Articles taggés avec ‘Fondu’

Huile et acrylique : supports entoilés ou papier ?

lundi 21 janvier 2013

Parmi les produits existants que je ne recommande pas, je citerai Les blocs papier pour peinture huile et acrylique. Pour les avoir testé, je peux affirmer que ce ne sont pas des supports idéaux pour de bons résultats.

En effet, ces papiers, puisqu’il s’agit en fait de papiers apprêtés, n’offrent pas une surface aussi intéressante et efficace que de la toile. Que l’on utilise de l’acrylique ou de l’huile, ces papiers ont déjà la fâcheuse manie de gondoler. Ensuite et c’est l’autre défaut majeur, ils sont très absorbants. Il est donc dur et laborieux de peindre sur ceux-ci puisque la peinture pénètre le support et rend le travail de fondu, dégradé, difficile.

On l’aura compris, ces blocs ne sont pas destinés à réaliser des œuvres de belles factures et abouties, mais plutôt des esquisses rapides, des essais ou des tests couleurs.

Et comble de l’ironie, ils présentent souvent une structure ressemblant au tissage d’une toile.

Cela n’a aucun intérêt ! La matière est déterminante dans le travail qu’exige la peinture … Alors préférez toujours les supports toilés à ces papiers dans vos travaux finalisés.

Je vous renvoie à cet article : Bien choisir sa toile

Et au matériel :

 

Réussir ses fondus au fusain et crayons

lundi 29 octobre 2012

Je vois souvent des dessinateurs amateurs utiliser les doigts pour dégrader une valeur et réaliser des fondus. Moi-même après une séance de dessin j’ai de vraies mains de ramoneur !

Mais les doigts, ça ne marche pas dans tous les cas et avec tous les outils du dessin. Au fusain, pas de souci, allons y gaiement. Le fusain est si poudreux, comme le pastel, qu’il est facile et judicieux de fondre avec les doigts. C’est ainsi que l’on obtient ce jeu de valeurs, du noir au gris clair.

En revanche, avec les mines graphites, c’est plus difficile. Ce qu’il faut, dans un premier temps, c’est de s’empêcher d’utiliser les doigts. Il faut en variant l’intensité du trait, du crayonné, ou en changeant de mine (passer du HB au 2B, puis au 4B), essayer d’obtenir d’abord des valeurs de gris différentes. Une fois ce travail achevé, on peut alors estomper le tout au doigt pour effacer les marques du crayon. Bien évidement, si le trait est trop marqué, le doigt ne pourra effacer la marque.

Entrainez vous à dessiner, à crayonner avec légèreté, sans appuyer fortement, mais plutôt longuement pour densifier les gris. Passez à des mines plus grasses progressivement. C’est seulement quand le travail vous semble convaincant à ce stade, que vous pouvez commencer le travail d’estompe et de fondu.

Ainsi réalisé, votre dessin sera riche en valeur, en contraste, et d’une belle douceur dans les fondus.

Les outils du dessinateur :

Papiers Clairefontaine

Fusains Faber-Castell

Mines de plomb Faber-Castell et crayons Conté à Paris

La technique du Sfumato

mardi 3 janvier 2012

Lors d’un article précédent je vous ai exposé la technique mise au point par Léonard de Vinci pour représenter la profondeur et l’éloignement dans un paysage. Cette technique appelée « perspective atmosphérique » joue sur les couleurs et la touche. En réalisant un léger flou sur les sujets lointains, ceux-ci paraissent, grâce donc à leur forme imprécise, plus éloignés.

Cette technique fonctionne aussi pour les natures mortes. Ce sont les éléments en arrière plan qui seront peints avec moins de précision, en accentuant ce flou donc. Ainsi on met en valeur le premier plan, et on inscrit de la profondeur dans notre sujet par ce jeu de « floutage ». Oui je sais je viens d’inventer ce mot mais il traduit bien l’idée. Si en français ce mot est un énorme barbarisme il existe en italien un mot qui définit cette technique. C’est le « sfumato ». Et c’est évidement notre maître vénéré Léonard qui en est l’inventeur. On l’a vu, ce flou a le premier intérêt d’inscrire, en l’accentuant plus ou moins, de la profondeur à notre composition.

Sfumato

Sfumato

Il possède un second intérêt. Celui de créer une cohésion, un lien entre tous les éléments d’une composition. Cet effet de sfumato est alors appliqué partout. Nous n’avons ainsi pas de limites distinctes entre les éléments. Ils sont reliés par ce sfumato. Il est alors très subtil en premier plan et plus enlevé en arrière plan. La Joconde est le parfait exemple de cette technique. Léonard a imaginé, puis peint selon cette technique pour apporter à la fois une illusion du réel et cette vibration qui donne vie au tableau. Dans la réalité nous ne percevons pas les choses ainsi. Encore une preuve que la peinture est une interprétation du monde.

Pour réaliser ce sfumato, il suffit après avoir peint tous nos sujets, après avoir interprété le modelé, de réaliser un léger fondu entre les éléments, pour casser et adoucir leurs contours. Pour ce faire, on frotte avec une petite brosse pour que les couleurs s’interpénètrent. Vous observerez que paradoxalement, cette technique offre beaucoup plus de réalisme, si elle est réalisée tout en finesse, qu’un tableau hyper précis aux contours nets.

J’en reviens à la Joconde. On peut ne pas aimer ce tableau, mais il est le parfait témoignage des progrès et avancés technique apportés par cet artiste. Je vous invite maintenant à l’admirer sous un autre œil.