Articles taggés avec ‘bleu’

Apprendre à peindre un ciel

lundi 30 juillet 2012

Le moment est venu de vous présenter la nouvelle démo de notre ami Roland. Il a choisi aujourd’hui de nous montrer comment réaliser un superbe ciel à l’aquarelle. Ce n’est pas si facile que ça quand on ne veut pas se limiter à juste un aplat de bleu clair. Voyons :

 

« Je commence par préparer mon lavis de bleu clair, avec un mélange de bleu outremer et bleu de Prusse. Je l’applique sur mon papier en couvrant toute ma surface de ciel. Dans l’humide, je renforce légèrement ma couleur sur la partie haute de mon ciel. »

 

« Ensuite et sans attendre le séchage de mon lavis, avec un papier essuie-tout, j’enlève de la couleur pour déjà faire apparaître des blancs estompés, ce qui sera mes nuages. Je laisse sécher ensuite. »

 

« Puis une fois le tout bien sec, je pose dans mes nuages, donc dans les blancs, un petit lavis de terre d’ombre naturelle, que je dégrade pour obtenir un joli fondu. Pour obtenir ce fondu il me suffit, avec mon pinceau humide non chargé de couleur, de mouiller légèrement autour de mon lavis ombré, et même d’estomper avec mon papier essuie-tout. »

« Je repique par endroit avec un lavis légèrement plus fort en couleur que j’estompe de la même manière, pour donner un peu plus de masse à certains nuages. »

 

C’est rapide, toujours efficace et ça paraît vraiment facile. Merci Roland.

 

Les couleurs à ne pas acheter : votre palette et portefeuille vous diront merci !

vendredi 15 juin 2012

Nos chers fabricants ne nous facilitent pas la tâche en nous proposant tant de couleur dans une même gamme. Lesquelles choisir ??? A chacun de composer évidement sa palette selon ses affinités et sa sensibilité.

Cela dit il y a quand même des couleurs à éviter. Si si !!

Inutile d’avoir trente six jaunes, et autant de rouge, de vert et de bleu. Un jaune tendance citron, un autre moyen, un autre foncé, puis de l’ocre jaune, suffiront. Faites le même tri pour chaque couleurs de base. Pas la peine par exemple d’avoir un rouge de cadmium clair, un rouge japonais clair, et un rouge vermillon, car les différences sont très, et trop subtiles.

Autres choses, certaines couleurs conduisent au désastre. J’exagère un tout petit peu. Parmi ces couleurs « maudites », il y a les verts phtalo et Armor. Ce sont des verts hyper vifs, pétants, et froids. Pour peindre des feuillages, des arbres, de l’herbe, c’est une catastrophe. C’est du moins mon avis, mais chacun fait comme il veut.

A éviter aussi les couleurs issues de mélange que l’on peut faire soi même, et aussi bien. Je pense au bleu mélangé à du blanc, aux teintes chair et aux jaunes de Naples.

Voila donc quelques conseils qui réduiront vos dépenses.

 

En ces temps bien difficile, rien n’est négligeable 😉

 

 

L’équilibre des couleurs

jeudi 1 décembre 2011

Maintenant passons à une petite analyse technique de la peinture des maîtres anciens. Une analyse qui servira de règle à comprendre et à surtout appliquer.

Si l’on étudie avec soin la peinture académique, et plus précisément les couleurs utilisées par les maîtres anciens on remarque ceci : dans pratiquement tous les tableaux on retrouve les 3 couleurs fondamentales : bleu, rouge et jaune. Je ne parle pas de couleurs primaires car le terme et la définition de celles-ci sont des notions relativement récentes dans l’histoire de la peinture.

Utilisation des couleurs

Utilisation des couleurs

Pour le bleu, on le perçoit soit, dans le ciel des paysages, bien souvent dans les drapés, ou plus subtilement dans des gris colorés. Avec encore plus de subtilité, ce bleu est présent, indirectement, en mélange avec du jaune, donc dans du vert. Dans ce cas, on aura alors en face, pour l’équilibre, un beau rouge fort et puissant.

Ce rouge, s’il n’est pas utilisé pour les drapés, les fruits, les fleurs, peut lui aussi être présent indirectement sous forme d’orangé, pour les carnations par exemple, ou de brun rouge pour les fonds, les ombres et feuillage etc.

Le jaune est souvent présent dans drapés et éléments dorés.

C’est ainsi que l’équilibre des couleurs est organisé. Pour exemples et discerner lisiblement cette association de couleurs, il suffit de contempler les tableaux et fresques de Rubens, Léonard de Vinci, Botticelli, Michel-Ange, Boucher, David, Ingres, Corot, Manet etc.

Toutes ces toiles et peinture ont en commun la présence de ces 3 couleurs fondamentales, comme une juste équation des couleurs assurant une harmonie et un équilibre parfaits. Parfois c’est juste un petit détail qui assure leur présence, tel le ruban rouge dans le tableau de Vermeer « la dentelière ».

Et même si bon nombres de magnifiques peintures n’obéissent à aucunes théories et donc ne respectent pas cette règle, la mettre en pratique nous assure de beaux tableaux.

Rappel sur les règles de perspective

mercredi 23 novembre 2011

Vous connaissez tous la perspective et oh combien il est parfois difficile de la maitriser pour représenter ce bel effet de profondeur dans nos tableaux. Il existe une autre notion de perspective, appelée « atmosphérique », qui ne fait pas appel à la géométrie. Cette notion fut développée par notre maître à tous, Léonard de Vinci.

Pour la petite histoire, soucieux de produire une peinture qui interprète au mieux notre vision de la réalité, il a cherché et trouvé une astuce, pour simuler un effet d’éloignement. Jusqu’alors, la peinture était précision et netteté. Il a compris, à l’inverse de cette écriture, qu’en créant un effet de « flou », il produirait plus de réalisme et de sensation.

Ainsi pour le paysage, l’énoncé est simple :

  1. Plus l’objet est éloigné, plus il est flou.
  2. Plus il est éloigné, plus il est bleuté.

Imaginons un paysage avec de multiples plans. Au lointain, des montagnes, puis plus en avant, des petits monts verdoyants, puis des forêts, et enfin tout devant une petite maison (comme sur ce modèle). En appliquant le principe de perspective atmosphérique, nous allons peindre ce sujet ainsi.

Les montagnes au lointain seront toute bleutées avec des contours flous, fondus avec le ciel. Les montagnes les plus éloignées sont presque noyées dans le ciel.

Ensuite viennent les monts verdoyants. Ils seront eux aussi légèrement bleutés, et en flou, mais évidement moins que les montagnes. Le vert utilisé sera léger. Puis viennent les forêts, elles seront peintes dans des tons de verts plus intenses et sans effet flou et idem pour notre petite maison.

L’effet bleuté qui apparaît comme un voile occultant l’arrière plan, est la conséquence de la présence d’humidité dans l’air. Plus l’air est humide, moins il est transparent. C’est donc cet effet de « brume », appliquée à l’éloignement que l’on interprète en peinture.

Vous savez tout maintenant sur la perspective atmosphérique, ou aérienne (son autre nom). Comparez la peinture d’avant Léonard De Vinci, et d’après, et vous observerez nettement ce changement dans la manière de représenter le monde.

Léonard avait compris qu’en peinture, c’est l’illusion du réel qui rend la réalité.

Les règles de perspective

Les règles de perspective

<!– /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-parent: » »; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:12.0pt; font-family: »Times New Roman »; mso-fareast-font-family: »Times New Roman »; mso-bidi-font-family: »Times New Roman »;} @page Section1 {size:612.0pt 792.0pt; margin:70.85pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:36.0pt; mso-footer-margin:36.0pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} –>

Et il ne s’est pas arrêté là. Je vous parlerai d’une autre astuce de son cru bientôt…à suivre donc.

Le modelé en beaux-arts

samedi 19 novembre 2011

Les impressionnistes nous ont laissé en héritage de nouvelles règles et notions de peinture. Dans le souci toujours d’exalter les couleurs, ils ont développé et adopté une nouvelle manière de représenter le modelé. Les fauves par la suite iront même encore plus loin dans ce concept. Jusqu’alors les ombres, propres et portées étaient peintes dans des valeurs foncées en raccord avec la nature et couleur de la matière. Ainsi les ombres propres d’une tomate rouge étaient peintes en brun, celles d’un citron en ocre brun, d’une prune en noir, etc.

Ce style de peinture et de gradation introduit des valeurs sombres dans le tableau. Donc pour éviter cela, mais toujours en gardant l’idée de volume pour le modelé, ils colorèrent leurs ombres avec des valeurs froides et parfois même opposées à la couleur de la matière. Ainsi pour notre tomate rouge, l’ombre devient verte foncée, idem pour le citron et la prune. Dans les feuillages, les drapés, des touches bleutées suggèrent par contraste chaud/froid des ombres. Tout comme l’on fait par la suite les fauves, l’ensemble du tableau peut aussi, que ce soit une nature morte, un paysage, un nu, un portrait, être exempt de valeurs sombres. Seul le rapport chaud, pour les zones lumineuses, et froid, pour les zones non exposées à la lumière crée le volume.

Observez pour exemple, les robes blanches des belles demoiselles de Renoir ; les feuillages lumineux de Monet ; les nus de Gauguin ; les toiles de Seurat, Van Gogh etc.

Attention cela dit !

De cette technique est née une idée fausse par méconnaissance. Je l’ai déjà évoqué dans un autre article. Ce n’est pas systématiquement la couleur opposée qui ainsi crée le modelé. C’est vraiment le rapport chaud/froid. Pour un citron, on peut utiliser du vert pour l’ombre propre par exemple, qui n’est pas la couleur opposée au jaune. Dans un nu, des valeurs bleutées contrasteront à la perfection avec les valeurs chaudes de la chaire.

De plus ces couleurs sont posées sur la surface, elles ne sont pas mélangées (ce qui produirait des gris pas vraiment élégants). Ce n’est donc pas en mélangeant du rouge et du vert que l’on obtiendra une belle ombre froide et colorée pour notre tomate. Ce vert sera juste posé, d’un geste spontané, comme nos amis impressionnistes. Observez à la loupe leurs tableaux pour mieux comprendre.

Comme je dis souvent même si cette citation n’est pas de moi, «  la peinture s’apprend au musée ».

Travailler la profondeur et le modelé

dimanche 6 novembre 2011

Une des règles principales en peinture, pour à la fois donner de la profondeur et travailler le modelé, est de jouer sur les valeurs. Lorsque je parle de valeur, c’est toutes les nuances perceptibles entre le clair et le foncé, quelque soit la couleur de base.

Une couleur peut donc s’exprimer en différentes valeurs. Par exemple, pour le bleu, nous avons toute une gamme allant du bleu très clair au bleu nuit. Ces nuances sont utiles pour représenter le modelé d’un objet, à savoir sa partie éclairée et sa zone d’ombre, en passant par sa couleur de base dite valeur moyenne.

Elles sont aussi utiles pour exprimer la perspective dans le cadre précisément d’un paysage. A savoir que les couleurs s’estompent vers l’horizon. Pour maitriser cette notion il est très intéressant de travailler en « grisaille ». Ainsi en utilisant qu’une seule couleur on apprend à jouer et se servir des valeurs.

Exactement comme on le fait en dessin avec juste une mine graphite. C’est premièrement un excellent exercice, et de plus cela produit de jolis tableaux. Pour ce faire on choisira de préférence comme couleur de base forte, de la terre d’ombre brulée ou naturelle, de la terre de sienne brulée, du gris de Payne, du brun, ou du noir (moins élégant tout de même). A cette couleur, on mélangera plus ou moins de blanc pour obtenir tout un jeu de nuances.

Utilisation des couleurs

Utilisation des couleurs

Sur cette photo d’un tableau d’étude, réalisé avec du blanc et de la terre de sienne brûlée, la profondeur est subtilement représentée, avec des valeurs claires au lointain, et plus foncées au premier plan. Le modelé est aussi savamment exprimé avec ce jeu de valeurs. De plus le résultat est très élégant !

Au XVIIIème siècle ce genre de peinture était même très prisé.

L’utilisation de plusieurs couleurs nous piège parfois, car au lieu de multiplier les valeurs et donner ainsi du réalisme au sujet, on nuance et contraste juste avec des différences de couleurs.

Les règles d’or pour peindre un ciel

lundi 30 mai 2011
Peindre un ciel

Peindre un ciel

Peindre un ciel est plus difficile qu’il n’y parait. Un ciel n’est pas qu’une surface bleu uniforme. Voici quelques clés pour en faire de magnifique. Le premier obstacle est le choix du bleu. Là tout est affaire de gout. On pourra prendre du bleu outremer, de cobalt, primaire, cerleum, avec une pointe ou pas de phtalocyanine, à mélanger évidement avec du blanc.

On prendra soin de réaliser un beau dégradé de bleu moyen à très clair sur l’horizon. Pour ce faire on ajoutera plus de blanc à notre mélange au fur et à mesure que l’on descend vers l’horizon. Cet effet qui donne une profondeur remarquable au ciel, est observable dans la réalité.

Ensuite vient le traitement des nuages. Pour de petits nuages légers et fondus il suffit de poser des paquets de blanc pur, ou additionnés d’une pointe de terre de sienne naturelle et les fondre partiellement avec le bleu. Pour de gros nuages massifs, il faudra tout d’abord réserver des zones ou l’on ne peindra pas en bleu. Ce travail d’anticipation nécessite un peu d’expérimentation, car il faut dessiner nos nuages comme on dessinerait des fruits, et savoir exactement ou les placer. Pour interpréter leur volume, on jouera sur trois valeurs : du blanc pur pour les parties éclairées ; du crème fait de blanc plus de la terre de sienne naturelle pour la masse ; et du gris fait de blanc plus du bleu plus de la terre d’ombre brûlée pour les ombres. On fond le tout, place quelques zones nettes en périphérie et d’autres plus floues. Pour enrichir notre peinture on pourra jouer sur différentes valeurs de gris pour les ombres.

Après séchage, on pourra rehausser en blanc certains nuages et placer ici et là quelques voiles blanc, crème ou gris par-dessus le bleu, plus ou moins transparents, en léger frottis.

Ce sont les premières règles d’or pour peindre de jolis ciels. Je conseille aussi pour s’exercer à représenter les nuages de s’inspirer des ciels des maîtres flamands

Tout pour peindre le ciel : cliquez ici

Comment Klein a découvert son fameux bleu ?

jeudi 16 juillet 2009

Pour moi qui baigne depuis toute petite dans l’univers de la couleur, (merci maman, merci grand-maman…), le nom d’Yves Klein est associé au bleu. Le fameux « bleu Klein » enregistré comme IKB.
International Klein Blue. Rien que ça !

Aujourd’hui, je vais donc vous raconter l’histoire fascinante du « bleu Klein ».

En 1961 l’astronaute Youri Gagarine témoignait :
« Vue du ciel, la Terre est toute bleue… ».
Voilà qui devait faire plaisir à Yves Klein qui avait déclaré 4 ans avant Gagarine :
« Le monde est bleu ».

Comment Yves Klein avait-il pu anticiper cette découverte ?
Voici son histoire…

Issu d’une famille de peintres, Yves Klein avait emprunté un chemin de traverse.

Visant à la maîtrise de soi, il s’était orienté vers le judo de haute compétition. Il était à l’époque le seul diplômé de ceinture noire, quatrième dan, de la plus prestigieuse école du Japon.

Poursuivant sa quête mystique, il s’était alors intéressé à l’art. Il concevait des tableaux monochromes un peu comme des objets de culte.
Bien qu’identiques,  il estimait que chaque tableau était imprégné d’une qualité propre.
En quelque sorte chacun portait l’empreinte de l’âme du peintre.
Il arrondissait l’angle des chassis et accrochait ses tableaux avec un léger décalage.
Cela donnait l’impression que l’oeuvre lévitait dans l’espace.

Il avait découvert que « Le monde est bleu » à partir d’une terrasse d’un immeuble de deux étages. Pour sensibiliser le public à ses idées, il avait… sauté dans le vide ! sous l’oeil de photographes qui ont immortalisé le fameux « Saut dans le vide ».
Pour un judoka de la trempe de Klein cela n’avait rien d’un exploit bien sûr.

Arrivé au sol, il aurait déclaré :
« D’abord, il n’y a rien, ensuite il y a un rien profond, puis un profond bleu ».
C’est une belle histoire, n’est-ce pas ?

Un pur plaisir visuel

mardi 26 mai 2009

Je voudrais vous faire profiter d’une de mes découvertes récentes.
Elle s’appelle Beatriz Milhazes et la Fondation Cartier à Paris expose ses œuvres du 4 avril au 21 Juin 2009.
Cette artiste née à Rio de Janeiro en 1960 transpose sur ses toiles toutes les couleurs éclatantes de son pays.
Cela ne ressemble à rien de tout ce que vous avez pu voir jusqu’à présent.
Ce ne sont que motifs floraux, arabesques, coeurs, étoiles de toutes les couleurs.
C’est follement gai, beau, optimiste, énergisant. On ressort de l’expo la tête dans les nuages…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas de l’art conceptuel !
Beatriz Milhazes ne véhicule ou ne revendique aucun concept dans son foisonnement graphique coloré.
J’ai bien aimé aussi toutes ses recherches d’effets de matière.
En particulier les motifs en plastique adhésif posés sur les grandes baies vitrés de la Fondation qui créent un effet proche du vitrail avec de magnifiques jeux de lumière.
A noter qu’à presque 50 ans, ses œuvres figurent dans les plus grands musées du monde et dans de nombreuses collections.

Mon conseil :
Comme ses harmonies de couleurs sont absolument remarquables, je vous conseille de reproduire certaines de ses œuvres et de vous prêter au jeu du mariage de tons éclatants.
Vous verrez comment certains orange s’harmonisent avec certains bleu.
Choisissez des supports tout simples comme les cartons entoilés Clairefontaine.
Utilisez les pinceaux acrylique Raphaël qui associent soies naturelles et fibres synthétiques pour votre plus grand confort.
Ces pinceaux offrent une bonne capacité réservoir et glissent bien sur la toile.