Archive pour la catégorie ‘Les articles insolites’

L’art anthropomorphique

Dimanche 8 janvier 2012

L’art anthropomorphique ouvre sur des imaginaires jubilatoires. Pensez ! Des animaux aux vêtements et aux comportements humains… Pour l’illustrateur, il y a toujours une réelle adéquation entre les animaux choisis et les personnages qu’ils incarnent.

Le terme « anthropomorphique » vient de « anthropos » homme et « morphe » (forme).

Quand j’étais petite, une tante m’a offert « Le conte de Hunky Dore ». Je n’ai pas bien saisi à l’époque la beauté du livre, mais je l’ai « avalé » au sens propre du terme. J’en ai mangé des pages et des pages, donc il devait me plaire !

Je me souviens que c’était l’histoire d’un petit loir qui se préparait à une longue hibernation mais une facétieuse musaraigne lui dérobait sa couverture ce qui était le prétexte à de multiples et savoureuses aventures joliment colorées.

L’auteur s’appelait Angus Clifford Racey Helps.

Angus Clifford Racey Helps

L’incroyable histoire de Angus Clifford Racey Helps ou comment un sympathique coiffeur est devenu l’un des plus grands illustrateurs de livres pour enfants…

Angus est né le 2 Février 1913 à Bristol et a passé son enfance dans le hameau de Somerset. Ses études se sont déroulées à la Bristol Cathedral School et au College Art.

Il fait en 1936 un mariage d’amour avec une charmante jeune femme prénommée Renée et son premier enfant naît en 1937. C’est une petite fille qui s’appelle Julie et qui comme tous les enfants du monde, réclame une histoire le soir avant de s’endormir.

Angus a beaucoup d’imagination et il se plie volontiers à l’exercice du récit. Mais voilà que la guerre arrive et qu’il est momentanément séparé de sa femme et de sa fille. La petite famille communique alors par courrier.

Julie qui n’en a rien à faire de la distance, réclame toujours à son père des histoires. C’est alors qu’Angus imagine d’agrémenter ses lettres d’illustrations. Ses cours d’histoire de l’art vont lui servir… et il se révèle un illustrateur de talent.

Il invente l’histoire d’une famille de souris qui affiche une fratrie de … 14 souriceaux, pas moins ! Fratrie nombreuse, fratrie heureuse.

Revenu de la guerre, il ouvre avec sa femme un salon de coiffure et c’est là que le miracle intervient. Alors que l’un de ses clients éditeurs est en train de régler sa coupe de cheveux, Angus fait tomber l’un de ses manuscrits qui était posé à côté de sa caisse enregistreuse. L’éditeur se baisse, ramasse le document et découvre émerveillé le monde féérique d’Angus. Il lui signe illico un contrat.

La carrière d’illustrateur d’Angus démarre ce jour là.

Hélàs, toutes les belles histoires ont une fin et le cœur débordant d’amour d’Angus a cédé en 1971. Il n’avait que 57 ans, nous privant d’histoires enchantées.

Mais en France, nous avons aussi un magicien, il s’appelle Laurent de Brunhoff et il nous enchante avec les aventures de Babar…

Laurent de Brunhoff auteur et illustrateur français né le 30 août 1925 à paris (86 ans) a fait des études de peinture à la Grande Chaumière à Paris. Comme la petite Julie, fille de Angus, Laurent de Brunhoff est à l’origine de la création du célèbre petit éléphant.

Quand il était enfant, il réclamait à sa mère (pianiste-concertiste) une histoire avant de s’endormir. Un soir elle imagina l’histoire d’un petit éléphant qui s’enfuit de la jungle pour échapper à des chasseurs. Il arrive dans une ville, découvre la vie des hommes et décide de s’habiller comme eux. Puis il revient dans sa région natale au … volant d’une voiture ( !) et il est couronné roi des éléphants.

Babar

Cette histoire plaît tellement à Laurent et à son frère Mathieu qu’ils la racontent à leur père alors artiste-peintre. Celui-ci amusé, se met à dessiner un petit éléphant. D’abord au trait noir, puis il y ajoute de la couleur.

« Dans la grande forêt, un petit éléphant est né, il s’appelle Babar » écrit-il dans les années 1930.  Il n’imaginait pas qu’en 2012 on rendrait un bel hommage à son petit personnage, au Musée des Arts Décoratifs et à la Bibliothèque Nationale de France.

Hélàs, Jean de Brunhoff meurt très tôt. Laurent, l’aîné n’a que 12 ans.

Au fond de son cœur toutefois, il sait qu’il n’est pas tout à fait orphelin, puisque son père lui a laissé un compagnon idéal :  Babar, ce personnage plein de bonhomie et de tendresse. Alors à 21 ans, persuadé qu’il doit continuer à vivre sous ses pinceaux, il décide de poursuivre les aventures du petit éléphant. Babar évolue, Babar se marie et il a des enfants.

Aujourd’hui, Laurent de Brunhoff reçoit des sacs entiers de courriers d’enfants, venant du monde entier et qui lui disent qu’ils attendent impatiemment la prochaine aventure de Babar.

Outre les albums, Babar se décline en affiches, pochettes de disque, décors,  personnages pour des films d’animation.

 Babar à l’honneur

  • « Les histoires de Babar » au Musée des Arts Décoratifs : du 8 décembre 2011 au 2 septembre 2012
  • « La fabrique de Babar » Bibliothèque Nationale de France : du 13 décembre 2011 au 29 janvier 2012

Tamara De Lempicka, une artiste peintre sulfureuse…

Jeudi 17 novembre 2011

Peintre le jour, elle revêt la nuit ses atours de femme fatale… Belle, brillante, audacieuse, elle a fait de sa vie un théâtre. Elle est l’égérie des grands couturiers qui la parent comme une reine. Les modistes les plus renommés lui confectionnent des chapeaux extravagants et les photographes se disputent le privilège de la prendre en photo dans des poses langoureuse, habillée et coiffée comme une diva mystérieuse et fascinante.

Émancipée financièrement, libérée sexuellement (bien qu’elle aimait les femmes, elle s’est mariée deux fois !) elle est la figure emblématique du Paris des années folles.

1898, un 16 mai, naît la petite Tamara Gorska, fille d’un juif russe et d’une mère polonaise. C’est une fillette impétueuse et dominatrice. Son enfance se passe dans un milieu cultivé et aisé entre St Pétersbourg et les grandes villes européennes. Elle s’intéresse très jeune à la peinture et éprouve lors d’un voyage en Italie avec sa grand-mère, une véritable fascination pour les peintres de la Renaissance italienne.

1910, sa mère commande à un peintre célèbre le portrait de sa fille. Tamara endure comme un supplice ces séances de pose. Au final elle est tellement déçue par le résultat qu’elle déclare à ses parents qu’elle peut mieux faire. Elle demande à sa sœur Adrienne de poser pour elle. Le portrait est tellement réussi qu’elle déclare : « je serai artiste peintre… ».

1914, elle s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de St Pétersbourg.

1916, elle épouse un jeune et séduisant avocat polonais, le Comte Tadeuz Lempicki. La révolution d’octobre les oblige à fuir, d’abord à Copenhague, ensuite à Paris. Son mari est anéanti d’avoir perdu sa situation. Maria décide alors de subvenir aux besoins du ménage en se lançant dans la peinture.

Elle suit une formation à l’Académie de la Grande Chaumière où elle a des professeurs illustres : André Lhotte et Maurice Denis.

Elle exécute les portraits de ses proches, d’abord ceux de sa fille Kizette puis ceux de ses amies. La galerie Colette Weill vend ses premiers tableaux.

1925 marque l’envol de sa carrière ! Elle participe à Paris à l’exposition Art Déco et tient à Milan sa première exposition personnelle à la Galeria Bottega di Poesia. Le succès est immédiat et immense.

Il faut dire qu’elle a su se forger un style éblouissant de formes et de couleurs. Elle traduit à travers son choix de couleurs vives et de compositions spectaculaires, son goût pour la liberté des mœurs. Ses personnages sont une synthèse de l’art maniériste moderne et du post cubisme. Pour la composition et le décor, elle emprunte les magistrales recettes des peintres de la Renaissance italienne.

L’esthétique est au cœur de ses œuvres avec toutes ces beautés au regard sensuel et mystérieux, à la bouche rouge et pulpeuse, aux poses provocatrices à son image.

« Une lumière à la manière d’Ingres, du cubisme à la Fernand Léger, avec du rouge à lèvres Chanel » dira un critique d’art de l’époque.

Adam et Eve Tamara de Lempicka

Adam et Eve Tamara de Lempicka

1928, elle se sépare de son mari qui a de plus en plus de mal à supporter son mode de vie et surtout son caractère narcissique, excentrique et scandaleux. Elle emménage alors dans un spacieux atelier, rue Méchain qu’elle fait décorer par sa sœur Adrienne. L’atelier est très grand, pour lui permettre de réaliser de très grandes toiles comme son fameux « Adam et Eve ». Elle raconte qu’ayant vu son modèle nue croquer une pomme, elle lui dit : « Tu es Eve, ne bouge pas, je vais te trouver un Adam ». Elle descend dans la rue et trouve un gendarme qu’elle persuade de venir poser pour elle. C’est ainsi que naît l’un de ses plus fameux tableaux !

Elle devient la portraitiste attitrée de la jet-set de l’époque : Princes en exil, Princesses, riches industriels, artistes, écrivains (André Gide) chanteurs (Suzy Solidor).

1934, elle épouse l’un de ses riches collectionneurs : le baron Raoul Kuffner

1939, fuyant la « Grande Dépression » le couple s’installe aux Etats-Unis. Là-bas elle applique le marketing qui lui a si bien réussi en France mais elle fait un « flop ». La diva perd son aura. Une page de sa vie se tourne. C’est une rupture totale avec sa vie d’avant et elle adopte même un nouveau style artistique avec des portraits de Vierge, des natures mortes, des paysages de campagne. Cette voie beaucoup plus grave et mystique l’éloignera définitivement du succès.

1980, elle meurt à Cuemavaca au Mexique où selon ses vœux, sa fille Kizette répand ses cendres du haut d’un hélicoptère au dessus du volcan Popocatepelt. Digne lieu de repos pour une femme si ardente qui brûlait de conquérir le monde.

Fabienne Verdier, la peintre du « non vouloir »

Jeudi 27 octobre 2011

Aujourd’hui amis lecteurs, je voudrais vous faire partager le billet de Roy. A lire, à savourer et évidemment un blog à découvrir :

Le blog de Roy Pallas

Je me présente je m’appelle Roy Pallas, je suis l’auteur d’un blog sur le dessin. Je donne des conseils techniques et des éléments de réflexion dans ce domaine. Pendant mes années d’études en art j’ai eu la chance d’avoir quelques cours de peintures (plus théoriques que pratiques).

J’ai choisi de parler de Fabienne Verdier pour plusieurs raisons : c’est une peintre que j’estime, dont je trouve le travail très poétique et subtile, ensuite parce que relativement peu de gens connaissent son existence, et son apprentissage est un véritable exemple de bravoure. Je voulais vous faire partager son histoire.

Pour entretenir mes connaissances, j’ai suivi avec intérêt les articles de votre rédactrice habituelle. Voyant que je pouvais apporter quelques informations pour enrichir son blog, j’ai proposé à Elisa de rédiger un article sur un artiste que je connais.

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier a passé son enfance dans la ferme de sa famille près des Pyrénées. Elle y a appris le travail dans les vignes et ce qui relève du jardinage. Elle a fait ses études aux Beaux-Arts de Toulouse deux années durant avant d’avoir son diplôme avec brio.

Elle a été déçue de son apprentissage dans l’école puisque aucune technique n’était apprise aux élèves. Le principal reproche que Fabienne fait à cet enseignement est que les professeurs poussent les étudiants à l’expression alors qu’aucun moyen de le faire ne leur est transmis.

Les ateliers de dessin de modèle vivant étaient les cours les plus intéressants pour elle mais le crayon (trop sec) ne lui convenait pas et c’est donc vers le pinceau qu’elle s’est tournée. Ce dernier est plus apte selon elle, à retranscrire le mouvement de la vie. C’est ainsi que son intérêt pour la calligraphie est née, elle s’est enrichie de plusieurs ouvrages sur le sujet parmi eux le livre de François Cheng, Vide et plein, qu’elle a particulièrement apprécié.

C’est pour combler la lacune technique de l’apprentissage des Beaux-Arts et pour approfondir sa technique au pinceau, que Fabienne décide de partir pour la Chine. Refusant en même temps une bourse qui lui a été accordée pour la poursuite d’études en art dans un autre établissement français.

La jeune artiste s’inscrit au Beaux-Arts de Sichuan où elle résidera à partir de 1983 et y restera jusque dans les années 90. La vie est rude pour l’étrangère (ne parlant pas le dialecte du pays qui plus est) qui connait beaucoup de difficultés à être acceptée notamment dans sa nouvelle classe.

Les obstacles ne l’empêchent pas d’aller de l’avant, son objectif d’apprendre le plus possible sur l’art du pinceau ne quitte pas ses pensées. Elle suit donc un atelier en plus des cours donnés aux Beaux-Arts où elle apprend notamment l’art du marouflage.

Elle a ensuite pu croiser la route d’un maitre calligraphe clandestin habitant sa région, dont elle a appris l’existence par une de ses connaissances. Maitre Huang Yuan se montra très réticent à transmettre son art du pinceau, les origines occidentales de Fabienne n’ont également pas joué en sa faveur. Mais c’est avec patience que la française traça des poèmes chinois avec son pinceau, et déposa les feuilles devant le logement de maitre Huang Yuan tous les jours pendant des semaines.

Après plusieurs mois sans réponses, ce dernier accepta qu’elle devienne son élève. Son enseignement était axé dans un premier temps sur l’oubli de tout ce qu’elle connaissait et elle devait s’engager à s’entraîner 10 ans. Les exercices étaient mécaniques et rudes, Fabienne passa plusieurs mois à apprendre la base du tracé. Comment tenir un pinceau, comment le mouvoir, comment reproduire, comment voir les nuances, et enfin comment y mettre de sa personnalité.

Fabienne VERDIER

Fabienne VERDIER

Elle est aujourd’hui une artiste reconnue pour ses créations mélangeant réflexion plastique et spiritualité. Elle travaille dans un atelier près de Toulouse où elle crée ses peintures à l’aide d’un gigantesque pinceau de plus de 60kg suspendu au plafond.

Son lieu de travail reste caché de tous afin que l’artiste puisse se consacrer à son art et se préserver des tensions liées à notre époque. « Je tiens à rester cachée pour préserver mon intégrité ». C’est ainsi qu’elle continue de se construire en tant qu’artiste et affirme donc que depuis son périple de 10 ans en Chine, « rien n’a changé ».

Avant chaque peinture elle a l’habitude de méditer pour arriver à un état « d’être sans vouloir », afin d’équilibrer la tension et la détente pour créer. C’est de cette manière qu’elle peut transmettre une énergie à ses œuvres, à poser ses traits avec une sorte de geste instantané et retenu à la fois.

Le collectionneur Hubert Looser rendit un jour visite à Fabienne dans son atelier et lui exposa les réflexions de grands maitres américains de la peinture abstraite. La peintre calligraphe s’est découvert une parenté avec ce mouvement. « La proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonnance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction ».

Son œuvre s’inscrit donc dans la lignée des réflexions des grands peintres abstraits américains tels que Kline, Tobey, Pollock ou de Kooning, selon les informations de sa galerie (galerie Jaeger Bucher à Paris).

Pour finir cet article, voici les liens de son site personnel et de sa galerie. Il existe également un film de Philippe Chancel appelé « Flux » consacré à Fabienne Verdier, on peut y voir l’artiste en pleine création. C’est assez surprenant !

http://www.fabienneverdier.com/index-FR.html#sr61

http://www.galeriejaegerbucher.com/index.php

VERDIER Fabienne, texte de Charles Juliet, Entre ciel et terre, Paris,Albin Michel, 2007

VERDIER Fabienne, L’unique trait de pinceau, Paris,Albin Michel, 2001

VERDIER Fabienne, Passagère du silence, Paris,Albin Michel, 2003

JULIET Charles et VERDIER Fabienne, Entretien avec Fabienne Verdier, Paris,Albin Michel, 2007


Propos totalement abscons … quoi que …

Lundi 29 août 2011

Dans la catégorie « peinture abstraite » on trouve de tout ! Et quand je dis de tout, c’est vraiment de tout !

Et je suis toujours amusée quand je lis les titres de ces « œuvres ». Pas évident parfois de faire le lien entre le titre et le tableau. Et que dire lorsque ces œuvres s’accompagnent d’analyses ou d’explications philosophiques ou métaphysiques.

Cela dit il y a des toiles que j’aime et d’autres pas. C’est une question de sensibilité. Mais je voudrais néanmoins rappeler que les précurseurs et grands maîtres de l’abstraction, maitrisaient les règles de la peinture académique. Ainsi, Miro, Kandinsky, Kupka, Mondrian, et bien d’autres ne construisaient pas leurs œuvres au hasard. Ils respectaient les techniques, les règles de composition, d’équilibre des masses, et d’harmonie des couleurs, souvent en intégrant les 3 fondamentales.

Seule la forme et donc le réalisme étaient oubliés. De nos jours, dans la peinture contemporaine abstraite, rien des techniques et règles académiques n’est retenu et exploité. C’est même le contraire, tout est rejeté ! Cela n’engage que moi, mais je considère que quelque soit la forme et le style artistique qui définit notre peinture, il est toujours bon de posséder dans ses bagages, un minimum de cette instruction héritée de nos maîtres depuis plusieurs siècles.

Il ne me viendrait pas à l’idée de composer une chansonnette à la guitare par exemple sans savoir accorder mon instrument ou sans connaître un seul accord.

Mais peut être ai-je tort !

Je pense que le vrai talent, c’est de savoir se libérer de ses acquis, sans les oublier.

Qu’en pensez-vous ?

Pour une fois …. mieux vaut des regrets que des remords !

Lundi 18 juillet 2011
Parfois le repos incite à la créativité ! ;-)

Parfois le repos incite à la créativité ! ;-)

Il y a des jours sans et des jours avec ! Quoi me direz-vous ? Cela peut être le feeling, la motivation, l’envie ou la réussite. En peinture, s’il vous manque un de ces caractères, le résultat ne sera que décevant.

Tout ça pour vous dire qu’il faut prendre le temps d’une pause. S’entêter, s’acharner sur un sujet quand le cœur n’y est pas, et peindre par obligation ne mènent nulle part. Il est parfois et même nécessairement bon de s’accorder des pauses.

Il m’est arrivé de vouloir absolument finir un tableau un jour pour diverses raisons que je garderai pour moi afin d’éviter les moqueries (chacun ses petits secrets). En fin de compte je me suis énervée dessus ; j’ai peint sans plaisir, et j’ai été plus que déçue de mon tableau. Il a fini aux oubliettes ! Plus jamais je ne ferai de nouveau cette erreur.

Alors maintenant, je prends le temps. Je marque souvent des pauses, plus ou moins longues. Cela va du temps pour prendre un thé (je vous recommande le Margaret’s Hope, un pur délice), une journée shopping (bah oui, les soldes c’est en ce moment !), une nuit de sommeil, ou …. des vacances aux caraïbes (et le poulet boucané sur l’îlet Gosier). S’arrêter pour ne pas saturer. Et puis marquer des pauses possède un autre avantage. Vous aurez ainsi un regard différent, plus frais et plus constructif sur votre œuvre.

Suivez mon conseil …

Message important pour ceux qui souhaitent exposer …

Vendredi 27 mai 2011

Ce matin j’ai retrouvé ma pauvre amie Chloé toute contrariée. Contactée par une galerie, (qui avait soit disant remarqué son travail) elle était toute fière à l’idée d’exposer ses œuvres dans un lieu « prestigieux ».

Mais pour exposer, cette galerie lui demandait un droit d’accrochage plus une participation financière pour l’édition des catalogues, des affiches et des cartons d’invitation. Belle arnaque ! Elle a eu heureusement la présence d’esprit de refuser lors de son premier rendez vous. Des galeries comme celle-ci fourmillent. De même que les salons d’art qui vous réclament des sommes astronomiques pour exposer. Ils ne font généralement pas de communications, et l’organisation est souvent catastrophique. Leur ambition est juste de récolter un maximum de peintre pour rentabiliser. Les peintres rentrent pratiquement toujours bredouille de ces lieux.

Alors de grâce méfiez vous et ne donnez plus d’argent à ces malfaisants. Une vrai galerie prendra uniquement sa commission sur les ventes mais ne vous infligera pas de frais.

Nous autres peintres sommes souvent en quête de reconnaissances et appréciations. Ces marchands de cimaises le savent et en profitent.

Le top pour exposer ses toiles et se faire connaître, est d’organiser une expo dans son atelier, dans une mairie, un centre culturel, ouvert à tous…et pourquoi pas dans son jardin, par un beau weekend d’été.

Elle glisse et… déchire une toile de Picasso !

Mercredi 27 janvier 2010

Vendredi 22 janvier. La scène se déroule dans l’un des plus grands musées de New York :
le « Métropolitan Museum ». Un conférencier entouré d’un groupe attentif palabre devant des Picasso.
L’objet de son exposé est une toile de grande dimension représentant un acrobate de profil.
Cette toile de la période rose du maître s’appelle : « L’acteur », mais en fait c’est un acrobate qui
affiche la gestuelle emphatique d’un acteur déclamant son texte.

Parmi les visiteurs, il y a une jeune étudiante en Art Moderne.
Devant un public médusé, la voilà qui glisse et tente de se rattraper au tableau.
Du moins c’est ce qu’elle affirme.
On peut se demander les raisons de son … déséquilibre.
A-t-elle voulu se jeter dans les bras de « l’Acteur » ?
S’essayait-elle à quelques contorsions ?
Ou est-elle tout simplement tombée… d’admiration ?

La chute a provoqué une belle déchirure sur environ 15 cm.
La tableau (196 cm x 115cm) est estimé à 71 millions d’euros.
Après l’accident, il a aussitôt été emmené pour subir une intervention chirurgicale délicate.
Il y a fort à parier que lorsqu’il sera exposé en Avril pour une exposition consacrée à Picasso,
on viendra du monde entier pour admirer cet « Acteur » qui a une présence extraordinaire.

Il fait quoi ton père?

Jeudi 21 janvier 2010

Peintre…. C’est ce qu’ont du répondre le comédien Pierre Arditi, l’académicien Jean Marie Rouart, le député maire d’Evry Manuel Valls, le cinéaste Jean Renoir, l’antthropologue Claude Lévi-Strauss… etc…
Sculpteur... a pu répondre Jean-Paul Belmondo qui se souvient avoir « reluqué » dans l’atelier de son père, les modèles qui posaient nues !
Au très joli Musée de l’Orangerie, ce sont ces enfants d’artistes qui volent la vedette à leurs célèbres parents. Cette exposition présente leurs portraits d’enfants admirablement mis en scène au milieu de jouets en bois et de costumes d’époque.
On leur donne la parole dans une vidéo réalisé par Numa Vilato.
Il y a des passages très drôles, d’autres émouvants.
Tous ces enfants modèles parlent de leur état d’esprit quand ils posaient et de leur enfance croquée par leur artiste de père souvent sévère !
Courrez voir cette exposition : elle dure jusqu’au 8 Mars 2010 à travers elle, vous découvrirez les sagas familiales.

Dans la famille Freud, je demande le peintre Lucian…

Mercredi 23 décembre 2009

Freud, le père de la psychanalyse a engendré une descendance aussi célèbre que lui.
Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler de son petit fils Lucian Freud (87 ans).
Le 13 mai 2008, l’un de ses tableaux a pulvérisé les records de vente chez Christie’s.
L’énorme nue « Benefits supervisor sleeping » s’est vendu 34 millions d’euros.
Jusqu’à aujourd’hui, Lucian Freud est l’artiste vivant le plus cher du monde.

L’énorme dame portraiturée s’appelle dans la vraie vie Sue Tilley (surnommée Big Sue).
Elle vient de faire savoir que ce record lui a valu de nombreuses propositions…
Dont celle d’un tabloïd qui lui a proposé de la photographier nue dans la même pose.

Lucian Freud a tourné le dos à la beauté voilà bien longtemps pour montrer la chair dans ce qu’elle a de moins séduisant… C’est très percutant ! La Queen Elizabeth portraiturée par le grand homme en 2001 ne s’est jamais remise du choc !
Elle lui a fait savoir qu’elle n’avait pas aimé du tout. Mais alors pas du tout.

Récemment, il s’est peint, totalement nu (à 87 ans, il faut le faire) en vieillard échevelé, livide, avec aux pieds ses éternels infâmes godasses couvertes de peinture.

Ses tableaux sont réalisés dans une palette restreinte de couleurs froides, verdâtres, avec des nuances sourdes.
Lucian Freud est un portraitiste accompli dont la volonté est de capter l’âme de son modèle de manière encore plus objective qu’une photo. Au fond, il est comme son illustre grand-père : il n’arrête pas de s’interroger sur la nature de l’homme.

Une dizaine de portraits de Lucian Freud sont visibles au Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid (collection permanente)

*Dans la série « les peintres scandaleux »… je vous présente Vanessa Bell.*

Mardi 8 décembre 2009

Vous aimez les « sagas » ? En voici une digne des meilleurs magazines « people ».
Vous avez déjà entendu parlé du grand écrivain Virginia Woolf.
Mais connaissez-vous sa soeur peintre : la sulfureuse Vanessa Bell (1879-1961) ?
Elle faisait partie du mouvement artistique anglais : le Blomsbury Group.
Il a révolutionné le conservatisme anglais en s’inspirant de Cézanne, Matisse, Picasso.

Et maintenant, je vais vous raconter la vie de Vanessa Bell. Suivez-bien !
- Elle épouse en 1907 l’historien d’art Clive Bell. Ils auront deux fils.
- Elle se sépare de lui (en lui laissant les enfants !) peu avant la 1ère guerre mondiale.
- Elle part vivre alors avec 2 homosexuels, l’un Duncan Grant (1885-1978) est peintre. L’autre : David Garnett (1892-1981) est écrivain.
- Elle a une fille avec le peintre Duncan Grant : Angelica (1918)
- Et devinez qui Angelica épousera ? je vous le donne en mille ! David Garnett.

Aujourd’hui, l’admirable musée « La Piscine » à Roubaix dont je vous ai déjà parlé, rend hommage au courant artistique Blomsbury, ce groupe d’artistes amis-amants.

J’ai oublié de vous dire que cette exposition a été inaugurée par Angelica (91 ans)

« La Piscine » Musée d’Art et d’Industrie
23 rue de l’Espérance à Roubaix (Tel : 03.20.69.23.60)
jusqu’au 28 Février 2010

et au sujet de Virginia, je ne peux que vous recommander l’admirable film « The Hours » adaptation du célèbre Miss Dalloway …