Archive pour la catégorie ‘Les articles insolites’

Comment crée-t-on une peinture à l’huile ?

lundi 2 février 2015

Il y a quelques années, L’équipe Label Art dont je fais partie, a eu le bonheur de visiter l’usine de fabrication des couleurs à l’huile Lefranc & Bourgeois. J’ai rencontré les équipes et les chimistes, j’ai assisté au processus de fabrication des gammes de peinture à l’huile, j’ai pu apprendre et comprendre : les machines tri-cylindres, les charges, les pigments, les liants.
Découvrir le monde de la fabrication de peinture, c’est, tout comme Alice, ouvrir les portes d’un vaste univers. On n’entre pas sans passer par des corridors chargés d’histoire. Dès l’entrée dans l’usine, on traverse un grand vestibule où des tableaux encadrés expliquent l’histoire de Lefranc & Bourgeois.
Je me rappelle notamment d’une lettre de Matisse, heureux d’avoir trouvé sa palette dans les couleurs de la gouache Linel (il faudra aussi que je vous écrive un billet sur cette belle et noble marque et la magie des résultats de la gouache beaux-arts, cette peinture méconnue des artistes aujourd’hui).
Je me souviens aussi d’avoir contemplé la palette d’un grand maître de peinture et puis les émouvants témoignages de ces grands peintres reconnaissants pour avoir découvert les peintures à l’huile Lefranc & Bourgeois.
Lefranc & Bourgeois raconte une histoire que je vais vous conter avant de vous faire entrer dans les secrets de composition de sa peinture.

 

 

L’histoire de Lefranc & Bourgeois

Nous sommes en 1720. La famille Lefranc tient un commerce rive gauche à Paris. Un magasin dédié aux pigments et aux épices. La famille se propose de broyer les couleurs pour Chardin et ses amis peintres. Prémices de l’industrie des beaux-arts ? Sans aucun doute !
Élaborer de la peinture nécessite de solides connaissances, vous devez le savoir si vous avez déjà établi des préparations ! Les blancs peuvent jaunir, la peinture devenir siccative, ou au contraire ne jamais sécher. C’est Alexandre Lefranc qui mettra au point des formules respectées encore aujourd’hui et assises sur des règles chimiques utilisées dans les fabrications des peintures beaux-arts de la gamme.

De la vessie de porc aux tubes de peinture à l’huile Lefranc

Et oui ! La peinture à l’huile était conservée dans des vessies de porc, puis dans des tubes en étain et devinez quelle maison eut l’idée géniale de créer un tube à fermeture étanche ? Lefranc bien sûr !

Pourquoi Lefranc & Bourgeois ?

C’est Joseph Bourgeois qui met en place des usines de fabrication de couleurs beaux-arts. Il propose aux écoles d’Art des couleurs primaires : Cyan, Magenta, Jaune primaire. Disons le clairement, il affronte directement son concurrent Lefranc qui lui aussi décide d’ouvrir des usines et de trouver des partenaires pour l’accompagner dans son développement (un certain peintre Vibert par exemple).
Il faudra attendre 1965 pour que ces deux sociétés fusionnent en créant un an après la fusion, l’usine que j’ai visitée, basée au Mans, elle réunit la marque qui devient Lefranc & Bourgeois.

Comment fabrique-t-on la peinture à l’huile ?

Choisir le liant

Huile de lin ? Huile d’œillette ? Huile de carthame ? Les liants proposés répondent à des caractéristiques chimiques bien particulières. Le lin a tendance à posséder un fort pouvoir siccatif (en gros siccatif signifie « qui sèche vite »). Et les peintres savent comme c’est important. Vite mais pas trop non plus sinon l’effet jaunissement existe et là, on ne peut plus récupérer ses couleurs à l’huile.

Choisir le pigment

Les pigments vont procurer à la peinture sa teinte. Ils peuvent être purs c’est à dire qu’une peinture sera monopigmentaire si dans sa composition on utilise un seul pigment. Par exemple soit on trouve un vert dans la nature (ou chimiquement) et dans ce cas on va l’incorporer à un liant, soit on le fabrique avec un bleu et un jaune, dans ce cas le résultat n’est pas monopigmentaire. Évidemment les couleurs à l’huile monopigmentaires confèrent lors de leur utilisation un résultat hautement qualitatif. Vous pouvez trouver cette précieuse indication en vous procurant les nuanciers (ou en regardant directement sur le tube).

Les pigments de charge

Pour faire simple ce sont des charges « neutres » que vous incorporez dans la peinture pour … produire plus de peinture. Donc on peut comprendre aisément que ces charges dites inertes utilisées de façon trop importante font perdre de la couleur et de la force à la peinture. Cela explique aussi que ce que vous pensez « ne pas payer cher » est en fait hors de prix compte tenu de la charge inerte importante incorporée par le fabricant :-)
Dans une peinture extra-fine, la charge inerte est bien faible …
On paye souvent trop cher une peinture à l’huile bon marché, selon mon humble avis …

Comment fabrique-t-on de la peinture à l’huile ?

La dispersion permet de liquéfier pigments et charges. Un disperseur de production permet de travailler sur des volumes allant de 60 à 400 litres. Le pigment sera évidemment broyé. Imaginez qu’on broie le pigment jusqu’à dix millièmes de millimètres. Plus la peinture est finement broyée, plus sa pureté est forte.
C’est après ce processus qu’on va travailler la pâte en la passant : pour l’huile extra-fine Lefranc par exemple, dans une broyeuse tri-cylindres. Plusieurs passages sont possibles selon la qualité désirée.
J’ai vu ces machines à l’œuvre je vous garantis que le spectacle est simplement fascinant.

En conclusion

Le degré de qualité d’une couleur à l’huile dépend essentiellement de trois critères :
•    De la qualité de son pigment
•    De la quantité de charge inerte utilisée dans la fabrication
•    Du broyage de la pâte
Il n’est pas rare d’entendre certains peintres se plaindre d’une peinture trop diluée ou remplie d’huile et donc inexploitable. La clé de voute essentielle est aussi le respect des formules de fabrication et leur application stricto sensu. On ne s’improvise pas fabricant, on le devient au fil des expériences, des rencontres avec les peintres, des recherches et développement avec chimistes et spécialistes de l’Art. Le savoir-faire reste le pilier garant de la réussite d’une bonne gamme de peinture à l’huile. C’est pourquoi  Lefranc & Bourgeois propose depuis plus de deux siècles aux artistes des gammes de couleurs idéales et remarquables.

Pour aller plus loin
Site officiel Lefranc & Bourgeois
La peinture à l’huile

Picasso, le peintre qui fait couler tant d’encres

lundi 7 avril 2014

Picasso. Et voila je vous l’avais dit ! Je vous parlerai de ce peintre, car s’il y en a un qui déclenche toujours des polémiques c’est bien lui ! On aime, on n’aime pas, on comprend ou pas, on crie à la fumisterie, on applaudit le génie, etc. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne laisse pas indifférent. Essayons tout d’abord de comprendre son œuvre, et plus précisément ses peintures cubistes. Picasso a connu plusieurs étapes de création. Il y a eu avant ses œuvres abstraites, des peintures figuratives, académiques, très expressives de ses états d’âmes, marquées par des dominantes de couleurs (période bleue puis rose). Puis sous l’influence graphique de l’art africain, et porté par l’élan de créativité né de ses rencontres avec d’autres peintres, il crée les demoiselles d’Avignon. La clé de son succès est le souci de créativité.

Picasso innove dans ce sens. La forme, à l’image des masques africains se déchire et se casse pour se reconstruire différemment. Le cubisme est né. Puis, effet boule de neige, c’est la voie vers l’abstraction, autrement dit, l’abandon pur et simple de toutes formes, rigoureuses et réaliste.

La peinture de Picasso marque donc se tournant dans l’histoire de l’art, la route vers l’art abstrait. Il fallait y penser. De nos jours nous sommes habitués à voir l’art, la peinture sous de multiples aspects, des plus « tordus », « farfelus » au plus simple. L’originalité n’a plus le même sens, la créativité non plus. Elles s’expriment timidement sans renouveaux transcendantaux.

Imaginez seulement quelle put être la stupéfaction, l’étonnement, de découvrir la peinture cubiste de Picasso en 1909. Cette démonstration d’inventivité tient du génie.

Pour comparer avec humour, c’est comme si Pink Floyd avait sorti son premier album en 1900.

Une telle créativité engendre le succès, la popularité, et ce qui est intimement lié à l’art, la spéculation. Il aura su garder toute sa vie sa popularité par un renouveau constant et  gonfler sa côte d’année en année.

On peut ne pas apprécier, mais en aucun cas ne pas saluer son œuvre et créativité.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

 

 

Quand on expose, on s’expose. Il faut s’y préparer !

lundi 17 septembre 2012

Christelle, ma pauvre Christelle ! Il n’y pas une semaine sans qu’elle soit contrariée. C’est qu’elle est sensible, fragile et émotive. En somme, que des qualités pour faire une excellente peintre. Et c’est vrai qu’elle peint bien. C’est mon avis mais pas celui de tout le monde. Normal ! Il n’existe pas un seul peintre au monde à faire l’unanimité. Christelle a écouté une personne critiquer son travail avec une certaine virulence. C’est pas cool !

Quand on fait du sport, de la compétition, faut savoir accepter la défaite. Et bien quand on peint, faut savoir accepter la critique. Ou plutôt supporter et relativiser la critique. Dans la critique il y a de tout : Beaucoup de goûts personnels, de la gentillesse, de la politesse, de l’indifférence, de la sensibilité, de l’humeur, de la connaissance, et parfois de la mesquinerie, de la jalousie et de la méchanceté.

Et bien dans tout ça comment discerner une bonne et mauvaise critique. Tout simplement en écoutant sans prendre pour argent comptant les appréciations et trier seulement ce qui est pertinent et intéressant. Se dire que chacun a le droit d’émettre un avis et que chaque avis n’engage que soi. Ça c’est relativiser.

Il y a du bon comme du mauvais dans tout.

Ne vous laissez jamais démolir par la critique. Si vous avez à faire à un grognon, laissez le parler et répondez d’un joli sourire « merci, c’était très intéressant ». Attention à l’inverse ! Trop de compliments peuvent faire gonfler les chevilles.

Quand on expose, on s’expose. Il faut s’y préparer.

Carl Larsson, l’art du bonheur

lundi 2 juillet 2012

Carl Larsson né en 1853 à Stockholm et mort le 22 janvier 1919 était un homme HEU-REUX qui a voulu répandre la joie grâce à sa peinture !

« Je veux faire profiter non pas un seul être, mais TOUS ! » disait-il. Pourtant il vécut tout d’abord une enfance difficile dans les quartiers sordides de Stockholm auprès de parents dénués d’argent et … d’amour :

« Je maudis le jour où tu es né » disait son ivrogne de père… 

 Le contre-pied à une enfance malheureuse et très rude

Comme le petit Carl dessinait très bien en classe, il se fit vite remarquer par un professeur qui le poussa à l’âge de 13 ans à postuler son entrée  à l’académie royale des Beaux-Arts de Stockholm où il fut admis.

Tout en étudiant, il commença à gagner sa vie en  devenant successivement  caricaturiste, graphiste, illustrateur de livres, de magazines, de journaux pour lesquels il retouchait des photos.

En 1877 il partit à Paris pour parfaire sa formation. Puis il s’installa quelque temps  à Barbizon pour mieux comprendre l’impressionnisme et l’art de la lumière.

En 1882, il rejoint une communauté d’artistes scandinaves à Grez-sur Loing, en Seine et Marne près de Fontainebleau. Et là… surprise, surprise, au milieu de ses compatriotes artistes peintres,  se trouvait une très jolie jeune fille, une certaine Karin peintre suédoise issue d’une famille aisée (son père est un riche marchand).  Le coup de foudre fut réciproque et le mariage eut lieu un an plus tard en 1883.

« Aime ! Aime ! C’est la solution de l’énigme de la vie » proclamait-il.

Ils retournèrent en Suède en 1885 où la renommée de Carl lui valut plusieurs commandes importantes, y compris de peintures murales. Ils menèrent une vie paisible et sereine grâce au talent reconnu de Carl et Karin cessa bientôt de peindre pour se consacrer à leur nombreuse progéniture. Plus tard, quand elle fut moins accaparée par ses 8 enfants, elle se consacra à l’architecte d’intérieur, et à l’art textile au point d’acquérir une grande notoriété dans le design.

 

Chronique d’une vie paradisiaque à la campagne

En 1888, le père de Karin leur offrit la maison de sa sœur décédée  située en pleine campagne à Sundborn, près de Falun dans la région de Dalécarlie. Le couple entreprit de la décorer et de la meubler d’une manière tout à fait originale. Les pièces étaient lambrissées de vert amande et le tour des fenêtres et des portes rehaussées d’un orange pétant, du même ton qui habillait aussi la façade de la maison.

Au dessus de la porte menant à la cuisine, Carl avait écrit en français :

« Bien faire et laisser dire » toute une philosophie !

 Nageant dans le bonheur, Carl décida de relater au jour le jour sous forme d’aquarelles, la chronique de sa vie familiale, ses diverses activités quotidiennes, les repas, la pêche aux écrevisses, la ferme voisine, les travaux agricoles. Il peignit une suite de  scènes de vie quasiment paradisiaques.

Les saisons passaient, les enfants grandissaient, et tout cela vivait d’une manière charmante et surannée sous les pinceaux de Carl.

« Les fleurs et les enfants, je ne sais rien peindre d’autre. » affirmait-il.

Les Noël étaient particulièrement féeriques dans la solitude blanche de Sundborn et inspirèrent beaucoup le peintre.

Ses illustrations furent publiées dans une série d’albums intitulés « Notre maison » « Les miens » « Du côté du soleil »  et remportèrent un vif succès. A tel point, qu’ils ont été réédités et qu’aujourd’hui encore, nous pouvons facilement nous les procurer.

 

Il savait parlait à l’intime

Ce qui ressort de son œuvre c’est une perpétuelle recherche de ce qu’il voyait, ressentait et qui le touchait. Il faisait parler son cœur et ses pinceaux.

« Je crois que l’idéal de l’art est d’apprendre aux autres à voir la beauté là où on se trouve, sous toutes ses formes, d’apprendre à l’aimer, à la trouver même dans les plus petites choses. »

Les scènes d’intérieur, de lumière douce, d’atmosphère paisible empreintes d’intimité caractérisent son œuvre ainsi que l’harmonie entre l’homme et la nature.

Mais il ne se contentait pas de peindre des aquarelles il effectua également de nombreuses œuvres monumentales dont il tirait une grande fierté ! Ces fresques ornèrent des écoles, des musées et des bâtiments publics.

 

Mieux le connaître

Si vous allez en Suède, visitez sa maison à Sundborn. Sans doute la maison d’artiste la plus célèbre au  monde ! On a l’impression de se promener dans ses tableaux. Elle est actuellement en la possession de ses descendants qui l’ouvrent tous les ans aux touristes du mois de Mai à Octobre.

Plus accessible… en France : nous avons « La maison de Carl Larsson » à 77880 – Grez-sur-Loing (près de Fontainebleau), avec un grand atelier, deux chambres et une cuisine.

Un petit livre à déguster : « Sundborn ou les jours de lumière » de Philippe Delerm aux éditions Folio.

Également affiches, posters, en vente sur Internet ainsi que la réédition de ses albums.

La BD, de la main vers le clavier … il n’y a qu’un pas !

mardi 5 juin 2012

Êtes-vous lecteur de bande dessinée ? C’est incroyable de voir toutes ces BD actuelles d’une si grande qualité graphique. On peut ne pas apprécier le trait, le coup de crayon des artistes, la « patte » du dessinateur, mais côté mise en couleur, c’est parfois prodigieux.

Pour la plupart, on peut même dire quasiment toutes, c’est grâce à ces petites merveilles de technologie informatique : les logiciels de traitement d’image.

Le plus connu, et je pense le plus utilisé est « Photoshop ».

Je suis carrément bluffée par le rendu de ce logiciel. Il peut reproduire avec une extrême ressemblance, tous types de peinture.

Sur youtube, on peut visionner des démonstrations et réalisation d’œuvres avec ce logiciel. Un ami m’a aussi fait une démonstration. Je trouve cela magique !

Magique, car à partir d’un simple croquis scanné, avec une grande maîtrise du logiciel, muni d’une palette graphique, étape par étape on réalise un coloriage très  pointu, imitant la touche d’une brosse, ou hyperréaliste. Les dégradés, les fondus, les effets de lumières, de brillances,  les transparences, tout est possible. Il reste qu’il faut avoir de solide base en dessin pour bien représenter le modelé. J’affirme donc que certains graphistes informatiques sont de véritables artistes.

Car évidement beaucoup de personnes pensent qu’il n’y a rien d’artistique dans l’utilisation de ces logiciels. Mais bien que ceux-ci permettent un rendu ultra rapide d’une grande précision et beauté, faut il encore savoir s’en servir et surtout, avoir de vrais connaissances techniques et théoriques en peinture, et pour finir, une grande expérience, pour y arriver.

Tout le monde n’est pas de cet avis ! N’est ce pas ???

J’ai découvert, par contre, un site web qui m’a sidéré ! Je ne le citerai pas pour ne pas faire de promo ! Je suis vilaine ! Héhéhé !

Le principe : On télécharge une photo de notre album, par exemple notre beau jardin sous le soleil d’été, sur ce site ; puis à l’aide d’outils programmés, on transforme notre photo en tableau peint façon Monet, van Gogh, ou en dessin au fusain, à l’aquarelle, etc. Le pire, c’est que c’est super efficace et vraiment facile à utiliser ! Là, il y a rien d’artistique dans la démarche. Mais ou va le monde ??!!! Que sont devenues nos vraies valeurs ? Je plaisante mais je pense qu’il y a plus d’un petit malin qui font passer ce type de réalisation pour de vrais tableaux fait maison.

Allons-y gaiement, dénonçons-les, qu’ils finissent sous les verrous pour atteinte à l’intégrité morale et artistique !!

Les artistes nés sous le signe des poissons

mardi 21 février 2012

 

Piet Mondrian – Auguste Renoir – Jean Michel Folon – Honoré Daumier – Pierre Dunoyer de Segonzac – Gilbert Dupuis – Jacques Majorelle – Giambattista Tiepolo – Tex Avery – Constantin Brancusi – Rosa Bonheur – Michel Ange… etc ;;;

Le signe des Poissons est symbolisé par … 2 poissons…

A noter qu’ils ne nagent pas dans le même sens ! Et c’est là toute l’ambivalence de nos amis Poissons, tiraillés à droite, tiraillés à gauche.

Pour les comprendre, je vous invite à plonger avec moi dans leur univers ultra-fluide. Cela va être difficile de les attraper car ils vous glissent entre les doigts avec une habileté étonnante.

Essayons d’abord de comprendre pourquoi ces 2 poissons vont dans des directions opposées. Eh bien tout simplement, parce que cela révèle leur indécision chronique ! Les pauvres sont écartelés entre le cœur et la raison. Mais rassurez-vous : un fil les relie tous les deux et selon l’ambiance dans laquelle ils baignent, ils savent choisir.

Un conseil : ne les retenez pas s’ils n’ont pas envie de rester. Ils n’ont pas de frontières, leur monde (l’océan) est infini.

Ils échappent à toute limite et à toutes contraintes, comme Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822 qui ne se laissa jamais enfermer dans les règles strictes de son époque. C’était un garçon manqué qui avait appris à peindre toute seule. Plus tard, elle exigea une autorisation officielle (que lui accordera la Préfecture de Police) pour s’habiller en homme !

Les poissons sont quelquefois un tantinet dolents pour mieux rêver. A l’abri d’un rocher, ils se laissent bercer par leurs rêves qui sont aussi vastes que l’océan bien sûr. C’était le cas de Jean Michel Folon, un doux rêveur, né le 1er mars 1934. Illustrateur de talent plein de poésie et d’humanité qui avait dessiné « l ‘homme volant » pour le générique d’Antenne 2 resté à l’écran de 1975 à 1984.

La chair des Poissons est tendre, comme leur cœur plein de compassion pour l’humanité. Nul ne peut mieux que les Poissons ressentir les liens mystérieux qui existent dans le monde entre les êtres et les choses. Ils sont souvent attirés par la spiritualité comme Piet Mondrian, né le 7 Mars 1872 adepte de la théosophie. Mondrian s’était engagé en 1910 dans des compositions monumentales fondées sur l’ésotérisme. Le triptyque « Evolution » en est la preuve.

Les Poissons sont inventifs comme l’était Tex Avery né le 26 Février 1908. Il n’a pas cherché à créer des personnages durables, il inventait sans cesse, c’était ce qui lui plaisait. Il cherchait toujours à créer des situations toutes plus loufoques les unes que les autres.

On peut aussi classer comme particulièrement créatif Jacques Majorelle né le 7 mars 1886. Il n’a cessé toute sa vie de multiplier les expériences sur la couleur, en particulier le bleu qui porte désormais son nom « bleu Majorelle », un bleu outremer à la fois intense et clair qui donne une impression de fraîcheur et de quiétude.

Vous l’aurez compris : la couleur des Poissons est le bleu, symbole de l’intuition si développée chez eux. Toutes les nuances de bleu : bleu violet, bleu marine, bleu océan.

Bon anniversaire à tous les Poissons qui passeront sur ce blog !

 

L’art anthropomorphique

dimanche 8 janvier 2012

L’art anthropomorphique ouvre sur des imaginaires jubilatoires. Pensez ! Des animaux aux vêtements et aux comportements humains… Pour l’illustrateur, il y a toujours une réelle adéquation entre les animaux choisis et les personnages qu’ils incarnent.

Le terme « anthropomorphique » vient de « anthropos » homme et « morphe » (forme).

Quand j’étais petite, une tante m’a offert « Le conte de Hunky Dore ». Je n’ai pas bien saisi à l’époque la beauté du livre, mais je l’ai « avalé » au sens propre du terme. J’en ai mangé des pages et des pages, donc il devait me plaire !

Je me souviens que c’était l’histoire d’un petit loir qui se préparait à une longue hibernation mais une facétieuse musaraigne lui dérobait sa couverture ce qui était le prétexte à de multiples et savoureuses aventures joliment colorées.

L’auteur s’appelait Angus Clifford Racey Helps.

Angus Clifford Racey Helps

L’incroyable histoire de Angus Clifford Racey Helps ou comment un sympathique coiffeur est devenu l’un des plus grands illustrateurs de livres pour enfants…

Angus est né le 2 Février 1913 à Bristol et a passé son enfance dans le hameau de Somerset. Ses études se sont déroulées à la Bristol Cathedral School et au College Art.

Il fait en 1936 un mariage d’amour avec une charmante jeune femme prénommée Renée et son premier enfant naît en 1937. C’est une petite fille qui s’appelle Julie et qui comme tous les enfants du monde, réclame une histoire le soir avant de s’endormir.

Angus a beaucoup d’imagination et il se plie volontiers à l’exercice du récit. Mais voilà que la guerre arrive et qu’il est momentanément séparé de sa femme et de sa fille. La petite famille communique alors par courrier.

Julie qui n’en a rien à faire de la distance, réclame toujours à son père des histoires. C’est alors qu’Angus imagine d’agrémenter ses lettres d’illustrations. Ses cours d’histoire de l’art vont lui servir… et il se révèle un illustrateur de talent.

Il invente l’histoire d’une famille de souris qui affiche une fratrie de … 14 souriceaux, pas moins ! Fratrie nombreuse, fratrie heureuse.

Revenu de la guerre, il ouvre avec sa femme un salon de coiffure et c’est là que le miracle intervient. Alors que l’un de ses clients éditeurs est en train de régler sa coupe de cheveux, Angus fait tomber l’un de ses manuscrits qui était posé à côté de sa caisse enregistreuse. L’éditeur se baisse, ramasse le document et découvre émerveillé le monde féérique d’Angus. Il lui signe illico un contrat.

La carrière d’illustrateur d’Angus démarre ce jour là.

Hélàs, toutes les belles histoires ont une fin et le cœur débordant d’amour d’Angus a cédé en 1971. Il n’avait que 57 ans, nous privant d’histoires enchantées.

Mais en France, nous avons aussi un magicien, il s’appelle Laurent de Brunhoff et il nous enchante avec les aventures de Babar…

Laurent de Brunhoff auteur et illustrateur français né le 30 août 1925 à paris (86 ans) a fait des études de peinture à la Grande Chaumière à Paris. Comme la petite Julie, fille de Angus, Laurent de Brunhoff est à l’origine de la création du célèbre petit éléphant.

Quand il était enfant, il réclamait à sa mère (pianiste-concertiste) une histoire avant de s’endormir. Un soir elle imagina l’histoire d’un petit éléphant qui s’enfuit de la jungle pour échapper à des chasseurs. Il arrive dans une ville, découvre la vie des hommes et décide de s’habiller comme eux. Puis il revient dans sa région natale au … volant d’une voiture ( !) et il est couronné roi des éléphants.

Babar

Cette histoire plaît tellement à Laurent et à son frère Mathieu qu’ils la racontent à leur père alors artiste-peintre. Celui-ci amusé, se met à dessiner un petit éléphant. D’abord au trait noir, puis il y ajoute de la couleur.

« Dans la grande forêt, un petit éléphant est né, il s’appelle Babar » écrit-il dans les années 1930.  Il n’imaginait pas qu’en 2012 on rendrait un bel hommage à son petit personnage, au Musée des Arts Décoratifs et à la Bibliothèque Nationale de France.

Hélàs, Jean de Brunhoff meurt très tôt. Laurent, l’aîné n’a que 12 ans.

Au fond de son cœur toutefois, il sait qu’il n’est pas tout à fait orphelin, puisque son père lui a laissé un compagnon idéal :  Babar, ce personnage plein de bonhomie et de tendresse. Alors à 21 ans, persuadé qu’il doit continuer à vivre sous ses pinceaux, il décide de poursuivre les aventures du petit éléphant. Babar évolue, Babar se marie et il a des enfants.

Aujourd’hui, Laurent de Brunhoff reçoit des sacs entiers de courriers d’enfants, venant du monde entier et qui lui disent qu’ils attendent impatiemment la prochaine aventure de Babar.

Outre les albums, Babar se décline en affiches, pochettes de disque, décors,  personnages pour des films d’animation.

 Babar à l’honneur

  • « Les histoires de Babar » au Musée des Arts Décoratifs : du 8 décembre 2011 au 2 septembre 2012
  • « La fabrique de Babar » Bibliothèque Nationale de France : du 13 décembre 2011 au 29 janvier 2012

Tamara De Lempicka, une artiste peintre sulfureuse…

jeudi 17 novembre 2011

Peintre le jour, elle revêt la nuit ses atours de femme fatale… Belle, brillante, audacieuse, elle a fait de sa vie un théâtre. Elle est l’égérie des grands couturiers qui la parent comme une reine. Les modistes les plus renommés lui confectionnent des chapeaux extravagants et les photographes se disputent le privilège de la prendre en photo dans des poses langoureuse, habillée et coiffée comme une diva mystérieuse et fascinante.

Émancipée financièrement, libérée sexuellement (bien qu’elle aimait les femmes, elle s’est mariée deux fois !) elle est la figure emblématique du Paris des années folles.

1898, un 16 mai, naît la petite Tamara Gorska, fille d’un juif russe et d’une mère polonaise. C’est une fillette impétueuse et dominatrice. Son enfance se passe dans un milieu cultivé et aisé entre St Pétersbourg et les grandes villes européennes. Elle s’intéresse très jeune à la peinture et éprouve lors d’un voyage en Italie avec sa grand-mère, une véritable fascination pour les peintres de la Renaissance italienne.

1910, sa mère commande à un peintre célèbre le portrait de sa fille. Tamara endure comme un supplice ces séances de pose. Au final elle est tellement déçue par le résultat qu’elle déclare à ses parents qu’elle peut mieux faire. Elle demande à sa sœur Adrienne de poser pour elle. Le portrait est tellement réussi qu’elle déclare : « je serai artiste peintre… ».

1914, elle s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de St Pétersbourg.

1916, elle épouse un jeune et séduisant avocat polonais, le Comte Tadeuz Lempicki. La révolution d’octobre les oblige à fuir, d’abord à Copenhague, ensuite à Paris. Son mari est anéanti d’avoir perdu sa situation. Maria décide alors de subvenir aux besoins du ménage en se lançant dans la peinture.

Elle suit une formation à l’Académie de la Grande Chaumière où elle a des professeurs illustres : André Lhotte et Maurice Denis.

Elle exécute les portraits de ses proches, d’abord ceux de sa fille Kizette puis ceux de ses amies. La galerie Colette Weill vend ses premiers tableaux.

1925 marque l’envol de sa carrière ! Elle participe à Paris à l’exposition Art Déco et tient à Milan sa première exposition personnelle à la Galeria Bottega di Poesia. Le succès est immédiat et immense.

Il faut dire qu’elle a su se forger un style éblouissant de formes et de couleurs. Elle traduit à travers son choix de couleurs vives et de compositions spectaculaires, son goût pour la liberté des mœurs. Ses personnages sont une synthèse de l’art maniériste moderne et du post cubisme. Pour la composition et le décor, elle emprunte les magistrales recettes des peintres de la Renaissance italienne.

L’esthétique est au cœur de ses œuvres avec toutes ces beautés au regard sensuel et mystérieux, à la bouche rouge et pulpeuse, aux poses provocatrices à son image.

« Une lumière à la manière d’Ingres, du cubisme à la Fernand Léger, avec du rouge à lèvres Chanel » dira un critique d’art de l’époque.

Adam et Eve Tamara de Lempicka

Adam et Eve Tamara de Lempicka

1928, elle se sépare de son mari qui a de plus en plus de mal à supporter son mode de vie et surtout son caractère narcissique, excentrique et scandaleux. Elle emménage alors dans un spacieux atelier, rue Méchain qu’elle fait décorer par sa sœur Adrienne. L’atelier est très grand, pour lui permettre de réaliser de très grandes toiles comme son fameux « Adam et Eve ». Elle raconte qu’ayant vu son modèle nue croquer une pomme, elle lui dit : « Tu es Eve, ne bouge pas, je vais te trouver un Adam ». Elle descend dans la rue et trouve un gendarme qu’elle persuade de venir poser pour elle. C’est ainsi que naît l’un de ses plus fameux tableaux !

Elle devient la portraitiste attitrée de la jet-set de l’époque : Princes en exil, Princesses, riches industriels, artistes, écrivains (André Gide) chanteurs (Suzy Solidor).

1934, elle épouse l’un de ses riches collectionneurs : le baron Raoul Kuffner

1939, fuyant la « Grande Dépression » le couple s’installe aux Etats-Unis. Là-bas elle applique le marketing qui lui a si bien réussi en France mais elle fait un « flop ». La diva perd son aura. Une page de sa vie se tourne. C’est une rupture totale avec sa vie d’avant et elle adopte même un nouveau style artistique avec des portraits de Vierge, des natures mortes, des paysages de campagne. Cette voie beaucoup plus grave et mystique l’éloignera définitivement du succès.

1980, elle meurt à Cuemavaca au Mexique où selon ses vœux, sa fille Kizette répand ses cendres du haut d’un hélicoptère au dessus du volcan Popocatepelt. Digne lieu de repos pour une femme si ardente qui brûlait de conquérir le monde.

Fabienne Verdier, la peintre du « non vouloir »

jeudi 27 octobre 2011

Aujourd’hui amis lecteurs, je voudrais vous faire partager le billet de Roy. A lire, à savourer et évidemment un blog à découvrir :

Le blog de Roy Pallas

Je me présente je m’appelle Roy Pallas, je suis l’auteur d’un blog sur le dessin. Je donne des conseils techniques et des éléments de réflexion dans ce domaine. Pendant mes années d’études en art j’ai eu la chance d’avoir quelques cours de peintures (plus théoriques que pratiques).

J’ai choisi de parler de Fabienne Verdier pour plusieurs raisons : c’est une peintre que j’estime, dont je trouve le travail très poétique et subtile, ensuite parce que relativement peu de gens connaissent son existence, et son apprentissage est un véritable exemple de bravoure. Je voulais vous faire partager son histoire.

Pour entretenir mes connaissances, j’ai suivi avec intérêt les articles de votre rédactrice habituelle. Voyant que je pouvais apporter quelques informations pour enrichir son blog, j’ai proposé à Elisa de rédiger un article sur un artiste que je connais.

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier

Fabienne Verdier a passé son enfance dans la ferme de sa famille près des Pyrénées. Elle y a appris le travail dans les vignes et ce qui relève du jardinage. Elle a fait ses études aux Beaux-Arts de Toulouse deux années durant avant d’avoir son diplôme avec brio.

Elle a été déçue de son apprentissage dans l’école puisque aucune technique n’était apprise aux élèves. Le principal reproche que Fabienne fait à cet enseignement est que les professeurs poussent les étudiants à l’expression alors qu’aucun moyen de le faire ne leur est transmis.

Les ateliers de dessin de modèle vivant étaient les cours les plus intéressants pour elle mais le crayon (trop sec) ne lui convenait pas et c’est donc vers le pinceau qu’elle s’est tournée. Ce dernier est plus apte selon elle, à retranscrire le mouvement de la vie. C’est ainsi que son intérêt pour la calligraphie est née, elle s’est enrichie de plusieurs ouvrages sur le sujet parmi eux le livre de François Cheng, Vide et plein, qu’elle a particulièrement apprécié.

C’est pour combler la lacune technique de l’apprentissage des Beaux-Arts et pour approfondir sa technique au pinceau, que Fabienne décide de partir pour la Chine. Refusant en même temps une bourse qui lui a été accordée pour la poursuite d’études en art dans un autre établissement français.

La jeune artiste s’inscrit au Beaux-Arts de Sichuan où elle résidera à partir de 1983 et y restera jusque dans les années 90. La vie est rude pour l’étrangère (ne parlant pas le dialecte du pays qui plus est) qui connait beaucoup de difficultés à être acceptée notamment dans sa nouvelle classe.

Les obstacles ne l’empêchent pas d’aller de l’avant, son objectif d’apprendre le plus possible sur l’art du pinceau ne quitte pas ses pensées. Elle suit donc un atelier en plus des cours donnés aux Beaux-Arts où elle apprend notamment l’art du marouflage.

Elle a ensuite pu croiser la route d’un maitre calligraphe clandestin habitant sa région, dont elle a appris l’existence par une de ses connaissances. Maitre Huang Yuan se montra très réticent à transmettre son art du pinceau, les origines occidentales de Fabienne n’ont également pas joué en sa faveur. Mais c’est avec patience que la française traça des poèmes chinois avec son pinceau, et déposa les feuilles devant le logement de maitre Huang Yuan tous les jours pendant des semaines.

Après plusieurs mois sans réponses, ce dernier accepta qu’elle devienne son élève. Son enseignement était axé dans un premier temps sur l’oubli de tout ce qu’elle connaissait et elle devait s’engager à s’entraîner 10 ans. Les exercices étaient mécaniques et rudes, Fabienne passa plusieurs mois à apprendre la base du tracé. Comment tenir un pinceau, comment le mouvoir, comment reproduire, comment voir les nuances, et enfin comment y mettre de sa personnalité.

Fabienne VERDIER

Fabienne VERDIER

Elle est aujourd’hui une artiste reconnue pour ses créations mélangeant réflexion plastique et spiritualité. Elle travaille dans un atelier près de Toulouse où elle crée ses peintures à l’aide d’un gigantesque pinceau de plus de 60kg suspendu au plafond.

Son lieu de travail reste caché de tous afin que l’artiste puisse se consacrer à son art et se préserver des tensions liées à notre époque. « Je tiens à rester cachée pour préserver mon intégrité ». C’est ainsi qu’elle continue de se construire en tant qu’artiste et affirme donc que depuis son périple de 10 ans en Chine, « rien n’a changé ».

Avant chaque peinture elle a l’habitude de méditer pour arriver à un état « d’être sans vouloir », afin d’équilibrer la tension et la détente pour créer. C’est de cette manière qu’elle peut transmettre une énergie à ses œuvres, à poser ses traits avec une sorte de geste instantané et retenu à la fois.

Le collectionneur Hubert Looser rendit un jour visite à Fabienne dans son atelier et lui exposa les réflexions de grands maitres américains de la peinture abstraite. La peintre calligraphe s’est découvert une parenté avec ce mouvement. « La proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonnance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction ».

Son œuvre s’inscrit donc dans la lignée des réflexions des grands peintres abstraits américains tels que Kline, Tobey, Pollock ou de Kooning, selon les informations de sa galerie (galerie Jaeger Bucher à Paris).

Pour finir cet article, voici les liens de son site personnel et de sa galerie. Il existe également un film de Philippe Chancel appelé « Flux » consacré à Fabienne Verdier, on peut y voir l’artiste en pleine création. C’est assez surprenant !

http://www.fabienneverdier.com/index-FR.html#sr61

http://www.galeriejaegerbucher.com/index.php

VERDIER Fabienne, texte de Charles Juliet, Entre ciel et terre, Paris,Albin Michel, 2007

VERDIER Fabienne, L’unique trait de pinceau, Paris,Albin Michel, 2001

VERDIER Fabienne, Passagère du silence, Paris,Albin Michel, 2003

JULIET Charles et VERDIER Fabienne, Entretien avec Fabienne Verdier, Paris,Albin Michel, 2007


Propos totalement abscons … quoi que …

lundi 29 août 2011

Dans la catégorie « peinture abstraite » on trouve de tout ! Et quand je dis de tout, c’est vraiment de tout !

Et je suis toujours amusée quand je lis les titres de ces « œuvres ». Pas évident parfois de faire le lien entre le titre et le tableau. Et que dire lorsque ces œuvres s’accompagnent d’analyses ou d’explications philosophiques ou métaphysiques.

Cela dit il y a des toiles que j’aime et d’autres pas. C’est une question de sensibilité. Mais je voudrais néanmoins rappeler que les précurseurs et grands maîtres de l’abstraction, maitrisaient les règles de la peinture académique. Ainsi, Miro, Kandinsky, Kupka, Mondrian, et bien d’autres ne construisaient pas leurs œuvres au hasard. Ils respectaient les techniques, les règles de composition, d’équilibre des masses, et d’harmonie des couleurs, souvent en intégrant les 3 fondamentales.

Seule la forme et donc le réalisme étaient oubliés. De nos jours, dans la peinture contemporaine abstraite, rien des techniques et règles académiques n’est retenu et exploité. C’est même le contraire, tout est rejeté ! Cela n’engage que moi, mais je considère que quelque soit la forme et le style artistique qui définit notre peinture, il est toujours bon de posséder dans ses bagages, un minimum de cette instruction héritée de nos maîtres depuis plusieurs siècles.

Il ne me viendrait pas à l’idée de composer une chansonnette à la guitare par exemple sans savoir accorder mon instrument ou sans connaître un seul accord.

Mais peut être ai-je tort !

Je pense que le vrai talent, c’est de savoir se libérer de ses acquis, sans les oublier.

Qu’en pensez-vous ?