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La règle du « gras sur maigre »

lundi 21 novembre 2011

Je ne sais pas si je suis bonne pédagogue, je l’espère, car il y a un point sur lequel il semble que mes explications n’ont pas été claires et bien comprises lors d’articles précédents. C’est la règle du gras sur maigre, pour la peinture à l’huile. Elle n’est pas si évidente à comprendre et à appliquer.

Cette règle sous entend un travail en plusieurs étapes, en attendant entre chaque étape, le séchage en surface de la peinture. Elle sous entend également l’utilisation impérative d’un médium.

Comment procéder ?

  1. Première étape. Je réalise mon ébauche avec ma peinture et mon médium 1. Ce médium 1 sera composé d’un mélange à volume égal d’essence (pétrole ou téré) et de médium de base, que l’on trouve en flacon du genre médium flamand, médium incolore Lefranc & bourgeois, médium à peindre Talens etc.
  2. Etape 2. Je pose d’autres couleurs, superpose, glace, rehausse, corrige mon ébauche avec ma peinture et mon medium 2. Celui-ci sera composé d’un mélange de 2/3 de médium de base avec seulement 1/3 d’essence. Ainsi ma peinture est dite plus grasse, car elle est travaillée avec un médium plus riche en résine, plus gras (résine = gras).
  3. Dernière étape. Cela peut être l’étape des glacis et ultimes retouches. J’utilise cette fois mon médium 3. Celui-ci sera en fait le médium de base que j’utilise pur. Ma peinture est encore plus grasse car encore plus riche en résine.

J’ai ainsi respecté cette fameuse règle du gras sur maigre. Mais pourquoi donc ? En séchant (enfin je devrais dire en siccativant) ma peinture durcit et se contracte. Des tensions s’opèrent en surfaces. Il faut alors assurer à ma peinture suffisamment de souplesse pour supporter ces tensions. Ma couche de peinture en étape 1 en séchant à cœur, inflige ces tensions à la couche de peinture en étape 2, et ainsi de suite. Il faut alors que ma couche 2 soit plus souple et plus tendre (donc plus grasse et plus lente à sécher à cœur) pour supporter cela.

Si a l’inverse, ma couche 2 était pauvre en résine, donc plus maigre que la couche 1, elle sécherait plus vite, durcirait, et supporterait mal les tensions de la couche 1 pas encore sèche. D’où l’apparition dans ce cas de craquelures, frisures, embus etc.

Voila ! J’ai été claire ? Sinon j’abandonne 😉

Diluer sa peinture avec du white spirit … c’est bien?

vendredi 8 avril 2011
Peindre à l'huile : les essences

Peindre à l'huile : les essences

Une distraction favorite de mon amie Christelle, est de me regarder peindre, une tasse de thé à la main, lovée sur le petit sofa de mon atelier. Selon son humeur du jour, je suis soit complimentée, soit critiquée, soit assaillie d’interrogations sur mes sujets, ma technique et autre…je précise qu’elle peint également.

Aujourd’hui, alors que je m’exerçais à peindre une petite nature morte dans les règles de l’art flamand, je l’entends me poser ces questions :

«  Mais dans quoi tu trempes ton pinceau ? C’est de l’essence ? Moi je dilue ma peinture avec du white spirit, c’est bien ? »

Après un petit cri étouffé de stupéfaction, me voila partie pour éclairer sa lanterne, d’une belle explication sur l’utilité des médiums pour l’huile (Petite explication qui je pense fera le plus grand bien à beaucoup).

« C’est du medium, pas de l’essence. Cela sert non seulement à diluer sa peinture, la rendre plus douce, plus onctueuse, mais aussi à l’enrichir en résine (en corps gras), pour lui assurer une bonne pérennité. Cela évite les craquelures, les embus, les frisures, et autres sinistres. C’est en utilisant du medium que l’on respecte la règle du gras sur maigre. A savoir pour l’exemple d’un tableau réalisé en 3 étapes :

-démarrer son œuvre avec une peinture maigre : avec l’adjonction d’un médium dilué avec de l’essence de térébenthine

– puis poursuivre son œuvre après séchage avec une peinture plus grasse : moins d’essence dans le médium

– terminer son tableau avec du médium pur.

Autre détail sur l’importance du médium. Il en existe de différentes sortes. Chacun a sa spécificité et ses qualités. Il y en a des très fluides, des onctueux, des pâteux. Certains prennent vite. D’autres collent à la toile et sont plus épais. Et ils auront tous une influence sur l’écriture et le rendu final. Quand au white spirit, garde le juste pour nettoyer tes outils »

A la lueur de toutes ces explications elle eut une autre question :

« Mais alors, moi, tu connais mon style et ma technique, qu’est ce que je dois prendre comme médium… ? ».

Et me voila repartie pour passer en revue tous les médiums existants, mes préférés, et ce que l’on obtient avec. A suivre ….

Découvrir ma sélection d’essences :

Essence de térébenthine Lefranc & Bourgeois

Essence sans odeur Sennelier

Essence de pétrole inodore Talens