Archive pour la catégorie ‘Exposer sur le web’

I-CAC, le nouvel outil de certification des artistes peintres du monde contemporain

jeudi 16 mars 2017

i-CAC est un tout nouvel indice de cotation réservé aux artistes peintres contemporains français. La création d’I-CAC est issue d’une réflexion menée par différentes personnalités du monde de l’art pictural. La plateforme web qui a vu le jour en janvier 2017 propose ainsi aux artistes français d’obtenir leur certification et leur indice de cotation, à partir d’une série d’éléments fondamentaux sur leur parcours et leurs œuvres.

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i-CAC recense les artistes peintres professionnels et évalue leur notoriété à partir de différents critères précis et concrets. Avec i-CAC, les artistes peuvent se situer parmi la profession. La certification i-CAC leur assure également une promotion auprès des instances nationales et internationales dans le domaine de l’art pictural.

 

Les avantages d’I-CAC

Chaque artiste, confirmé ou débutant, a l’opportunité d’obtenir sa certification et son indice de cotation i-CAC, ce dernier étant calculé à partir de critères fondamentaux dans le monde de l’art.

Grâce à cet indice, l’artiste se situe facilement sur une échelle de valeurs et cette référence de qualité indique clairement sa position au public averti.

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L’art contemporain passe au numérique

De plus en plus, les amateurs d’art et les artistes peintres se réfèrent à internet pour obtenir toutes les informations dont ils ont besoin. Expositions, salons, biographies, œuvres, indices de cotation… Le numérique offre cette belle opportunité de connaître davantage les artistes.

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En plus des amateurs d’arts, le site web i-CAC s’adresse aussi au différents acteurs du marché de l’Art tels que les galeristes, les commissaires-priseurs, les critiques d’art, les collectionneurs ou bien encore les mécènes. Véritable vitrine numérique, i-CAC offre de belles perspectives aux artistes peintres ainsi qu’une belle exposition sur le web.

 

En ligne depuis quelques mois, le site référence déjà de grands noms du monde artistique contemporain comme Pierre SOULAGES, Jean-Pierre CASSIGNEUL et bien d’autres !

 

Vous pouvez découvrir les indices de cotation de vos artistes préférés dès à présent sur www.i-cac.fr ou bien découvrir les conditions de certification.

Rencontre avec Mihoub : l’Artiste de la pleine conscience

mardi 3 mai 2016

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C’est en marchant vers l’atelier, dans les rues de Marseille, que je réalise à quel point les métiers de la création, à mi-chemin entre la découverte permanente et le choix des produits sont formidables. Riches en rencontres, audacieux dans leurs choix, authentiques dans leurs réalisations, osés dans leurs affirmations. Être Artiste c’est emprunter un chemin où rien n’est jamais écrit d’avance. Encore une fois, je me demande qui sera l’Artiste que je vais découvrir dans quelques minutes.

Mihoub… Un prénom, des œuvres et une bio que j’ai parcourue avant de préparer mes questions. La première chose que j’aperçois c’est un sourire, puis des yeux, rieurs, bienveillants. Place à l’atelier, nous entrons dans un endroit magique. Des pinceaux qui ont vécu, des chevalets, des toiles à même le sol qui sèchent lentement, s’imprégnant du temps qui passe, des Canada Dry, une clope, et une heure d’échange remplie de cette énergie qu’il transmet sans même s’en rendre compte.

Mihoub c’est maintenant à mes yeux l’Artiste de la pleine conscience, intuitif et spontané.

Bienvenue dans son atelier. Laissez-vous emporter par l’histoire de Mihoub : son parcours et ses réflexions autour de la vie et du processus créatif. Laissez-vous gagner par la magie de son travail, qui vous touchera, tout comme je l’ai été en découvrant ses œuvres. Place à l’Artiste.

Le parcours

« J’ai décidé de partir à l’aventure. C’était en 2000. J’avais la vingtaine, l’âge où sans doute on est en quête de nouveaux espaces, de nouveaux horizons. J’ai posé mes valises à San Francisco. A ce moment de ma vie, je ne connaissais pas grand-chose à l’Art. Les galeries, les musées, les expositions : ces domaines ne m’étaient pas familiers.

C’est quand je suis revenu pour la seconde fois dans cette ville deux ans plus tard, que tout a basculé. Mon histoire d’Artiste a commencé en décembre 2002.

Je vivais en colocation, je partageais un appartement en centre-ville, dans un quartier où beaucoup de personnes créaient. Ma colocataire réalisait des collages. Et puis il y avait ce designer qui vivait dans le même bâtiment. On voulait tous créer. Moi, j’écrivais des poèmes. Et nos jeunes années nous amenaient à réfléchir, à poser nos propres bases, on était en quêtes identitaires.

Quand mon ami designer est parti, j’ai acheté sa table et sa chaise. Et j’ai commencé le dessin. Je voulais au tout début dessiner des lampes. C’est à ce moment précis que j’ai commencé à faire émaner de mon esprit des personnages. On les voyait dans mes dessins de lampes. Je comprenais que la créativité jaillissait.

C’est sans doute le départ de tout, et surtout de cet émerveillement qui ne m’a jamais quitté. De celui qui te touche dans ton être profond, de celui qui transcende tout. S’émerveiller en permanence. C’était incroyable. J’éprouvais cette fascination originelle de la créativité, je découvrais le monde. Je me sentais aussi transporté qu’un Christophe Colomb découvrant l’Amérique ! Cette énergie-là m’a envahi et porté, immédiatement. Plus de retour possible. Je ne m’en suis jamais séparée.

Au début, je dessinais sur des tous petits formats, au crayon gris. Mes créations étaient très spirituelles, très chargées, comme si elles portaient des messages magiques.

J’habitais à Geary Street. C’était l’endroit qui réunissait sur un périmètre restreint de véritables chefs d’œuvres du surréalisme. Je n’avais que quelques mètres à parcourir et j’ouvrais les portes des galeries Là c’était un Dali, ailleurs un Miro ou un Picasso.

Je découvre l’Art, c’est à nouveau un émerveillement total ! La révélation absolue. Et je me mets à dessiner sur la place pendant 10 jours. Ces petits dessins au crayon gris ! Je vois des personnages apparaître, des lignes, des formes, cela me semble totalement incroyable. »

– Et tu dessines, ta carrière est lancée

« Oui je dessine. Je renvoie à ce moment-là une énergie incroyable. Je suis transporté et je crois en mes dessins. On est à San Francisco, pas à Paris. Aux US, si tu mets du bonheur dans ce que tu fais, le public te le renvoie. C’est allé très vite. J’entends « Waooh ! Mihoub ! C’est un travail magnifique ». Au bout d’un an, ma première exposition est lancée : « One year, One show ».

J’ai dessiné avec mon cœur. Avec du recul, je réalise que ce premier jet n’était pas encore abouti. »

– Mihoub, si tu es découvert si vite, toi, l’artiste autodidacte, c’est que tu as du talent !

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« J’avais un don. Mais aujourd’hui, avec un œil plus critique, en ayant vu le travail d’autres artistes, mes œuvres de l’époque n’étaient pas encore abouties.

J’ai aussi eu la chance de ne jamais galérer pour vendre mon Art. J’avais un emploi à côté. J’étais serveur et j’attaquais à 15 heures. Je finissais tard le soir. Le matin je me levais tôt et je dessinais. J’avais le temps de gérer ma passion et mon métier. J’ai pu aussi découvrir les magasins de ventes de produits beaux-arts. J’étais toujours chez Pearl’s. D’ailleurs, je voue une véritable passion aux magasins beaux-arts. Le seul magasin qui ressemble à ce que j’ai pu voir à San Francisco, c’est Passage Clouté à Paris, rue des boulets. Je ne manque jamais d’y passer quand je suis sur Paris. Bref, pour résumer : j’éprouve aussi un véritable amour pour les magasins de fournitures beaux-arts. »

« Je commence à fonder les bases de mon Art. Un Art très simple. »

Un jour un ami m’offre une boîte de pastel. C’est ainsi qu’un dessin magique est né : « L’enfant du monde ». Je contemplais ma réalisation en me disant que j’arrivais à dessiner des portraits bien que je sois totalement autodidacte.

Au-delà de ce constat, il existe cette fondation incontournable qui est et demeure le subconscient.

« L’Art ce n’est pas uniquement une création spontanée, c’est aussi ce moment présent où tout s’arrête. Ce moment où tu es ce que tu dois être, c’est-à-dire créatif. Tout être humain devrait être créatif. »

Aujourd’hui bien sûr, j’en parle avec du recul mais à l’époque, j’étais totalement illuminé. J’étais persuadé que j’allais devenir le plus grand peintre de tous les temps (rires). Cette énergie, cet ego sans doute démesuré m’a porté et c’est ainsi que j’ai duré. Je n’ai jamais cessé de croire. »

« Les clés dans la création sont : persévérance patience et croyance. Sans la croyance, sans la foi, tu ne peux rien créer. Je crois en mon Art depuis de longues années et cette énergie positive qui se dégageait les premières heures où j’esquissais mes premiers dessins allait me porter vers tout ce que je souhaitais : être et vivre en pleine conscience. »

La découverte de nouveaux horizons

« Un artiste m’a dit un jour « la seule chose que tu ne dois jamais faire c’est arrêter la peinture ». Alors j’ai décidé de découvrir d’autres horizons. Il y a eu Barcelone, Londres, la Malaisie. Certaines périodes étaient chargées de créativité, d’autres plus calmes. Je suis un peintre spontané, intuitif, je marche devant un chemin qui s’ouvre et se crée sous mes pas. »

Tu ne le connais pas ce chemin ?

« Non (silence).»

«Ce qui me permet d’avancer sur le chemin, ce sont les supports. Pour le moment les supports me permettent le travail de la matière, de la texture. San Francisco c’est l’initiation. Une période pendant laquelle j’ai beaucoup exposé. Mais on ne peut pas peindre et exposer. Des choix sont à faire. Quand on crée, on n’a ni le temps ni l’énergie de courir aux vernissages. Si San Francisco est ma référence, le point où tout a commencé, le chemin s’ouvre et se découvre sans cesse depuis. »

– « The more I paint the more I like everything ». Basquiat. Je comprends dans cette phrase que plus je peins plus je comprends le monde et plus je l’aime. C’est ton avis ?

« Non. La peinture ne m’aide pas à aimer le monde mais à être en contact avec mon être profond et à me recentrer sur mon être.

C’est important pour moi. Peut-être en revanche qu’elle améliore ma perception du monde.

Les phrases d’artistes qui ont été des pivots dans ma carrière il y en a deux :

A la question posée à Pollock (qui a été pour moi une grande source d’inspiration) : Comment savez-vous quand vous avez terminé une peinture ? Ce dernier répond : Comment savez-vous quand vous avez fini de faire l’amour ?

C’est exactement ça la peinture, c’est exactement ça la création.

Une autre phrase m’a marqué profondément. C’est encore une question posée cette fois à Pierre Soulages : Quelle est votre peinture préférée ? Il répond « Celle que je vais faire ».

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–  Tu as écrit : « Our mind is the last free space that we can explore or ignore… »

C’est l’esprit il n’y a plus que ça, surtout dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Et on voit avec la physique quantique, avec tout ce qui se passe chez Google où ils sont en train de créer des clones virtuels de nous-mêmes : l’esprit contrôle les actes. On se donne des défis incroyables comme celui d’aller sur la lune, mais en fait le plus important, c’est l’esprit : celui qui nous habite et nous transporte. C’est lui et lui seul qui nous permet de nous réaliser.

Pour en revenir à cette phrase de Basquiat, ce n’est pas tant le but de comprendre le monde qui m’anime dans ma peinture, mais cette notion de me sentir vibrer quand je peins. Quand tu crées une œuvre, tu ne la gommes pas, tu la vis ! C’est la vraie Liberté. »

Te coupes-tu parfois de ta peinture pour justement l’explorer à nouveau ?

Il m’arrive de me laisser des temps de pose. Mon esprit accumule alors des informations inconscientes et analyse son espace, les interactions humaines. Mes dessins et peintures en seront les représentations a posteriori. Je ne donne mes titres qu’une fois ma création finalisée. Et quand je reviens à l’Art, le mouvement, et l’énergie créative repartent d’une façon merveilleuse.

Tu habites Marseille. Es-tu inspiré par cette ville et ses habitants ?

Quitter San Francisco pour revenir en France a été difficile. Comme pour de nombreuses personnes ayant goûté à l’expatriation. Quand je suis arrivé à Marseille, j’ai immédiatement été saisi par la similarité avec San Francisco, similitude dans l’approche humaine. Par exemple, à San Francisco, au Blue Danube, un petit bar sans prétention où j’aimais prendre mon café du matin, l’auteur d’un Best Seller côtoie l’écrivain qui peine, tout ce petit monde se fréquente, sans prétention aucune si ce n’est celle de partager un moment complice ou solitaire. Mixité, toutes classes mélangée, toute ethnie confondue. J’ai ressenti cette similarité immédiatement à Marseille où j’ai mon atelier. Je possède un héritage arabe. Marseille c’est une ville, un port, des cultures qui vivent ensemble, des richesses incroyables. A Marseille tu as le sentiment que tout peut arriver. »

« Marseille c’est encore une ville de création, et non une ville d’exposition. »

– Où peut-on voir ton travail ?

Pour le moment dans mon atelier sur rendez-vous. Je ne montre pas beaucoup mon travail quand je suis en phase de création. Je reste concentré et je peins. L’exposition selon moi se fera naturellement quand l’aboutissement de mon travail sera au rendez-vous.

Je prépare aussi une exposition avec un collectif d’Artistes à la rentrée.

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Focus sur …

Peindre en pleine conscience. « Sois le changement que tu veux voir dans le monde ».  (Gandhi).

« Mes gènes, mon sang et les générations qui ont forgé l’être que je suis sont mon héritage culturel et religieux. J’ai été naturellement attiré par le soufisme. C’est en quelque sorte le mysticisme de l’Islam. Méconnu sans doute et pourtant le phare de cette religion. L’ancien Islam le portait et le propageait, celui interprété par une civilisation raffinée et aboutie, à l’aube, à la naissance de cette religion, le soufisme faisait déjà pleinement partie du monde des anciens. On dit que c’est le cœur même de l’Islam. On le vit, on le ressent profondément, c’est à l’intérieur de nous et lorsqu’on souhaite le décrire c’est souvent une tâche impossible.»

« Un jour, un homme a demandé « Pouvez-vous nous expliquer ce que vous ressentez ? ». Il a répondu : « Pouvez-vous expliquer à quelqu’un qui n’a jamais goûté le miel ce qu’est le miel ? ».

« La pleine conscience c’est un ressenti. Très précieux, très personnel. Il vibre en toi, ici à ce moment-là, tu as chassé l’égo, tu es face à toi, ton être profond et tu rayonnes. Quand tu rayonnes, tu touches le monde. C’est dans la bienveillance, dans cette énergie, qu’à ce moment tu propages ce courant et c’est à ce moment que les autres sont touchés sans même qu’ils s’en rendent compte. C’est magique. Si on veut que le monde aille bien, chacun doit se connecter à son être intérieur et apporter sa propre lumière. »

 

Secrets d’Artiste

L’approche créatrice

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Au tout début de ma carrière d’Artiste j’étais fasciné par les yeux. Et je dessinais de multiples lignes, sens, et courbes, des codes dans les lignes, des messages qui se perdent au détour de multiples chemins pour mieux se retrouver. Un mélange de géométrie une approche sans doute plongeant son inspiration dans la physique quantique, ce langage multiple laissé ouvert à des interprétations de tous les possibles.

Chacun prend et interprète en fonction des sens et des chemins qu’il souhaite emprunter.

J’ai rapporté de la librairie du Mucem un ouvrage sur la calligraphie. Le mouvement « calligraffiti » est né de ces multiples sens et sans comprendre toute la calligraphie arabe, j’aime contempler les écritures pour en interpréter certaines dans mes dessins. C’est un côté mystique qui revient et que j’aime dessiner dans toute sa spontanéité.

 

Mihoub

50 rue Cristophole

13003 Marseille

Site web

Page Facebook

 

Mihoub sera notre invité d’honneur le 12 mai à l’espace Label Art

Chemin des Delphiniums, Quartier Bassaquet, 83140 Six-Fours-Les-Plages

18h-21h : Trois heures de performance pour une soirée hautement artistique autour du lancement de la gamme 4ARTIST Marker by Pebeo

Entrée gratuite, sur réservation à happening@label-art.fr

 

En savoir plus sur le calligraffiti : Le graffiti arabe, Pascal ZOGHBI édition Eyrolles

 

Interview réalisé pour Label Art par Caroline CAMPO-DUSSOUET ©

Crédit Photos : Caroline CAMPO-DUSSOUET ©

Remerciement à Mihoub et à l’équipe Pébéo initiatrice du projet, notamment à Sébastien Arcouet et Yannick Cormerais. Merci à Jean-Luc de Pébéo pour sa patience.  Merci à l’équipe de Label Art pour son implication sur ce projet. Merci à Passage Clouté pour sa dynamique et son rayonnement de Paris à San Francisco :-)

 

 

 

Aurélie Rhumeur : entre poésie et délicatesse

vendredi 29 août 2014

Royan étale ses plages et son air de fête en ce milieu d’après-midi estival. Je suis arrivée devant le Casino et je rencontre dans quelques minutes Aurélie Rhumeur, artiste peintre dont je suis le parcours depuis plusieurs années. Ses peintures évoquent la féérie, la grâce et la délicatesse. A mi-chemin entre le manga et le monde des rêves, qu’il est bon de se perdre dans la magie de son univers, si particulier et envoûtant. Son personnage Lilou nous invite au voyage et à la contemplation.
Rencontre d’une artiste qui peint la féminité et exprime en couleurs,  poésie et délicatesse un monde qui enchante et ravit tous ceux qui le contemplent.

Aurélie, vous avez été créatrice de bijoux avant de vous consacrer à l’art pictural. Comment êtes-vous passée de la joaillerie à la peinture ?
A dire vrai, je crois que c’est le dessin qui m’a amenée vers la joaillerie.
Depuis ma plus tendre enfance, je réclamais des albums à colorier et je passais mon temps à la maternelle à jouer avec les crayons de couleurs et les cahiers de dessin ! Quand ma mère me demandait « qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? » je répondais « des petits crayons ». La peinture a toujours été ma passion.
Adolescente, j’ai trouvé dans le grenier une boîte de peinture à l’huile qui appartenait à ma mère. J’étais fascinée et j’ai peins en autodidacte. Je me suis documentée et j’ai travaillé toute seule ma technique.
A la fin de ma troisième, je souhaitais exercer un métier artistique en rapport avec la peinture. Ma famille ne m’a pas encouragée à suivre ce chemin. « La peinture n’est pas un métier, choisis un autre travail». Cette phrase m’a amenée à m’interroger et à trouver une autre voie. J’ai alors posé ma candidature dans une école de joaillerie. C’est en ce sens que la peinture m’a amenée à exercer ce métier là car pour entrer dans cette école, il fallait réussir le concours de dessin. Etre manuelle et précise en dessin, c’était l’être aussi pour ce métier qui exige créativité, patience et habilité.
J’ai réussi le concours d’entrée. Armée d’un CAP de joaillerie et d’un brevet des métiers d’Art, j’ai travaillé comme joaillière et j’ai été créatrice de bijoux. J’ai réalisé mon rêve : exercer un métier artistique. Jusqu’en 2007 où je suis revenue à ma passion originelle : la peinture.

Vous avez beaucoup voyagé depuis votre plus jeune âge Avez-vous puisé dans vos expériences des sources d’inspiration ?
Oui les voyages ouvrent l’esprit. J’ai vécu 6 ans en Guyane. Cette expérience m’a permis grandir en harmonie avec la nature. Loin des diktats de la mode, des usages de nos sociétés qui imposent pour être « populaires » que les enfants portent des vêtements de marque. Mon enfance en Guyane a été pour moi une source de bonheur et de recherche d’authentique. J’y ai appris la culture des différences. Mon école  recevait des indiens en apprentissage et des enfants de tous milieux. Nous n’émettions pas de jugement et ne nous intéressions pas aux marques. On débarquait en tongs dans la simplicité la plus totale. Ce mode de vie m’a influencée plus tard.
J’éprouvais aussi depuis mon enfance un attrait particulier pour l’Asie sans y avoir jamais été pourtant. Je suis mariée avec un asiatique. Ma fille est eurasienne. Je baigne dans cette culture asiatique et bouddhiste que je pratique de façon naturelle et je me sens profondément en harmonie avec ce mode de vie.
J’ai séjourné à l’âge adulte en Asie et je me suis sentie là-bas comme chez moi. Cette sensation incroyable d’y avoir déjà vécu.

Quel pays d’Asie évoquez-vous ?
Le Cambodge particulièrement.

Pouvez-vous nous parler de votre personnage Lilou ? A-t-elle été influencée aussi par votre attrait pour l’Asie ?
De façon naturelle ma peinture est imprégnée de cette culture asiatique. Notamment ma série « Lilou » qui évolue dans un style manga-européanisé.
« Lilou, c’est mon surnom.  C’est une partie de moi. C’est mon univers»
Je l’ai créé de façon naturelle et spontanée. Lorsque je peins une série Lilou, j’aime finaliser mes créations par l’ajout de cristal de Swarovski. Parce que j’aime ce qui brille, parce que la femme est sublimée lorsqu’elle se pare de bijoux, de perles ou de fleurs. Et puis tout simplement parce que mon travail de joaillière se ressent  dans ma peinture. Ces incorporations sur les toiles participent à mettre en valeur la féminité.

Vous venez de terminer les illustrations du livre jeunesse « 15 histoires courtes de Princesses et de fées ». Comment s’est déroulé ce projet ?
Je suis attirée par l’univers de l’illustration jeunesse depuis longtemps.
Je suis maman et j’achète des livres que je lis à ma fille de deux ans et demi. Certaines de mes amies sont illustratrices et travaillent sur des livres jeunesse. Je connais bien le monde de l’édition que j’ai approché via la carterie et les toiles tendues.
Ce projet me tenait donc à cœur et cet univers m’a permis de poursuivre la peinture en étendant mon domaine d’activités.
Ce livre, je le distribuerai à certaines maisons d’Editions. Je souhaite figurer sur leur liste d’appel d’offres et avancer sur de nouveaux projets dans le même secteur.

Cette collaboration nouvelle a été menée en partenariat avec votre père.
Oui, mon père a déjà édité un livre autobiographique. C’est un projet en tandem. Il a écrit l’ensemble des textes de ce livre.

Votre peinture se rapproche de la poésie. Souhaiteriez-vous écrire un jour ?
Ce n’est pas impossible.  (sourire)

Comment composez-vous vos tableaux ? Quel est votre processus créatif ?
En général si je me pose et je réfléchis rien ne sort ! (rire).
Pour l’inspiration, je puise des idées en regardant un film, en pensant à un sujet, à un décor. Parfois je puise l’inspiration dans mes rêves.

Vous travaillez dans n’importe quel endroit ?
Oui, j’amène toujours avec moi un petit cahier. Parfois il reste sagement dans mon sac et puis soudain les idées jaillissent et je ne m’arrête plus de dessiner.

Quelles sont vos techniques de prédilections ?
Je peins à l’huile.
Lorsque je participe à des salons en qualité de démonstratrice, la peinture à l’huile ne convient pas*. Pour peindre en démonstrations, je compose une base à l’acrylique et je finis à l’huile. En dehors de ces moments particuliers, l’ensemble de ma peinture est réalisé à l’huile.
J’ai toujours plusieurs toiles en séchage dans mon atelier.  J’alterne mes périodes de travail entre les tableaux : une base, ensuite une autre couche. En général, il me faut au minimum quatre couches de peintures avant de finir une toile.

Quels sont vos projets ?  
J’aimerais me tourner vers l’illustration de livres jeunesse pour agrandir mon champ d’activités et ne pas m’enfermer sur un seul domaine. J’adore relever les défis et je m’adapte à tous les projets créatifs.

Vous êtes cotée Drouot ?
Oui. Mais j’ai décidé de ne plus exposer en galerie d’Art. Pour le moment je souhaite maintenir des prix de vente accessibles au client final.

Où peut-on voir vos toiles ?
Pour le moment, sur rendez-vous. J’ai déjà vendu des œuvres directement sur internet.
Je travaille beaucoup sur commande en m’adaptant aux demandes : format, style, thème, personnalisation totale.

*NDLR : La peinture à l’huile met plusieurs jours voire plusieurs mois à sécher

Pour contacter Aurélie Rhumeur : Contact

Interview : Caroline CAMPO-DUSSOUET pour Label Art

Fabienne Verdier, la peintre du « non vouloir »

jeudi 27 octobre 2011

Aujourd’hui amis lecteurs, je voudrais vous faire partager le billet de Roy. A lire, à savourer et évidemment un blog à découvrir :

Le blog de Roy Pallas

Je me présente je m’appelle Roy Pallas, je suis l’auteur d’un blog sur le dessin. Je donne des conseils techniques et des éléments de réflexion dans ce domaine. Pendant mes années d’études en art j’ai eu la chance d’avoir quelques cours de peintures (plus théoriques que pratiques).

J’ai choisi de parler de Fabienne Verdier pour plusieurs raisons : c’est une peintre que j’estime, dont je trouve le travail très poétique et subtile, ensuite parce que relativement peu de gens connaissent son existence, et son apprentissage est un véritable exemple de bravoure. Je voulais vous faire partager son histoire.

Pour entretenir mes connaissances, j’ai suivi avec intérêt les articles de votre rédactrice habituelle. Voyant que je pouvais apporter quelques informations pour enrichir son blog, j’ai proposé à Elisa de rédiger un article sur un artiste que je connais.

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier a passé son enfance dans la ferme de sa famille près des Pyrénées. Elle y a appris le travail dans les vignes et ce qui relève du jardinage. Elle a fait ses études aux Beaux-Arts de Toulouse deux années durant avant d’avoir son diplôme avec brio.

Elle a été déçue de son apprentissage dans l’école puisque aucune technique n’était apprise aux élèves. Le principal reproche que Fabienne fait à cet enseignement est que les professeurs poussent les étudiants à l’expression alors qu’aucun moyen de le faire ne leur est transmis.

Les ateliers de dessin de modèle vivant étaient les cours les plus intéressants pour elle mais le crayon (trop sec) ne lui convenait pas et c’est donc vers le pinceau qu’elle s’est tournée. Ce dernier est plus apte selon elle, à retranscrire le mouvement de la vie. C’est ainsi que son intérêt pour la calligraphie est née, elle s’est enrichie de plusieurs ouvrages sur le sujet parmi eux le livre de François Cheng, Vide et plein, qu’elle a particulièrement apprécié.

C’est pour combler la lacune technique de l’apprentissage des Beaux-Arts et pour approfondir sa technique au pinceau, que Fabienne décide de partir pour la Chine. Refusant en même temps une bourse qui lui a été accordée pour la poursuite d’études en art dans un autre établissement français.

La jeune artiste s’inscrit au Beaux-Arts de Sichuan où elle résidera à partir de 1983 et y restera jusque dans les années 90. La vie est rude pour l’étrangère (ne parlant pas le dialecte du pays qui plus est) qui connait beaucoup de difficultés à être acceptée notamment dans sa nouvelle classe.

Les obstacles ne l’empêchent pas d’aller de l’avant, son objectif d’apprendre le plus possible sur l’art du pinceau ne quitte pas ses pensées. Elle suit donc un atelier en plus des cours donnés aux Beaux-Arts où elle apprend notamment l’art du marouflage.

Elle a ensuite pu croiser la route d’un maitre calligraphe clandestin habitant sa région, dont elle a appris l’existence par une de ses connaissances. Maitre Huang Yuan se montra très réticent à transmettre son art du pinceau, les origines occidentales de Fabienne n’ont également pas joué en sa faveur. Mais c’est avec patience que la française traça des poèmes chinois avec son pinceau, et déposa les feuilles devant le logement de maitre Huang Yuan tous les jours pendant des semaines.

Après plusieurs mois sans réponses, ce dernier accepta qu’elle devienne son élève. Son enseignement était axé dans un premier temps sur l’oubli de tout ce qu’elle connaissait et elle devait s’engager à s’entraîner 10 ans. Les exercices étaient mécaniques et rudes, Fabienne passa plusieurs mois à apprendre la base du tracé. Comment tenir un pinceau, comment le mouvoir, comment reproduire, comment voir les nuances, et enfin comment y mettre de sa personnalité.

Fabienne VERDIER

Fabienne VERDIER

Elle est aujourd’hui une artiste reconnue pour ses créations mélangeant réflexion plastique et spiritualité. Elle travaille dans un atelier près de Toulouse où elle crée ses peintures à l’aide d’un gigantesque pinceau de plus de 60kg suspendu au plafond.

Son lieu de travail reste caché de tous afin que l’artiste puisse se consacrer à son art et se préserver des tensions liées à notre époque. « Je tiens à rester cachée pour préserver mon intégrité ». C’est ainsi qu’elle continue de se construire en tant qu’artiste et affirme donc que depuis son périple de 10 ans en Chine, « rien n’a changé ».

Avant chaque peinture elle a l’habitude de méditer pour arriver à un état « d’être sans vouloir », afin d’équilibrer la tension et la détente pour créer. C’est de cette manière qu’elle peut transmettre une énergie à ses œuvres, à poser ses traits avec une sorte de geste instantané et retenu à la fois.

Le collectionneur Hubert Looser rendit un jour visite à Fabienne dans son atelier et lui exposa les réflexions de grands maitres américains de la peinture abstraite. La peintre calligraphe s’est découvert une parenté avec ce mouvement. « La proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonnance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction ».

Son œuvre s’inscrit donc dans la lignée des réflexions des grands peintres abstraits américains tels que Kline, Tobey, Pollock ou de Kooning, selon les informations de sa galerie (galerie Jaeger Bucher à Paris).

Pour finir cet article, voici les liens de son site personnel et de sa galerie. Il existe également un film de Philippe Chancel appelé « Flux » consacré à Fabienne Verdier, on peut y voir l’artiste en pleine création. C’est assez surprenant !

http://www.fabienneverdier.com/index-FR.html#sr61

http://www.galeriejaegerbucher.com/index.php

VERDIER Fabienne, texte de Charles Juliet, Entre ciel et terre, Paris,Albin Michel, 2007

VERDIER Fabienne, L’unique trait de pinceau, Paris,Albin Michel, 2001

VERDIER Fabienne, Passagère du silence, Paris,Albin Michel, 2003

JULIET Charles et VERDIER Fabienne, Entretien avec Fabienne Verdier, Paris,Albin Michel, 2007