Archive pour la catégorie ‘L’huile’

Conseils aux artistes peintres qui débutent

jeudi 16 avril 2015

Se libérer de l’appréhension pour aller toujours plus loin

Waaaaooooh !!! Me voila devant ma toile blanche. Par quoi démarrer ? Comment peindre ? Je fais quoi maintenant ? Quels produits je dois prendre ? Les premières fois sont toujours mémorables car source d’angoisse. Cette peur et un manque d’expérience nous amène parfois à l’abandon. Mais tout le monde a vécu sa première fois. Voila donc quelques conseils à tous ceux qui souhaiteraient peindre, pour que cette nouvelle expérience vous libère de vos appréhensions et, bien au contraire, vous gratifie de satisfaction pour poursuivre.

Je pourrai tout d’abord vous conseiller de faire vos premier pas dans un atelier en suivant la pédagogie d’un professeur. Ce serait un choix judicieux, mais encore faut-il trouver le bon. Comment le choisir ? Sur quels critères se fonder ? J’ai déjà débattu sur le sujet, donc chers amis prudence ! Mes conseils s’adressent alors plus précisément à vous qui réalisez un de vos rêves, à l’abri des regards dans votre petit cocon.

Peindre ce n’est pas facile. Ce sera un long parcours. Il faudra du temps et une multitude d’essais pour faire de jolies choses et acquérir une certaine aisance. Cela dit on peut se faire plaisir très vite.

Quand j’ai posé cette question à Roland, il m’a tout simplement répondu que, le concernant, il avait appris à peindre en copiant les œuvres des grands maîtres, puis en s’inspirant de ses artistes favoris, avant de composer ses propres œuvres. C’est une bonne voie pour débuter. La copie reste une bonne école. Encore faut il choisir une œuvre pas compliquée et abordable comme premier sujet. Un Van Gogh, ou un Matisse, par exemple sont des bons choix, car le graphisme est simple et le travail des couleurs aussi. Ou bien trouvez comme modèle une carte postale avec une illustration simple aussi. Et si cette idée ne vous séduit pas, choisissez de peindre d’après une photo elle aussi très simple dans sa composition.

En contre exemple, réaliser un portrait comme premier sujet est suicidaire !! Bien trop compliqué !! Une fleur en gros plan, un paysage assez dépouillé sans personnage, sans architecture, sans trop de détails, sont des idées qui peuvent faire de sympathiques petits tableaux. Donc vous l’aurez compris, il faut voir ses ambitions à la hauteur de ses compétences.

Bien choisir son matériel beaux-arts

En ce qui concerne la technique et le choix du matériel, huile ou eau, aquarelle ou pastel, etc. Là aussi il y a quelques données à prendre en compte. Je conseillerai en premier lieu de se munir de matériel de bonne qualité. Avoir de bons pinceaux et des couleurs de bonnes qualités facilite la manipulation et optimise le rendu. Se procurer des toiles ainsi que des papiers (pour l’aquarelle) d’excellente qualité n’est pas un aspect à négliger non plus. Donc pas de gouache comme on trouve dans les écoles primaires mais de la gouache beaux-arts telle que Linel de Lefranc & Bourgois par exemple qui a fait ses preuves auprès de Matisse notamment, pas de couleurs à l’huile ou à l’acrylique vendues dans des magasins discount, et pas de brosses achetées par lot de 10 à 1 € dans ses mêmes magasins.

Lire, écouter, regarder, s’inspirer …

Pour la mise en œuvre de ces couleurs, faites déjà un petit tour sur des vidéos postées sur les réseaux sociaux, pour comprendre leur utilisation et comment les appliquer. Je ne saurai que trop vous recommander de visionner celles de LabelArtVideo évidemment. Lire aussi une multitude de conseils pour retenir l’essentiel. Avoir en mémoire quelques théories est bénéfique avant la pratique. Exactement comme une recette de cuisine, on n’improvise pas une blanquette de veau si on n’a jamais cuisiné. On va regarder un chef sur une vidéo, lire différentes recettes dans des livres, et puis, informations en tête, on s’exécute. Préférez néanmoins le travail à la peinture acrylique dans le cadre de votre premier essai en « freelance ». Ce matériel accepte les erreurs car on peut corriger, repasser à volonté, grâce au séchage rapide qu’il offre. Ensuite faut se lancer sans avoir peur de l’échec.

Et vous, quelles sont vos recettes pour vous lancer ?

Pour aller plus loin

Cours de peinture LabelArtVideo

Le Livre à connaître (si ce n’est déjà fait) : LE Gombrich, l’ouvrage de référence

L’indispensable terre d’ombre naturelle

mardi 24 mars 2015

Ce mois-ci, voila un petit cours théorique sur une couleur indispensable à notre palette :

On vous dit tout sur la terre d’ombre naturelle

« L’ombre naturelle, est une terre, donc un pigment naturel, qui a toujours figurée sur les palettes des maîtres anciens. C’est un brun très doux, chaud. Ce pigment n’est pas couvrant. Il ne faut surtout pas le confondre avec sa version brûlée, la terre d’ombre brûlée. C’est une couleur que l’on va associer à d’autres pour produire des effets précis. A l’inverse des impressionnistes, des fauves et autres peintres qui recherchent une pureté des couleurs et à exploiter leur vivacité, leur fraicheur, jusqu’à les saturer, la terre d’ombre naturelle conviendra aux peintres qui recherchent à ternir et rabattre leurs mélanges. Le noir salit trop les couleurs et les foncent en produisant des mélanges peu heureux, jusqu’à transformer les jaunes en vert par exemple. Les bruns aussi sont trop puissants et dénaturent aussi les couleurs. Une petite pointe d’ombre naturelle va « calmer » le jeu sans transformer la valeur de base. Un jaune restera jaune etc.
Les mélanges ainsi obtenus permettront d’obtenir des couleurs plus ternes, salies, mais « proprement salies ». Les mélanges donneront des valeurs chaudes.
Sur cette photo, à partir de couleurs franches en base nous voyons l’effet obtenu par adjonction de cette terre ».

 


« Le blanc donne un gris chaud. Quand aux autres couleurs, on perçoit la différence entre les valeurs franches et les valeurs ternies avec l’ombre, sans trop les foncer ».

Voici un rendu avec adjonction de terre d’ombre naturelle dans un tableau

« Cette terre peut être utilisé en toute fin d’exécution pour ternir, toujours, mais aussi donner un côté vieilli au tableau. Pour cela il faudra l’utiliser en glacis. Du médium à glacis avec un peu de cette couleur produira cet effet. Suivant la quantité de couleur adjointe au médium on varie l’intensité du usé-vieilli. Sur ces deux photos, en 1 on a le tableau brut, en 2 une partie vieillie avec un glacis peu chargé en ombre naturelle, et en 3 avec un glacis plus concentré en ombre naturelle ».

« On perçoit nettement l’aspect « ancien » produit avec cette terre, tout en conservant la chaleur du sujet. De plus, avec cette méthode de glacis, toutes les couleurs se retrouvent raccordées sous une couleur commune, créant ainsi une unité de l’ensemble et une harmonie supplémentaire au sujet. »

 

Cette méthode me rappelle mon papa qui vieillissait ses meubles avec de la cire teintée. Et à en juger par cette démo, sa cire devait contenir de la terre d’ombre naturelle.

La terre d’ombre naturelle est déclinée aussi bien en peinture à l’huile chez Rembrandt par exemple qu’en acrylique chez Liquitex, en aquarelle chez Winsor & Newton.

Comment peindre de la fumée ?

lundi 16 mars 2015

Une de mes amies peintres a réalisé un tableau représentant la silhouette d’un visage d’homme sur fond noir, fumant une cigarette. Elle a eu beaucoup de mal à rendre cet effet de fumée sur ce fond mais ne s’en est pas trop mal sorti. C’est costaud à produire cette fumée, que ce soit de cigarette ou d’un plat qui sort du four ou bien encore d’une tasse de café. Ça m’a donné l’idée de demander à notre spécialiste Roland de nous préparer un petit tutoriel sur ce sujet. Voila son cours.

Comment peindre de la fumée ? Notre tuto pas à pas

« On va déjà peindre deux surfaces, l’une en gris foncé et l’autre en gris très clair. Ceci pour voir comment produire cet effet sur un fond sombre ou un fond clair. »

 

« Première étape, on place sur nos fonds encore frais,  des masses plus moins denses, de couleur gris moyen. Au départ de la fumée, ces masses seront fines puis gagneront en espace en remontant. A noter que sur le fond encore frais, il faut travailler plus en pâte pour poser ces masses, avec une brosse très souple. »

 

« Ensuite, avec une brosse plate en martre ou kevrin, donc très souple, et propre, on va fondre ces masses avec le fond pour créer un effet de flou. C’est ce « floutage » qui donne l’impression de fumée. »

 

« On pose ensuite par endroit, avec plus de finesse, des rehauts de blanc sur le fond foncé, et inversement, des rehauts de gris plus soutenu sur le fond clair. Ces rehauts donneront par endroit plus de densité à notre fumée. »

 

« Idem, on floute ces rehauts et l’opération est terminée. Sur un fond coloré, il est évident qu’il faudra travailler les masses dans la même couleur, légèrement grisée, avec des valeurs différentes. Par exemple si le fond est bleu foncé, la fumée sera bleu-gris clair, et si le fond est vert clair, la fumée sera gris-vert foncé.»

Rapide et efficace comme d’habitude. C’est simple mais je pense que le placement des masses et leur graphisme demande un peu d’expérience. Je vais essayer au plus vite.

Merci pour ce tuto Roland.

Voir tous nos tutos videos sur notre chaîne YouTube : LabelArt Video

 

 

Apprendre à peindre à l’huile en noir et blanc

lundi 23 février 2015

Le travail en grisaille est un excellent exercice pour maîtriser les contrastes et valeurs, afin d’exprimer au mieux le volume et le relief. Label Art est heureux de vous présenter ici un cours qui vous permet d’esquisser et d’ébaucher une nature morte en apportant du caractère, des ombres portées et des valeurs contrastées. A partir de deux tons de peinture à l’huile, voici un travail très instructif réalisé par notre peintre Roland.

Matériel beaux-arts utilisé

Pour cette démo, nous allons réduire notre palette de couleurs à un stricte minimum. Nous utiliserons du blanc de titane, et du noir. Au lieu du noir nous aurions pu choisir un brun très foncé, ou du noir avec une goutte de couleur, de terre de sienne naturelle, de la terre d’ombre naturelle, ou pourquoi pas du vert.  Nous peindrons à l’huile.

Choix des marques : Peinture à l’huile Rembrandt 40 ml de Royal Talens pour sa qualité d’extra-fine connue dans les meilleurs ateliers du monde entier.

Le dessin de la nature morte

« Je réalise mon dessin au crayon, puis je commence la mise en « couleur », en peignant le tout avec un gris léger pour le fond et plus soutenu pour la carafe. »

 

 

Création des volumes en dessin

«  Je peins mes trois tasses, deux en blanc et une en gris très foncé. J’attaque la mise en volume de la carafe en plaçant des valeurs plus soutenues de gris. Le relief se dessine. Je fais la même chose sur mes autres éléments. »

 

« Je force mes valeurs foncées par endroit pour plus de relief et distinguer les éléments les uns des autres. J’augmente donc l’ombre propre de la carafe, en partie basse, ce qui fait ressortir par contraste ma 1ère tasse blanche. A l’inverse j’augmente l’ombre propre de la 2ème pour qu’elle se distingue aussi de la carafe. On remarque aussi qu’entre les deux tasses blanches il y a une petite ombre qui les sépare et fait mieux ressortir le bord supérieur blanc de la 1ère tasse. Je pose les ombres portées de ces éléments.. »

Finalisation du travail de peinture

« J’affine le travail et précise mes coups de pinceau, notamment sur les anses. J’éclaircis le fond juste à gauche des tasses pour mieux percevoir leur silhouette de ce côté. J’augmente encore un peu l’ombre propre de la carafe. Je finis le travail en plaçant des lumières de blanc pur, pour affirmer le contraste entre valeurs claires et foncées, donnant ainsi plus d’expression à mes volumes, et faire briller ma porcelaine. »

 

 

Pour aller plus loin :

Chaîne Youtube LabelArt Video

C’est ici que vous découvrirez l’ensemble de nos tutos, vidéos et cours pour apprendre à peindre et dessiner. Peinture à l’huile, couleurs acryliques, peinture aquarelle, technique du pastel, dessin. Découvrez nos leçons de peinture en ligne pour aller plus loin sur de vastes sujets : ébauche, esquisse, drapé, perspective, peinture animalière, paysages choisis et plein d’autres thèmes encore.

Parce qu’il n’existe pas de meilleure école pour se former que celle du monde réelle (un cours virtuel vous accompagne mais quoi de meilleur que de partager l’expression picturale avec des professeurs aguerris ?), l’Ecole nationale des beaux-arts de Paris vous propose des conférences, cours et stages toute l’année.

 

Parce que tous les Grey sont dans la nature

lundi 16 février 2015

Gris souris, gris de Payne, vert gris, gris bleu … Il existe de nombreux tons de gris chez les fabricants de peintures beaux-arts.
Le noir est aussi décliné en plusieurs nuances, c’est l’absence de lumière qui détermine ce ton.
Il est indispensable de connaître les qualités de chaque valeur afin de les utiliser au mieux dans votre palette. Label Art ouvre quelques pistes afin de vous accompagner dans votre choix de nuances.

Il existe des noirs aux variations infinies

Le noir est associé au pigment communément nommé PBk.
Je me suis souvent étonnée de trouver des noirs d’ivoire sur les nuanciers. Aussitôt évoqué, ce ton me faisait penser à une couleur claire évidemment.
Connaissez-vous son origine ? Généralement il est obtenu en faisant bouillir des eaux dégraissées.  D’une intensité exceptionnelle, le noir d’ivoire a supplanté de loin des autres noirs proposés par nos fabricants.

Il existe aussi des noirs fabriqués à partir de charbon végétal, c’est le cas pour les noirs de vigne par exemple.

On trouve aussi souvent du noir de Mars. Là encore je laisse mon esprit divaguer et me trouve soudain propulsée loin de la planète terre.
Le noir de Mars, c’est tout simplement de l’oxyde de fer, un noir d’une finesse et d’une densité absolue.

Certains noirs peuvent être trompeurs, ainsi le noir manganèse qui en fait … reste un brun très foncé !

Et le gris en peinture ?

Ah le gris ! Toutes les nuances permettent de travailler les valeurs du clair à l’obscur, en passant par le chaud ou le froid bleuté.
Le gris de Payne est le plus fréquent. Il a été mis au point par M. Payne au XVIIIème siècle. C’est à l’origine un mélange de cramoizie alizarine, de Sienne naturelle et de bleu Indigo.

Le gris est obtenu en mélangeant à quantité égale les trois couleurs primaires que sont le jaune, le cyan et le magenta.

L’utilisation du gris en peinture à l’huile ou à l’acrylique

Choisir vos gris pour vos palettes relève de l’harmonie des couleurs que vous souhaitez faire ressortir ou nuancer. La couleur grise mélangée ou utilisée directement sur la toile créera des effets différents et c’est à vous l’Artiste de travailler votre expression. Concernant la peinture acrylique, quelques pointes de noir utilisées sciemment apportent contrastes et forces au tableau.
En revanche la peinture à l’huile supporte moins les mélanges de noir avec d’autres nuances.

Et en aquarelle ?

Il est courant de voir beaucoup d’aquarellistes hésiter sur l’utilisation de couleurs sombres par peur de « salir » les couleurs. Ils les remplaceront alors plus facilement par un Brun Van Dyck. Le gris de Payne est présent sur leurs palettes.

Pour aller plus loin

Michel Pastoureau, spécialiste et écrivain qui nous parle des couleurs

Le petit Livre des Couleurs, Michel Pastoureau

Comment évoquer le noir sans vous recommander d’admirer les toiles de Pierre Soulages au Musée Fabre (Montpellier)

Voir les oeuvres du peintre

 

 

 

 

 

Cours de peinture à l’huile : la peinture animalière

lundi 26 janvier 2015

 

Au programme de cette vidéo, Roland, notre professeur Label Art, va peindre à l’huile un rhinocéros.

C’est une première pour lui, découvrez comment il le réalise en pas à pas dans cette vidéo, en apportant une touche très originale et personnelle à l’étude.

 Matériel beaux-arts

  • Une toile de lin brute Natura de Label Art prête à peindre : Roland a choisi délibérément cette matière et ce ton pour apporter au rhinocéros un aspect brut et apportant force et caractère à l’ensemble.

Le dessin

Je commence à placer la masse du rhinocéros. Ce qui est important quand on travaille le dessin n’est pas de chercher le dessin mais de travailler une silhouette d’ensemble, créer un équilibre et une justesse au niveau des proportions.

Une fois que l’ensemble et le gabarits harmonieux, on attaque un dessin plus précis, on affine le trait.

Petit à petit, on avance de plus en plus en détail, on devient de plus en plus précis.

 

Travailler le dessin avec un 4B n’est pas un choix anodin : sur une toile en lin brut, le HB ne se verra pas beaucoup. En utilisant un 4B, je conserve ce côté brut que je souhaite apporter, ce trait fort qui lui aussi participera à créer de la force et de la puissance à mon rhinocéros.

 Le modelé

Je commence à présent à travailler le modelé c’est-à-dire que je vais dessiner un pré-ombrage au crayon 4B. Je définis mes zones d’ombres les plus fortes, je réalise quelques dégradés. Je mets en place au crayon mon modelé.

Le dessin de mon rhinocéros a déjà pris du volume.

Plus le temps est passé à travailler le dessin, plus ce dessin est abouti et plus la mise en place des couleurs en sera facilitée. Je ne le répèterai jamais assez.

Mon dessin est terminé j’attaque la peinture.

 La peinture du rhinocéros

Muni de ma brosse en soie de porc, je pose ma couleur à l’huile Van Gogh : mélange de blanc de titane et de terre de Sienne naturelle. Je colorie la peau de mon rhinocéros en nuançant les couleurs. Parfois je vais ajouter plus de terre d’ombre naturelle pour griser et salir un peu ma couleur, éviter d’avoir une nuance monochrome. L’idée est de varier les nuances.

La surface de mon rhinocéros en forçant aussi en terre de Sienne naturelle pour patiner sa couleur de peau.

Je n’ai pas fixé initialement mon dessin au 4B. Lorsque je passe ma peinture sur le dessin, mon crayon salit la couleur. C’est un effet que j’ai recherché pour « salir » ma couleur et la patiner davantage. C’est comme si j’utilisais du noir pour salir mes mélanges.

Cette valeur très noire que je veux donner à mes ombres c’est aussi ce qui définira le caractère brut de mon rhinocéros.

 Créer un effet de perspective

Pour donner un petit effet de perspective je vais travailler plus précisément la gueule et moins en détail son arrière train. Je commence donc à placer des esquisses de lumière et d’ombre sur la gueule. En peinture, cet effet s’appelle un raccourci.

Les fonds de couleurs sont à présents mis en place.

 Affiner le travail

Je vais affiner le travail en utilisant ma brosse en Kevrin et travailler sur les valeurs d’ombre. Je travaille donc plus en détail les plis, les ombres, et affirmer les contrastes. J’utilise presque du noir pur mélanger à un peu de terre d’ombre naturelle et une petite goutte de terre de Sienne naturelle.

Les brosses en Kevrin sont fabuleuses, on peut travailler avec la tranche et créer des filets bien précis, étaler, faire fondre les couleurs, travailler les dégradés. Elles sont indispensables à mon matériel beaux-arts. Elles allient la souplesse de la martre à sa précision et la vigueur et la force d’une brosse en soie de porc

Je poursuis le travail et affine avec ma brosse en Kevrin plate. Je précise les silhouettes, les formes, les contours. Avec cette brosse nettoyée, je place des rehauts de lumière. Je vais mélanger du blanc presque pur avec une toute petite goutte de terre de Sienne naturelle. Cela créera de très forts contrastes avec mes ombres. Un bel effet de volume est alors produit.

Dans les zones où j’avais travaillé plus hauts en ombres, mes rehauts de couleurs vont prendre une force phénoménale.

Je vais travailler mes finitions à la martre pointue. J’affine les détails, les petites rides autour des yeux, des cornes, sur la gueule, les endroits de plis sur le corps de mon rhinocéros, museau, narine. Je travaille aussi à la martre pointue les petits rehauts de lumière, plus précis cette fois. J’ajoute avec le retour de ma brosse Kevrin plate quelques touches de terre de Sienne naturelle pour donner plus de couleurs à l’ensemble.

Mon rhinocéros est à présent terminé. Pour l’intégrer à ma toile Natura, je vais placer une ombre sous le rhinocéros composée de terre d’ombre naturelle et de noir.

La touche finale : la signature

Le résultat : de beaux contrastes, de belles lumières et de belles ombres, un effet de perspective créé par la différence de travail entre le premier plan et l’arrière plan.

 

A bientôt et si vous avez aimé, partagez la vidéo :-)

 

Roland pour Label Art

 

Pour aller plus loin :

Retrouver tous nos cours et leçons de peinture sur notre chaîne : LabelArt Video

En savoir plus sur la peinture animalière

On vous dit tout sur les pinceaux d’Art

lundi 12 janvier 2015

Entre les brosses et les pinceaux de toutes sortes, il est difficile de faire les bons choix et bons achats pour servir au mieux notre peinture. Un petit topo sur les spécificités des différents pinceaux et brosses s’impose !

Première question qui se pose, c’est quoi la différence entre une brosse et un pinceau ?

C’est la même chose ! Sauf que l’on appelle plus communément une brosse, un pinceau monté avec des poils plus fermes ou monté à plat. Ce qu’il faut savoir c’est que le poil constituant la brosse influe sur la touche. Il y a aussi des poils qui sont adaptés à certaines écritures, certains types de travail et techniques. La préciosité de certains poils, la finesse et qualité de montage déterminent le prix. C’est dans tous ces sens que je vais les passer en revue.

1. Commençons par les pinceaux en soie de porc

Les brosses en soie de porc offrent un poil rude. Les bonnes soies de porc présenteront un poil relativement souple. Il faut de préférence les choisir avec une grande longueur de poil, car plus le poil est court, moins il se charge en peinture et moins la brosse est souple. Ces brosses marquent la touche. Elles sont adaptées surtout pour l’huile. On peut travailler l’acrylique avec ces brosses mais la touche sera encore plus franche et marquée. Ce sont donc des outils adaptés à une touche énergique, spontanée, sans recherche du détail et de la précision. Quand à leurs aspects, à savoir plate carrée, usée bombée, pointue, là c’est une affaire de gout, car les touches suivant la forme seront un peu différentes.

2. Poursuivons avec le Kevrin

C’est de la mangouste. On leur coupe les poils pendant leur sommeil !! Si si !! Elles ne sentent rien ainsi. C’est un poil très souple, résistant, qui peut être utilisé pour charger ou pour lisser. Il allie la force des soies de porc à la finesse et précision des martres. On obtient de beaux fondus, de beaux dégradés de couleur avec ce type de brosses. La touche ainsi peut disparaitre sans laisser de trace ni de marque à l’inverse de la soie de porc. Le Kevrin a l’avantage de ne pas être trop chère. C’est une alternative à la martre. Cependant, pour les détails hyper précis, comme la peinture en trompe l’œil par exemple, ou on a besoin de pinceaux pointus et fins, le Kevrin a ses limites. Les poils ne sont pas suffisamment fins et ne portent pas assez de peinture pour ces détails extrêmes.

3. Le pinceau en martre Kolinsky

C’est la Rolls Royce des outils. Souplesse extrême, précision et finesse sont ses qualités. Elle n’a pas de défaut à l’exception de son prix, qui reste élevé, mais elle est nécessaire et incontournable dans notre mallette de peintre. Donc il faut en prendre grand soin et ne pas les utiliser de la même manière que les brosses en soie de porc, qui elles, sont costaud. C’est avec délicatesse que l’on posera la peinture sur la toile, muni d’une martre. La touche sera tendre, onctueuse, sans trace, parfaite aussi évidement pour les fondus, les glacis, les rehauts sur les empâtements, et excellente dans sa version pointue pour les détails. Elle va aussi bien à l’huile qu’à l’acrylique, et même l’aquarelle. Attention : la martre rouge n’a pas les qualités de la martre kolinsky. C’est du second choix même si elle reste très bonne. Elle sera donc moins chère.

4. Le pinceau putois

Il est presque aussi souple et précis que la martre kolinsky. A utiliser de la même manière.

5. Après il y a les brosses synthétiques

Là attention !!! il y en a qui supportent l’huile, les solvants et d’autres pas. En général il est indiqué, dans les notices évidement mais aussi sur le manche si elles sont formulées pour l’acryl ou l’huile ou les deux. Certaines sont conçues pour remplacer la soie de porc mais aucune ne remplace leur vigueur. Certaines présentent des qualités comparables à la martre mais sans égaler la souplesse. Généralement elles ne vieillissent pas aussi bien que les poils naturels et finissent souvent en « éventail » avant d’être usées, surtout en les utilisant avec la peinture à l’huile. Cela dit elles restent intéressantes d’un point de vue économique.

6. Le pinceau petit gris

C’est de l’écureuil. Ce sont des poils spécifiques à l’aquarelle. Ce poil retient l’eau et permet ainsi de couvrir en grand lavis. Il est très souple donc idéal pour fondre et dégrader. Toujours monté en pointe, il est idéal, lorsque chargé de peu d’eau, pour réaliser des touches hyper précises.

7. Le pinceau blaireau

Oui oui on peut se servir du blaireau de notre papa, qu’il prenait pour sa mousse à raser. C’est la même chose pour la peinture, et la forme reste presque identique. Il est excellent pour fondre et estomper. C’est là sa seule fonction. Il existe encore d’autres poils naturels, tel que le poney, l’oreille de bœuf, la belette etc. Ils n’ont pas grand intérêt sinon qu’être plus économique. Ils n’ont pas les qualités des précédents poils naturels décris. On peut donc s’en passer. Il convient aussi de changer de pinceau en cours de travail (acrylique et huile surtout) : – Généralement, dans la réalisation d’une peinture, on commencera par placer les fonds et base de couleur avec une soie de porc. – Ensuite on pourra travailler plus en détail, fondre et lisser sa touche avec une brosse plus souple en Kevrin ou martre. Là, ces brosses permettent de poser de la peinture plus épaisse, moins diluée sur la base tout en affinant le travail. – Et pour finir avec les petits détails et touches très précises, les rehauts de lumière etc. on prend une martre. – Après séchage, si l’on travaille les glacis, il faut du Kevrin, martre ou putois.

Voila pour les caractéristiques et spécificités des différents poils existants.

Sachez que pour avoir du bon matériel, il faut mettre le prix. Les lots de brosses de chez les magasins discount et autres sont à éviter. Sachez aussi que pour une meilleure durée de vie il faut bien entretenir ses brosses. Roland, notre spécialiste, m’a déconseillé par exemple de nettoyer les brosses que l’on utilise pour l’huile avec du savon, ou du liquide vaisselle. Ce procédé assèche de trop les poils si bien que les pinceaux ne gardent pas leur forme initiale et s’ouvrent en éventail. On passe les brosses simplement à l’eau si on peint à l’acrylique, et si l’on peint à l’huile, on nettoie son matériel au white spirit (essence de pétrole). Et le top pour conserver ses brosses spéciales peinture à l’huile, est le les humecter de suif (graisse de mouton) après nettoyage. Il m’a conseillé deux marques en qui il met toute sa confiance pour leurs qualités : Isabey et Raphael. Là, pas de mauvaises surprises, c’est du haut de gamme.

J’espère que ce petit article vous permettra de mieux orienter vos choix.

Et puis pour aller plus loin, c’est par ici : Bien choisir ses pinceaux

Comment fabriquer sa propre peinture ?

jeudi 27 novembre 2014

Beaucoup de peintres aiment utiliser des pigments bruts pour préparer leurs couleurs et peintures.

Faire sa propre cuisine peut être agréable, produire de jolis effets, mais peut être aussi peut entraîner de « périlleuses formules » ! 😉

D’abord, ce qu’il faut savoir, c’est que toute peinture est constituée de pigments et de liants. Plus une peinture est de bonne qualité et plus sa teneur en pigments est élevée. C’est un des critères de qualité. Ensuite le broyage, qui est le mélange par écrasement des pigments et du liant, a son importance aussi pour une bonne homogénéité de la pâte obtenue. Donc quelque soit le type de peinture que l’on utilise, c’est à la base du pigment. Le truc alors, pour préparer sa bonne et propre recette, sera de bien lier les pigments.

C’est là ou bon nombre de peintre commettent quelques erreurs.

Si vous souhaitez peindre sans solvant, il vous faudra un liant acrylique. Oubliez : La colle à papier peint, trop épaisse ! Les mélanges genre émulsion à base d’œuf, ou de sucre, ou de farine, ou tout ça ensemble, qui, bien que vieux comme le monde et efficaces, nécessitent de savants dosages et de la pratique ! Préférez à tout ça un liant acrylique fluide genre Binder. Il faudra après un peu « d’huile de coude », pour mélanger les pigments à celui-ci avec un couteau. Attention ! C’est long, fastidieux, et le résultat obtenu risque d’être granuleux s’il a pas été malaxé et écrasé suffisamment longtemps. Mais si justement vous souhaitez obtenir du grain c’est parfait. La technique est de d’abord disperser le pigment dans de l’eau puis d’incorporer le liant petit à petit. Ensuite pour ceux qui supportent les solvants et souhaitent peindre à l’huile, la solution est d’utiliser de l’huile pour broyer les pigments. Là c’est idem, le broyage est long et énergique pour obtenir une pâte fine et crémeuse. Pour l’huile, prendre de préférence de l’huile de lin décolorée, ou mieux encore de l’huile d’œillette, totalement incolore.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est qu’il existe des pigments hydrophiles et hydrophobes. C’est-à-dire que certains pigments auront du mal à se mélanger à un liant à base d’eau, et d’autres auront du mal à se mélanger à de l’huile. Là il existe des adjuvants, genre l’alcool et autres, pour résoudre ces problèmes mais là ça demande beaucoup de connaissances et expériences. Moi je ne connais pas tout ça, alors je préfère assurer le coup avec de la peinture toute prête. Et je sais au moins qu’elle vieillira bien ! De plus il est quasiment impossible d’obtenir des couleurs aussi saturées et concentrées que celles en tube. Mon choix est fait !

Bien utiliser le noir dans la peinture

mardi 4 novembre 2014

Je vous ai déjà écris un petit article sur la couleur noire : ses différentes nuances et les précautions à prendre avec cette couleur en mélange avec d’autres. Je crois que mon article n’a pas été lu avec assiduité, ou pas lu du tout, aux vues de multiples tableaux de peintre amateur. Il se trouve que souvent, ceux-ci utilisent le noir pour travailler les ombres. Ce n’est pas interdit, mais vraiment pas recommandé et maladroit. Effectivement, lorsque l’on travaille le modelé, c’est-à-dire les ombres et lumières, que ce soit pour un arbre, une pomme, un visage, des nuages, il faut premièrement trouver une valeur claire à notre couleur de base. Là ce n’est pas difficile, on ajoute du blanc, avec parfois une touche de jaune et, ou, une pointe de rouge, et on obtient une valeur claire exprimant la lumière. Mais pour la valeur foncée, ça se complique. La facilité est de prendre du noir et l’ajouter à notre couleur de base. Ça marche, mais qu’avec certaines couleurs, et déjà foncées. Pour les verts foncés et les bleus foncés, pas de problème, le résultat sera efficace, ainsi que pour les rouges genres cadmium moyen, vif et carmin. Par exemple, on peut peindre les ombres propres d’un sapin en suivant cette voie. Idem si l’on peint un vase bleu, un jean, une pastèque, un poivron vert et rouge, etc.
Mais attention, pour toutes autres couleurs, telles que les jaunes, les rouges type vermillon et orangé, et généralement toutes les couleurs claires, ça se gâte ! Le souci est que cette valeur foncée ne sera pas belle du tout, et surtout plus trop en raccord avec notre couleur de base. Le noir va la dénaturer et l’emmener vers des gris plus ou moins foncées, ternes et voir même sales.
L’idéal est de rester toujours dans la gradation de la couleur de base. Cela veut dire rester dans la même gamme de couleur, et de toujours utiliser de la couleur pour exprimer les ombres. Le mieux pour comprendre est de citer quelques exemples.

-Un citron. S’il est bien jaune, on prendra de l’ocre jaune puis du brun pour exprimer un dégradé qui ira de jaune, à  jaune moyen, puis jaune foncé jusqu’à brun. S’il est légèrement vert, on mélangera cette couleur à du vert anglais n°1 et de la terre verte, en augmentant progressivement la proportion de ces deux dernier pour obtenir au final une valeur foncée très colorée.
-Des pétales roses. Même schéma donc que pour le citron pour emmener ce rose vers une valeur foncée, en utilisant ici du rouge foncé, du carmin, en éliminant progressivement le blanc contenu dans la couleur de base et inversement en augmentant la quantité de rouge foncé.
-Des feuillages clairs. On élimine progressivement le blanc et le jaune contenu dans la couleur de base, et puis on fonce notre nuance avec des verts plus foncé genre vert anglais n°1, terre verte, vert olive, et seulement après avec du noir si l’on veut des ombres très fortes.
Dans la peinture académique, cette règle est respectée bien que le brun prédomine pour exprimer les valeurs foncées des ombres. Les impressionnistes, eux,  ont exacerbé cette notion de mettre de la couleur jusque dans les ombres. Observer leurs tableaux et vous verrez que le noir est souvent absent.
Le noir est dangereux et à manier avec beaucoup de précaution et de savoir faire. Mais en suivant les petites règles énoncées dans cet article vos tableaux seront bien plus jolis.

Quels noirs choisir ?

Chez Royal Talens, le noir bougie Rembrandt

Chez Lefranc & Bourgeois, le noir de Mars

Chez Liquitex, le noir de Mars

 

Réussir à peindre avec réalisme une petite pomme

lundi 13 octobre 2014

J’attends toujours avec impatience la visite de mon ami Roland. Je lui demande toujours mille conseils pour progresser. Il n’est pas avare pour cela, j’en profite.
J’avais peint dans la semaine une petite pomme jaune.
Il me dit en regardant ma pomme :
« Elle est toute mignonne ! Regarde, si tu me le permets, en 10mn chrono, je vais apporter un gros plus à ta pomme. Elle va gagner en préciosité et élégance ».
« Ok. Vas-y ! Mais je prends mon appareil photo pour que tout le monde en profite. 5, 4, 3, 2, 1, c’est parti ! »

Voila déjà à quoi ressemble ma pomme.

« Regarde, je vais peindre deux gouttes d’eau, dont une qui coule légèrement. Avec un mélange de blanc, ocre jaune et d’une infime pointe de brun, je pose une petite valeur moyennement foncée sur une partie claire de la pomme. Cette valeur définit la silhouette de mes gouttes ».

« Ensuite, la lumière venant de gauche, je pose une toute fine ombre portée sur la droite et vers le bas, en la dégradant, avec un mélange d’ocre et de brun. Ça prend déjà du volume ! ».

« Avec du blanc et une pointe de jaune, je pose une première lumière sur le bord à droite et le bas des gouttes. C’est la lumière qui traverse la goutte ».

« Dernière étape, avec du blanc presque pur, je pose mon éclat de lumière sur la partie gauche haute des gouttes, pour leur donner une belle brillance. Et c’est tout. Tu vois, poser une petite goutte sur un fruit, un légume, dans une composition de nature morte, c’est pas grand-chose, mais ça apporte tellement de valeur ! c’est magique ».

Voila le résultat de cette petite transformation. Il a raison le bougre ! Comme d’habitude. J’adoooooooooore ma petite pomme

Sympa la leçon !! Merci Roland.