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L’histoire des Comics

vendredi 9 septembre 2016

Les Comics. Ces bandes dessinées totalement uniques, hyper colorées, avec des super-héros bodybuildés, des femmes aux formes généreuses, des habits parfois (souvent) loufoques… Oui, il s’agit bien du sujet de ce billet. Ou, plus particulièrement, de leur histoire.

Les Comics ont fait leur apparition il y a près de 120 ans, et leur arrivée a marqué la création d’un tout nouveau style de bande dessinée. Les Comics ont transformé le monde de la BD, ont permis la création d’un nouvel univers et ont brisé tous les codes (mêmes ceux qu’ils s’étaient eux-mêmes fixés, c’est dire!). Mais ce n’est pas tout. Il s’agit également d’un univers d’amoureux du dessins, de fans de ce style unique, de fous d’histoires qui durent depuis plus de 100 ans, de dingues de ces héros en culotte. Un univers que je vous propose de découvrir.

Attachez vos ceintures, préparez-vous à vous envoler.

 

 

Toujours proche du monde réel, l’univers des Comics s’est mêlé à notre réalité à plusieurs reprises. Par conséquent, le monde des super-héros n’a pas été épargné par les difficultés de notre quotidien et a connu de multiples rebondissements.

 

Au début de l’histoire étaient les « Comic strips »

La grande histoire des Comics débute vers 1840, par de petites bandes dessinées très courtes, qui paraissent dans la presse quotidienne. Basées sur l’humour, elles visent à fidéliser les lecteurs grâce aux histoires à suivre d’un numéro à l’autre, associées aux histoires drôles journalières. Pour l’anecdote, ces histoires étaient publiées en noir et blanc la semaine et bénéficiaient de couleurs uniquement le dimanche. Tout d’abord moquées, elles se sont rapidement vues renommées « comic strips » (« comic » pour « amusant, drôle » et « strip » pour « bandeau »). Ce terme a alors donné naissance au terme « Comics » que nous connaissons aujourd’hui. Dans le langage courant, ce terme désigne aujourd’hui la bande dessinée Américaine. Ainsi, les Comics se démarquent des « BD » européennes et des « Manga » japonais.

 

La saviez-vous ? Pour les Américains, le terme « Comics » désigne la bande dessinée dans sa globalité, quel que soit le style.

 

Le 1er comics, reconnu en tant que tel, a vu le jour à la fin du 19ème siècle. Il s’agit de « The Yellow Kid in McFadden’s Flats » (1897), que nombre de fans connaissent comme le « fameux gamin en chemise de nuit jaune ». Toutefois, l’histoire des Comics s’est réellement envolée avec l’arrivée d’un super héros venu tout droit de  Krypton en 1938. Comment ça « qui ça ? » ?!

Puis sont apparus les « comic books », marquant « l’âge d’or des Comics »

Le changement qui marque l’avènement du Comic Book est la diffusion de ces histoires dans des supports spécialement dédiés pour elles. En effet, en juin 1938, la maison d’édition DC Comics publie le premier numéro de « Action Comics ». Il s’agit de la toute première apparition de Superman, cet extra-terrestre Kryptonien et héroïque en collants bleus et culotte rouge ! Le succès est immédiat.

L'apparition de Superman

L’apparition de Superman

 

Un an plus tard, DC Comics produit le deuxième coup de tonnerre de l’histoire des Comics grâce au numéro 27 de Detective Comics : il s’agit de la première apparition de Batman !

De son côté, Timley Comics (futur Marvel) créé lui aussi ses super-héros et donne naissance à Captain America, à l’avenir prometteur. D’ailleurs, il deviendra rapidement, lui aussi, un super-héros.

Le saviez-vous ? Les dessins de Marvel sont réalisés aux marqueurs COPIC

 

De nombreux super-héros connaissent un vif succès pendant les années de guerre mondiale. En effet, ils affrontent dans leur monde fictif des adversaires dont la ressemblance avec les ennemis des Etats-Unis est pour la moins… troublante ! Un monde fictif, oui, et pourtant si proche de la réalité.

Il combat ici des ennemis portant la croix gammée et le signe du communisme

Captain America combat ici des ennemis portant la croix gammée et le signe du communisme

 

Le phénomène « comics » s’atténue ensuite, et de nouveaux genres voient le jour, tels les westerns, les histoires de science-fiction, d’aventure ou de romance. Avec le développement de la télévision dans les années 1950, les Comics connaissent un réel déclin. Toutefois, l’éditeur EC Comics réussit à tirer son épingle du jeu grâce à ses polars et histoires d’horreur particulièrement violents.

Le monde imaginaire des Comics et de ses super-héros fictifs a ensuite dû résister à une attaque bien réelle : la publication de « Seduction oh the Innocent », livre écrit par un psychiatre. Particulièrement virulent, ce livre attaque les Comics et les rend responsables de la délinquance des jeunes, de l’homosexualité et du communisme (rien que ça !). Quoi qu’il en soit, l’industrie du Comics ne se laisse pas abattre et sort son propre « Comic Code », qui a pour conséquence de faire disparaître les polars et titres d’horreur.

 

Le saviez-vous ? Seuls Superman et Batman résistent au triste achèvement de l’âge d’or des Comics.

 

L’âge d’argent des Comics, ou « l’ingéniosité de la vie quotidienne »

Le nouvel âge des Comics débute grâce à l’apparition de Flash, un des super-héros de DC Comics. Ce personnage n’est pas tout à fait nouveau, il s’agit en réalité d’une version revisitée, version qui n’a pas été publié durant l’âge d’or des Comics. Toutefois, Flash conserve de sa première version son nom et son super pouvoir (la rapidité bien sûr !). Le succès de cette publication est si important qu’il marque le début de la nouvelle ère des Comics. Face à un tel enthousiasme, DC relance tous ses anciens super-héros. Les super-héros redeviennent populaires !

L'apparition de Flash dans les Comics

L’apparition de Flash

L’âge d’argent des Comics s’illustre par l’arrivée d’autres nouveaux super-héros. Créés par Marvel Comics, et plus précisément par le dessinateur Jack Kirby et le scénariste et dessinateur Stan Lee, les 4 Fantastiques voient le jour en août 1961, suivis de Hulk en 1962, puis Thor, Spider-Man, Iron-Man, les X-men… Marvel devient, après la sortie de Daredevil en 1964, la 1ère maison d’édition devant DC Comics.

 

Le saviez-vous ? Ces nouveaux super-héros ont tous un point commun : en plus de sauver le monde, ils évoluent dans un quotidien similaire à celui que nous connaissons ! 

 

Stan Lee et Jack Kirby ont en effet la brillante idée de rendre réel le monde dans lequel évoluent les super-héros (monde qu’ils sauvent régulièrement!). Nombre d’entre vous savent que Super-Man, ce cher Clark Kent, est journaliste dans la vie quotidienne. Tout le génie des créateurs a été de créer des situations réelles, comme des disputes, des problèmes de la vie quotidienne, des histoires d’amour etc… ce qui a eu pour effet de rendre ces super-héros beaucoup plus humains et donc plus proches de leurs lecteurs ! D’ailleurs, chaque héro créé par Stan Lee et Jack Kirby a des défauts.

 

Ce tel rapprochement avec le monde réel se confirme lorsque des thèmes tels que ceux de la drogue, de la politique ou du racisme sont abordés, laissant de côté le « Comic Code ». Les comics évoluent et deviennent toujours plus réels.

 

L’âge de bronze des Comics, « Quand la réalité rattrape la fiction, avec ses lots de désolation »

C’est comme cela que s’est illustré le nouvel âge des Comics, en 1973. L’élément déclencheur ? Le décès de Gwen Stacy, la fiancée de Peter Parker, notre cher Spider-Man. Cette triste disparition est alors suivie par de nombreuses autres : Robin le fidèle apprenti de Batman, Elektra l’incroyable compagne de Daredevil, Jean Grey la célèbre X-Men… toutes ces disparitions ont pour effet de rendre l’univers Comics bien plus réel. En parallèle, elles le font mûrir : maintenant, les Comics s’adressent aussi aux adultes. Les histoires deviennent plus riches, plus recherchées.

Disparition de Gwen Stacy

La disparition de Gwen Stacy marque l’arrivée d’une nouvelle ère

L’âge de bronze est également marqué par l’arrivée des crossovers.

 

Le saviez-vous ? Un crossover est un Comics dans lequel plusieurs personnes de séries différentes se croisent.

 

Le succès de ces mini-séries est tel que Marvel et DC Comics créent tout deux leurs crossovers. Aujourd’hui ils perdurent, notamment au cinéma, et connaissent de gros succès, à l’image de « Batman V/S Superman ».

Comics V/S Marvel

La période contemporaine, ou « l’âge moderne »

La dernière période des comics est la moins définie. Certains la font débuter en 1985, avec la réécriture de l’univers de DC, tandis que d’autres considèrent qu’elle n’a démarré qu’en 1992, avec la création de la nouvelle maison d’édition Image Comics. Les créateurs, au nombre de sept, ne sont autres que d’anciens artistes de la maison Marvel. Ils créent leurs propres héros, et connaissent un succès aussi grand qu’inattendu.

 

Les tendances des années suivantes évoluent autour des collections de Comics, l’engouement pour  le dessin, puis un retour aux scénarii plus approfondis, les adaptations toujours plus nombreuses au cinéma… L’histoire des Comics évolue, encore, et n’est pas prête de s’achever !

Les Comics au cinéma

 

Et vous, êtes-vous fan des Comics ? Peut-être en dessinez-vous vous même ! Racontez-nous tout cela en commentaire :)

 

Camille de Label Art

Pour aller plus loin :

– Des produits de dessin et d’art graphique : par ici

– L’histoire secrète de la rivalité entre Marvel et DC Comics : ici 

– L’histoire des Comics plus en détails: ici ou

Cours de peinture : comment travailler le relief

lundi 24 février 2014

Roland Charbonnier nous explique aujourd’hui comment à l’aide, juste de couleurs et valeurs à mettre en relief une boîte. Ces notions et théories sont aussi valables et utiles pour représenter des architectures et autres sujets de forme cubique.

 

Je commence par mon dessin, en prenant soin de bien représenter les trois faces visibles de ma boîte en perspective. Ma boîte sera jaune. Ma lumière vient de gauche. Je peins la face exposée à la lumière d’un jaune lumineux.

 

 

 

 

 

 

Ensuite je peins la face non exposée à la lumière en fonçant mon jaune de base. Ici j’ai ajouté à ma couleur de l’ocre jaune et de la terre de sienne brûlée. Pour la surface plane restante, le haut de la boîte, je la représente en plus claire, donc en ajoutant du blanc à mon jaune de base. Je me retrouve avec 3 valeurs distinctes pour mes 3 faces.

 

 

 

 

 

 

 

Je peins le fond avec une nuance bleutée pour bien mettre en valeur ma boîte par contraste. Ma lumière vient de gauche, donc l’ombre portée de la boîte fuse à droite de l’objet vers l’arrière. Pour la couleur j’ajoute juste une pointe de noir.

C’est une boîte, avec un couvercle, il manque alors le petit filet d’ombre de celui-ci, que je réalise avec ma valeur foncée en ajoutant une pointe d’ombre brulée.

Je renforce mes contrastes entre les faces en plaçant quelques rehauts de jaune clair et jaune foncé comme sur la photo, de part et d’autre de l’angle, pour bien le marquer, mais sans faire de trait.

 

 

 

 

 

 

 

Et pour finir, j’écris quelques mots sur ma boîte en bleu. Avec un bleu clair sur la face claire, et un bleu plus fort sur la face foncée.

 Le matériel nécessaire pour réaliser ce cours du mois :

 

 

 

Cours du mois : dessiner d’après une vieille photo

vendredi 24 mai 2013

Bon voilà que le printemps est synonyme de nettoyage. J’ai donc patiemment rangé mes armoires et au fond d’un carton, je suis tombée sur cette vieille photo de poule et cela m’a donné envie de la dessiner. Je me rappelle de cette poule, je lui donnais des grains quand j’étais gamine, et chaque matin (l’été de mes 7 ans), on allait ramasser les oeufs qu’elle avait pondus à la ferme où nous séjournions. Je peux vous garantir que mon après-midi rangement s’est transformée en séance souvenirs, sourire au coin et carnet de dessin à la main, je vous livre mes esquisses pas-à-pas. C’est chouette de partager ça avec vous !

Donc voici ma cocotte à moi, elle est trop « cute » comme on dit en quebecois vous ne trouvez pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Travailler d’après une photo noir et blanc facilite le travail du dessin, pourvu que la lumière soit juste. Ici, tout est ok, je peux donc représenter la silhouette de cette poule puis les ombres conformément à ce que je vois. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« je trace donc la silhouette de ma poule au crayon HB, sur mon papier. C’est ma première étape. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ensuite je réalise un premier travail de modelé sans me soucier du plumage, en me concentrant juste sur le volume global de la poule. Je place les ombres en un dégradé de gris. J’appuie plus fortement et avec un crayonnage plus dense pour foncer mes valeurs de gris. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je détaille les petites masses et les petits volumes correspondant aux petites « touffes » de plumes, en réalisant des petits dégradés de gris plus forts dans mes gris. Je réalise tous les détails sur le bec, les yeux, les pattes etc.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Mon dessin est terminé. Avec une bombe de vernis incolore pour tableaux, je fixe mon dessin. Ici j’ai utilisé une bombe de vernis à retoucher Lefranc & Bourgeois. J’attends quelques heures de séchage.  Après, à l’aide d’un médium à peindre à l’huile, ici le medium incolore de la même marque, je réalise un glacis de terre d’ombre brûlée sur mon dessin pour apporter une petite touche de couleur. Dans les parties ombrées, je charge un peu plus en couleur. »

Ma cocotte est dessinée ! Bon j’avoue que mon repas du soir me tente moyen. Devinez ce qui cuit dans mon four à ce moment précis !!!!!

A table ! 😉

 Matériel utilisé :

 

Dessiner des ellipses

jeudi 4 avril 2013

Pour notre démo du mois, Roland a choisi de nous expliquer au travers de quelques esquisses les pièges et défauts que l’on commet assez souvent dans nos natures mortes : les ellipses.

« Bien souvent par un manque d’observation, ou trompé par l’idée de la forme que l’on veut représenter on réalise des ellipses mal interprétées. C’est une application de la perspective. Voici quelques exemples à ne pas suivre tout d’abord : »

  « Ici, la base du pot est droite, alors que l’assiette et le haut du pot dessinent des courbes accentuées. C’est une incohérence ! La base aussi du pot aurait dû dessiner une courbe identique à celle de l’assiette ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Sur ce deuxième exemple, l’ellipse à la base du pot est, elle, beaucoup trop accentuée, par rapport à celle du haut du pot. L’effet est trop marqué et donc pas élégant. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Voici donc sur ce dessin, la bonne représentation de ces ellipses, à différentes hauteur du pot. On remarque que plus on s’élève, et plus l’ellipse s’écrase, jusqu’au niveau du regard (ligne d’horizon). Elle se redessine ensuite dans le sens inverse.

En noir, la bonne silhouette du pot, et en rouge, les portions d’ellipses non visibles. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 « Enfin voici quelques dessins avec une représentation juste des ellipses ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Pour repérer et ainsi dessiner avec justesse de bonnes ellipses, il suffit de placer un objet cylindrique sur une table et d’observer avec attention la forme extérieur, le contour, afin de représenter la silhouette. En se plaçant à différente hauteur, on peut observer que les ellipses changent. Plus on observe le sujet de haut et plus les ellipses sont prononcées, et inversement. Tout est question de regard et d’observation ».

 

Vous l’aurez compris : ayons l’œil !

Matériel utilisé

Crayons de dessins Faber-Castell

Feuilles de dessin Clairefontaine

Gomme mie de pain Faber-Castell

Cours de dessin : esquisser un nu

samedi 23 février 2013

 

Il y a quelques temps Roland nous concoctait une démo pour apprendre à dessiner un nu à l’aide de lignes et courbes servant de repère pour construire notre dessin. Cela pour apprendre à affiner notre œil et contourner la fastidieuse technique du quadrillage qui finalement ne nous apprend pas à dessiner.

Il nous présente cette fois une autre approche, qui demande un peu plus de dextérité mais tout aussi intéressante.

Let’s go dear friend !

« Voici une technique de dessin qui demande une certaine rapidité et spontanéité. Bien souvent, à rechercher tout de suite la précision on se perd dans l’équilibre général, le respect des proportions, et la compréhension du sujet. Celui-ci est une femme nue assise.»

 

1-« Donc oublions la précision pour démarrer cet exercice. Au crayon HB, sans appuyer sur la mine je croque rapidement et schématiquement les formes du corps. A ce stade je n’obtiens qu’un ensemble de rond, d’ellipses, de courbes qui esquissent grossièrement le haut du personnage. »

 

2-« Je poursuis progressivement, toujours sans précision le reste du corps. Notez la multitude de traits. Sans gommer je rectifie, en passant et repassant avec mon crayon, les proportions et les formes globales.»

 

3-« Mon esquisse est déjà grossièrement aboutie. Les proportions sont justes, mais le trait reste imprécis et confus. C’est bien évidement volontaire, jusqu’à ce que j’estime avoir un bon équilibre d’ensemble. Si ce n’était pas le cas, je continuerai sans gommer à multiplier les lignes et courbes jusqu’à un résultat satisfaisant. »

 

 

4-« Ensuite et toujours au crayon HB j’appuie plus fortement mon trait pour dessiner la silhouette du corps plus en précision. J’attaque aussi les détails. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5-« À ce stade mon dessin est précis et juste. Il manque plus que quelques détails sur le visage et le travail du modelé pour donner du volume à mon sujet. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6-« Et voilà. J’ai défini une direction à ma lumière pour placer mes ombres propres et portées. J’ai aussi renforcé quelques zones avec un gris plus foncé en utilisant un crayon 4B. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Matériel utilisé :

Crayons de dessin et graphite Faber-Castell

Feuilles de dessin Clairefontaine

 

 

Notre cours du mois : apprendre à dessiner un nu

lundi 13 août 2012

Dans la pratique du dessin, l’exercice qui me semble le plus difficile est le nu. Roland nous donne quelques conseils au travers de cette démo pour surmonter cette « épreuve ».

 

« Dessiner un nu est un travail difficile et requiert une certaine maîtrise et connaissance de l’anatomie. D’après modèle, l’exercice est périlleux. Je recommande pour s’exercer, de commencer le travail d’apprentissage en dessinant d’après photo. Cela permettra déjà d’affiner son regard et de repérer plus facilement les lignes et courbes. Car ici nous n’allons pas appliquer de quadrillage (long et laborieux), mais juste des droites et portions de cercle qui serviront de base à notre dessin. Voici donc une photo d’une jolie femme que j’ai pris soin d’imprimer sur papier. »

« Ensuite je repère et trace ces diverses lignes et courbes, sur cette impression, qui me serviront à construire mon dessin, et respecter les proportions de ce corps. Observez :

– la courbe qui passe depuis l’épaule, le torse jusqu’au ventre,

– l’oblique qui souligne le haut du bras en passant entre les yeux,

– les deux droites à l’intérieur desquelles se dessine l’avant-bras sur lesquelles repose le sein.

Il n’est pas nécessaire d’en tracer de trop. Celles ici me suffisent. »                                                                                                                                                                                

« Sur mon papier à dessin, après avoir reproduit à l’échelle le cadre de la photo, je trace toutes ces droites et courbes, en mesurant leur points de départ sur ce cadre. »

« Je dessine la silhouette de ce modèle en m’appuyant sur ces lignes et repères pour ajuster au mieux mon esquisse. »

  « Une fois mon dessin mis en place, je l’affine en marquant davantage mon trait. »

« Il me reste plus qu’à placer quelques ombres en forçant au crayon, pour donner du relief, et pour finir je gommerai les lignes et courbes qui m’ont servi de support. »

Vous avez vu ça ! 5 lignes et une courbe lui ont suffi. Je pense que nous autres auront besoin dans un premier temps de plus de lignes de repère pour s’appuyer. C’est sans nul doute une méthode intéressante et pratique.

Une fois de plus merci Roland.

Que pensez-vous des cours de nu ?

mardi 10 juillet 2012

 

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lancé un message d’incompréhension, alors voila :

Je me suis rendue dans l’atelier d’un collègue enseignant peintre qui propose des cours de nu. C’est je pensais plus sympathique de dessiner sur le vif que de travailler d’après photo. Je fus vraiment désenchantée !!

Je me disais que pour une séance de 2h30, j’aurai la possibilité de réaliser une belle étude de nu, et profiter de quelques conseils judicieux. Mais rien ne s’est passé ainsi.

Je découvris à ma grande déception comment en fait se déroulent la plupart des « cours » sur ce thème.

Le « prof » demande au modèle de changer de position toutes les 15mn !!!! Peu importe l’outil, chacun peint ou dessine avec ce qu’il veut !!

Inutile de dire qu’en 15mn, je n’ai pas eu le temps d’approfondir mes études. J’ai eu juste le temps de réaliser le tracé de la silhouette à chaque pose !!!

Je n’ai évidement pas compris l’objectif de ces cours. Impossible après le tracé d’esquisser un travail de modelé, de placer ombres et lumières. Impossible aussi d’avoir quelques conseils sur comment même dessiner la silhouette. Comment procéder, comment démarrer le dessin, quelle méthode suivre, les règles de proportions du corps humain….rien de rien !!!

A ces questions, que j’ai évidement posé, on m’a répondu :

« Il faut aller à l’essentiel, représenter le corps avec expressivité et force, d’un trait vigoureux et sûr. L’intérêt n’est pas de construire un dessin abouti, ni de maîtriser le modelé ou connaître l’anatomie d’un corps, mais de libérer le geste de toutes contraintes ». Hum hum !!!

Effectivement on était loin de toutes démarches académiques. J’ai rien appris ! J’ai rien compris ! Enfin si, qu’il existe vraiment deux écoles de peinture et que je ne me retrouve pas dans ce type d’ « apprentissage » et démarche. Pour mes prochains nus, je demanderai à une amie de poser pour moi, chez moi, et aussi longtemps que je voudrai.

Et vous, qui avez certainement connu ce genre d’expérience, vous a-t-elle enrichi ? Qu’en pensez-vous ?

La BD, de la main vers le clavier … il n’y a qu’un pas !

mardi 5 juin 2012

Êtes-vous lecteur de bande dessinée ? C’est incroyable de voir toutes ces BD actuelles d’une si grande qualité graphique. On peut ne pas apprécier le trait, le coup de crayon des artistes, la « patte » du dessinateur, mais côté mise en couleur, c’est parfois prodigieux.

Pour la plupart, on peut même dire quasiment toutes, c’est grâce à ces petites merveilles de technologie informatique : les logiciels de traitement d’image.

Le plus connu, et je pense le plus utilisé est « Photoshop ».

Je suis carrément bluffée par le rendu de ce logiciel. Il peut reproduire avec une extrême ressemblance, tous types de peinture.

Sur youtube, on peut visionner des démonstrations et réalisation d’œuvres avec ce logiciel. Un ami m’a aussi fait une démonstration. Je trouve cela magique !

Magique, car à partir d’un simple croquis scanné, avec une grande maîtrise du logiciel, muni d’une palette graphique, étape par étape on réalise un coloriage très  pointu, imitant la touche d’une brosse, ou hyperréaliste. Les dégradés, les fondus, les effets de lumières, de brillances,  les transparences, tout est possible. Il reste qu’il faut avoir de solide base en dessin pour bien représenter le modelé. J’affirme donc que certains graphistes informatiques sont de véritables artistes.

Car évidement beaucoup de personnes pensent qu’il n’y a rien d’artistique dans l’utilisation de ces logiciels. Mais bien que ceux-ci permettent un rendu ultra rapide d’une grande précision et beauté, faut il encore savoir s’en servir et surtout, avoir de vrais connaissances techniques et théoriques en peinture, et pour finir, une grande expérience, pour y arriver.

Tout le monde n’est pas de cet avis ! N’est ce pas ???

J’ai découvert, par contre, un site web qui m’a sidéré ! Je ne le citerai pas pour ne pas faire de promo ! Je suis vilaine ! Héhéhé !

Le principe : On télécharge une photo de notre album, par exemple notre beau jardin sous le soleil d’été, sur ce site ; puis à l’aide d’outils programmés, on transforme notre photo en tableau peint façon Monet, van Gogh, ou en dessin au fusain, à l’aquarelle, etc. Le pire, c’est que c’est super efficace et vraiment facile à utiliser ! Là, il y a rien d’artistique dans la démarche. Mais ou va le monde ??!!! Que sont devenues nos vraies valeurs ? Je plaisante mais je pense qu’il y a plus d’un petit malin qui font passer ce type de réalisation pour de vrais tableaux fait maison.

Allons-y gaiement, dénonçons-les, qu’ils finissent sous les verrous pour atteinte à l’intégrité morale et artistique !!

L’encre de Chine

vendredi 27 avril 2012

 

Un dessin à l’encre de Chine, façon estampe chinoise, ce n’est pas très compliqué à réaliser

Ce qui caractérise une estampe, c’est des lignes simples, épurées, qui vont esquisser un dessin relativement naïf  mais très stylisé. Le jeu de couleur est lui aussi réduit à l’essentiel puisqu’on utilise que de l’encre de chine. C’est donc avec juste des lavis de différents gris jusqu’au noir intense que l’on peint. Pour obtenir ces multiples tons de gris il faut jouer sur la quantité d’eau associée à l’encre. Beaucoup d’eau et peu d’encre donne un lavis gris clair et inversement.

 

 

L’avantage de l’encre de Chine est qu’elle est transparente en lavis et indélébile.

En superposant  différents tons de gris, donc en superposant des jus de plus en plus concentré, on obtient des gradations d’une grande beauté. Les plus habiles pourront même, en travaillant humide sur humide, créer de beaux fondus. Pour peindre des bambous, sujet classique de l’estampe, jouer avec ces différents gris donne de la profondeur à l’œuvre. On commence par peindre des bambous (tiges et feuilles) avec un lavis clair, puis progressivement on utilise des lavis plus fort pour peindre d’autres bambous en premier plan, jusqu’à peindre avec l’encre de chine pure des bambous bien noirs en tout premier plan. L’effet est sympathique. On suit cette même méthode pour peindre des montagnes aussi.

Côté outil, un petit gris comme à l’aquarelle est adapté et efficace pour ce genre d’exercice.

Mais il faudra bien faire attention à le nettoyer avec précaution sinon il sera bon pour la casse. Le geste compte aussi beaucoup dans ce style graphique. Il demande de la spontanéité et de la précision. Mais sans respecter les codes et règles des maîtres chinois de l’estampe on arrive facilement à de délicats et jolis résultats.

Faut essayer ! L’encre est un outil peu cher et avec un petit flacon, on fait des tonnes de dessin.

Liens utiles :
Les encres de Chine Sennelier
Les encres Liquitex
Les encres de Chine Lefranc & Bourgeois
Les feuilles dessin

 

 

Osez jouer les cartes des couleurs : peignez fauves !

dimanche 22 avril 2012

Si les œuvres des impressionnistes et des fauves sont si belles, c’est surtout car elles sont riches en couleurs. Au-delà du style, de la touche, des sujets même, c’est bien l’abondance de couleurs chatoyantes et lumineuses qui ravit nos yeux.

De telles couleurs ne sont pas toujours exactes et réelles dans la nature, mais peu importe ! Le principe même de la peinture est d’interpréter la nature pour la rendre plus belle.

Aucunes obligations ne nous contraignent à respecter la réalité. Quand le tableau est fini, le sujet, le modèle, disparaissent pour faire place à l’œuvre. Alors ne nous privons pas de ces belles couleurs que nous avons en tube pour EXTRAPOLER la réalité. Car il s’agit bien d’extrapolation. Une petite explication s’impose.

Le principe consiste à se servir comme repère, des faibles couleurs existantes sur le modèle. Ensuite, lors de la mise en couleur, nous allons exagérer, exprimer ces couleurs de manière plus vive, plus franche, plus saturée. Par exemple, si nous nous affairons à peindre un paysage, et que devant nous s’offre un ciel clair, un peu grisonnant,  pourquoi ne pas forcer sur le bleu pour lui donner plus de gaité. De même si nous avons à peindre des feuillages. Ravivons ces verts avec du vert de vessie, du jaune, pour augmenter leur luminosité et fraicheur. Ces petites lueurs violacées dans les montagnes au lointain seront peintes à grand renfort de violet. Pour les toits en tuiles de ces maisons de Provence, forçons sur des valeurs orangées. Voila le principe de l’extrapolation.

On triche, exagère, force sur les valeurs, rajoute des touches de-ci delà de couleurs pures.

 

Le résultat est que nous aurons des œuvres vivantes et joyeuses, comme cette petite étude, pourtant très simple.