & Bourgeois, le noir de Mars

Chez Liquitex, le noir de Mars

 

Réussir à peindre avec réalisme une petite pomme

lundi 13 octobre 2014

J’attends toujours avec impatience la visite de mon ami Roland. Je lui demande toujours mille conseils pour progresser. Il n’est pas avare pour cela, j’en profite.
J’avais peint dans la semaine une petite pomme jaune.
Il me dit en regardant ma pomme :
« Elle est toute mignonne ! Regarde, si tu me le permets, en 10mn chrono, je vais apporter un gros plus à ta pomme. Elle va gagner en préciosité et élégance ».
« Ok. Vas-y ! Mais je prends mon appareil photo pour que tout le monde en profite. 5, 4, 3, 2, 1, c’est parti ! »

Voila déjà à quoi ressemble ma pomme.

« Regarde, je vais peindre deux gouttes d’eau, dont une qui coule légèrement. Avec un mélange de blanc, ocre jaune et d’une infime pointe de brun, je pose une petite valeur moyennement foncée sur une partie claire de la pomme. Cette valeur définit la silhouette de mes gouttes ».

« Ensuite, la lumière venant de gauche, je pose une toute fine ombre portée sur la droite et vers le bas, en la dégradant, avec un mélange d’ocre et de brun. Ça prend déjà du volume ! ».

« Avec du blanc et une pointe de jaune, je pose une première lumière sur le bord à droite et le bas des gouttes. C’est la lumière qui traverse la goutte ».

« Dernière étape, avec du blanc presque pur, je pose mon éclat de lumière sur la partie gauche haute des gouttes, pour leur donner une belle brillance. Et c’est tout. Tu vois, poser une petite goutte sur un fruit, un légume, dans une composition de nature morte, c’est pas grand-chose, mais ça apporte tellement de valeur ! c’est magique ».

Voila le résultat de cette petite transformation. Il a raison le bougre ! Comme d’habitude. J’adoooooooooore ma petite pomme

Sympa la leçon !! Merci Roland.