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Le musée de Toulouse-Lautrec

dimanche 13 novembre 2011

Je viens de m’offrir un petit week-end à Albi où j’ai eu l’heureuse opportunité de découvrir le magnifique Musée de Toulouse Lautrec.

Abrité dans le Palais de la Berbie, répertorié Monument Historique, il fait partie de la cité épiscopale d’Albi. La cathédrale et le musée en briques rouges représentent un ensemble architectural unique au monde qui vient d’ailleurs d’être classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco le 31 Juillet 2010.

C’est donc à quelques pas de la Cathédrale Sainte Cécile, nichée dans les anciens remparts de la ville que j’ai visité cette magnifique bâtisse flanquée de deux tours. Elle abrite la majeure partie de l’oeuvre du peintre (plus de mille œuvres) léguée par sa famille. Elle comporte deux étages de salles superbes où sont présentés la production du peintre et quelques objets personnels lui ayant appartenu, comme par exemple sa canne qui se dévissait pour lui donner accès à une petite fiole d’absinthe !

A l’auditorium, un film d’une demi heure est consacrée à sa vie.

Quand vous arrivez au palais, vous avez le choix de vous rendre directement au Musée en y accédant par une très jolie cour pavée (attention à vos talons aiguilles !) ou de faire un petit tour sur les terrasses et admirer la vue sur les jardins et sur le Tarn.

Un peintre, petit par la taille, grand par le talent

Le caractère atypique du peintre rend la visite passionnante. La présentation bien conçue nous permet de suivre son évolution et d’imaginer le contexte de l’époque et les milieux qu’il fréquentait, car Henri deToulouse-Lautrec malgré son handicap (ou à cause de son handicap) était un joyeux luron.

Il naît à Albi en 1864 dans une famille bourgeoise apparentée aux Comtes de Toulouse. Une malformation osseuse incurable l’empêchera de grandir. Pour oublier son corps difforme, il s’étourdira durant sa courte vie dans les fêtes de la Belle Epoque, à Paris.

Elève brillant à l’école des Beaux-Arts, il suit d’abord le courant impressionniste. Mais il trouve bien vite son style, proche de la caricature. Il tire un parti admirable des effets de l’ombre et de la lumière qui accentue les traits des visages au point d’en faire de véritables caricatures. Pour cela il s’inspire de Degas qu’il admire au plus haut point. Ce que l’autre ne lui rend pas ! Degas qui est un misanthrope taciturne ne peut s’empêcher de le railler cruellement : « Il porte mes habits, mais retaillés à sa mesure… ». Oh, le vilain jaloux…

Les copains de Toulouse-Lautrec s’appellent : Bonnard, Vuillard, Maurice Denis, Paul Sérusier… et le musée nous offre quelques unes de leurs œuvres.

Ses thèmes de prédilection

Chanteuses de cabaret, acteurs, actrices peuplent son univers. Les scènes de cirques l’inspirent. Egalement les maisons closes qu’il traite avec compassion et pudeur. On imagine facilement la complicité et l’affection qui se sont instaurés entre l’artiste au corps difforme et ces femmes au destin éprouvé. Bon nombre de personnages qui ont compté pour lui nous accompagnent dans cette visite :

sa mère, la comtesse Adèle dans les bras de laquelle, il mourra à l’âge de 37 ans seulement.

Son ami d’enfance Maurice Royant à qui sa famille l’a confié pour … l’empêcher de boire.

Suzanne Valadon, peintre et mère d’Utrillo qu’il a aimé à la folie, mais cet amour était à sens unique

La chanteuse « La Goulue » qui lui disait « quand je vois mon cul dans tes tableaux, je le trouve beau ».

Un affichiste célèbre

Parmi les affiches présentés, certaines ont contribué à sa renommée :celle en particulier où l’on voit le chansonnier Aristide Bruant avec son écharpe rouge et celle de « La Goulue » au Bal du Moulin Rouge.

Ses crayonnés aussi sont fascinants. Ils révèlent tout son talent et sa virtuosité. Alors n’hésitez pas à vous offrir cette visite de charme…

Quand l’art fait sourire la vie

vendredi 5 juin 2009

Il existe en Seine et Marne, un centre de soins pour handicapés lourds qui pratique une approche inédite du handicap.
Cet établissement accueille des jeunes de … 18 mois (!) à 25 ans, victimes d’accidents de la vie ou de maladies génétiques ou de naissance.
Lors des journées portes ouvertes, on les croise dans les couloirs, souriants et bien souvent l’oeil malicieux
alors qu’ils sont atteints d’handicaps très lourds qui vous mettent le cœur à l’envers.
Ils vous lancent de tonitruants « Bonjour ! Comment ça va ? ».
Ce sont de grands invalides certes, mais avant tout ce sont des êtres bouillonnants de vie qui vibrent des mêmes désirs et des mêmes espoirs que tout le monde.
Et cette notion, l’établissement de soins l’a prise en compte.

L’équipe soignante a compris que l’art permet à l’être humain de communiquer et de s’affirmer.
A la poubelle donc, les affreuses prothèses classiques !
Le service d’appareillage orthopédique grâce à des matériaux novateurs comme le carbone et le kevlar
réalise sur le site même  des prothèses et des orthèses « customisées ».
Chaque enfant, adolescent ou jeune homme commande ce qu’il souhaite au point de vue couleur et au point de vue motifs.
Au final c’est une débauche de couleurs flashy, de mikeys, d’étoiles, de fleurs etc…
Pour le petit malade c’est une façon de s’affirmer : « regarde qui je suis ! »
Avouez que ça remet les pendules à l’art…