Archive pour la catégorie ‘Dessin’

L’indispensable terre d’ombre naturelle

mardi 24 mars 2015

Ce mois-ci, voila un petit cours théorique sur une couleur indispensable à notre palette :

On vous dit tout sur la terre d’ombre naturelle

« L’ombre naturelle, est une terre, donc un pigment naturel, qui a toujours figurée sur les palettes des maîtres anciens. C’est un brun très doux, chaud. Ce pigment n’est pas couvrant. Il ne faut surtout pas le confondre avec sa version brûlée, la terre d’ombre brûlée. C’est une couleur que l’on va associer à d’autres pour produire des effets précis. A l’inverse des impressionnistes, des fauves et autres peintres qui recherchent une pureté des couleurs et à exploiter leur vivacité, leur fraicheur, jusqu’à les saturer, la terre d’ombre naturelle conviendra aux peintres qui recherchent à ternir et rabattre leurs mélanges. Le noir salit trop les couleurs et les foncent en produisant des mélanges peu heureux, jusqu’à transformer les jaunes en vert par exemple. Les bruns aussi sont trop puissants et dénaturent aussi les couleurs. Une petite pointe d’ombre naturelle va « calmer » le jeu sans transformer la valeur de base. Un jaune restera jaune etc.
Les mélanges ainsi obtenus permettront d’obtenir des couleurs plus ternes, salies, mais « proprement salies ». Les mélanges donneront des valeurs chaudes.
Sur cette photo, à partir de couleurs franches en base nous voyons l’effet obtenu par adjonction de cette terre ».

 


« Le blanc donne un gris chaud. Quand aux autres couleurs, on perçoit la différence entre les valeurs franches et les valeurs ternies avec l’ombre, sans trop les foncer ».

Voici un rendu avec adjonction de terre d’ombre naturelle dans un tableau

« Cette terre peut être utilisé en toute fin d’exécution pour ternir, toujours, mais aussi donner un côté vieilli au tableau. Pour cela il faudra l’utiliser en glacis. Du médium à glacis avec un peu de cette couleur produira cet effet. Suivant la quantité de couleur adjointe au médium on varie l’intensité du usé-vieilli. Sur ces deux photos, en 1 on a le tableau brut, en 2 une partie vieillie avec un glacis peu chargé en ombre naturelle, et en 3 avec un glacis plus concentré en ombre naturelle ».

« On perçoit nettement l’aspect « ancien » produit avec cette terre, tout en conservant la chaleur du sujet. De plus, avec cette méthode de glacis, toutes les couleurs se retrouvent raccordées sous une couleur commune, créant ainsi une unité de l’ensemble et une harmonie supplémentaire au sujet. »

 

Cette méthode me rappelle mon papa qui vieillissait ses meubles avec de la cire teintée. Et à en juger par cette démo, sa cire devait contenir de la terre d’ombre naturelle.

La terre d’ombre naturelle est déclinée aussi bien en peinture à l’huile chez Rembrandt par exemple qu’en acrylique chez Liquitex, en aquarelle chez Winsor & Newton.

Comment peindre de la fumée ?

lundi 16 mars 2015

Une de mes amies peintres a réalisé un tableau représentant la silhouette d’un visage d’homme sur fond noir, fumant une cigarette. Elle a eu beaucoup de mal à rendre cet effet de fumée sur ce fond mais ne s’en est pas trop mal sorti. C’est costaud à produire cette fumée, que ce soit de cigarette ou d’un plat qui sort du four ou bien encore d’une tasse de café. Ça m’a donné l’idée de demander à notre spécialiste Roland de nous préparer un petit tutoriel sur ce sujet. Voila son cours.

Comment peindre de la fumée ? Notre tuto pas à pas

« On va déjà peindre deux surfaces, l’une en gris foncé et l’autre en gris très clair. Ceci pour voir comment produire cet effet sur un fond sombre ou un fond clair. »

 

« Première étape, on place sur nos fonds encore frais,  des masses plus moins denses, de couleur gris moyen. Au départ de la fumée, ces masses seront fines puis gagneront en espace en remontant. A noter que sur le fond encore frais, il faut travailler plus en pâte pour poser ces masses, avec une brosse très souple. »

 

« Ensuite, avec une brosse plate en martre ou kevrin, donc très souple, et propre, on va fondre ces masses avec le fond pour créer un effet de flou. C’est ce « floutage » qui donne l’impression de fumée. »

 

« On pose ensuite par endroit, avec plus de finesse, des rehauts de blanc sur le fond foncé, et inversement, des rehauts de gris plus soutenu sur le fond clair. Ces rehauts donneront par endroit plus de densité à notre fumée. »

 

« Idem, on floute ces rehauts et l’opération est terminée. Sur un fond coloré, il est évident qu’il faudra travailler les masses dans la même couleur, légèrement grisée, avec des valeurs différentes. Par exemple si le fond est bleu foncé, la fumée sera bleu-gris clair, et si le fond est vert clair, la fumée sera gris-vert foncé.»

Rapide et efficace comme d’habitude. C’est simple mais je pense que le placement des masses et leur graphisme demande un peu d’expérience. Je vais essayer au plus vite.

Merci pour ce tuto Roland.

Voir tous nos tutos videos sur notre chaîne YouTube : LabelArt Video

 

 

Découvrez comment travailler l’opacité en peinture

lundi 2 mars 2015

Il peut arriver que nos couleurs, ou nos mélanges manquent d’opacité. On souhaite couvrir une surface et on observe que le fond blanc de la toile transparait, ou que des nuances, des détails que l’on voulait couvrir sont toujours visibles. Par exemple, on réalise une nature morte à l’ancienne avec un fond sombre. On prend de la terre d’ombre brulée ou du noir, ou les deux pour peindre le fond et aïe !! Ça couvre mal. Idem vous souhaitez poser un bel orange concocté par vos soins avec un jaune primaire et du vermillon. C’est transparent !! Cela se produit pour plusieurs raisons que je vais évoquer.

La concentration pigmentaire, c’est essentiel

La première est que tout simplement si vous avez dans votre mallette des tubes de mauvaises qualités, ou bas de gamme, il ne faut pas s’attendre à des miracles. Ces tubes sont peu concentrés en pigment. Ensuite il faut savoir, que certaines couleurs, même dans les hautes gammes, sont transparentes. Il existe des pigments, tels que le bleu de Prusse, la terre d’ombre naturelle, le blanc de zinc, le carmin, le vert de vessie et bien d’autres, qui sont par nature transparents. Vous avez l’indice d’opacité sur les tubes pour les repérer. C’est le petit carré. S’il est plein, la couleur est opaque, et s’il est vide c’est le contraire. A moitié plein, la couleur est entre les deux. Donc si vous recherchez l’opacité, préférez les couleurs opaques.

Comment obtenir une opacité maximale ?

Cela dit, il existe une astuce pour donner de l’opacité à un mélange : Utilisez le blanc de titane. Je vous l’ai déjà conseillé lors d’articles précédents : un blanc de titane de très bonne qualité est essentiel dans votre mallette. Et s’il est d’excellente qualité il sera super opaque. C’est ce qu’il faut ! Une petite dose de blanc de titane dans chaque mélange assurera à celui-ci une bonne opacité. Évidement cela va éclaircir légèrement votre mélange, le modifier un peu, mais la touche sera bien plus jolie et dense. Il faut parfois corriger alors le mélange avec des pointes d’autres couleurs. Et ça marche aussi avec des valeurs sombres ou foncées. Votre terre d’ombre brulée ne couvre pas, ajoutez un peu de blanc de titane, du noir et une pointe de rouge, et le tour est joué. Pour notre orange fait de jaune et rouge, une goutte de blanc lui assurera de l’opacité. Certes il sera moins saturé en couleur, moins vif, mais rien n’empêche par la suite de réajuster la couleur avec des glacis. Pour les couleurs sombres et brunes, on peut aussi utiliser de la terre de sienne naturelle ou de l’ocre jaune, et utiliser du vert oxyde de chrome pour opacifier des verts foncés,ça marche tout aussi bien et même mieux encore. Faites le test et vous serez convaincus.

 

Apprenez à décrypter les symboles inscrits sur les tubes de peinture

Nous prenons ici l’exemple sur un tube de peinture à l’huile Van Gogh.

1 : La résistance à la lumière

+++ = au minimum 100 ans sous conditions de musée

++ = 25 – 100 ans sous conditions de musée

La résistance à la lumière de toutes les couleurs est testée selon la norme ASTMd4303

 

2 : Transparence, opacité

Le degré d’opacité d’une peinture est indiqué par les symboles suivants :

un carré vide= transparent
un carré coupé par une diagonale = semi-transparent
un carré à moitié rempli = semi-opaque
un carré rempli totalement = opaque

 

3 : Le numéro de la couleur

Au lieu d’utiliser le nom de la couleur, vous pouvez utiliser ce numéro. Le numéro correspond toujours avec le même nom.

4 : La série de prix (facultatif)

Certains pigments sont plus coûteux que d’autres et entrainent une tarification de prix différente selon les couleurs d’une même gamme.

5 : Pigments

Dans cet espace sont indiqués les pigments utilisés dans la composition de la couleur.
En savoir plus :
Royal Talens

 

 

 

 

 

Parce que tous les Grey sont dans la nature

lundi 16 février 2015

Gris souris, gris de Payne, vert gris, gris bleu … Il existe de nombreux tons de gris chez les fabricants de peintures beaux-arts.
Le noir est aussi décliné en plusieurs nuances, c’est l’absence de lumière qui détermine ce ton.
Il est indispensable de connaître les qualités de chaque valeur afin de les utiliser au mieux dans votre palette. Label Art ouvre quelques pistes afin de vous accompagner dans votre choix de nuances.

Il existe des noirs aux variations infinies

Le noir est associé au pigment communément nommé PBk.
Je me suis souvent étonnée de trouver des noirs d’ivoire sur les nuanciers. Aussitôt évoqué, ce ton me faisait penser à une couleur claire évidemment.
Connaissez-vous son origine ? Généralement il est obtenu en faisant bouillir des eaux dégraissées.  D’une intensité exceptionnelle, le noir d’ivoire a supplanté de loin des autres noirs proposés par nos fabricants.

Il existe aussi des noirs fabriqués à partir de charbon végétal, c’est le cas pour les noirs de vigne par exemple.

On trouve aussi souvent du noir de Mars. Là encore je laisse mon esprit divaguer et me trouve soudain propulsée loin de la planète terre.
Le noir de Mars, c’est tout simplement de l’oxyde de fer, un noir d’une finesse et d’une densité absolue.

Certains noirs peuvent être trompeurs, ainsi le noir manganèse qui en fait … reste un brun très foncé !

Et le gris en peinture ?

Ah le gris ! Toutes les nuances permettent de travailler les valeurs du clair à l’obscur, en passant par le chaud ou le froid bleuté.
Le gris de Payne est le plus fréquent. Il a été mis au point par M. Payne au XVIIIème siècle. C’est à l’origine un mélange de cramoizie alizarine, de Sienne naturelle et de bleu Indigo.

Le gris est obtenu en mélangeant à quantité égale les trois couleurs primaires que sont le jaune, le cyan et le magenta.

L’utilisation du gris en peinture à l’huile ou à l’acrylique

Choisir vos gris pour vos palettes relève de l’harmonie des couleurs que vous souhaitez faire ressortir ou nuancer. La couleur grise mélangée ou utilisée directement sur la toile créera des effets différents et c’est à vous l’Artiste de travailler votre expression. Concernant la peinture acrylique, quelques pointes de noir utilisées sciemment apportent contrastes et forces au tableau.
En revanche la peinture à l’huile supporte moins les mélanges de noir avec d’autres nuances.

Et en aquarelle ?

Il est courant de voir beaucoup d’aquarellistes hésiter sur l’utilisation de couleurs sombres par peur de « salir » les couleurs. Ils les remplaceront alors plus facilement par un Brun Van Dyck. Le gris de Payne est présent sur leurs palettes.

Pour aller plus loin

Michel Pastoureau, spécialiste et écrivain qui nous parle des couleurs

Le petit Livre des Couleurs, Michel Pastoureau

Comment évoquer le noir sans vous recommander d’admirer les toiles de Pierre Soulages au Musée Fabre (Montpellier)

Voir les oeuvres du peintre

 

 

 

 

 

Découvrez comment travailler le pastel sec

lundi 15 décembre 2014

J’adore travailler au pastel sec. C’est tout doux, délicat, fin, et cet outil réclame précision, concentration et maîtrise, bien qu’il soit sans pitié pour les doigts. En effet lorsque l’on peint au pastel, il ne faut pas avoir peur de se salir.

Les nuances obtenues peuvent être riche en couleur à condition d’être généreux avec cet outil. Roland nous montre dans ce petit cours comment faire bon usage des pastels secs.

« Bien souvent, comme le pastel est très poudreux, les peintres n’osent pas garnir copieusement les papiers, de peur d’en mettre de trop. Alors pour obtenir des dégradés, ils déposent un peu de poudre en crayonnant délicatement, puis l’estompent tout de suite avec le doigt pour réaliser un dégradé, comme on peut le faire avec un fusain sur du papier blanc. Ce n’est pas la bonne méthode pour tirer le meilleur parti de cet outil. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’au pastel, les dégradés sont mille fois plus élégants quand ils sont réalisés non pas en dispersant progressivement la poudre, mais en juxtaposant différentes nuances avant de les fondre au doigt.

Voici dans ces 3 exemples la différence et la richesse des dégradés obtenus, en comparaison avec un simple estompage. »

« Sur ce premier exemple en deux étapes, j’ai posé en haut de la terre de sienne brûlée, que j’ai donc estompé sur mon papier blanc pour obtenir vers des valeurs de plus en plus claires.

En dessous, ce dégradé vers des tons clairs est réalisé en juxtaposant des couleurs de plus en plus claires : terre de sienne brûlée, orange foncé, orange moyen, abricot, blanc. Ensuite j’ai fondu entre elle ces valeurs au doigt. Ma charge de pastel, généreuse, est telle que le fondu apparait aussitôt et facilement. »

 

« Sur ce second exemple, le travail est le même. En haut je pose du bleu foncé que j’estompe pour obtenir mon dégradé.

En bas je pose à la suite différentes valeurs de bleu, bleu foncé, moyen, clair puis blanc, puis je fonds tout ça. »

 

 

«  Enfin sur ce troisième exemple, même travail avec des nuances de vert. »

 

 

«  Il parait évident à la lueur de ces exemples, que plus la touche sera copieuse, dense et chargée,  et plus l’on utilisera de couleurs et de nuances, mieux sera le résultat. Le pastel sec n’a rien à voir avec l’adjectif « pastel » qui désigne des couleurs claires et douces. Plus les couleurs seront riches, saturées, contrastées et multiples, et plus l’œuvre sera jolie.

Donc pas de secret, travailler avec une petite boîte de 20 pastels vous limitera de trop. A la différence de la peinture, le top est d’avoir une centaine de couleurs à disposition. »

 

Merci Roland.

Pour les Artistes qui veulent aller plus loin, les coffrets Pastel de Noël sont arrivés chez Label Art.

 

 

Bien utiliser le noir dans la peinture

mardi 4 novembre 2014

Je vous ai déjà écris un petit article sur la couleur noire : ses différentes nuances et les précautions à prendre avec cette couleur en mélange avec d’autres. Je crois que mon article n’a pas été lu avec assiduité, ou pas lu du tout, aux vues de multiples tableaux de peintre amateur. Il se trouve que souvent, ceux-ci utilisent le noir pour travailler les ombres. Ce n’est pas interdit, mais vraiment pas recommandé et maladroit. Effectivement, lorsque l’on travaille le modelé, c’est-à-dire les ombres et lumières, que ce soit pour un arbre, une pomme, un visage, des nuages, il faut premièrement trouver une valeur claire à notre couleur de base. Là ce n’est pas difficile, on ajoute du blanc, avec parfois une touche de jaune et, ou, une pointe de rouge, et on obtient une valeur claire exprimant la lumière. Mais pour la valeur foncée, ça se complique. La facilité est de prendre du noir et l’ajouter à notre couleur de base. Ça marche, mais qu’avec certaines couleurs, et déjà foncées. Pour les verts foncés et les bleus foncés, pas de problème, le résultat sera efficace, ainsi que pour les rouges genres cadmium moyen, vif et carmin. Par exemple, on peut peindre les ombres propres d’un sapin en suivant cette voie. Idem si l’on peint un vase bleu, un jean, une pastèque, un poivron vert et rouge, etc.
Mais attention, pour toutes autres couleurs, telles que les jaunes, les rouges type vermillon et orangé, et généralement toutes les couleurs claires, ça se gâte ! Le souci est que cette valeur foncée ne sera pas belle du tout, et surtout plus trop en raccord avec notre couleur de base. Le noir va la dénaturer et l’emmener vers des gris plus ou moins foncées, ternes et voir même sales.
L’idéal est de rester toujours dans la gradation de la couleur de base. Cela veut dire rester dans la même gamme de couleur, et de toujours utiliser de la couleur pour exprimer les ombres. Le mieux pour comprendre est de citer quelques exemples.

-Un citron. S’il est bien jaune, on prendra de l’ocre jaune puis du brun pour exprimer un dégradé qui ira de jaune, à  jaune moyen, puis jaune foncé jusqu’à brun. S’il est légèrement vert, on mélangera cette couleur à du vert anglais n°1 et de la terre verte, en augmentant progressivement la proportion de ces deux dernier pour obtenir au final une valeur foncée très colorée.
-Des pétales roses. Même schéma donc que pour le citron pour emmener ce rose vers une valeur foncée, en utilisant ici du rouge foncé, du carmin, en éliminant progressivement le blanc contenu dans la couleur de base et inversement en augmentant la quantité de rouge foncé.
-Des feuillages clairs. On élimine progressivement le blanc et le jaune contenu dans la couleur de base, et puis on fonce notre nuance avec des verts plus foncé genre vert anglais n°1, terre verte, vert olive, et seulement après avec du noir si l’on veut des ombres très fortes.
Dans la peinture académique, cette règle est respectée bien que le brun prédomine pour exprimer les valeurs foncées des ombres. Les impressionnistes, eux,  ont exacerbé cette notion de mettre de la couleur jusque dans les ombres. Observer leurs tableaux et vous verrez que le noir est souvent absent.
Le noir est dangereux et à manier avec beaucoup de précaution et de savoir faire. Mais en suivant les petites règles énoncées dans cet article vos tableaux seront bien plus jolis.

Quels noirs choisir ?

Chez Royal Talens, le noir bougie Rembrandt

Chez Lefranc & Bourgeois, le noir de Mars

Chez Liquitex, le noir de Mars

 

Réussir à peindre avec réalisme une petite pomme

lundi 13 octobre 2014

J’attends toujours avec impatience la visite de mon ami Roland. Je lui demande toujours mille conseils pour progresser. Il n’est pas avare pour cela, j’en profite.
J’avais peint dans la semaine une petite pomme jaune.
Il me dit en regardant ma pomme :
« Elle est toute mignonne ! Regarde, si tu me le permets, en 10mn chrono, je vais apporter un gros plus à ta pomme. Elle va gagner en préciosité et élégance ».
« Ok. Vas-y ! Mais je prends mon appareil photo pour que tout le monde en profite. 5, 4, 3, 2, 1, c’est parti ! »

Voila déjà à quoi ressemble ma pomme.

« Regarde, je vais peindre deux gouttes d’eau, dont une qui coule légèrement. Avec un mélange de blanc, ocre jaune et d’une infime pointe de brun, je pose une petite valeur moyennement foncée sur une partie claire de la pomme. Cette valeur définit la silhouette de mes gouttes ».

« Ensuite, la lumière venant de gauche, je pose une toute fine ombre portée sur la droite et vers le bas, en la dégradant, avec un mélange d’ocre et de brun. Ça prend déjà du volume ! ».

« Avec du blanc et une pointe de jaune, je pose une première lumière sur le bord à droite et le bas des gouttes. C’est la lumière qui traverse la goutte ».

« Dernière étape, avec du blanc presque pur, je pose mon éclat de lumière sur la partie gauche haute des gouttes, pour leur donner une belle brillance. Et c’est tout. Tu vois, poser une petite goutte sur un fruit, un légume, dans une composition de nature morte, c’est pas grand-chose, mais ça apporte tellement de valeur ! c’est magique ».

Voila le résultat de cette petite transformation. Il a raison le bougre ! Comme d’habitude. J’adoooooooooore ma petite pomme

Sympa la leçon !! Merci Roland.

Apprenez à peindre le ciel et à choisir vos bleus

jeudi 28 août 2014

En un tour de main et en images voila un cours très instructif pour s’y retrouver dans les bleus afin de réaliser de beaux ciels. Je laisse la parole à notre expert :

« Une question récurrente de mes élèves : « Quel bleu je prends pour faire mon ciel ? »

Et bien c’est vrai choisir son bleu n’est pas si facile. Alors voilà en image quelques repères pour vous orienter. Première chose à prendre en compte, c’est que pour faire une couleur bleu ciel il faut du blanc, et en fait juste une pointe de bleu. En conséquence, même si les bleus purs présentent entre eux des nuances visibles très distinctes, ces différences deviennent bien moins flagrantes avec le blanc.»

« Voici, on va dire, les deux principaux. A gauche le Primaire. Il est parfait pour représenter des beaux ciels d’été.  Puis l’Outremer, qui tire sur le violet. Il est idéal pour les paysages de Bretagne et les soleils couchants par exemple. Le mélange des deux, sur la troisième photo est terrible. On aurait obtenu le même résultat que ce mélange en utilisant du Cobalt.»

« Voici trois autres bleus, que l’on retrouve fréquemment dans nos palettes : (de gauche à droite) Phtalocyanine, Prusse et Céruléum. Le Phtalo et le Céruléum sont très très proches du Primaire. Dans notre mélange avec le blanc, la différence est vraiment minime. Le Céruléum est légèrement plus gris. Quand au Prusse, lui est beaucoup plus gris. Il produit un bleu « sale », pour des ciels de mauvais temps par exemple. »

« Et pour terminer, il peut être intéressant de réaliser des ciels avec ces couleurs : Un Violet, pour des effets de crépuscule. Le Turquoise, qui produit une nuance proche du vert, très froide. Et si vous le trouvez trop froid il est aussi beau en l’associant au Primaire, ici sur la troisième photo. »

« Voici maintenant quelques conseils pour réaliser un beau ciel avec des petits nuages. »

« Après avoir choisi son bleu, ici du primaire, on mélange donc du blanc avec juste une pointe de bleu. Suivant la proportion de bleu, on obtient des nuances qui donnent naissance à des nuages très légers. On remarque qu’en partie haute, le bleu est toujours plus intense. Sur la deuxième photo, j’ai effectué le même travail, en ajoutant des rehauts de blanc pur pour donner plus de corps aux nuages. »

«  Pour obtenir des nuages plus denses, plus « consistants », la méthode diffère. Cette fois je pose ma couleur bleu ciel, tout en respectant l’effet de foncé en haut et clair vers l’horizon, et je réserve des zones sans peinture. Dans ces zones blanches, je pose une valeur crème (ou grise, très claire), faite de blanc et de terre de sienne naturelle, sans couvrir toute la surface, en débordant par endroit sur le bleu.  »

« Ensuite, dans ces zones, je pose un gris, soit bleuté, soit brun, pour ombrer mes nuages. Je fonds mes nuances, puis je pose des touches de blanc pur. Ainsi travaillés avec ces nuances, mes nuages prennent du volume. »
«  Pour qu’un ciel soit beau, il faudra alterner des espaces avec des nuages légers et des nuages plus denses. Donc en suivant les deux méthodes ici présentées. »

Superbe !! Merci Roland.

Cours de peinture : comment travailler le relief

lundi 24 février 2014

Roland Charbonnier nous explique aujourd’hui comment à l’aide, juste de couleurs et valeurs à mettre en relief une boîte. Ces notions et théories sont aussi valables et utiles pour représenter des architectures et autres sujets de forme cubique.

 

Je commence par mon dessin, en prenant soin de bien représenter les trois faces visibles de ma boîte en perspective. Ma boîte sera jaune. Ma lumière vient de gauche. Je peins la face exposée à la lumière d’un jaune lumineux.

 

 

 

 

 

 

Ensuite je peins la face non exposée à la lumière en fonçant mon jaune de base. Ici j’ai ajouté à ma couleur de l’ocre jaune et de la terre de sienne brûlée. Pour la surface plane restante, le haut de la boîte, je la représente en plus claire, donc en ajoutant du blanc à mon jaune de base. Je me retrouve avec 3 valeurs distinctes pour mes 3 faces.

 

 

 

 

 

 

 

Je peins le fond avec une nuance bleutée pour bien mettre en valeur ma boîte par contraste. Ma lumière vient de gauche, donc l’ombre portée de la boîte fuse à droite de l’objet vers l’arrière. Pour la couleur j’ajoute juste une pointe de noir.

C’est une boîte, avec un couvercle, il manque alors le petit filet d’ombre de celui-ci, que je réalise avec ma valeur foncée en ajoutant une pointe d’ombre brulée.

Je renforce mes contrastes entre les faces en plaçant quelques rehauts de jaune clair et jaune foncé comme sur la photo, de part et d’autre de l’angle, pour bien le marquer, mais sans faire de trait.

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir, j’écris quelques mots sur ma boîte en bleu. Avec un bleu clair sur la face claire, et un bleu plus fort sur la face foncée.

 Le matériel nécessaire pour réaliser ce cours du mois :

 

 

 

Bien choisir ses rouges en peinture d’Art

vendredi 22 novembre 2013

Bien choir ses couleurs pour opérer de beaux mélanges ne relève pas de l’approximatif. Obtenir des couleurs réussies par mélange demande une certaine expérience et de bonne notion. Parmi tant d’autres, il y celle de déjà à la base, sélectionner les couleurs adéquates. Pour exemple on sait que l’on obtient du orange par mélange de jaune et de rouge. C’est une évidence !!  Mais bien choisir son jaune et surtout son rouge l’est moins. Il existe plus d’une dizaine de rouge, bien différents les uns des autres. Les différences peuvent parfois sembler subtiles mais elles jouent un rôle important dans la définition futur du mélange. Il faut savoir qu’il existe 3 classes de rouge : ceux à tendance orangée, les neutres et ceux à tendance violacée. La laque carminée pour exemple, associée à du jaune donnera un orange terne et foncé, alors que le vermillon produira un orange flamboyant et lumineux. A l’inverse ce même vermillon avec une pointe de bleu produira une valeur violacée sale. Il est donc important de bien choisir le rouge qui convient pour ses mélanges. De même qu’il faudra bien choisir ses rouges en fonction de ses sujets. Pour peindre un coquelicot, une tomate, nous éviterons les rouges à tendance violacée, qui seront plus adéquates pour peindre des raisins rouges, des orchidées, et autres fleurs violacées.

Le mieux et le plus simple est alors d’utiliser que les rouges neutres, si l’on ne veut pas s’embarrasser de trop de couleur.

Sur cette photo nous avons de gauche à droite :

1-Vermillon, rouge de cadmium clair, rouge de cadmium moyen (rouge à tendance orangée).

2-Rouge primaire, rouge azoïque (rouges neutres)

3-Puis la laque carminée (et tous les carmins) et la laque de garance (rouge à tendances violacée).

 

Pour aller plus loin dans votre choix de peinture pour les beaux-arts :