Archive pour la catégorie ‘Guide pratique’

I-CAC, le nouvel outil de certification des artistes peintres du monde contemporain

jeudi 16 mars 2017

i-CAC est un tout nouvel indice de cotation réservé aux artistes peintres contemporains français. La création d’I-CAC est issue d’une réflexion menée par différentes personnalités du monde de l’art pictural. La plateforme web qui a vu le jour en janvier 2017 propose ainsi aux artistes français d’obtenir leur certification et leur indice de cotation, à partir d’une série d’éléments fondamentaux sur leur parcours et leurs œuvres.

i-cac_carré

 

i-CAC recense les artistes peintres professionnels et évalue leur notoriété à partir de différents critères précis et concrets. Avec i-CAC, les artistes peuvent se situer parmi la profession. La certification i-CAC leur assure également une promotion auprès des instances nationales et internationales dans le domaine de l’art pictural.

 

Les avantages d’I-CAC

Chaque artiste, confirmé ou débutant, a l’opportunité d’obtenir sa certification et son indice de cotation i-CAC, ce dernier étant calculé à partir de critères fondamentaux dans le monde de l’art.

Grâce à cet indice, l’artiste se situe facilement sur une échelle de valeurs et cette référence de qualité indique clairement sa position au public averti.

cotation artiste icac

 

L’art contemporain passe au numérique

De plus en plus, les amateurs d’art et les artistes peintres se réfèrent à internet pour obtenir toutes les informations dont ils ont besoin. Expositions, salons, biographies, œuvres, indices de cotation… Le numérique offre cette belle opportunité de connaître davantage les artistes.

icac en ligne

 

En plus des amateurs d’arts, le site web i-CAC s’adresse aussi au différents acteurs du marché de l’Art tels que les galeristes, les commissaires-priseurs, les critiques d’art, les collectionneurs ou bien encore les mécènes. Véritable vitrine numérique, i-CAC offre de belles perspectives aux artistes peintres ainsi qu’une belle exposition sur le web.

 

En ligne depuis quelques mois, le site référence déjà de grands noms du monde artistique contemporain comme Pierre SOULAGES, Jean-Pierre CASSIGNEUL et bien d’autres !

 

Vous pouvez découvrir les indices de cotation de vos artistes préférés dès à présent sur www.i-cac.fr ou bien découvrir les conditions de certification.

Comment choisir son châssis entoilé pour peinture

mardi 13 décembre 2016

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je vous propose de rejoindre Roland pour suivre avec lui un cours de peinture sur le thème du choix du châssis entoilé. En effet, lorsque nous peignons à l’huile ou à l’acrylique, nous sommes confrontés au problème du choix du support. Alors, sur quelle toile travailler ? Roland nous invite à passer en revue les toiles existantes et nous explique ce qui fait leurs qualités et leurs différences…

chassis entoilé

Les toiles polyester (toiles synthétiques)chassis polyester label art

Le châssis polyester a l’avantage de proposer une toile très souple, au tissage très fin. Personnellement je l’aime bien.

Comme elle est très lisse, elle est parfaitement adaptée au travail en trompe l’œil, et sera particulièrement appréciée des artistes qui aiment à réaliser de beaux glacis.

Les toiles cotonchâssis coton

Cette qualité de toile est bonne : elle ressemble au synthétique mais elle est beaucoup plus souple. Cette souplesse engendre le seul inconvénient de cette toile : le châssis coton a tendance à se détendre. Il suffit alors d’utiliser les clés pour retendre la toile. Le châssis entoilé en coton reste néanmoins un bon support, sur lequel il est intéressant de travailler.

La matière suprême : le lin

chassis lin label artMoins souple que le coton, le châssis pour peinture en lin conservent ses tensions plus longtemps. Les toiles en lin sont solides et résistent à l’humidité. Ces toiles ont effectivement l’avantage d’être parmi les moins fragiles. Il existe différents types de lin: lin moyen, lin fin, lin fort… le type définit le grain de la toile. Chacun préférera un certain grain selon son goût et sa technique. Personnellement, je ne travaille jamais en épaisseur et je préfère le grain fin. Toutefois, un châssis entoilé en lin épais ou moyen sera apprécié si on travaille au couteau, pour accrocher la matière notamment.

Le lin existe également en lin brut, appelé lin naturel. Ce support est top mais il faut tout de même le préparer en passant un apprêt… Sinon cela devient très périlleux ! Les châssis en lin brut est un support très intéressant.

Les cartons toilés

Les cartons entoilés consistent en une toile de coton collée sur un morceau de carton. Ils sont très bien pour les travaux d’étude. Ce support économique est de plus très agréable. Il convient de privilégier les petits formats, car les grands cartons ont tendance à se gondoler. Pour parer à cela, il peut être possible de coller un tasseau de bois au dos du carton toilé.

carton entoilé label Art

Reconnaître la qualité de sa toile de peinturechassis en bois label art

Ce qui fait la qualité d’une toile est sa tension, sa capacité à rester en tension, bien tendue, pour ne pas gondoler.

« La qualité dépend de la nature de la toile mais aussi du châssis. »

Le châssis doit être en bois : un bois de qualité, pas du petit bois qui risquerait de se gondolera à l’humidité. Regardez au dos des tableaux pour voir s’il est solide et de bonne épaisseur pour garantir la stabilité. Le châssis en bois doit également présenter un biseau afin que le tasseau ne touche pas la toile. En effet, si le châssis touche la toile alors il se verra lorsque l’artiste peindra. Veillez à ce qu’il y ait bien ce biseau ou alors un rebord, qui éleverait la toile au dessus du châssis.

Les encoches pour mettre les clés sont très importantes également. En effet, elles permettent de régler la tension des toiles. Les clés doivent être bien adaptées au châssis. Cela est rarement le cas, voir jamais le cas dans les toiles pas cheres de mauvaise qualité.

 

Comment tendre une toile sur un châssis

Pour tendre la toile, il faut enfoncer les clés (partie plate contre le châssis) dans les encoches. Ensuite, à l’aide d’un marteau, on les enfonce bien. Les clés se posent deux par deux. Un fois qu’on les enfonce les clés écartent les tasseaux et tendent le châssis, ce qui créé une meilleure tension sur la toile. Les clés doivent s’installer avant de peindre, ainsi il ne reste qu’à régler la tension une fois l’oeuvre achevée.

 

L’enduction des châssis entoilés

Enfin, dernière point sur ce qui fait la qualité d’une toile : l’enduction. L’enduction est l’apprêt (le gesso) qui est appliqué sur la toile pour lui permettre de recevoir la peinture. Aujourd’hui il n’existe quasiment que des enduits universels, les supports pourront donc servir à travailler les techniques de l’acrylique et de l’huile. Avant, des enductions grasses existaient, précues pour le travail à l’huile, mais aujourd’hui cela est rare et obsolète. En effet, de nos jours les enductions maigres (à l’acrylique) sont tout à fait performantes.

« De l’enduction dépend aussi la bonne planéité de la toile. »

Si l’enduction est trop maigre, trop fine, nous risquons de voir le grain de la toile, et ce grain va absorber la peinture. Le travail sera en sera plus difficile. Ce facteur, important, détermine également la qualité de la toile.

Les toiles de lin brut sont également apprêtées. Cela ne se voit pas, c’est un apprêt invisible, un gesso transparent. Cette sorte de résine acrylique pure, bien qu’elle soit invisible rentre dans la gamme des enductions.

chassis lin naturel label art

 

Maintenant que vous savez tout, voici un dernier petit conseil : si vous achetez malgré tout une toile dans les magasin discount, toile qui ne coûte rien mais qui est d’une qualité exécrable… Avant de travailler, je vous conseille tout de même de mettre du gesso pour parfaire l’apprêt. Mais évitez cela…

« De la qualité de la toile dépendant la qualité de l’oeuvre ! »

 

Ce sont sur ces derniers mots que Roland clôture notre cours du jour. J’espère que celui-ci vous aura plu ! N’hésitez pas à nous faire part de votre expérience ou de vos préférences.

Pour visualiser la vidéo de Roland, cliquez sur l’image :

cours peinture

À très bientôt,

Camille de Label Art

Comment raviver une peinture à l’huile : la solution est ici !

lundi 25 avril 2016

Bonjour à tous !

 

Aujourd’hui Roland Charbonnier nous apprend comment raviver une peinture à l’huile.

« Voici un petit paysage que j’ai peint dans le cadre de mes cours à l’atelier, avec mes élèves. Ce paysage est assez sympathique, il est tout mignon. Pour la composition nous n’avons rien à dire, ça marche bien. Nous avons de belles perspectives, le travail des volumes est bien rendu. Mais ce qui me gêne dans ce paysage, c’est qu’il est triste… je le trouve très triste. Cela va être l’objectif du jour : comment donner, à un travail qu’on a exécuté, un joli coup de peps, lui donner de la vigueur, lui redonner de la vie, le booster en couleurs… et tout cela avec l’usage des glacis à l’huile. Ce paysage est, j’ai oublié de le préciser, peint à l’huile.

Notre tableau, dans sa version originale : petite analyse brève qui va déterminer nos objectifs. Le ciel est trop pâle, la pierre également manque de couleur, le lac aussi… tout manque de couleurs. C’est une version trop proche de la réalité. Dans la réalité les couleurs ne sont pas aussi vives que ça. Mais nous, peintres, on a la possibilité d’extrapoler et de booster les couleurs.

Nous allons travailler avec de l’huile Van Gogh de chez Talens, du médium à peindre évidemment et des brosses en Kevrin pour appliquer tout cela en glacis. En effet, notre peinture est sèche c’est donc avec la méthode des glacis, la technique des glacis, que nous allons booster la couleur.

1ère étape : le ciel

Nous mélangeons du médium, avec un peu de bleu primaire (beaucoup de médium avec un peu de couleur) de manière à former un jus. Nous l’appliquons ensuite sur le ciel, qui a va tout de suite prendre un peu plus de peps. Pour appliquer les glacis il faut des brosses souples. Une brosse plate Kevrin est parfaite pour cela. Elle permet à la fois d’appliquer le glacis et de bien le fondre, l’étirer, le lisser. Cette même couleur de glacis teintée de bleu primaire je vais l’appliquer aussi sur les montagnes au lointain, puis je vais raviver l’arrière-plan : la petite forêt avec du vert de vessie. Enfin je passe à l’étang et au lac, qui pour être conforme au ciel, est ravivé avec du bleu primaire. Ce n’est pas grave si on déborde : il s’agit de glacis donc on ne risque pas de dénaturer le tableau ou les autres motifs. Pour la pierre nous allons utiliser simplement du glacis avec de la sienne naturelle et de l’ocre jaune, que nous allons appliquer sur la maison et sur les parties de pierre en lumière. Nous voyons tout de suite la différence, c’est flagrant, carrément magique ! Je nuance : tantôt mon glacis est un peu plus nuancé en couleurs, parfois moins pour créer des variations.

2ème étape : les zones d’ombre

Ensuite je passe aux zones d’ombre de la pierre, des pilastres en pierre et de la maison. Pour cela je vais utiliser, et oui, du violet ! Une valeur froide mais très colorée. Cela a un rapport très joli avec ces murs, ces parties de mur en pierre de lumière jaune. Pour l’herbe au premier plan cela va être avec du jaune : un glacis de jaune et d’ocre jaune mélangé. Et voilà, un petit coup de booste sur mon herbe, c’est suffisant.

Je fais la même chose, avec la même valeur de glacis -jaune et ocre jaune-, sur les branchages apparaissant dans le ciel en partie haute. À ce stage je remarque que mes nuages, eux aussi, manquent de couleur. Je vais donc les raviver. Et pareil, pour avoir touché à toutes les surfaces je fais un petit glacis avec de l’orange sur le toit de ma maison.

 

Voilà, mon travail de glacis est achevé. Maintenant vous pouvez vous amuser à comparer cette version-là, avec ses couleurs boostées, lumineuses, chaudes, vivantes, gaies, avec l’ancienne version, qui était plus triste et fade… mais qui peut plaire aussi !

Vous avez maintenant saisi l’une des utilités du glacis, c’est facile, c’est rapide et super efficace !

 

Merci d’avoir suivi cette vidéo.

RDV sur le site Label Art et sur le compte Facebook pour profiter des démos, des photos et des pas à pas pour s’enrichir. »

 

Merci Roland pour tous ces conseils.

 

L’indispensable terre d’ombre naturelle

mardi 24 mars 2015

Ce mois-ci, voila un petit cours théorique sur une couleur indispensable à notre palette :

On vous dit tout sur la terre d’ombre naturelle

« L’ombre naturelle, est une terre, donc un pigment naturel, qui a toujours figurée sur les palettes des maîtres anciens. C’est un brun très doux, chaud. Ce pigment n’est pas couvrant. Il ne faut surtout pas le confondre avec sa version brûlée, la terre d’ombre brûlée. C’est une couleur que l’on va associer à d’autres pour produire des effets précis. A l’inverse des impressionnistes, des fauves et autres peintres qui recherchent une pureté des couleurs et à exploiter leur vivacité, leur fraicheur, jusqu’à les saturer, la terre d’ombre naturelle conviendra aux peintres qui recherchent à ternir et rabattre leurs mélanges. Le noir salit trop les couleurs et les foncent en produisant des mélanges peu heureux, jusqu’à transformer les jaunes en vert par exemple. Les bruns aussi sont trop puissants et dénaturent aussi les couleurs. Une petite pointe d’ombre naturelle va « calmer » le jeu sans transformer la valeur de base. Un jaune restera jaune etc.
Les mélanges ainsi obtenus permettront d’obtenir des couleurs plus ternes, salies, mais « proprement salies ». Les mélanges donneront des valeurs chaudes.
Sur cette photo, à partir de couleurs franches en base nous voyons l’effet obtenu par adjonction de cette terre ».

 


« Le blanc donne un gris chaud. Quand aux autres couleurs, on perçoit la différence entre les valeurs franches et les valeurs ternies avec l’ombre, sans trop les foncer ».

Voici un rendu avec adjonction de terre d’ombre naturelle dans un tableau

« Cette terre peut être utilisé en toute fin d’exécution pour ternir, toujours, mais aussi donner un côté vieilli au tableau. Pour cela il faudra l’utiliser en glacis. Du médium à glacis avec un peu de cette couleur produira cet effet. Suivant la quantité de couleur adjointe au médium on varie l’intensité du usé-vieilli. Sur ces deux photos, en 1 on a le tableau brut, en 2 une partie vieillie avec un glacis peu chargé en ombre naturelle, et en 3 avec un glacis plus concentré en ombre naturelle ».

« On perçoit nettement l’aspect « ancien » produit avec cette terre, tout en conservant la chaleur du sujet. De plus, avec cette méthode de glacis, toutes les couleurs se retrouvent raccordées sous une couleur commune, créant ainsi une unité de l’ensemble et une harmonie supplémentaire au sujet. »

 

Cette méthode me rappelle mon papa qui vieillissait ses meubles avec de la cire teintée. Et à en juger par cette démo, sa cire devait contenir de la terre d’ombre naturelle.

La terre d’ombre naturelle est déclinée aussi bien en peinture à l’huile chez Rembrandt par exemple qu’en acrylique chez Liquitex, en aquarelle chez Winsor & Newton.

Comment crée-t-on une peinture à l’huile ?

lundi 2 février 2015

Il y a quelques années, L’équipe Label Art dont je fais partie, a eu le bonheur de visiter l’usine de fabrication des couleurs à l’huile Lefranc & Bourgeois. J’ai rencontré les équipes et les chimistes, j’ai assisté au processus de fabrication des gammes de peinture à l’huile, j’ai pu apprendre et comprendre : les machines tri-cylindres, les charges, les pigments, les liants.
Découvrir le monde de la fabrication de peinture, c’est, tout comme Alice, ouvrir les portes d’un vaste univers. On n’entre pas sans passer par des corridors chargés d’histoire. Dès l’entrée dans l’usine, on traverse un grand vestibule où des tableaux encadrés expliquent l’histoire de Lefranc & Bourgeois.
Je me rappelle notamment d’une lettre de Matisse, heureux d’avoir trouvé sa palette dans les couleurs de la gouache Linel (il faudra aussi que je vous écrive un billet sur cette belle et noble marque et la magie des résultats de la gouache beaux-arts, cette peinture méconnue des artistes aujourd’hui).
Je me souviens aussi d’avoir contemplé la palette d’un grand maître de peinture et puis les émouvants témoignages de ces grands peintres reconnaissants pour avoir découvert les peintures à l’huile Lefranc & Bourgeois.
Lefranc & Bourgeois raconte une histoire que je vais vous conter avant de vous faire entrer dans les secrets de composition de sa peinture.

 

 

L’histoire de Lefranc & Bourgeois

Nous sommes en 1720. La famille Lefranc tient un commerce rive gauche à Paris. Un magasin dédié aux pigments et aux épices. La famille se propose de broyer les couleurs pour Chardin et ses amis peintres. Prémices de l’industrie des beaux-arts ? Sans aucun doute !
Élaborer de la peinture nécessite de solides connaissances, vous devez le savoir si vous avez déjà établi des préparations ! Les blancs peuvent jaunir, la peinture devenir siccative, ou au contraire ne jamais sécher. C’est Alexandre Lefranc qui mettra au point des formules respectées encore aujourd’hui et assises sur des règles chimiques utilisées dans les fabrications des peintures beaux-arts de la gamme.

De la vessie de porc aux tubes de peinture à l’huile Lefranc

Et oui ! La peinture à l’huile était conservée dans des vessies de porc, puis dans des tubes en étain et devinez quelle maison eut l’idée géniale de créer un tube à fermeture étanche ? Lefranc bien sûr !

Pourquoi Lefranc & Bourgeois ?

C’est Joseph Bourgeois qui met en place des usines de fabrication de couleurs beaux-arts. Il propose aux écoles d’Art des couleurs primaires : Cyan, Magenta, Jaune primaire. Disons le clairement, il affronte directement son concurrent Lefranc qui lui aussi décide d’ouvrir des usines et de trouver des partenaires pour l’accompagner dans son développement (un certain peintre Vibert par exemple).
Il faudra attendre 1965 pour que ces deux sociétés fusionnent en créant un an après la fusion, l’usine que j’ai visitée, basée au Mans, elle réunit la marque qui devient Lefranc & Bourgeois.

Comment fabrique-t-on la peinture à l’huile ?

Choisir le liant

Huile de lin ? Huile d’œillette ? Huile de carthame ? Les liants proposés répondent à des caractéristiques chimiques bien particulières. Le lin a tendance à posséder un fort pouvoir siccatif (en gros siccatif signifie « qui sèche vite »). Et les peintres savent comme c’est important. Vite mais pas trop non plus sinon l’effet jaunissement existe et là, on ne peut plus récupérer ses couleurs à l’huile.

Choisir le pigment

Les pigments vont procurer à la peinture sa teinte. Ils peuvent être purs c’est à dire qu’une peinture sera monopigmentaire si dans sa composition on utilise un seul pigment. Par exemple soit on trouve un vert dans la nature (ou chimiquement) et dans ce cas on va l’incorporer à un liant, soit on le fabrique avec un bleu et un jaune, dans ce cas le résultat n’est pas monopigmentaire. Évidemment les couleurs à l’huile monopigmentaires confèrent lors de leur utilisation un résultat hautement qualitatif. Vous pouvez trouver cette précieuse indication en vous procurant les nuanciers (ou en regardant directement sur le tube).

Les pigments de charge

Pour faire simple ce sont des charges « neutres » que vous incorporez dans la peinture pour … produire plus de peinture. Donc on peut comprendre aisément que ces charges dites inertes utilisées de façon trop importante font perdre de la couleur et de la force à la peinture. Cela explique aussi que ce que vous pensez « ne pas payer cher » est en fait hors de prix compte tenu de la charge inerte importante incorporée par le fabricant :-)
Dans une peinture extra-fine, la charge inerte est bien faible …
On paye souvent trop cher une peinture à l’huile bon marché, selon mon humble avis …

Comment fabrique-t-on de la peinture à l’huile ?

La dispersion permet de liquéfier pigments et charges. Un disperseur de production permet de travailler sur des volumes allant de 60 à 400 litres. Le pigment sera évidemment broyé. Imaginez qu’on broie le pigment jusqu’à dix millièmes de millimètres. Plus la peinture est finement broyée, plus sa pureté est forte.
C’est après ce processus qu’on va travailler la pâte en la passant : pour l’huile extra-fine Lefranc par exemple, dans une broyeuse tri-cylindres. Plusieurs passages sont possibles selon la qualité désirée.
J’ai vu ces machines à l’œuvre je vous garantis que le spectacle est simplement fascinant.

En conclusion

Le degré de qualité d’une couleur à l’huile dépend essentiellement de trois critères :
•    De la qualité de son pigment
•    De la quantité de charge inerte utilisée dans la fabrication
•    Du broyage de la pâte
Il n’est pas rare d’entendre certains peintres se plaindre d’une peinture trop diluée ou remplie d’huile et donc inexploitable. La clé de voute essentielle est aussi le respect des formules de fabrication et leur application stricto sensu. On ne s’improvise pas fabricant, on le devient au fil des expériences, des rencontres avec les peintres, des recherches et développement avec chimistes et spécialistes de l’Art. Le savoir-faire reste le pilier garant de la réussite d’une bonne gamme de peinture à l’huile. C’est pourquoi  Lefranc & Bourgeois propose depuis plus de deux siècles aux artistes des gammes de couleurs idéales et remarquables.

Pour aller plus loin
Site officiel Lefranc & Bourgeois
La peinture à l’huile

Comment peindre des aquarelles hautes en caractère ?

lundi 8 octobre 2012

Sur la plupart des aquarelles que je vois lors d’exposition d’amateur, les couleurs sont toujours légères et douces. Il est vrai que ce matériel est idéal pour réaliser des peintures toutes en douceur et clarté. Si bien que l’adjectif « aquarellé » définit maintenant des couleurs claires et lumineuses, tant en décoration qu’en peinture.

Pourtant même à l’aquarelle il est possible de forcer les valeurs jusqu’à obtenir des couleurs foncées et denses. C’est avec la quantité d’eau que l’on joue sur la couleur. Et bien avec vraiment très très peu d’eau on peut avoir des couleurs très fortes et foncées. Le mieux pour ce faire est de travailler avec de l’aquarelle en tube. Elle est plus facile à manier pour ce type de traitement, car déjà fluide. Ensuite on choisit un papier très épais, au fort pouvoir d’absorption pour superposer différents jus afin de forcer la teinte. Il y a des papiers qui saturent dans lesquels la peinture reste en surface et ne pénètre pas. Ils ne sont pas idéaux dans ce cas. Je ne répéterai jamais assez que l’expérimentation est nécessaire pour trouver son papier idéal.

Tentez l’expérience. Procurez vous de l’aquarelle en tube, et forcez les couleurs.

Les contrastes sont si beaux quand ils sont bien marqués.

C’est d’autant le moment que Sennelier vous offre une palette totalement remaniée, l’aquarelle au miel. Pour ceux qui n’ont pas eu encore le bonheur de la découvrir, je vous invite à relire ce billet :

Et Sennelier réinvente l’aquarelle

Les papiers Clairefontaine à grain torchon constituent une surface idéale pour une aquarelle forte, et hautes en couleurs :

Voir la gamme Etival

Voir la gamme Fontaine

Les coffrets d’aquarelle : pratiques pour une palette équilibrée et harmonieuses


Une petite énigme du lundi, l’aquarelle au miel par … ?

lundi 11 juin 2012

En ce délicat lundi, gorgé de soleil, je vous écris, quelques notes de musique évanescentes s’envolant vers vous par la fenêtre de mon atelier, un café auprès de moi, le sourire aux lèvres, la joie tranquille, pour vous parler …du miel.

Appréciez-vous ce délicat arôme?

Le miel … c’est déjà très poétique comme mot, ça sonne comme une gorgée de vie joyeuse et subtile … Je contemple ma palette, posée sagement pas loin, dans mon atelier et ces nouveaux tubes qui m’attirent et me donnent tant envie de créer … Tiens, des jaunes, des rouges, des verts … Je souris et re-découvre une gamme totalement réformulée à base de … miel !

Et oui ! Et pas n’importe quelle gamme, une gamme qui a fait ses preuves, une gamme qui a été utilisée par tous les grands maîtres de la peinture aquarelle. Éclatante et lumineuse, j’ai hâte de vous en parler et à la fois, est-ce parce que c’est lundi ? J’ai aussi envie de laisser trainer un peu ce moment matinal qui joue avec mes émotions, de déguster ce café et d’arrêter le temps … pour mieux reprendre le fil des mes idées.

Bon je m’égare au fil de mes mots, ce billet ressemble définitivement à la musique que j’écoute en ce moment même …

Donc du miel, de l’aquarelle, une « maison » qui a travaillé depuis des années sur une formulation encore plus merveilleuse de cette gamme historique tant appréciée des peintres. Si, si vous la connaissez, j’en suis sûre !

Commençons par la fin de l’histoire : le résultat, évidemment …

Il est fait de superbes nuances si fines que le lavis est permis, que vous serez étonnés de ce liant si particulier que cette « maison » vous garantit depuis des siècles … Une fusion des couleurs qui apporte aux teintes une telle plénitude, l’aquarelle n’a jamais été aussi brillante, aussi onctueuse, aussi vive, colorée.

Les réponses se trouvent ici :

Aquarelle en tubes

Aquarelle en demi-godets

Coffrets d’aquarelle

Alors avez-vous deviné ? Si oui, déposez un message sur mon blog et échangeons ! Vous en pensez quoi vous ? Vous avez testé les nouvelles nuances ?

Quant à cet air de musique, j’ai tout simplement envie de vous le faire partager !

Le voici :

Je vous souhaite à tous une très belle semaine, remplie de joie, de bonne humeur et de moments poétiques et créatifs !

Elisa

Je vous présente la gamme Cobra by Royal Talens

vendredi 23 mars 2012

 

Je vous présente une nouveauté dans la gamme huile, ou eau, enfin les deux !!!!

En fait il s’agit d’un nouveau type de peinture spécialement adaptée pour éviter les solvants. Beaucoup d’entre nous ne supporte pas les odeurs et vapeurs d’essence que l’on utilise avec la peinture à l’huile.

La gamme Cobra de Talens est une peinture à l’huile que l’on utilise avec de l’eau à la place de solvant. C’est une peinture hybride.

Elle présente de multiples qualités. La première est qu’elle garde toute les spécificités d’une huile. Elle est onctueuse, avec une forte concentration pigmentaire qui donne de belles couleurs intenses et lumineuses. Elle sèche lentement et donc se travaille comme une huile classique. Cela permet de réaliser de beaux dégradés, de beaux fondus, avec une touche subtile et précise.

Ensuite, autre point fort, elle se dilue à l’eau. C’est-à-dire que pour varier sa consistance, on peut modifier sa tenue, la rendre plus fine, plus fluide en ajoutant un tout petit d’eau. Bien évidement, le nettoyage des brosses se fait sous l’eau aussi.

Elle peut être travaillée avec trois médiums de sa gamme. Ceux-ci apporteront de la fluidité, de la transparence, de la brillance, et une meilleure pérennité à la peinture en l’enrichissant de résine. Ces médiums permettent donc de réaliser des glacis, des aplats, ou comme avec le médium en pate, un travail au couteau et en épaisseur.

Ceux-ci sont aussi miscibles à l’eau.

A cela on ajoute un large choix de couleur pour parfaire ses qualités.

Plus d’odeurs, finies les allergies! C’est qu’il y a parmi nous de petite nature!

Si vous connaissez et l’avez essayée, votre avis nous intéresse.

Pour une fois …. mieux vaut des regrets que des remords !

lundi 18 juillet 2011
Parfois le repos incite à la créativité ! ;-)

Parfois le repos incite à la créativité ! ;-)

Il y a des jours sans et des jours avec ! Quoi me direz-vous ? Cela peut être le feeling, la motivation, l’envie ou la réussite. En peinture, s’il vous manque un de ces caractères, le résultat ne sera que décevant.

Tout ça pour vous dire qu’il faut prendre le temps d’une pause. S’entêter, s’acharner sur un sujet quand le cœur n’y est pas, et peindre par obligation ne mènent nulle part. Il est parfois et même nécessairement bon de s’accorder des pauses.

Il m’est arrivé de vouloir absolument finir un tableau un jour pour diverses raisons que je garderai pour moi afin d’éviter les moqueries (chacun ses petits secrets). En fin de compte je me suis énervée dessus ; j’ai peint sans plaisir, et j’ai été plus que déçue de mon tableau. Il a fini aux oubliettes ! Plus jamais je ne ferai de nouveau cette erreur.

Alors maintenant, je prends le temps. Je marque souvent des pauses, plus ou moins longues. Cela va du temps pour prendre un thé (je vous recommande le Margaret’s Hope, un pur délice), une journée shopping (bah oui, les soldes c’est en ce moment !), une nuit de sommeil, ou …. des vacances aux caraïbes (et le poulet boucané sur l’îlet Gosier). S’arrêter pour ne pas saturer. Et puis marquer des pauses possède un autre avantage. Vous aurez ainsi un regard différent, plus frais et plus constructif sur votre œuvre.

Suivez mon conseil …

A mots doux je peux le dire, sans contrefaçon, j’ai toute ma raison !

samedi 4 juin 2011

Peux-t-on copier tout ce qu’on veut ?

Récemment une affaire a défrayé la chronique aux États-Unis. Je vois votre œil égrillard s’allumer… Je veux vous parler du copiste Mark Landis. Signes distinctifs de l’homme d’une cinquantaine d’années : il est pâle, maigre avec des oreilles en forme de feuilles de chou et il s’habille en pasteur !

Depuis près de trente ans, il gruge les musées américains en leur faisant don de tableaux qui sont des … faux !!! Ce sont de brillantes copies de chefs d’œuvre célèbres qu’il réalise. Tous les conservateurs se sont laissés prendre jusqu’à ce jour. Car tout a une fin.

C’est grâce à la perspicacité d’une conservatrice de musée que Mark Landis vient d’être démasqué. En recevant son don d’un petit tableau impressionniste de Charles Courtney Curran, cette conservatrice s’est d’abord montrée euphorique. Mais aux premières analyses du tableau, elle a commencé à déchanter. Son doute l’a poussée à soumettre l’oeuvre aux rayons X qui ont révélé des traces de produits modernes… Assurément, c’était un faux.

Règles générales

Il n’est pas interdit de copier des tableaux bien sur, mais il faut le faire sous certaines conditions qui font l’objet de règles bien établies et il ne faut surtout pas les vendre pour des œuvres originales car alors là, ce ne sont plus des copies, ce sont des faux ! Vous saisissez la nuance…

La copie existe depuis la nuit des temps. Elle est pratiquée pour apprendre la technique de nos aînés. Certaines sociétés, certains peintres sont d’ailleurs spécialisés dans la reproduction de tableaux anciens ou contemporains. Ces œuvres peuvent être vendues à condition qu’elles conservent leur dénomination de « copies » et qu’elles répondent à certains critères définis par le législateur.

Conditions pour copier dans un musée

Dans tous les musées, on voit des peintres, assis devant leur chevalet, réalisant des copies de tableaux célèbres. Ce sont des copistes professionnels, des amateurs ou des élèves. Cette activité est soumise à une réglementation stricte.

1/ – Il faut demander une autorisation de copier au Musée. Attention ! Il faut s’armer de patience pour obtenir ce droit. Vous pouvez passer par l’intermédiaire de votre professeur (cela ira plus vite) ou faire la demande vous-même en l’argumentant.

Certaines œuvres sont très demandées, donc le délai d’attente est très long.

Quand l’autorisation vous est accordée, vous avez une durée déterminée pour exécuter votre copie. En règle générale, c’est trois mois.

Vous devez vous conformer aux jours et aux horaires de travail que l’on vous indiquera.

2/ – La copie doit obligatoirement être d’une taille supérieure ou inférieure à l’original. Vous soumettez de toute façon la toile vierge au conservateur du Musée qui y appose un tampon pour accord. Ensuite la toile ne sort pas du musée jusqu’à ce que l’œuvre soit terminée. Elle repasse ensuite au contrôle et reçoit à nouveau un tampon.

3/ – La signature du Maître n’est pas copiable. On s’en serait douté !

Plus de précisions ? Vous pouvez vous renseigner auprès de :

L’Association des Copistes des Musées de France (ACMF)

16 Grande Rue 78790 Arnouville Les Mantes

http://copistes.free.fr/

La copie est un art difficile, laborieux et … risqué !

En matière de copie et de vente, on ne peut pas faire n’importe quoi…

Si l’œuvre appartient au domaine protégé, la loi interdit de reproduire et de vendre des œuvres protégées, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants-droits (les héritiers sont souvent plus féroces que les auteurs eux-mêmes !)

Si vous avez le moindre doute, adressez-vous à :

La société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques (ADAGP)

11 rue Berryer – 75008 Paris

tel 01.43.59.09.79

http://www.adagp.fr

Elle vous renseignera efficacement.

Si l’œuvre relève du domaine public, c’est à dire de peintres morts depuis plus de 70 ans, vous pouvez réaliser des copies et les vendre sous réserve d’appliquer les règles suivantes :

Différence de format par rapport à l’original

Mention « copie » au dos de l’oeuvre

Attention ! Ne pas signer la copie du nom du Maître sous peine d’être considéré comme un faussaire.

Contrefaçon

Là aussi, prudence !

Le style d’un peintre contemporain vous plaît ? Vous avez vu ses œuvres sur Internet par exemple ou sur un magazine et vous voulez vous en inspirer ? Nenni, mes amis ! « Pourquoi me direz-vous, je ne fais rien de mal ! ».

Eh bien si ! Vous faites du tort à l’artiste. Il faut des années d’apprentissage, des années de pratique au peintre pour se forger un style. C’est toute cette valeur qu’on lui vole en l’imitant et cela aussi est puni par la loi.

En règle générale, les artistes se protègent en déposant un « copyright » qui signifie « tous droits réservés »

Peindre ou dessiner d’après une photo

Une photo vous inspire ? Hop ! Vous attrapez vos pinceaux et vous vous lancez avec fébrilité dans sa réalisation picturale. Vous changez un ou deux détails, et voilà, le tour est joué. A moins d’en avoir demandé l’autorisation au photographe, vous n’avez pas le droit de le faire.

Bien souvent les peintres ignorent que là aussi, il y a des règles à respecter sous peine d’être condamné à payer des dommages et intérêts à l’auteur. La peinture d’après une photo « empruntée » comporte des obligations liées aux droits d’auteurs.

Vous devez donc faire une demande écrite au photographe avant de vous lancer dans votre peinture ou votre dessin.

Des exceptions existent cependant

Il y a quelques exceptions frappées au coin du bon sens.

Vous pouvez copier et divulguer vos œuvres à un cercle privé, amical ou familial à condition que cela soit strictement gratuit.

Vous pouvez aussi copier pour des raisons personnelles, pour mieux comprendre l’œuvre d’un peintre par exemple ou dans le cadre d’études artistiques.

Il est également autorisé de copier pour parodier ou caricaturer. Certains même s’en sont fait une spécialité comme le peintre célèbre Martial Raysse.

.