Archive pour la catégorie ‘Aquarelle’

Comment peindre une aquarelle avec de l’acrylique Liquitex

lundi 19 janvier 2015

J’ai demandé à Roland qu’elle était sa marque préférée d’aquarelle. Et s’il préférait les aquarelles en godet ou tube. Il m’a répondu en riant « Liquitex ». « Mais c’est de la peinture acrylique ! ».

Il m’a dit, je cite : « oui j’avais bien compris ta question mais sais tu Elisa que l’on peut peindre avec de l’acrylique, comme à l’aquarelle ! ». Label Art

Voici ici une démonstration étape par étape que Roland exécute pour montrer que l’acrylique peut-être aquarellée et permet de magnifiques résultats.

 

Matériel beaux-arts utilisé pour ce cours

Label Art vous propose une sélection de matériel beaux-arts dans le cadre de ce cours de peinture.

> De l’acrylique Liquitex

> Une feuille pour aquarelle Clairefontaine

> Un crayon HB Faber-Castell

 

 Etape 1 : Le dessin au crayon HB

« Ok. Je vais réaliser cette vue de maisons asiatiques sur pilotis. Je prends du papier aquarelle, 300gr, grain fin et je commence par mon dessin au crayon HB ».

 

Etape 2 : la mise en couleurs à l’aquarelle

« Ensuite je pose mes premier lavis. Ici du bleu outremer pour le ciel les montagnes et le canal. Pour ce faire, je dilue simplement avec beaucoup d’eau une toute petite noisette de peinture acrylique bleu outremer. Très diluée, l’acrylique offre une transparence proche de l’aquarelle. Sur les montagnes, avec un petit mouchoir je pose quelques essuyés pour sculpter celles-ci. »

 

« Je mets en couleur mes maisons, les herbes, le personnage et la barque avec des lavis, toujours en acrylique très diluée. Ce sont que des aplats de couleur. »

 

Etape 3 : pose des ombres et création de reflets

« Après séchage, avec des lavis de couleur violet, je pose des ombres sur mes couleurs ocre, brune et orangé, et avec un lavis vert foncé, je pose quelques ombres dans les herbes. »

 

 

« En reprenant les couleurs utilisées pour les maisons, les ombres, les herbes, je pose les reflets dans l’eau. Ainsi utilisée en lavis, mon acrylique perd son opacité, devient transparente, et mes couleurs se mélangent par cette superposition de lavis, comme pour l’aquarelle. Le petit avantage est que l’acrylique accroche mieux le support papier. Elle se fixe et sèche rapidement en formant un film plus résistant à la détrempe. On peut donc sans risque de détremper les lavis précédents superposer plusieurs couches. »

 

« Pour finir, j’utilise là l’opacité de l’acrylique pour couvrir par-dessus mon travail et peindre les bambous dans l’eau. C’est un mélange de blanc et d’ocre jaune avec très peu d’eau. »

 

L’illusion de la peinture aquarelle

« Il faudra avoir un œil bien aiguisé pour voir que ce n’est pas de l’aquarelle. Évidement les spécialistes ne seront pas « trompés ». On obtient une transparence proche de l’aquarelle, mais pas aussi profonde et limpide. Mais cette technique peut nous rendre bien des services. »

Très intéressant !! J’imagine déjà les réactions des lecteurs aquarellistes !!! Sacrilège diront certains !

Qu’en pensez-vous ? J’attends vos commentaires et réactions avec impatience.

 

Pour aller plus loin :

Le site de la marque : Liquitex

En savoir plus sur l’aquarelle

 

 

 

On vous dit tout sur les pinceaux d’Art

lundi 12 janvier 2015

Entre les brosses et les pinceaux de toutes sortes, il est difficile de faire les bons choix et bons achats pour servir au mieux notre peinture. Un petit topo sur les spécificités des différents pinceaux et brosses s’impose !

Première question qui se pose, c’est quoi la différence entre une brosse et un pinceau ?

C’est la même chose ! Sauf que l’on appelle plus communément une brosse, un pinceau monté avec des poils plus fermes ou monté à plat. Ce qu’il faut savoir c’est que le poil constituant la brosse influe sur la touche. Il y a aussi des poils qui sont adaptés à certaines écritures, certains types de travail et techniques. La préciosité de certains poils, la finesse et qualité de montage déterminent le prix. C’est dans tous ces sens que je vais les passer en revue.

1. Commençons par les pinceaux en soie de porc

Les brosses en soie de porc offrent un poil rude. Les bonnes soies de porc présenteront un poil relativement souple. Il faut de préférence les choisir avec une grande longueur de poil, car plus le poil est court, moins il se charge en peinture et moins la brosse est souple. Ces brosses marquent la touche. Elles sont adaptées surtout pour l’huile. On peut travailler l’acrylique avec ces brosses mais la touche sera encore plus franche et marquée. Ce sont donc des outils adaptés à une touche énergique, spontanée, sans recherche du détail et de la précision. Quand à leurs aspects, à savoir plate carrée, usée bombée, pointue, là c’est une affaire de gout, car les touches suivant la forme seront un peu différentes.

2. Poursuivons avec le Kevrin

C’est de la mangouste. On leur coupe les poils pendant leur sommeil !! Si si !! Elles ne sentent rien ainsi. C’est un poil très souple, résistant, qui peut être utilisé pour charger ou pour lisser. Il allie la force des soies de porc à la finesse et précision des martres. On obtient de beaux fondus, de beaux dégradés de couleur avec ce type de brosses. La touche ainsi peut disparaitre sans laisser de trace ni de marque à l’inverse de la soie de porc. Le Kevrin a l’avantage de ne pas être trop chère. C’est une alternative à la martre. Cependant, pour les détails hyper précis, comme la peinture en trompe l’œil par exemple, ou on a besoin de pinceaux pointus et fins, le Kevrin a ses limites. Les poils ne sont pas suffisamment fins et ne portent pas assez de peinture pour ces détails extrêmes.

3. Le pinceau en martre Kolinsky

C’est la Rolls Royce des outils. Souplesse extrême, précision et finesse sont ses qualités. Elle n’a pas de défaut à l’exception de son prix, qui reste élevé, mais elle est nécessaire et incontournable dans notre mallette de peintre. Donc il faut en prendre grand soin et ne pas les utiliser de la même manière que les brosses en soie de porc, qui elles, sont costaud. C’est avec délicatesse que l’on posera la peinture sur la toile, muni d’une martre. La touche sera tendre, onctueuse, sans trace, parfaite aussi évidement pour les fondus, les glacis, les rehauts sur les empâtements, et excellente dans sa version pointue pour les détails. Elle va aussi bien à l’huile qu’à l’acrylique, et même l’aquarelle. Attention : la martre rouge n’a pas les qualités de la martre kolinsky. C’est du second choix même si elle reste très bonne. Elle sera donc moins chère.

4. Le pinceau putois

Il est presque aussi souple et précis que la martre kolinsky. A utiliser de la même manière.

5. Après il y a les brosses synthétiques

Là attention !!! il y en a qui supportent l’huile, les solvants et d’autres pas. En général il est indiqué, dans les notices évidement mais aussi sur le manche si elles sont formulées pour l’acryl ou l’huile ou les deux. Certaines sont conçues pour remplacer la soie de porc mais aucune ne remplace leur vigueur. Certaines présentent des qualités comparables à la martre mais sans égaler la souplesse. Généralement elles ne vieillissent pas aussi bien que les poils naturels et finissent souvent en « éventail » avant d’être usées, surtout en les utilisant avec la peinture à l’huile. Cela dit elles restent intéressantes d’un point de vue économique.

6. Le pinceau petit gris

C’est de l’écureuil. Ce sont des poils spécifiques à l’aquarelle. Ce poil retient l’eau et permet ainsi de couvrir en grand lavis. Il est très souple donc idéal pour fondre et dégrader. Toujours monté en pointe, il est idéal, lorsque chargé de peu d’eau, pour réaliser des touches hyper précises.

7. Le pinceau blaireau

Oui oui on peut se servir du blaireau de notre papa, qu’il prenait pour sa mousse à raser. C’est la même chose pour la peinture, et la forme reste presque identique. Il est excellent pour fondre et estomper. C’est là sa seule fonction. Il existe encore d’autres poils naturels, tel que le poney, l’oreille de bœuf, la belette etc. Ils n’ont pas grand intérêt sinon qu’être plus économique. Ils n’ont pas les qualités des précédents poils naturels décris. On peut donc s’en passer. Il convient aussi de changer de pinceau en cours de travail (acrylique et huile surtout) : – Généralement, dans la réalisation d’une peinture, on commencera par placer les fonds et base de couleur avec une soie de porc. – Ensuite on pourra travailler plus en détail, fondre et lisser sa touche avec une brosse plus souple en Kevrin ou martre. Là, ces brosses permettent de poser de la peinture plus épaisse, moins diluée sur la base tout en affinant le travail. – Et pour finir avec les petits détails et touches très précises, les rehauts de lumière etc. on prend une martre. – Après séchage, si l’on travaille les glacis, il faut du Kevrin, martre ou putois.

Voila pour les caractéristiques et spécificités des différents poils existants.

Sachez que pour avoir du bon matériel, il faut mettre le prix. Les lots de brosses de chez les magasins discount et autres sont à éviter. Sachez aussi que pour une meilleure durée de vie il faut bien entretenir ses brosses. Roland, notre spécialiste, m’a déconseillé par exemple de nettoyer les brosses que l’on utilise pour l’huile avec du savon, ou du liquide vaisselle. Ce procédé assèche de trop les poils si bien que les pinceaux ne gardent pas leur forme initiale et s’ouvrent en éventail. On passe les brosses simplement à l’eau si on peint à l’acrylique, et si l’on peint à l’huile, on nettoie son matériel au white spirit (essence de pétrole). Et le top pour conserver ses brosses spéciales peinture à l’huile, est le les humecter de suif (graisse de mouton) après nettoyage. Il m’a conseillé deux marques en qui il met toute sa confiance pour leurs qualités : Isabey et Raphael. Là, pas de mauvaises surprises, c’est du haut de gamme.

J’espère que ce petit article vous permettra de mieux orienter vos choix.

Et puis pour aller plus loin, c’est par ici : Bien choisir ses pinceaux

Comment fabriquer sa propre peinture ?

jeudi 27 novembre 2014

Beaucoup de peintres aiment utiliser des pigments bruts pour préparer leurs couleurs et peintures.

Faire sa propre cuisine peut être agréable, produire de jolis effets, mais peut être aussi peut entraîner de « périlleuses formules » ! 😉

D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que toute peinture est constituée de pigments et de liants. Plus une peinture est de bonne qualité et plus sa teneur en pigments est élevée. C’est un des critères de qualité. Ensuite le broyage, qui est le mélange par écrasement des pigments et du liant, a son importance aussi pour une bonne homogénéité de la pâte obtenue. Donc quelque soit le type de peinture que l’on utilise, c’est à la base du pigment. Le truc alors, pour préparer sa bonne et propre recette, sera de bien lier les pigments.

C’est là ou bon nombre de peintre commettent quelques erreurs.

Si vous souhaitez peindre sans solvant, il vous faudra un liant acrylique. Oubliez : La colle à papier peint, trop épaisse ! Les mélanges genre émulsion à base d’œuf, ou de sucre, ou de farine, ou tout ça ensemble, qui, bien que vieux comme le monde et efficaces, nécessitent de savants dosages et de la pratique ! Préférez à tout ça un liant acrylique fluide genre Binder. Il faudra après un peu « d’huile de coude », pour mélanger les pigments à celui-ci avec un couteau. Attention ! C’est long, fastidieux, et le résultat obtenu risque d’être granuleux s’il a pas été malaxé et écrasé suffisamment longtemps. Mais si justement vous souhaitez obtenir du grain c’est parfait. La technique est de d’abord disperser le pigment dans de l’eau puis d’incorporer le liant petit à petit. Ensuite pour ceux qui supportent les solvants et souhaitent peindre à l’huile, la solution est d’utiliser de l’huile pour broyer les pigments. Là c’est idem, le broyage est long et énergique pour obtenir une pâte fine et crémeuse. Pour l’huile, prendre de préférence de l’huile de lin décolorée, ou mieux encore de l’huile d’œillette, totalement incolore.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il existe des pigments hydrophiles et hydrophobes. C’est-à-dire que certains pigments auront du mal à se mélanger à un liant à base d’eau, et d’autres auront du mal à se mélanger à de l’huile. Là il existe des adjuvants, genre l’alcool et autres, pour résoudre ces problèmes mais là ça demande beaucoup de connaissances et expériences. Moi je ne connais pas tout ça, alors je préfère assurer le coup avec de la peinture toute prête. Et je sais au moins qu’elle vieillira bien ! De plus il est quasiment impossible d’obtenir des couleurs aussi saturées et concentrées que celles en tube. Mon choix est fait !

Bien utiliser le noir dans la peinture

mardi 4 novembre 2014

Je vous ai déjà écris un petit article sur la couleur noire : ses différentes nuances et les précautions à prendre avec cette couleur en mélange avec d’autres. Je crois que mon article n’a pas été lu avec assiduité, ou pas lu du tout, aux vues de multiples tableaux de peintre amateur. Il se trouve que souvent, ceux-ci utilisent le noir pour travailler les ombres. Ce n’est pas interdit, mais vraiment pas recommandé et maladroit. Effectivement, lorsque l’on travaille le modelé, c’est-à-dire les ombres et lumières, que ce soit pour un arbre, une pomme, un visage, des nuages, il faut premièrement trouver une valeur claire à notre couleur de base. Là ce n’est pas difficile, on ajoute du blanc, avec parfois une touche de jaune et, ou, une pointe de rouge, et on obtient une valeur claire exprimant la lumière. Mais pour la valeur foncée, ça se complique. La facilité est de prendre du noir et l’ajouter à notre couleur de base. Ça marche, mais qu’avec certaines couleurs, et déjà foncées. Pour les verts foncés et les bleus foncés, pas de problème, le résultat sera efficace, ainsi que pour les rouges genres cadmium moyen, vif et carmin. Par exemple, on peut peindre les ombres propres d’un sapin en suivant cette voie. Idem si l’on peint un vase bleu, un jean, une pastèque, un poivron vert et rouge, etc.
Mais attention, pour toutes autres couleurs, telles que les jaunes, les rouges type vermillon et orangé, et généralement toutes les couleurs claires, ça se gâte ! Le souci est que cette valeur foncée ne sera pas belle du tout, et surtout plus trop en raccord avec notre couleur de base. Le noir va la dénaturer et l’emmener vers des gris plus ou moins foncées, ternes et voir même sales.
L’idéal est de rester toujours dans la gradation de la couleur de base. Cela veut dire rester dans la même gamme de couleur, et de toujours utiliser de la couleur pour exprimer les ombres. Le mieux pour comprendre est de citer quelques exemples.

-Un citron. S’il est bien jaune, on prendra de l’ocre jaune puis du brun pour exprimer un dégradé qui ira de jaune, à  jaune moyen, puis jaune foncé jusqu’à brun. S’il est légèrement vert, on mélangera cette couleur à du vert anglais n°1 et de la terre verte, en augmentant progressivement la proportion de ces deux dernier pour obtenir au final une valeur foncée très colorée.
-Des pétales roses. Même schéma donc que pour le citron pour emmener ce rose vers une valeur foncée, en utilisant ici du rouge foncé, du carmin, en éliminant progressivement le blanc contenu dans la couleur de base et inversement en augmentant la quantité de rouge foncé.
-Des feuillages clairs. On élimine progressivement le blanc et le jaune contenu dans la couleur de base, et puis on fonce notre nuance avec des verts plus foncé genre vert anglais n°1, terre verte, vert olive, et seulement après avec du noir si l’on veut des ombres très fortes.
Dans la peinture académique, cette règle est respectée bien que le brun prédomine pour exprimer les valeurs foncées des ombres. Les impressionnistes, eux,  ont exacerbé cette notion de mettre de la couleur jusque dans les ombres. Observer leurs tableaux et vous verrez que le noir est souvent absent.
Le noir est dangereux et à manier avec beaucoup de précaution et de savoir faire. Mais en suivant les petites règles énoncées dans cet article vos tableaux seront bien plus jolis.

Quels noirs choisir ?

Chez Royal Talens, le noir bougie Rembrandt

Chez Lefranc & Bourgeois, le noir de Mars

Chez Liquitex, le noir de Mars

 

Réussir à peindre avec réalisme une petite pomme

lundi 13 octobre 2014

J’attends toujours avec impatience la visite de mon ami Roland. Je lui demande toujours mille conseils pour progresser. Il n’est pas avare pour cela, j’en profite.
J’avais peint dans la semaine une petite pomme jaune.
Il me dit en regardant ma pomme :
« Elle est toute mignonne ! Regarde, si tu me le permets, en 10mn chrono, je vais apporter un gros plus à ta pomme. Elle va gagner en préciosité et élégance ».
« Ok. Vas-y ! Mais je prends mon appareil photo pour que tout le monde en profite. 5, 4, 3, 2, 1, c’est parti ! »

Voila déjà à quoi ressemble ma pomme.

« Regarde, je vais peindre deux gouttes d’eau, dont une qui coule légèrement. Avec un mélange de blanc, ocre jaune et d’une infime pointe de brun, je pose une petite valeur moyennement foncée sur une partie claire de la pomme. Cette valeur définit la silhouette de mes gouttes ».

« Ensuite, la lumière venant de gauche, je pose une toute fine ombre portée sur la droite et vers le bas, en la dégradant, avec un mélange d’ocre et de brun. Ça prend déjà du volume ! ».

« Avec du blanc et une pointe de jaune, je pose une première lumière sur le bord à droite et le bas des gouttes. C’est la lumière qui traverse la goutte ».

« Dernière étape, avec du blanc presque pur, je pose mon éclat de lumière sur la partie gauche haute des gouttes, pour leur donner une belle brillance. Et c’est tout. Tu vois, poser une petite goutte sur un fruit, un légume, dans une composition de nature morte, c’est pas grand-chose, mais ça apporte tellement de valeur ! c’est magique ».

Voila le résultat de cette petite transformation. Il a raison le bougre ! Comme d’habitude. J’adoooooooooore ma petite pomme

Sympa la leçon !! Merci Roland.

Apprenez à peindre le ciel et à choisir vos bleus

jeudi 28 août 2014

En un tour de main et en images voila un cours très instructif pour s’y retrouver dans les bleus afin de réaliser de beaux ciels. Je laisse la parole à notre expert :

« Une question récurrente de mes élèves : « Quel bleu je prends pour faire mon ciel ? »

Et bien c’est vrai choisir son bleu n’est pas si facile. Alors voilà en image quelques repères pour vous orienter. Première chose à prendre en compte, c’est que pour faire une couleur bleu ciel il faut du blanc, et en fait juste une pointe de bleu. En conséquence, même si les bleus purs présentent entre eux des nuances visibles très distinctes, ces différences deviennent bien moins flagrantes avec le blanc.»

« Voici, on va dire, les deux principaux. A gauche le Primaire. Il est parfait pour représenter des beaux ciels d’été.  Puis l’Outremer, qui tire sur le violet. Il est idéal pour les paysages de Bretagne et les soleils couchants par exemple. Le mélange des deux, sur la troisième photo est terrible. On aurait obtenu le même résultat que ce mélange en utilisant du Cobalt.»

« Voici trois autres bleus, que l’on retrouve fréquemment dans nos palettes : (de gauche à droite) Phtalocyanine, Prusse et Céruléum. Le Phtalo et le Céruléum sont très très proches du Primaire. Dans notre mélange avec le blanc, la différence est vraiment minime. Le Céruléum est légèrement plus gris. Quand au Prusse, lui est beaucoup plus gris. Il produit un bleu « sale », pour des ciels de mauvais temps par exemple. »

« Et pour terminer, il peut être intéressant de réaliser des ciels avec ces couleurs : Un Violet, pour des effets de crépuscule. Le Turquoise, qui produit une nuance proche du vert, très froide. Et si vous le trouvez trop froid il est aussi beau en l’associant au Primaire, ici sur la troisième photo. »

« Voici maintenant quelques conseils pour réaliser un beau ciel avec des petits nuages. »

« Après avoir choisi son bleu, ici du primaire, on mélange donc du blanc avec juste une pointe de bleu. Suivant la proportion de bleu, on obtient des nuances qui donnent naissance à des nuages très légers. On remarque qu’en partie haute, le bleu est toujours plus intense. Sur la deuxième photo, j’ai effectué le même travail, en ajoutant des rehauts de blanc pur pour donner plus de corps aux nuages. »

«  Pour obtenir des nuages plus denses, plus « consistants », la méthode diffère. Cette fois je pose ma couleur bleu ciel, tout en respectant l’effet de foncé en haut et clair vers l’horizon, et je réserve des zones sans peinture. Dans ces zones blanches, je pose une valeur crème (ou grise, très claire), faite de blanc et de terre de sienne naturelle, sans couvrir toute la surface, en débordant par endroit sur le bleu.  »

« Ensuite, dans ces zones, je pose un gris, soit bleuté, soit brun, pour ombrer mes nuages. Je fonds mes nuances, puis je pose des touches de blanc pur. Ainsi travaillés avec ces nuances, mes nuages prennent du volume. »
«  Pour qu’un ciel soit beau, il faudra alterner des espaces avec des nuages légers et des nuages plus denses. Donc en suivant les deux méthodes ici présentées. »

Superbe !! Merci Roland.

Bien choisir son papier aquarelle

jeudi 19 juin 2014

Tous les aquarellistes le savent : le choix d’un papier aquarelle est primordial. La teneur, la texture, le maintien, la surface, le grammage : les critères de qualité sont nombreux et répondent à de multiples exigences.

La matière

C’est le papier 100% coton qui procure à l’Artiste un rendu inégalé. Tout d’abord par sa capacité d’absorption inégalée. La fibre de coton permet toutes les techniques ! Même le repentir utilisé par les aquarellistes est possible. Cette fibre végétale est absolument merveilleuse. Aucune autre matière ne permet de tels résultats. Il existe aussi des papiers pour l’aquarelle composés de coton et de fibres synthétiques. Ces supports offrent de très bons résultats et permettent la détrempe.
Si vous débutez et optez pour un papier 100% synthétique, vous pouvez vous tourner vers des gammes telles que celles développées par Clairefontaine. Elles offrent aux aquarellistes un très bon rapport qualité prix.

Le grammage

La papier aquarelle doit posséder une bonne tenue et prise en main. Je vous conseille d’opter pour un grammage de 300 grammes minimum. Évidemment plus le grammage est élevé, plus le papier est résistant et agréable à travailler. Un grammage de 500 grammes vous permettra une absorption idéale et vous garantira un résultat d’exception. Les surfaces des papiers doivent être planes au maximum afin de permettre un travail en touche précis et fluide. Là encore le coton offre des résultats exceptionnels.

Le grain

Il existe plusieurs grains pour les gammes de papier aquarelle. Le grain fin offre un support lisse. Il peut être combiné à un effet satin pour certaines gammes telles que Fontaine ou Etival . Le grain torchon le plus vendu propose un travail plus marqué. Il retient le coup de pinceau. Idéal pour réaliser des paysages par exemple ou créer des effets.

La blancheur

Les principaux fabricants de papier veillent à assurer à leurs gammes une blancheur du support permettant aux couleurs de se poser toute en lumière et transparence. Clairefontaine propose des carnets et feuilles offrant une blancheur incomparable tout en s’inscrivant dans une certification garantissant un produits sans azurants optiques. Les papiers ne jaunissent pas dans le temps.

Afin de vous accompagner dans votre choix, voici une vidéo vous permettant d’apprécier la texture, le maintien, la tenue et la surface du papier aquarelle.

 

Choisir son papier aquarelle

Cours de peinture : comment travailler le relief

lundi 24 février 2014

Roland Charbonnier nous explique aujourd’hui comment à l’aide, juste de couleurs et valeurs à mettre en relief une boîte. Ces notions et théories sont aussi valables et utiles pour représenter des architectures et autres sujets de forme cubique.

 

Je commence par mon dessin, en prenant soin de bien représenter les trois faces visibles de ma boîte en perspective. Ma boîte sera jaune. Ma lumière vient de gauche. Je peins la face exposée à la lumière d’un jaune lumineux.

 

 

 

 

 

 

Ensuite je peins la face non exposée à la lumière en fonçant mon jaune de base. Ici j’ai ajouté à ma couleur de l’ocre jaune et de la terre de sienne brûlée. Pour la surface plane restante, le haut de la boîte, je la représente en plus claire, donc en ajoutant du blanc à mon jaune de base. Je me retrouve avec 3 valeurs distinctes pour mes 3 faces.

 

 

 

 

 

 

 

Je peins le fond avec une nuance bleutée pour bien mettre en valeur ma boîte par contraste. Ma lumière vient de gauche, donc l’ombre portée de la boîte fuse à droite de l’objet vers l’arrière. Pour la couleur j’ajoute juste une pointe de noir.

C’est une boîte, avec un couvercle, il manque alors le petit filet d’ombre de celui-ci, que je réalise avec ma valeur foncée en ajoutant une pointe d’ombre brulée.

Je renforce mes contrastes entre les faces en plaçant quelques rehauts de jaune clair et jaune foncé comme sur la photo, de part et d’autre de l’angle, pour bien le marquer, mais sans faire de trait.

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir, j’écris quelques mots sur ma boîte en bleu. Avec un bleu clair sur la face claire, et un bleu plus fort sur la face foncée.

 Le matériel nécessaire pour réaliser ce cours du mois :

 

 

 

Bien choisir le format de son châssis entoilé

mardi 17 décembre 2013

Petit ou grand format ????

Ce n’est pas toujours facile de faire un choix pour le format de sa toile. La personnalité du peintre entre souvent en ligne de compte pour opter entre un grand, voir géant tableau ou un petit, voir minuscule, tableau.

Pour le peintre amateur, le choix s’opère souvent suivant la difficulté à laquelle il sera confronté. Un grand format fait peur et impressionne bien souvent. Les petits sont alors rassurants et dans l’idée plus maîtrisable. C’est une erreur !

Plus la toile est petite et plus la précision est de rigueur. Qui dit précision dit maniabilité et maîtrise. On pense aussi que la réalisation du tableau sera plus rapide. Ce n’est pas forcement vrai ! Avec un grand format, on va déjà travailler avec des brosses adaptées, donc grosse. Nos gestes et nos touches seront plus amples, plus énergiques, et point fondamental,  plus spontanés. On pourra apporter aussi plus de nuances, plus de fantaisies et variations à nos couleurs sur un même sujet. La précision requise des petits formats n’est pas ici nécessaire. Et dernière point, tout en peignant on a ce recul pratique en peignant le bras tendu et en tenant la brosse du bout du manche.

Seul inconvénient, et pas des moindres, des grands formats : il faut trouver la place pour soit les ranger ou les accrocher au mur !!!

Essayer, même si les grandes toiles vous font peur. C’est de toute manière une expérience à tenter et elle sera très enrichissante.

Matériel :

Les châssis entoilés Label Art des formats 0 au format 120

Les brosses et pinceaux Isabey et Raphaël

Les couleurs acryliques

Les couleurs à l’huile

Les vernis et médiums

Et pour connaître le tableau des formats français, c’est par là

Bien choisir ses rouges en peinture d’Art

vendredi 22 novembre 2013

Bien choir ses couleurs pour opérer de beaux mélanges ne relève pas de l’approximatif. Obtenir des couleurs réussies par mélange demande une certaine expérience et de bonne notion. Parmi tant d’autres, il y celle de déjà à la base, sélectionner les couleurs adéquates. Pour exemple on sait que l’on obtient du orange par mélange de jaune et de rouge. C’est une évidence !!  Mais bien choisir son jaune et surtout son rouge l’est moins. Il existe plus d’une dizaine de rouge, bien différents les uns des autres. Les différences peuvent parfois sembler subtiles mais elles jouent un rôle important dans la définition futur du mélange. Il faut savoir qu’il existe 3 classes de rouge : ceux à tendance orangée, les neutres et ceux à tendance violacée. La laque carminée pour exemple, associée à du jaune donnera un orange terne et foncé, alors que le vermillon produira un orange flamboyant et lumineux. A l’inverse ce même vermillon avec une pointe de bleu produira une valeur violacée sale. Il est donc important de bien choisir le rouge qui convient pour ses mélanges. De même qu’il faudra bien choisir ses rouges en fonction de ses sujets. Pour peindre un coquelicot, une tomate, nous éviterons les rouges à tendance violacée, qui seront plus adéquates pour peindre des raisins rouges, des orchidées, et autres fleurs violacées.

Le mieux et le plus simple est alors d’utiliser que les rouges neutres, si l’on ne veut pas s’embarrasser de trop de couleur.

Sur cette photo nous avons de gauche à droite :

1-Vermillon, rouge de cadmium clair, rouge de cadmium moyen (rouge à tendance orangée).

2-Rouge primaire, rouge azoïque (rouges neutres)

3-Puis la laque carminée (et tous les carmins) et la laque de garance (rouge à tendances violacée).

 

Pour aller plus loin dans votre choix de peinture pour les beaux-arts :