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Recette d’ocre jaune

dimanche 27 novembre 2011
Les ocres de Roussillon dans le Luberon

Les ocres de Roussillon dans le Luberon

Parmi les couleurs que j’affectionne particulièrement et qui composent toujours ma palette, voici l’ocre jaune. Je l’utilise très souvent dans mes mélanges. C’est une couleur polyvalente avec laquelle j’obtiens de magnifiques résultats.

Pure et associée à des bruns, elle peut servir à peindre des tons de terres (des chemins de campagne), de bois.

Avec du blanc on a des tons pailles, beiges, jaunes, clairs ou moyen, très chauds, idéaux pour peindre des maisons, des champs de blé, de maïs, de beaux nuages et une plage.

Avec toujours du blanc pour les valeurs claires (plus une petite pointe de jaune de cadmium), et de la terre de sienne brûlée pour obtenir des valeurs foncées, on a la gradation parfaite pour peindre de l’or (comme sur les décors peints à Versailles).

Associé aux bleus elle donne de beaux verts, moins lumineux que des mélanges avec du jaune, et donc intéressant pour la végétation. L’ocre jaune peut aussi servir à rabattre de verts trop vifs et trop violent, pour leur donner ce côté « terreux », qu’ils soient clairs ou foncés.

Pour les carnations, c’est aussi une couleur indispensable. En mélange avec du blanc, et une pointe de rouge, elle produit un ton chair très joli.

Bref, cette couleur est incontournable, à intégrer au plus vite dans sa mallette de peinture.

Travailler les ocres :

En huile

En acrylique

En pigment

En pastel

Réussir un portrait

dimanche 20 novembre 2011
Madonne sur huile avec effet craquelé

Madonne sur huile avec effet craquelé

Une lectrice m’a demandé quelques conseils pour réaliser un portrait. Après une réponse sommaire je me suis dis qu’un article plus détaillé sur le sujet pourra aider beaucoup de peintres intéressés par ce thème.

N’hésitez pas d’ ailleurs à me soumettre des idées et des questions. Un article sera l’occasion de vous répondre et d’éclairer nos lanternes.

Revenons au portrait. C’est le sujet sans doute le plus dur en peinture. Pour réaliser un visage, il faut déjà maîtriser le modelé, connaître des règles de proportion et savoir dessiner, bien choisir ses couleurs pour les carnations.

La construction d’un visage, à savoir le placement du nez, de la bouche, des yeux, obéit à quelques règles de proportion. Il faut les connaître. Le mieux est de voir cela dans des livres spécialisés. Pour le modelé, il faut bien reconnaître et percevoir tous les volumes pour bien placer la lumière et les ombres. Ce qui donne du réalisme au portrait. Et pour les couleurs, il faut savoir établir toute une gamme de valeur autour d’un ton chair. Et oui c’est compliqué et ça demande à la foi de l’expérience et de la technique.

Cependant voici quelques astuces pour contourner toutes ces connaissances énoncées et limiter les difficultés.

Vous avez votre cobaye, prenez une jolie photo de cette personne. Attention, veillez à ce que la lumière vienne de côté et d’en haut, et pas de face. On aura ainsi sur notre cliché la juste position des ombres et lumières. Faites un tirage à la dimension de votre toile. Faites aussi un tirage noir et blanc, plus facile pour discerner les traits. A partir de ce tirage, sur la toile dessinez en décalquant votre portrait. Non c’est pas de la triche !

C’est fait ! Passons à la couleur. On va organiser notre palette autour de 3 valeurs. La première sera un ton chair moyen composé de blanc, d’ocre jaune, de rouge, d’orange, de terre de sienne brûlée. Suivant la couleur de peau de votre modèle, plus ou moins bronzé, mat, pâle, il faut trouver le bon mélange.

Ensuite avec une pointe de ce mélange plus du blanc et une pointe de jaune, on a la valeur claire pour les lumières. Pour les ombres, on prendra directement de la terre de sienne brûlée, avec une pointe de notre mélange de base, plus une pointe d’orange amorcer le dégradé avec la valeur moyenne. On peut aussi prendre de la terre d’ombre brûlée.

Dans un premier temps il faut poser ces valeurs sans chercher à les fondre à la brosse. C’est seulement après les avoir mises en place que l’on attaquera les fondus et dégradés. Ensuite on précise le boulot avec des renforts d’ombre, de lumière tout en finesse avec une martre. On n’oubliera pas quelques ombres grises dans le blanc de l’œil (sur le côté et sous la paupière). Ensuite vient quelques touches de blanc légèrement teinté de jaune, pour des éclats de brillance sur la peau. Pour l’effet de brillance des cheveux, on prend du blanc teinté soit avec de l’ocre jaune pour une chevelure châtain, soit du gris bleuté pour des cheveux noirs, et du blanc pur pour les cheveux blonds.

On laisse sécher ce travail. Dernière étape, on corrigera toutes ces valeurs avec des glacis. Ainsi on pourra renforcer des ombres, des lumières, mais aussi rougir les oreilles, les paupières, les joues, lèvres, suivant les nuances apparentes sur la photo.

Il faudra certainement plus d’un essai pour parvenir à un résultat satisfaisant. Soyez persévérant et patient ! Et bientôt vous pourrez peindre de sympathiques portraits.

Aujourd’hui, Elisa vous parle des bruns

lundi 7 novembre 2011

Voici un mini exposé sur les différents bruns. Il en existe plusieurs et ont tous leurs petites spécificités et particularités. Quand on recherche à peindre le fond d’une nature morte en clair obscur, que l’on veuille obscurcir une couleur, peindre des ombres, foncé une couleur chair, etc., il est bon de s’y retrouver dans tous ces bruns. Voyons les plus communs.


La terre d’ombre naturelle : c’est un « faux brun ». Attention, au sortir du tube il parait foncé. C’est une sorte de gris jaunâtre. A utiliser pour salir, patiner, ternir, mais pas pour rechercher des valeurs sombres. Il n’est pas couvrant.

La terre d’ombre brûlée : c’est un très beau brun, à tendance rouge. Il est très chaud. Il convient pour tout. Et s’il n’est encore pas assez foncé, une goutte de noir et hop le tour est joué. Il est bien couvrant.

La terre de sienne brûlée : C’est la petite cousine de l’ombre brûlée. En plus claire et beaucoup plus rouge. Elle est utile pour les carnations. Additionnée de noir elle peut remplacer la terre d’ombre brûlée.

La terre de Cassel : c’est un brun très très sombre, proche du noir, mais en plus chaud. Cette couleur est couvrante.

Le brun van Dyck : c’est un brun proche de la terre d’ombre brûlée. Cela dit il existe tellement de différence entre les marques pour cette couleur qu’il est difficile d’en déterminer précisément son caractère.

Petit rappel : On n’obtient pas de brun en ajoutant une toute petite pointe de blanc dans du noir. Évident pour certain mais cela reste une erreur fréquente.

Quand à obtenir un joli brun par mélange des couleurs primaires, cela reste presque mission impossible sans la juste mesure et maîtrise des couleurs.

Lefranc & Bourgeois propose de somptueux bruns que vous pouvez découvrir ici : Huile extra-fine

Rembrandt décline aussi sa gamme somptueuse : Gamme Rembrandt

Côté acrylique, je vous recommande : La gamme Winsor & Newton et la gamme Liquitex

Travailler la profondeur et le modelé

dimanche 6 novembre 2011

Une des règles principales en peinture, pour à la fois donner de la profondeur et travailler le modelé, est de jouer sur les valeurs. Lorsque je parle de valeur, c’est toutes les nuances perceptibles entre le clair et le foncé, quelque soit la couleur de base.

Une couleur peut donc s’exprimer en différentes valeurs. Par exemple, pour le bleu, nous avons toute une gamme allant du bleu très clair au bleu nuit. Ces nuances sont utiles pour représenter le modelé d’un objet, à savoir sa partie éclairée et sa zone d’ombre, en passant par sa couleur de base dite valeur moyenne.

Elles sont aussi utiles pour exprimer la perspective dans le cadre précisément d’un paysage. A savoir que les couleurs s’estompent vers l’horizon. Pour maitriser cette notion il est très intéressant de travailler en « grisaille ». Ainsi en utilisant qu’une seule couleur on apprend à jouer et se servir des valeurs.

Exactement comme on le fait en dessin avec juste une mine graphite. C’est premièrement un excellent exercice, et de plus cela produit de jolis tableaux. Pour ce faire on choisira de préférence comme couleur de base forte, de la terre d’ombre brulée ou naturelle, de la terre de sienne brulée, du gris de Payne, du brun, ou du noir (moins élégant tout de même). A cette couleur, on mélangera plus ou moins de blanc pour obtenir tout un jeu de nuances.

Utilisation des couleurs

Utilisation des couleurs

Sur cette photo d’un tableau d’étude, réalisé avec du blanc et de la terre de sienne brûlée, la profondeur est subtilement représentée, avec des valeurs claires au lointain, et plus foncées au premier plan. Le modelé est aussi savamment exprimé avec ce jeu de valeurs. De plus le résultat est très élégant !

Au XVIIIème siècle ce genre de peinture était même très prisé.

L’utilisation de plusieurs couleurs nous piège parfois, car au lieu de multiplier les valeurs et donner ainsi du réalisme au sujet, on nuance et contraste juste avec des différences de couleurs.

Réserver les blancs à l’aquarelle : 3 méthodes testées pour vous

samedi 6 août 2011

Il y a plusieurs manières de préserver les blancs à l’aquarelle. C’est souvent une des grosses difficultés dans l’exercice de cette technique. On imagine bien, en peignant un petit bouquet de muguet, combien il est difficile de conserver le blanc du papier pour rendre au mieux ces petites fleurs blanches. Surtout si l’on travaille le fond et les feuilles avec de grand jus colorés. Idem si l’on peint un beau ciel et que l’on souhaite préserver la voile blanche d’un bateau sur l’océan, l’éclat de lumière sur une cerise, un verre, ou la pureté de mes dents pour rendre au mieux mon sourire « ultrabrite ».

Première solution : le drawing gum. C’est une gomme liquide, appliquée au pinceau. On peint tous les blancs avec, puis une fois sèche, on exécute le tableau. Il suffit alors de frotter avec le doigt afin d’ôter la gomme et le blanc apparaît. C’est magique !

Cette solution à quand même le défaut à mon gout de délimiter avec trop de netteté les blancs.

Deuxième solution : le papier essuie tout. Là il faut être plus habile et rapide. On peint et dans la foulée on essuie avec un petit morceau de papier pour faire ressortir le blanc. Celui ci est moins net et plus fondu. Avec certain papier aquarelle trop absorbant cette technique ne fonctionne pas. Cela dit elle reste ma préférée.

Troisième solution : Il s’agit là plutôt d’une solution de rattrapage, qui consiste à utiliser de la gouache blanche pour peindre cette fois ci les blancs. Ces blancs seront moins lumineux et intenses.

Dans l’exercice d’une peinture on pourra utiliser toutes ces méthodes. L’intérêt étant bien évidement d’obtenir un beau tableau. Et pour ce faire, toutes les techniques sont utiles.

Les règles d’or pour peindre un ciel

lundi 30 mai 2011
Peindre un ciel

Peindre un ciel

Peindre un ciel est plus difficile qu’il n’y parait. Un ciel n’est pas qu’une surface bleu uniforme. Voici quelques clés pour en faire de magnifique. Le premier obstacle est le choix du bleu. Là tout est affaire de gout. On pourra prendre du bleu outremer, de cobalt, primaire, cerleum, avec une pointe ou pas de phtalocyanine, à mélanger évidement avec du blanc.

On prendra soin de réaliser un beau dégradé de bleu moyen à très clair sur l’horizon. Pour ce faire on ajoutera plus de blanc à notre mélange au fur et à mesure que l’on descend vers l’horizon. Cet effet qui donne une profondeur remarquable au ciel, est observable dans la réalité.

Ensuite vient le traitement des nuages. Pour de petits nuages légers et fondus il suffit de poser des paquets de blanc pur, ou additionnés d’une pointe de terre de sienne naturelle et les fondre partiellement avec le bleu. Pour de gros nuages massifs, il faudra tout d’abord réserver des zones ou l’on ne peindra pas en bleu. Ce travail d’anticipation nécessite un peu d’expérimentation, car il faut dessiner nos nuages comme on dessinerait des fruits, et savoir exactement ou les placer. Pour interpréter leur volume, on jouera sur trois valeurs : du blanc pur pour les parties éclairées ; du crème fait de blanc plus de la terre de sienne naturelle pour la masse ; et du gris fait de blanc plus du bleu plus de la terre d’ombre brûlée pour les ombres. On fond le tout, place quelques zones nettes en périphérie et d’autres plus floues. Pour enrichir notre peinture on pourra jouer sur différentes valeurs de gris pour les ombres.

Après séchage, on pourra rehausser en blanc certains nuages et placer ici et là quelques voiles blanc, crème ou gris par-dessus le bleu, plus ou moins transparents, en léger frottis.

Ce sont les premières règles d’or pour peindre de jolis ciels. Je conseille aussi pour s’exercer à représenter les nuages de s’inspirer des ciels des maîtres flamands

Tout pour peindre le ciel : cliquez ici

Angoisse de la toile blanche ?

vendredi 20 mai 2011

Une super astuce pour faciliter la réalisation d’une œuvre et notamment d’une peinture Alla prima.

Le premier intérêt de cette astuce est qu’il peut être parfois un peu stressant de se retrouver face à sa toile blanche. On connaît l’angoisse de l’écrivain devant sa page blanche, mais le phénomène peut se produire aussi en peinture. Alors pour éviter cela je conseille de tout d’abord passer un jus de couleur sur sa toile. Un fond ainsi réalisé de couleur ocre jaune claire nous apportera que des bienfaits. Les couleurs rapportées par-dessus seront optimisées.

Dans le cadre d’une peinture alla prima, plus besoin de charger en matière pour couvrir les blancs qui n’existent plus donc. Ce blanc n’apparaissant plus par transparence, notre fond donnera plus d’intensité et d’opacité aux couleurs.. C’est le cas pour les rouges, les verts et les bruns. Pour les bleus attention tout de même ! Ils paraîtront « patinés ». Pour les ciels, l’effet est magique ! Donc pour peindre un paysage cette astuce fera merveille.

Côté technique, un jus acrylique est approprié pour ce faire. On pourra ainsi dans la demi-heure qui suit peindre sur ce nouveau fond, soit à l’acrylique, soit à l’huile. Pour le pastel, il suffit de prendre un papier de couleur. Il n’y a qu’à l’aquarelle que l’on évitera de procéder ainsi.

Janvier c’est le mois du blanc ? Alors je vous présente « le » peintre du blanc…

mardi 3 février 2009

Il y a longtemps que je voulais vous en parler, mais j’attendais le moment favorable.
Janvier étant le mois du blanc, voici pour moi que s’offre l’opportunité de vous présenter Robert Ryman.
C’est un peintre américain qui ne peint que des tableaux … blancs !
Vous allez penser : « Elisa est tombée sur la tête de nous parler de ce sujet alors qu’elle est passionnée de couleurs ! »
Mais le blanc est une couleur voyons ! avec une richesse de variations qui laisse pantois.

J’ai donc décidé de faire ma première chronique de l’année 2009 sur Robert Ryman dont la cote atteint des sommets vertigineux.
Il fait partie des artistes qui nous offre une vision d’émerveillement avec une inventivité rare.
Il enrichit notre sensibilité et élargit notre conscience en apportant un regard différent.

Pour apprécier ses tableaux, faites comme les enfants qui s’allongent sur l’herbe et regardent les nuages en les interprétant.
Et vous aussi amusez vous à faire des petits « Ryman », rendez-vous dans la rubrique « additifs aux couleurs »
Vous y trouverez des additifs qui vous permettront d’enrichir vos « blancs » avec des effets de sable, avec des billes transparentes, des médiums épaississants, etc…
Mais chut ! Je vous laisse à vos expérimentations.
A vous de jouer…

Les additifs : Label Art > Additifs

Acrylique Amsterdam : en ce moment à seulement 2,99 euros le tube 120 ml ! Label Art > Amterdam

En ce moment, 2 blancs Basics achetés = 1 OFFERT Label Art> Basics blanc trio

Mon tour de France des jolis petits musées souvent méconnus…

lundi 6 octobre 2008

Il existe à Bourges un petit « bijou » de Musée ! C’est celui concernant les oeuvres d’Estève.
Sans doute avez-vous beaucoup entendu parlé de ce peintre lorsque Alain Delon a vendu sa collection de tableaux aux enchères. Car il y avait un Estève, somptueux.
Les oeuvres de ce peintre si discret sont donc exposées dans un endroit  remarquable : l’Hôtel des Echevins à Bourges.
Je vous encourage à aller voir ses tableaux, dessins, lithographies et  tapisseries. (prévoyez une visite de deux heures au moins)

Mon secret d’artiste :

Estève avait des blancs somptueux.
Savez-vous comment obtenir ces beaux blancs ?
Tout simplement en mélangeant du blanc de Titane à du jaune de Naples clair ! Eh oui, il fallait le savoir.
Personnellement j’utilise Liquitex Basics N° 432 vendu sur le site :

basics 118 ml : cliquez ici