Archive pour la catégorie ‘Aquarelle’

L’histoire de Gustave Sennelier, l’inventeur de l’aquarelle au miel

vendredi 23 décembre 2016

La fabuleuse histoire de Gustave Sennelier débute à Paris au 19ème siècle, lorsque ce passionné de chimie réalise son rêve en ouvrant sa toute première boutique. Nous sommes alors en 1887. Installée sur le quai Voltaire, la petite boutique est située face au musée du Louvre et à quelques pas seulement de l’école des beaux-arts. Son ouverture est l’occasion pour Sennelier, un amoureux de chimie, de s’épanouir dans sa passion : la chimie des couleurs. Il devient alors fabricant et marchand de couleurs. Gustave Sennelier créé et vend ses pigments sous forme de cône ou de brique. Le chimiste a rapidement compris l’importance du choix des pigments, à sélectionner de toute première qualité. Rapidement, chacune des préparations contient des pigments soigneusement choisis. Gage d’excellence, ces pigments assurent l’éclat des couleurs et la pérennité des œuvres grâce à leur excellente résistance à la lumière.

La qualité des produits Sennelier

Une année seulement après l’ouverture de sa boutique de couleurs, Gustave Sennelier créé une gamme complète de 100 nuances d’huile extra-fine. De nombreux amis peintres l’accompagnent dans cette création. Ainsi, les textures, nuances et rendus répondent parfaitement à leurs besoins. D’ailleurs, Gustave Sennelier se démarque rapidement grâce à la qualité de ses produits, et bénéficie de son emplacement judicieux. Quelques peintres, aujourd’hui célèbres, ont d’ailleurs déambulés dans les allées de sa boutique, à l’image de Sisley, Van Gogh, Gauguin… Ces grands maîtres fréquentent régulièrement la boutique Sennelier. Peu à peu, cette boutique devient un lieu de rendez-vous, un espace créatif où les doigts si habiles de Gustave Sennelier créent sans relâche des nuances plus magnifiques les unes que les autres, sur les  conseils avisés de ses amis peintres, mêlés à ses connaissances en chimie.

L’aquarelle au miel de Gustave Sennelier

La première grande invention de Gustave Sennelier marquera les esprits. En 1893, quelques années seulement après l’ouverture de sa boutique, Sennelier a à cœur de créer une peinture aquarelle qui offrirait une luminosité sans pareil.

aquarelle au miel sennelier

Le chimiste a alors l’idée de fabriquer un liant unique, avec une belle gomme arabique claire et glaireuse. Cependant, il ne s’arrête pas là et décide d’ajouter du miel. Cet ingrédient, d’une onctuosité et d’une luminosité hors pair, dote l’aquarelle de couleurs vives et lumineuses de manière durable. De plus, grâce à ses agents conservateurs naturels, le miel permet aux couleurs de rester vives très longtemps. Sans le savoir, Gustave Sennelier venait de créer la célèbre aquarelle au miel, encore utilisée aujourd’hui et plébiscitée par les plus grands artistes.

L'aquarelle au meil de Sennelier

Le rouge Hélios, l’invention de Gustave Sennelier

En 1986, la grande exposition impressionniste de Paris regroupe de nombreux grands peintres. Peinture, toile, pigment, pinceaux… durant plusieurs jours, le monde de l’Art est en fête. Pendant ce grand rendez-vous un sujet ressort. En effet, les rouge de vermillon, bien que veloutés, souffrent d’un manque de stabilité. Dès le lendemain, Paul Cézanne tentera en vain de créer un nouveau rouge, en remplacement du vermillon. Vingt ans plus tard, Gustave Sennelier apportera une réponse aux peintres en créant un nouveau rouge, un rouge de toluidine qu’il baptisera « rouge hélios ». Cette nuance unique, si intense et lumineuse bénéficie d’un excellent pouvoir colorant.

Dès lors, Gustave Sennelier assoie sa notoriété auprès des plus grands. Van Gogh demande même à son frère Théo de passer à la boutique pour acheter ses couleurs, Sisley se rend chez celui qu’il surnomme « son » marchand de couleurs et Gaugin se fournit en support sur le quai Voltaire.

rouge helios sennelier

En 1889, le magasin de couleurs de Sennelier fait son entrée au panthéon de l’histoire de l’Art. La même année, Gustave Sennelier participe à l’Exposition universelle de Paris.

Les pastels à l’écu Sennelier

En 1901, le peintre Edgar Degas s’adresse à Gustave Sennelier pour lui soumettre une nouvelle demande. En effet, l’artiste manque de nuances dans sa palette de pastels secs. Il aura fallu trois années au chimiste pour élaborer la large gamme chromatique des pastels à l’écu. D’ailleurs, pour satisfaire le souhait de Degas, Sennelier créa les pastels bruns. Plusieurs autres artistes ont aidé Sennelier dans l’élaboration de cette large palette.

"L'attente" d'Edgar Degas

Sur la gauche : Edgar Degas – Sur la droite : « L’attente » d’Edgar Degas

Avec les années, cette gamme a su évoluer tout en conservant son mode de conception originel. Depuis sa création, le pastel à l’écu de Sennelier est fabriqué grâce à un savant mélange de pigment très pur et d’un liant naturel. Aujourd’hui encore ces pastels jouissent d’une luminosité exceptionnelle, obtenue grâce à une charge naturelle découverte par Sennelier en 1905.

pastel sennelier

Le papier Sennelier

À partir de 1918, le fils ainé de Gustave Sennelier, Charles, rejoint son père dans la gestion de l’entreprise. En 1920, les deux hommes créent le département papeterie composée d’album à dessin, de livres d’esquisse, de blocs aquarelle etc. Naitra alors le célèbre papier PastelCard Sennelier.

Jusqu’en 1929, l’entreprise Sennelier continuera de connaitre de nombreux succès. Portés par l’avènement des arts décoratifs, le matériel pour la pyrogravure et les teintes pour tissu « teintures Batik Tintout » connaitront un réel triomphe. Cependant, le krach boursier de 1929 marquera l’arrêt brutal de ces si belles années. Cette même année, la famille Sennelier sera touchée par le décès de Gustave Sennelier.

 

Heureusement, l’histoire de cette grande famille a perduré. Charles et Henri, les deux fils du fondateur, ont repris la société et ont su la faire grandir, tout en restant proches des artistes…

 

Aujourd’hui encore, la marque emblématique continue d’allier tradition et procédé innovant de chimie moderne.

 

Pour aller plus loin : ici ou :-)

 

Inauguration du LAB de Label Art : cours de peinture à Toulon

mercredi 16 novembre 2016

Depuis quelques semaines déjà, vous êtes nombreux à avoir remarqué que quelque chose se prépare en magasin… Pourquoi ces bâches de protection ? Pourquoi ces ouvriers et leurs outils ? Puis vous l’avez vu, ce panneau « Label Art s’agrandit ». Alors là, vos questions ont continué, et nos réponses se sont faites plus précises… Aujourd’hui je vous dis tout ! Attention, cela risque fortement de vous plaire…
Label Art var

Un magasin beaux-arts dans le Var de près de 600 m²

Avant tout, je peux vous annoncer que Label Art double sa surface de vente ! Ce ne sont plus 300 mais près 600m² de fourniture beaux-arts, de support, d’encadrement et de loisirs créatifs qui vous ouvrent leurs portes. Pour cela, nous avons élargi de nombreuses gammes et en avons rentré de nouvelles.

Les amoureux du dessin et du graphisme seront heureux d’apprendre que nous avons répertorié l’ensemble des marqueurs Winsor & Newton : les Pigment Markers, les marqueurs aquarelle, les Brushmarkers et même les sticks d’aquarelle ! Mais ce n’est pas tout : nous proposons maintenant une large gamme de produits de chez Liquitex : les Encres acrylique Liquitex Ink, les brosses Freestyle et même les marqueurs Liquitex Paint Markers !

Pour les Artistes amoureux des beaux-arts, nos gammes d’acrylique et d’huile se sont considérablement élargies, à l’image de l’arrivée de l’huile Winton de Winsor & Newton, de l’huile extra-fine Sennelier mais aussi de l’acrylique extra-fine de Sennelier.

Tous ces produits beaux-arts vous attendent déjà dans la première partie du magasin, de 300m², que vous connaissez depuis maintenant deux ans.

 

Je vous imagine en train de vous demander… « mais qu’y aura-t-il dans la seconde partie? » et bien… vous y retrouverez tous nos encadrements, avec les dernières collections, mais aussi tous nos supports ! Toiles coton, châssis entoilé en lin, les châssis nus et rouleaux de toile… !

Et ce n’est pas tout…

 

Le LAB de Label Art

Imaginez. Un endroit unique. Un lieu d’échange et de convivialité. Un espace complet dédié à l’Art. Bienvenue dans le LAB de Label Art.

Logo LAB Label Art Six Fours

 

Dans le LAB, vous trouverez des salles de cours, avec des ateliers animés notamment par l’Artiste peintre Sandrot (couvrez son magnifique univers en cliquant ici), mais aussi par le célèbre Renaud JOBIN, la grande Christine COLLIN et, enfin, l’exceptionnelle Geneviève CANTO que nous vous présentions déjà en 2014 (l’article est à redécouvrir ici).

Le ateliers seront également ouverts à tous les Artistes qui souhaitent bénéficier d’un lieu de travail le temps d’une journée, de quelques jours, d’une semaine, d’un mois ou plus…

Les salles de cours de peinture seront dévoilées lors de notre inauguration !

 

Alors, surtout, retenez bien la date : le jeudi 24 novembre. Il s’agit du jour où nous organisons l’inauguration du LAB et de la nouvelle partie du magasin. La journée la plus artistique de l’année !

 

Le LAB de Label Art

 

Retrouvez les détails de cet événement sur notre page Facebook ou n’hésitez pas à nous appeler au 04 94 06 81 80 !

 

Nous vous donnons rendez-vous le 24 novembre, à partir de 10 heures jusqu’à 21 heures pour la plus grande journée créative de l’année !

Camille de Label Art

Le papier Arches

vendredi 27 mai 2016

« Concevoir et fabriquer les meilleurs papiers afin de permettre aux artistes de réaliser leurs plus belles œuvres, qui s’inscriront dans la durée », telle est la volonté de la marque Arches.

Arches_logo

Retour sur la naissance d’une marque atemporelle, dont les papiers ont été adoptés par de nombreux artistes de renoms tels Matisse, Van Gogh, Picasso, Miro, Dali et d’autres depuis plus de 500 ans.

 

L’histoire d’Arches

Depuis 1492, Arches fabrique des papiers de qualité supérieur. Son histoire a débuté en France, dans les Vosges. À cette époque, le papier se fabriquait dans un Moulin à papier.

Dès ses débuts, Arches se démarque pour la qualité de ses papiers. Au cours du XVIIIème siècle, Beaumarchais acquiert le Moulin à papier d’Arches. Il y apporte de nombreuses améliorations techniques et développe son rayonnement commercial et sa notoriété. Au XIXème siècle, le Moulin d’Arches reçoit d’ailleurs une importante commande, sur demande de Napoléon 1er lui-même, pour la réalisation du célèbre « Description de l’Egypte ».

 

Toutefois, l’histoire d’Arches, telle que nous la connaissons aujourd’hui, aurait pu être bien différente…

 

Le pari de la gélatine à cœur dans les papiers Arches :

une exclusivité

En 1826 une nouvelle méthode de fabrication plus rapide et moins coûteuse que l’encollage à la gélatine se développe. Arches prend alors la grande décision de conserver malgré tout la méthode de fabrication qui lui est propre. Ce choix a sans conteste était le bon : aujourd’hui, la gélatine naturelle utilisée à cœur et en surface caractérise cette marque incontournable. Le procédé de fabrication exclusif confère aux papiers Arches une qualité inégalable et fait sa notoriété de l’entreprise. La détermination dont elle a fait preuve a permis de conserver et développer un papier unique, qui résiste au grattage et au gommage, qui jouit d’une très faible déformation à l’humidité, qui confère un rendu et une transparence des couleurs exceptionnels ainsi qu’une excellente conservation dans le temps.

 

La fabrication hors pair du papier Arches

Le processus de fabrication du papier Arches allie les techniques traditionnelles aux innovations permanentes. La qualité est au cœur du processus de fabrication, à chaque étape. De plus, ce processus garantit des feuilles sans acide ni azurant optique, ce qui assure une conservation optimale.

Papier Arches aux fibres en coton

Papier Arches aux fibres en coton

 

            Au commencement est le coton…

Chez Arches, la qualité du coton se détermine par la longueur des fibres, leur couleur et leur propreté. Après leur récolte, les linters de coton se sélectionnent avec soin et minutie pour ne conserver que les plus purs. Ils permettent l’obtention d’une pâte dont le mélange est un secret parfaitement conservé par la marque.

 

            … puis la gélatine naturelle à cœur

Le collage des papiers Arches est unique grâce à une gélatine naturelle à cœur et appliquée en surface, une exclusivité Arches. Cette gélatine garantie la durabilité du papier, la résistance au grattage et le rendu exceptionnel des couleurs.

Le bain de gélatine naturelle est suivi d’un séchage à l’air libre.

 

               L’enjeu des machines à forme ronde

Le processus de fabrication du papier Arches se poursuit lorsque cette pâte passe sur des machines à forme ronde. Cela permet la fabrication des bobines de papier. Et quelles bobines ! Elles mesurent généralement plus d’un mètre trente-trois de large, sur près d’une centaine de mètre de longueur.

La méthode traditionnelle de fabrication sur des machines à forme ronde garantie aux feuilles Arches un grain naturel, un papier stable qui se déforme très peu lorsqu’il est mouillé, et dont les fibres sont parfaitement et régulièrement réparties.

 

            Une signature gage de qualité

Les fibres du papier obtenu détermine le sens dans lequel les feuilles doivent être utilisées. Pour indiquer ce sens, une signature « Arches » est apposée en bas à droite des feuilles. À cette signature s’ajoute le symbole de l’infini, signe de permanence. Cette signature en filigrane se dévoile par transparence. Par contre, cette signature n’est pas apposée sur les feuilles des blocs, des albums et rouleaux.

signature arches

             Une étape de fabrication manuelle

La dernière étape du processus de fabrication des papiers Arches consiste en l’inspection du papier fabriqué. Chaque feuille est vérifiée et le tri se fait de manière manuelle. Cette étape garantie la garantie parfaite du papier.

 

Les différentes textures des papiers Arches

Les papiers Arches se classent selon trois types de texture : le grain fin, le grain satiné et le gain torchon.

Le papier Arches bénéficiant d’un grain fin appartiennent aux gammes Velin d’ArchesVelin Johannot, Velin BFK Rives et Arches pour huile. Le papier au grain fin est pressé à froid. Semi rugueux,  il est dépourvu d’aspérité. Il s’agit ainsi du papier le plus facile à travailler. Par conséquent, il est idéal pour débuter.

La texture du papier au grain satiné Arches, quant à elle, nécessite que le papier ait été pressé à chaud. Les gammes Arches platine et Arches 88 bénéficient d’un grain satiné très doux. Ce papier jouit d’une grande particularité : il laisse glisser la couleur.  Cela en fait un papier difficile à utiliser pour les novices. Il est à utiliser pour les travaux ne nécessitant pas de superposition de couches de médium.

Enfin, le grain torchon se reconnait par ses formes de creux et relief. Ce grain est utilisé dans la gamme Arches pour aquarelle. Il nécessite de la technicité car il peut faire pater les couleurs.

 

Arches a fabriqué un papier innovant qui se démarque particulièrement des papiers à texture unique. En effet, le papier Lavis Fidélis, surnommé « En-Tout-Cas » propose un grain fin au recto, et un grain satiné au verso !

 

Des blocs encollés des quatre côtés

Les blocs de papier Arches ont la particularité d’être encollés sur les quatre côtés. Ainsi, lorsque les créations se font à même le bloc, sans désolidariser la feuille, l’encollage garantie que la couleur utilisée pour la réalisation d’une œuvre ne coule pas ou n’apparaisse pas sur les autres feuilles du bloc.

 

Sur Label Art, retrouvez les papiers Arches en bloc, en rouleau ou à la feuille.

Papier Arches

Rencontre avec Mihoub : l’Artiste de la pleine conscience

mardi 3 mai 2016

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C’est en marchant vers l’atelier, dans les rues de Marseille, que je réalise à quel point les métiers de la création, à mi-chemin entre la découverte permanente et le choix des produits sont formidables. Riches en rencontres, audacieux dans leurs choix, authentiques dans leurs réalisations, osés dans leurs affirmations. Être Artiste c’est emprunter un chemin où rien n’est jamais écrit d’avance. Encore une fois, je me demande qui sera l’Artiste que je vais découvrir dans quelques minutes.

Mihoub… Un prénom, des œuvres et une bio que j’ai parcourue avant de préparer mes questions. La première chose que j’aperçois c’est un sourire, puis des yeux, rieurs, bienveillants. Place à l’atelier, nous entrons dans un endroit magique. Des pinceaux qui ont vécu, des chevalets, des toiles à même le sol qui sèchent lentement, s’imprégnant du temps qui passe, des Canada Dry, une clope, et une heure d’échange remplie de cette énergie qu’il transmet sans même s’en rendre compte.

Mihoub c’est maintenant à mes yeux l’Artiste de la pleine conscience, intuitif et spontané.

Bienvenue dans son atelier. Laissez-vous emporter par l’histoire de Mihoub : son parcours et ses réflexions autour de la vie et du processus créatif. Laissez-vous gagner par la magie de son travail, qui vous touchera, tout comme je l’ai été en découvrant ses œuvres. Place à l’Artiste.

Le parcours

« J’ai décidé de partir à l’aventure. C’était en 2000. J’avais la vingtaine, l’âge où sans doute on est en quête de nouveaux espaces, de nouveaux horizons. J’ai posé mes valises à San Francisco. A ce moment de ma vie, je ne connaissais pas grand-chose à l’Art. Les galeries, les musées, les expositions : ces domaines ne m’étaient pas familiers.

C’est quand je suis revenu pour la seconde fois dans cette ville deux ans plus tard, que tout a basculé. Mon histoire d’Artiste a commencé en décembre 2002.

Je vivais en colocation, je partageais un appartement en centre-ville, dans un quartier où beaucoup de personnes créaient. Ma colocataire réalisait des collages. Et puis il y avait ce designer qui vivait dans le même bâtiment. On voulait tous créer. Moi, j’écrivais des poèmes. Et nos jeunes années nous amenaient à réfléchir, à poser nos propres bases, on était en quêtes identitaires.

Quand mon ami designer est parti, j’ai acheté sa table et sa chaise. Et j’ai commencé le dessin. Je voulais au tout début dessiner des lampes. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à faire émaner de mon esprit des personnages. On les voyait dans mes dessins de lampes. Je comprenais que la créativité jaillissait.

C’est sans doute le départ de tout, et surtout de cet émerveillement qui ne m’a jamais quitté. De celui qui te touche dans ton être profond, de celui qui transcende tout. S’émerveiller en permanence. C’était incroyable. J’éprouvais cette fascination originelle de la créativité, je découvrais le monde. Je me sentais aussi transporté qu’un Christophe Colomb découvrant l’Amérique ! Cette énergie-là m’a envahi et porté, immédiatement. Plus de retour possible. Je ne m’en suis jamais séparée.

Au début, je dessinais sur des tous petits formats, au crayon gris. Mes créations étaient très spirituelles, très chargées, comme si elles portaient des messages magiques.

J’habitais à Geary Street. C’était l’endroit qui réunissait sur un périmètre restreint de véritables chefs d’œuvres du surréalisme. Je n’avais que quelques mètres à parcourir et j’ouvrais les portes des galeries Là c’était un Dali, ailleurs un Miro ou un Picasso.

Je découvre l’Art, c’est à nouveau un émerveillement total ! La révélation absolue. Et je me mets à dessiner sur la place pendant 10 jours. Ces petits dessins au crayon gris ! Je vois des personnages apparaître, des lignes, des formes, cela me semble totalement incroyable. »

– Et tu dessines, ta carrière est lancée

« Oui je dessine. Je renvoie à ce moment-là une énergie incroyable. Je suis transporté et je crois en mes dessins. On est à San Francisco, pas à Paris. Aux US, si tu mets du bonheur dans ce que tu fais, le public te le renvoie. C’est allé très vite. J’entends « Waooh ! Mihoub ! C’est un travail magnifique ». Au bout d’un an, ma première exposition est lancée : « One year, One show ».

J’ai dessiné avec mon cœur. Avec du recul, je réalise que ce premier jet n’était pas encore abouti. »

– Mihoub, si tu es découvert si vite, toi, l’artiste autodidacte, c’est que tu as du talent !

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« J’avais un don. Mais aujourd’hui, avec un œil plus critique, en ayant vu le travail d’autres artistes, mes œuvres de l’époque n’étaient pas encore abouties.

J’ai aussi eu la chance de ne jamais galérer pour vendre mon Art. J’avais un emploi à côté. J’étais serveur et j’attaquais à 15 heures. Je finissais tard le soir. Le matin je me levais tôt et je dessinais. J’avais le temps de gérer ma passion et mon métier. J’ai pu aussi découvrir les magasins de ventes de produits beaux-arts. J’étais toujours chez Pearl’s. D’ailleurs, je voue une véritable passion aux magasins beaux-arts. Le seul magasin qui ressemble à ce que j’ai pu voir à San Francisco, c’est Passage Clouté à Paris, rue des boulets. Je ne manque jamais d’y passer quand je suis sur Paris. Bref, pour résumer : j’éprouve aussi un véritable amour pour les magasins de fournitures beaux-arts. »

« Je commence à fonder les bases de mon Art. Un Art très simple. »

Un jour un ami m’offre une boîte de pastel. C’est ainsi qu’un dessin magique est né : « L’enfant du monde ». Je contemplais ma réalisation en me disant que j’arrivais à dessiner des portraits bien que je sois totalement autodidacte.

Au-delà de ce constat, il existe cette fondation incontournable qui est et demeure le subconscient.

« L’Art ce n’est pas uniquement une création spontanée, c’est aussi ce moment présent où tout s’arrête. Ce moment où tu es ce que tu dois être, c’est-à-dire créatif. Tout être humain devrait être créatif. »

Aujourd’hui bien sûr, j’en parle avec du recul mais à l’époque, j’étais totalement illuminé. J’étais persuadé que j’allais devenir le plus grand peintre de tous les temps (rires). Cette énergie, cet ego sans doute démesuré m’a porté et c’est ainsi que j’ai duré. Je n’ai jamais cessé de croire. »

« Les clés dans la création sont : persévérance patience et croyance. Sans la croyance, sans la foi, tu ne peux rien créer. Je crois en mon Art depuis de longues années et cette énergie positive qui se dégageait les premières heures où j’esquissais mes premiers dessins allait me porter vers tout ce que je souhaitais : être et vivre en pleine conscience. »

La découverte de nouveaux horizons

« Un artiste m’a dit un jour « la seule chose que tu ne dois jamais faire c’est arrêter la peinture ». Alors j’ai décidé de découvrir d’autres horizons. Il y a eu Barcelone, Londres, la Malaisie. Certaines périodes étaient chargées de créativité, d’autres plus calmes. Je suis un peintre spontané, intuitif, je marche devant un chemin qui s’ouvre et se crée sous mes pas. »

Tu ne le connais pas ce chemin ?

« Non (silence).»

«Ce qui me permet d’avancer sur le chemin, ce sont les supports. Pour le moment les supports me permettent le travail de la matière, de la texture. San Francisco c’est l’initiation. Une période pendant laquelle j’ai beaucoup exposé. Mais on ne peut pas peindre et exposer. Des choix sont à faire. Quand on crée, on n’a ni le temps ni l’énergie de courir aux vernissages. Si San Francisco est ma référence, le point où tout a commencé, le chemin s’ouvre et se découvre sans cesse depuis. »

– « The more I paint the more I like everything ». Basquiat. Je comprends dans cette phrase que plus je peins plus je comprends le monde et plus je l’aime. C’est ton avis ?

« Non. La peinture ne m’aide pas à aimer le monde mais à être en contact avec mon être profond et à me recentrer sur mon être.

C’est important pour moi. Peut-être en revanche qu’elle améliore ma perception du monde.

Les phrases d’artistes qui ont été des pivots dans ma carrière il y en a deux :

A la question posée à Pollock (qui a été pour moi une grande source d’inspiration) : Comment savez-vous quand vous avez terminé une peinture ? Ce dernier répond : Comment savez-vous quand vous avez fini de faire l’amour ?

C’est exactement ça la peinture, c’est exactement ça la création.

Une autre phrase m’a marqué profondément. C’est encore une question posée cette fois à Pierre Soulages : Quelle est votre peinture préférée ? Il répond « Celle que je vais faire ».

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–  Tu as écrit : « Our mind is the last free space that we can explore or ignore… »

C’est l’esprit il n’y a plus que ça, surtout dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Et on voit avec la physique quantique, avec tout ce qui se passe chez Google où ils sont en train de créer des clones virtuels de nous-mêmes : l’esprit contrôle les actes. On se donne des défis incroyables comme celui d’aller sur la lune, mais en fait le plus important, c’est l’esprit : celui qui nous habite et nous transporte. C’est lui et lui seul qui nous permet de nous réaliser.

Pour en revenir à cette phrase de Basquiat, ce n’est pas tant le but de comprendre le monde qui m’anime dans ma peinture, mais cette notion de me sentir vibrer quand je peins. Quand tu crées une œuvre, tu ne la gommes pas, tu la vis ! C’est la vraie Liberté. »

Te coupes-tu parfois de ta peinture pour justement l’explorer à nouveau ?

Il m’arrive de me laisser des temps de pose. Mon esprit accumule alors des informations inconscientes et analyse son espace, les interactions humaines. Mes dessins et peintures en seront les représentations a posteriori. Je ne donne mes titres qu’une fois ma création finalisée. Et quand je reviens à l’Art, le mouvement, et l’énergie créative repartent d’une façon merveilleuse.

Tu habites Marseille. Es-tu inspiré par cette ville et ses habitants ?

Quitter San Francisco pour revenir en France a été difficile. Comme pour de nombreuses personnes ayant goûté à l’expatriation. Quand je suis arrivé à Marseille, j’ai immédiatement été saisi par la similarité avec San Francisco, similitude dans l’approche humaine. Par exemple, à San Francisco, au Blue Danube, un petit bar sans prétention où j’aimais prendre mon café du matin, l’auteur d’un Best Seller côtoie l’écrivain qui peine, tout ce petit monde se fréquente, sans prétention aucune si ce n’est celle de partager un moment complice ou solitaire. Mixité, toutes classes mélangée, toute ethnie confondue. J’ai ressenti cette similarité immédiatement à Marseille où j’ai mon atelier. Je possède un héritage arabe. Marseille c’est une ville, un port, des cultures qui vivent ensemble, des richesses incroyables. A Marseille tu as le sentiment que tout peut arriver. »

« Marseille c’est encore une ville de création, et non une ville d’exposition. »

– Où peut-on voir ton travail ?

Pour le moment dans mon atelier sur rendez-vous. Je ne montre pas beaucoup mon travail quand je suis en phase de création. Je reste concentré et je peins. L’exposition selon moi se fera naturellement quand l’aboutissement de mon travail sera au rendez-vous.

Je prépare aussi une exposition avec un collectif d’Artistes à la rentrée.

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Focus sur …

Peindre en pleine conscience. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ».  (Gandhi).

« Mes gènes, mon sang et les générations qui ont forgé l’être que je suis sont mon héritage culturel et religieux. J’ai été naturellement attiré par le soufisme. C’est en quelque sorte le mysticisme de l’Islam. Méconnu sans doute et pourtant le phare de cette religion. L’ancien Islam le portait et le propageait, celui interprété par une civilisation raffinée et aboutie, à l’aube, à la naissance de cette religion, le soufisme faisait déjà pleinement partie du monde des anciens. On dit que c’est le cœur même de l’Islam. On le vit, on le ressent profondément, c’est à l’intérieur de nous et lorsqu’on souhaite le décrire c’est souvent une tâche impossible.»

« Un jour, un homme a demandé « Pouvez-vous nous expliquer ce que vous ressentez ? ». Il a répondu : « Pouvez-vous expliquer à quelqu’un qui n’a jamais goûté le miel ce qu’est le miel ? ».

« La pleine conscience c’est un ressenti. Très précieux, très personnel. Il vibre en toi, ici à ce moment-là, tu as chassé l’égo, tu es face à toi, ton être profond et tu rayonnes. Quand tu rayonnes, tu touches le monde. C’est dans la bienveillance, dans cette énergie, qu’à ce moment tu propages ce courant et c’est à ce moment que les autres sont touchés sans même qu’ils s’en rendent compte. C’est magique. Si on veut que le monde aille bien, chacun doit se connecter à son être intérieur et apporter sa propre lumière. »

 

Secrets d’Artiste

L’approche créatrice

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Au tout début de ma carrière d’Artiste j’étais fasciné par les yeux. Et je dessinais de multiples lignes, sens, et courbes, des codes dans les lignes, des messages qui se perdent au détour de multiples chemins pour mieux se retrouver. Un mélange de géométrie une approche sans doute plongeant son inspiration dans la physique quantique, ce langage multiple laissé ouvert à des interprétations de tous les possibles.

Chacun prend et interprète en fonction des sens et des chemins qu’il souhaite emprunter.

J’ai rapporté de la librairie du Mucem un ouvrage sur la calligraphie. Le mouvement « calligraffiti » est né de ces multiples sens et sans comprendre toute la calligraphie arabe, j’aime contempler les écritures pour en interpréter certaines dans mes dessins. C’est un côté mystique qui revient et que j’aime dessiner dans toute sa spontanéité.

 

Mihoub

50 rue Cristophole

13003 Marseille

Site web

Page Facebook

 

Mihoub sera notre invité d’honneur le 12 mai à l’espace Label Art

Chemin des Delphiniums, Quartier Bassaquet, 83140 Six-Fours-Les-Plages

18h-21h : Trois heures de performance pour une soirée hautement artistique autour du lancement de la gamme 4ARTIST Marker by Pebeo

Entrée gratuite, sur réservation à happening@label-art.fr

 

En savoir plus sur le calligraffiti : Le graffiti arabe, Pascal ZOGHBI édition Eyrolles

 

Interview réalisé pour Label Art par Caroline CAMPO-DUSSOUET ©

Crédit Photos : Caroline CAMPO-DUSSOUET ©

Remerciement à Mihoub et à l’équipe Pébéo initiatrice du projet, notamment à Sébastien Arcouet et Yannick Cormerais. Merci à Jean-Luc de Pébéo pour sa patience.  Merci à l’équipe de Label Art pour son implication sur ce projet. Merci à Passage Clouté pour sa dynamique et son rayonnement de Paris à San Francisco :-)

 

 

 

Comment réussir à peindre une nature morte ?

lundi 20 avril 2015

Peindre une nature morte

Ce mois-ci Label Art vous amène dans l’atelier de Roland Charbonnier qui vous dévoile tous les secrets pour peindre une nature morte. Si la « peinture s’apprend sans les musées », alors c’est en misant sur l’observation des sujets déjà réalisés qu’il est aussi possible de tirer un enseignement et d’avancer, aussi bien en matière de dessin que d’utilisation des peintures beaux-arts ou de mise en place de perspectives, de jeux d’ombre et de lumière.

J’ai donc demandé à notre expert favori de commenter et nous expliquer tout sur une œuvre de sa composition que j’aime beaucoup.

Voila l’œuvre en question. Elle parait toute simple, mais, à la lueur de ses explications il n’en est rien. Voici donc les différentes étapes pour travailler tout en effet et harmonie.

L’utilisation d’une palette de couleurs définie

« Oui cette petite nature morte n’est pas une œuvre majeure mais elle suit beaucoup de règles et d’effets qu’il est intéressant de connaître et d’adopter pour un résultat efficace et harmonieux.
Premier constat, ma palette de couleur est très réduite sur ce tableau. Nous percevons du rouge et du vert. Aucune autre couleur ne vient perturber cette harmonie, le rouge étant complémentaire du vert. L’harmonie se joue donc qu’au travers des nuances entre ses deux couleurs et l’équilibre qu’elles composent dans cette complémentarité. Le gris présent lui aussi reste neutre.
Bien entendu, avec seulement deux couleurs, pour enrichir le tableau il faut apporter beaucoup de nuances, du clair au foncé, et du froid au chaud.

La composition et les différents plans d’équilibre

Le premier plan sera composé de valeurs chaudes et saturées (fortes) déjà, et l’arrière plan des valeurs plus froides et plus légères.
Pour ce qui est aussi de l’organisation des couleurs, mon premier plan, et sujet principal, est exprimé avec la couleur la plus chaude et vive, donc le rouge de la pomme. Il n’eut été pas judicieux de peindre une pomme avec un rouge aussi fort, et même atténué en arrière plan. »

 

La progression des nuances

« Comme on le voit sur ce détail, la touche aussi a son importance. Le premier plan est peint avec plus de précision, des contours plus nets, alors que l’arrière plan lui est flou. Cette progression vers le flou, plus les objets sont « loin » produit un effet de profondeur subtil et joli. Cet effet associé au travail des couleurs donne une composition non plane et tout en perspective. »

« Pour le rendu du relief des fruits, j’ai travaillé les dégradés et contrastes entre clairs (lumières) et foncés (ombres) en tenant compte de l’effet d’éloignement. La différence entre ombres et lumières en arrière plan est moindre qu’en premier plan. Ensuite je suis resté pour ces gradations dans des valeurs colorées en raccord.  Pour exemples : L’ombre propre de la pomme rouge est un rouge très foncé, pour la pomme verte c’est un vert très foncé aussi. »

Le travail des détails en peinture

 

 

« Voila un petit effet bien sympathique mais qui n’a pas seul but de faire joli. Toute la partie basse du tableau manquait de détail et plaçait la composition globale trop en hauteur. Le travail des gris pour exprimer le drapé ne suffisait pas pour l’équilibre. Ce petit filet de couleur ajuste la composition. Ce n’est pas son seul intérêt puisqu’il permet aussi une meilleure lecture du relief donné par les plis. »

« Autre petit effet qui amène du réalisme à l’ensemble, c’est le reflet des pommes dans la timbale et celui de la poire dans la louche. Cela apporte l’illusion de la brillance de ces matières. »

« Voila comment avec quelques règles et astuces, on optimise le rendu d’une nature morte. »

Comme quoi une bonne analyse technique d’un tableau, avec des commentaires riches, des explications claires et précises, est un vrai cours. Merci Roland

 

Pour aller plus loin

Cours et commentaires Palettes : 45 numéros commentés par Alain Jaubert, pour tout savoir sur les grandes toiles de maîtres

Conseils aux artistes peintres qui débutent

jeudi 16 avril 2015

Se libérer de l’appréhension pour aller toujours plus loin

Waaaaooooh !!! Me voila devant ma toile blanche. Par quoi démarrer ? Comment peindre ? Je fais quoi maintenant ? Quels produits je dois prendre ? Les premières fois sont toujours mémorables car source d’angoisse. Cette peur et un manque d’expérience nous amène parfois à l’abandon. Mais tout le monde a vécu sa première fois. Voila donc quelques conseils à tous ceux qui souhaiteraient peindre, pour que cette nouvelle expérience vous libère de vos appréhensions et, bien au contraire, vous gratifie de satisfaction pour poursuivre.

Je pourrai tout d’abord vous conseiller de faire vos premier pas dans un atelier en suivant la pédagogie d’un professeur. Ce serait un choix judicieux, mais encore faut-il trouver le bon. Comment le choisir ? Sur quels critères se fonder ? J’ai déjà débattu sur le sujet, donc chers amis prudence ! Mes conseils s’adressent alors plus précisément à vous qui réalisez un de vos rêves, à l’abri des regards dans votre petit cocon.

Peindre ce n’est pas facile. Ce sera un long parcours. Il faudra du temps et une multitude d’essais pour faire de jolies choses et acquérir une certaine aisance. Cela dit on peut se faire plaisir très vite.

Quand j’ai posé cette question à Roland, il m’a tout simplement répondu que, le concernant, il avait appris à peindre en copiant les œuvres des grands maîtres, puis en s’inspirant de ses artistes favoris, avant de composer ses propres œuvres. C’est une bonne voie pour débuter. La copie reste une bonne école. Encore faut il choisir une œuvre pas compliquée et abordable comme premier sujet. Un Van Gogh, ou un Matisse, par exemple sont des bons choix, car le graphisme est simple et le travail des couleurs aussi. Ou bien trouvez comme modèle une carte postale avec une illustration simple aussi. Et si cette idée ne vous séduit pas, choisissez de peindre d’après une photo elle aussi très simple dans sa composition.

En contre exemple, réaliser un portrait comme premier sujet est suicidaire !! Bien trop compliqué !! Une fleur en gros plan, un paysage assez dépouillé sans personnage, sans architecture, sans trop de détails, sont des idées qui peuvent faire de sympathiques petits tableaux. Donc vous l’aurez compris, il faut voir ses ambitions à la hauteur de ses compétences.

Bien choisir son matériel beaux-arts

En ce qui concerne la technique et le choix du matériel, huile ou eau, aquarelle ou pastel, etc. Là aussi il y a quelques données à prendre en compte. Je conseillerai en premier lieu de se munir de matériel de bonne qualité. Avoir de bons pinceaux et des couleurs de bonnes qualités facilite la manipulation et optimise le rendu. Se procurer des toiles ainsi que des papiers (pour l’aquarelle) d’excellente qualité n’est pas un aspect à négliger non plus. Donc pas de gouache comme on trouve dans les écoles primaires mais de la gouache beaux-arts telle que Linel de Lefranc & Bourgois par exemple qui a fait ses preuves auprès de Matisse notamment, pas de couleurs à l’huile ou à l’acrylique vendues dans des magasins discount, et pas de brosses achetées par lot de 10 à 1 € dans ses mêmes magasins.

Lire, écouter, regarder, s’inspirer …

Pour la mise en œuvre de ces couleurs, faites déjà un petit tour sur des vidéos postées sur les réseaux sociaux, pour comprendre leur utilisation et comment les appliquer. Je ne saurai que trop vous recommander de visionner celles de LabelArtVideo évidemment. Lire aussi une multitude de conseils pour retenir l’essentiel. Avoir en mémoire quelques théories est bénéfique avant la pratique. Exactement comme une recette de cuisine, on n’improvise pas une blanquette de veau si on n’a jamais cuisiné. On va regarder un chef sur une vidéo, lire différentes recettes dans des livres, et puis, informations en tête, on s’exécute. Préférez néanmoins le travail à la peinture acrylique dans le cadre de votre premier essai en « freelance ». Ce matériel accepte les erreurs car on peut corriger, repasser à volonté, grâce au séchage rapide qu’il offre. Ensuite faut se lancer sans avoir peur de l’échec.

Et vous, quelles sont vos recettes pour vous lancer ?

Pour aller plus loin

Cours de peinture LabelArtVideo

Le Livre à connaître (si ce n’est déjà fait) : LE Gombrich, l’ouvrage de référence

Découvrez comment travailler l’opacité en peinture

lundi 2 mars 2015

Il peut arriver que nos couleurs, ou nos mélanges manquent d’opacité. On souhaite couvrir une surface et on observe que le fond blanc de la toile transparait, ou que des nuances, des détails que l’on voulait couvrir sont toujours visibles. Par exemple, on réalise une nature morte à l’ancienne avec un fond sombre. On prend de la terre d’ombre brulée ou du noir, ou les deux pour peindre le fond et aïe !! Ça couvre mal. Idem vous souhaitez poser un bel orange concocté par vos soins avec un jaune primaire et du vermillon. C’est transparent !! Cela se produit pour plusieurs raisons que je vais évoquer.

La concentration pigmentaire, c’est essentiel

La première est que tout simplement si vous avez dans votre mallette des tubes de mauvaises qualités, ou bas de gamme, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Ces tubes sont peu concentrés en pigment. Ensuite il faut savoir, que certaines couleurs, même dans les hautes gammes, sont transparentes. Il existe des pigments, tels que le bleu de Prusse, la terre d’ombre naturelle, le blanc de zinc, le carmin, le vert de vessie et bien d’autres, qui sont par nature transparents. Vous avez l’indice d’opacité sur les tubes pour les repérer. C’est le petit carré. S’il est plein, la couleur est opaque, et s’il est vide c’est le contraire. A moitié plein, la couleur est entre les deux. Donc si vous recherchez l’opacité, préférez les couleurs opaques.

Comment obtenir une opacité maximale ?

Cela dit, il existe une astuce pour donner de l’opacité à un mélange : Utilisez le blanc de titane. Je vous l’ai déjà conseillé lors d’articles précédents : un blanc de titane de très bonne qualité est essentiel dans votre mallette. Et s’il est d’excellente qualité il sera super opaque. C’est ce qu’il faut ! Une petite dose de blanc de titane dans chaque mélange assurera à celui-ci une bonne opacité. Évidement cela va éclaircir légèrement votre mélange, le modifier un peu, mais la touche sera bien plus jolie et dense. Il faut parfois corriger alors le mélange avec des pointes d’autres couleurs. Et ça marche aussi avec des valeurs sombres ou foncées. Votre terre d’ombre brulée ne couvre pas, ajoutez un peu de blanc de titane, du noir et une pointe de rouge, et le tour est joué. Pour notre orange fait de jaune et rouge, une goutte de blanc lui assurera de l’opacité. Certes il sera moins saturé en couleur, moins vif, mais rien n’empêche par la suite de réajuster la couleur avec des glacis. Pour les couleurs sombres et brunes, on peut aussi utiliser de la terre de sienne naturelle ou de l’ocre jaune, et utiliser du vert oxyde de chrome pour opacifier des verts foncés,ça marche tout aussi bien et même mieux encore. Faites le test et vous serez convaincus.

 

Apprenez à décrypter les symboles inscrits sur les tubes de peinture

Nous prenons ici l’exemple sur un tube de peinture à l’huile Van Gogh.

1 : La résistance à la lumière

+++ = au minimum 100 ans sous conditions de musée

++ = 25 – 100 ans sous conditions de musée

La résistance à la lumière de toutes les couleurs est testée selon la norme ASTMd4303

 

2 : Transparence, opacité

Le degré d’opacité d’une peinture est indiqué par les symboles suivants :

un carré vide= transparent
un carré coupé par une diagonale = semi-transparent
un carré à moitié rempli = semi-opaque
un carré rempli totalement = opaque

 

3 : Le numéro de la couleur

Au lieu d’utiliser le nom de la couleur, vous pouvez utiliser ce numéro. Le numéro correspond toujours avec le même nom.

4 : La série de prix (facultatif)

Certains pigments sont plus coûteux que d’autres et entrainent une tarification de prix différente selon les couleurs d’une même gamme.

5 : Pigments

Dans cet espace sont indiqués les pigments utilisés dans la composition de la couleur.
En savoir plus :
Royal Talens

 

 

 

 

 

Parce que tous les Grey sont dans la nature

lundi 16 février 2015

Gris souris, gris de Payne, vert gris, gris bleu … Il existe de nombreux tons de gris chez les fabricants de peintures beaux-arts.
Le noir est aussi décliné en plusieurs nuances, c’est l’absence de lumière qui détermine ce ton.
Il est indispensable de connaître les qualités de chaque valeur afin de les utiliser au mieux dans votre palette. Label Art ouvre quelques pistes afin de vous accompagner dans votre choix de nuances.

Il existe des noirs aux variations infinies

Le noir est associé au pigment communément nommé PBk.
Je me suis souvent étonnée de trouver des noirs d’ivoire sur les nuanciers. Aussitôt évoqué, ce ton me faisait penser à une couleur claire évidemment.
Connaissez-vous son origine ? Généralement il est obtenu en faisant bouillir des eaux dégraissées.  D’une intensité exceptionnelle, le noir d’ivoire a supplanté de loin des autres noirs proposés par nos fabricants.

Il existe aussi des noirs fabriqués à partir de charbon végétal, c’est le cas pour les noirs de vigne par exemple.

On trouve aussi souvent du noir de Mars. Là encore je laisse mon esprit divaguer et me trouve soudain propulsée loin de la planète terre.
Le noir de Mars, c’est tout simplement de l’oxyde de fer, un noir d’une finesse et d’une densité absolue.

Certains noirs peuvent être trompeurs, ainsi le noir manganèse qui en fait … reste un brun très foncé !

Et le gris en peinture ?

Ah le gris ! Toutes les nuances permettent de travailler les valeurs du clair à l’obscur, en passant par le chaud ou le froid bleuté.
Le gris de Payne est le plus fréquent. Il a été mis au point par M. Payne au XVIIIème siècle. C’est à l’origine un mélange de cramoizie alizarine, de Sienne naturelle et de bleu Indigo.

Le gris est obtenu en mélangeant à quantité égale les trois couleurs primaires que sont le jaune, le cyan et le magenta.

L’utilisation du gris en peinture à l’huile ou à l’acrylique

Choisir vos gris pour vos palettes relève de l’harmonie des couleurs que vous souhaitez faire ressortir ou nuancer. La couleur grise mélangée ou utilisée directement sur la toile créera des effets différents et c’est à vous l’Artiste de travailler votre expression. Concernant la peinture acrylique, quelques pointes de noir utilisées sciemment apportent contrastes et forces au tableau.
En revanche la peinture à l’huile supporte moins les mélanges de noir avec d’autres nuances.

Et en aquarelle ?

Il est courant de voir beaucoup d’aquarellistes hésiter sur l’utilisation de couleurs sombres par peur de « salir » les couleurs. Ils les remplaceront alors plus facilement par un Brun Van Dyck. Le gris de Payne est présent sur leurs palettes.

Pour aller plus loin

Michel Pastoureau, spécialiste et écrivain qui nous parle des couleurs

Le petit Livre des Couleurs, Michel Pastoureau

Comment évoquer le noir sans vous recommander d’admirer les toiles de Pierre Soulages au Musée Fabre (Montpellier)

Voir les oeuvres du peintre

 

 

 

 

 

Comment peindre une aquarelle avec de l’acrylique Liquitex

lundi 19 janvier 2015

J’ai demandé à Roland qu’elle était sa marque préférée d’aquarelle. Et s’il préférait les aquarelles en godet ou tube. Il m’a répondu en riant « Liquitex ». « Mais c’est de la peinture acrylique ! ».

Il m’a dit, je cite : « oui j’avais bien compris ta question mais sais tu Elisa que l’on peut peindre avec de l’acrylique, comme à l’aquarelle ! ». Label Art

Voici ici une démonstration étape par étape que Roland exécute pour montrer que l’acrylique peut-être aquarellée et permet de magnifiques résultats.

 

Matériel beaux-arts utilisé pour ce cours

Label Art vous propose une sélection de matériel beaux-arts dans le cadre de ce cours de peinture.

> De l’acrylique Liquitex

> Une feuille pour aquarelle Clairefontaine

> Un crayon HB Faber-Castell

 

 Etape 1 : Le dessin au crayon HB

« Ok. Je vais réaliser cette vue de maisons asiatiques sur pilotis. Je prends du papier aquarelle, 300gr, grain fin et je commence par mon dessin au crayon HB ».

 

Etape 2 : la mise en couleurs à l’aquarelle

« Ensuite je pose mes premier lavis. Ici du bleu outremer pour le ciel les montagnes et le canal. Pour ce faire, je dilue simplement avec beaucoup d’eau une toute petite noisette de peinture acrylique bleu outremer. Très diluée, l’acrylique offre une transparence proche de l’aquarelle. Sur les montagnes, avec un petit mouchoir je pose quelques essuyés pour sculpter celles-ci. »

 

« Je mets en couleur mes maisons, les herbes, le personnage et la barque avec des lavis, toujours en acrylique très diluée. Ce sont que des aplats de couleur. »

 

Etape 3 : pose des ombres et création de reflets

« Après séchage, avec des lavis de couleur violet, je pose des ombres sur mes couleurs ocre, brune et orangé, et avec un lavis vert foncé, je pose quelques ombres dans les herbes. »

 

 

« En reprenant les couleurs utilisées pour les maisons, les ombres, les herbes, je pose les reflets dans l’eau. Ainsi utilisée en lavis, mon acrylique perd son opacité, devient transparente, et mes couleurs se mélangent par cette superposition de lavis, comme pour l’aquarelle. Le petit avantage est que l’acrylique accroche mieux le support papier. Elle se fixe et sèche rapidement en formant un film plus résistant à la détrempe. On peut donc sans risque de détremper les lavis précédents superposer plusieurs couches. »

 

« Pour finir, j’utilise là l’opacité de l’acrylique pour couvrir par-dessus mon travail et peindre les bambous dans l’eau. C’est un mélange de blanc et d’ocre jaune avec très peu d’eau. »

 

L’illusion de la peinture aquarelle

« Il faudra avoir un œil bien aiguisé pour voir que ce n’est pas de l’aquarelle. Évidement les spécialistes ne seront pas « trompés ». On obtient une transparence proche de l’aquarelle, mais pas aussi profonde et limpide. Mais cette technique peut nous rendre bien des services. »

Très intéressant !! J’imagine déjà les réactions des lecteurs aquarellistes !!! Sacrilège diront certains !

Qu’en pensez-vous ? J’attends vos commentaires et réactions avec impatience.

 

Pour aller plus loin :

Le site de la marque : Liquitex

En savoir plus sur l’aquarelle

 

 

 

On vous dit tout sur les pinceaux d’Art

lundi 12 janvier 2015

Entre les brosses et les pinceaux de toutes sortes, il est difficile de faire les bons choix et bons achats pour servir au mieux notre peinture. Un petit topo sur les spécificités des différents pinceaux et brosses s’impose !

Première question qui se pose, c’est quoi la différence entre une brosse et un pinceau ?

C’est la même chose ! Sauf que l’on appelle plus communément une brosse, un pinceau monté avec des poils plus fermes ou monté à plat. Ce qu’il faut savoir c’est que le poil constituant la brosse influe sur la touche. Il y a aussi des poils qui sont adaptés à certaines écritures, certains types de travail et techniques. La préciosité de certains poils, la finesse et qualité de montage déterminent le prix. C’est dans tous ces sens que je vais les passer en revue.

1. Commençons par les pinceaux en soie de porc

Les brosses en soie de porc offrent un poil rude. Les bonnes soies de porc présenteront un poil relativement souple. Il faut de préférence les choisir avec une grande longueur de poil, car plus le poil est court, moins il se charge en peinture et moins la brosse est souple. Ces brosses marquent la touche. Elles sont adaptées surtout pour l’huile. On peut travailler l’acrylique avec ces brosses mais la touche sera encore plus franche et marquée. Ce sont donc des outils adaptés à une touche énergique, spontanée, sans recherche du détail et de la précision. Quand à leurs aspects, à savoir plate carrée, usée bombée, pointue, là c’est une affaire de gout, car les touches suivant la forme seront un peu différentes.

2. Poursuivons avec le Kevrin

C’est de la mangouste. On leur coupe les poils pendant leur sommeil !! Si si !! Elles ne sentent rien ainsi. C’est un poil très souple, résistant, qui peut être utilisé pour charger ou pour lisser. Il allie la force des soies de porc à la finesse et précision des martres. On obtient de beaux fondus, de beaux dégradés de couleur avec ce type de brosses. La touche ainsi peut disparaitre sans laisser de trace ni de marque à l’inverse de la soie de porc. Le Kevrin a l’avantage de ne pas être trop chère. C’est une alternative à la martre. Cependant, pour les détails hyper précis, comme la peinture en trompe l’œil par exemple, ou on a besoin de pinceaux pointus et fins, le Kevrin a ses limites. Les poils ne sont pas suffisamment fins et ne portent pas assez de peinture pour ces détails extrêmes.

3. Le pinceau en martre Kolinsky

C’est la Rolls Royce des outils. Souplesse extrême, précision et finesse sont ses qualités. Elle n’a pas de défaut à l’exception de son prix, qui reste élevé, mais elle est nécessaire et incontournable dans notre mallette de peintre. Donc il faut en prendre grand soin et ne pas les utiliser de la même manière que les brosses en soie de porc, qui elles, sont costaud. C’est avec délicatesse que l’on posera la peinture sur la toile, muni d’une martre. La touche sera tendre, onctueuse, sans trace, parfaite aussi évidement pour les fondus, les glacis, les rehauts sur les empâtements, et excellente dans sa version pointue pour les détails. Elle va aussi bien à l’huile qu’à l’acrylique, et même l’aquarelle. Attention : la martre rouge n’a pas les qualités de la martre kolinsky. C’est du second choix même si elle reste très bonne. Elle sera donc moins chère.

4. Le pinceau putois

Il est presque aussi souple et précis que la martre kolinsky. A utiliser de la même manière.

5. Après il y a les brosses synthétiques

Là attention !!! il y en a qui supportent l’huile, les solvants et d’autres pas. En général il est indiqué, dans les notices évidement mais aussi sur le manche si elles sont formulées pour l’acryl ou l’huile ou les deux. Certaines sont conçues pour remplacer la soie de porc mais aucune ne remplace leur vigueur. Certaines présentent des qualités comparables à la martre mais sans égaler la souplesse. Généralement elles ne vieillissent pas aussi bien que les poils naturels et finissent souvent en « éventail » avant d’être usées, surtout en les utilisant avec la peinture à l’huile. Cela dit elles restent intéressantes d’un point de vue économique.

6. Le pinceau petit gris

C’est de l’écureuil. Ce sont des poils spécifiques à l’aquarelle. Ce poil retient l’eau et permet ainsi de couvrir en grand lavis. Il est très souple donc idéal pour fondre et dégrader. Toujours monté en pointe, il est idéal, lorsque chargé de peu d’eau, pour réaliser des touches hyper précises.

7. Le pinceau blaireau

Oui oui on peut se servir du blaireau de notre papa, qu’il prenait pour sa mousse à raser. C’est la même chose pour la peinture, et la forme reste presque identique. Il est excellent pour fondre et estomper. C’est là sa seule fonction. Il existe encore d’autres poils naturels, tel que le poney, l’oreille de bœuf, la belette etc. Ils n’ont pas grand intérêt sinon qu’être plus économique. Ils n’ont pas les qualités des précédents poils naturels décris. On peut donc s’en passer. Il convient aussi de changer de pinceau en cours de travail (acrylique et huile surtout) : – Généralement, dans la réalisation d’une peinture, on commencera par placer les fonds et base de couleur avec une soie de porc. – Ensuite on pourra travailler plus en détail, fondre et lisser sa touche avec une brosse plus souple en Kevrin ou martre. Là, ces brosses permettent de poser de la peinture plus épaisse, moins diluée sur la base tout en affinant le travail. – Et pour finir avec les petits détails et touches très précises, les rehauts de lumière etc. on prend une martre. – Après séchage, si l’on travaille les glacis, il faut du Kevrin, martre ou putois.

Voila pour les caractéristiques et spécificités des différents poils existants.

Sachez que pour avoir du bon matériel, il faut mettre le prix. Les lots de brosses de chez les magasins discount et autres sont à éviter. Sachez aussi que pour une meilleure durée de vie il faut bien entretenir ses brosses. Roland, notre spécialiste, m’a déconseillé par exemple de nettoyer les brosses que l’on utilise pour l’huile avec du savon, ou du liquide vaisselle. Ce procédé assèche de trop les poils si bien que les pinceaux ne gardent pas leur forme initiale et s’ouvrent en éventail. On passe les brosses simplement à l’eau si on peint à l’acrylique, et si l’on peint à l’huile, on nettoie son matériel au white spirit (essence de pétrole). Et le top pour conserver ses brosses spéciales peinture à l’huile, est le les humecter de suif (graisse de mouton) après nettoyage. Il m’a conseillé deux marques en qui il met toute sa confiance pour leurs qualités : Isabey et Raphael. Là, pas de mauvaises surprises, c’est du haut de gamme.

J’espère que ce petit article vous permettra de mieux orienter vos choix.

Et puis pour aller plus loin, c’est par ici : Bien choisir ses pinceaux