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Décrypter vos tubes de peinture : opacité et transparence

Jeudi 15 décembre 2011
Opacité et Transparence

Opacité et Transparence

Il existe sur nos tubes de peinture des symboles qui renseignent sur les spécificités de chaque couleur. Il est important de les connaître pour savoir ce que l’on a entre les mains. Parmi les indices les plus importants, nous avons celui de l’opacité ou de la transparence. C’est le petit carré que l’on voit sur les tubes. Si ce carré est plein, la couleur est opaque. A l’inverse, si celui-ci est vide, c’est que la couleur est transparente. Si le carré est coupé en deux, moitié plein et moitié vide, c’est que la couleur est semi transparente, ou semi opaque, ce qui est la même chose en peinture.

Quand on est averti de ces spécificités, pas de surprise !

Ainsi il y a des couleurs avec lesquelles il sera dur de couvrir un fond, ou d’avoir des rehauts intenses sur un fond coloré. Pour exemple le vert de vessie, qui est une couleur forte, puissante, saturée, n’a pas d’opacité. L’appliquer sur un fond blanc est démonstratif (et catastrophique !!!). Il y en a bien d’autres.

Personnellement je n’aime pas les couleurs transparentes. Elles me gênent dans mon travail. Et si je recherche pour réaliser des glacis une certaine transparence, j’utilise mon médium en plus grande proportion pour casser l’opacité de ma couleur.

C’est évidement une question de technique individuelle et d’habitude.

Et vous quelles techniques utilisez-vous pour réaliser vos glacis ?

Travailler en pâte avec le médium flamand Lefranc & Bourgeois

Jeudi 8 décembre 2011

Petit rappel sur l’utilité des médiums dans le cas bien précis de la peinture au couteau…à l’huile.

J’en connais, qui ne s’embêtent pas et utilisent directement, telle quelle, la peinture sortie du tube. Je ne les dénoncerai pas mais j’ai des noms !! ;-)

Je sais ça marche. Mais cela présente quelques inconvénients, et surtout celui de ne pas assurer une bonne pérennité à l’œuvre. Je le rappelle, la peinture en tube est très pauvre en résine. Elle ne contient que le juste nécessaire d’huile pour assurer la liaison des pigments. Pour réaliser nos tableaux il faut enrichir la peinture de résine, et lui apporter toute les qualités nécessaires à son durcissement et sa stabilité.

Peindre au couteau sans médium c’est s’exposer à des craquelures, des embus, un séchage long, et des « frisures ».

Tous les médiums à l’huile ne sont pas adaptés à la peinture au couteau. Sont à proscrire donc les médiums fluides. Au top, il y a le médium flamand de Lefranc & Bourgeois. Il est très épais, collant et ne dénature pas les couleurs. Il existe des médiums d’empâtement qui contiennent une charge blanche (blanc de zinc, de craie ou autre) qui éclaircissent les couleurs. Je ne les conseille pas pour cette raison bien qu’efficaces pour de lourds empâtements.

Le médium flamand est de loin mon préféré.

Pour l’utiliser il suffit sur la palette de mélanger à une grosse noix de peinture avec une petite noix de médium. Soit en volume : 2/3 peinture, 1/3 médium. On effectue ce type de mélange pour chaque couleur sur sa palette. Ensuite on attaque ces empâtements sur la toile en piochant de-ci de-là nos couleurs comme on le fait habituellement. Attention tout de même, l’huile ne permet pas sans danger de fort empâtement. Il faut rester raisonnable et se limiter à des épaisseurs au maximum de 3mm.

Et si l’on veut plus d’épaisseur et ainsi sculpter la toile, le mieux est de travailler tout à l’acrylique.

La technique du rehaut à la pierre noire

Mardi 29 novembre 2011

Autre question d’une lectrice qui me demandait comment procéder pour réaliser sur son tableau des cernes noirs autour des éléments de sa composition. Beaucoup de peintre tels que Van Gogh, Bernard, Cézanne, Cauvy, ont adopté cette écriture. Nous avons deux possibilités pour ce faire. La première consiste à tracer le dessin sur la toile avec un crayon type pierre noire en marquant largement le trait. On peut le faire avec un fusain (dans ce cas un fixatif empêchera la poudre de se répandre et salir les couleurs), ou même directement avec un jus acrylique noir. On passe ensuite à la mise en couleur en veillant à ne pas couvrir complètement ces traits.

L’autre méthode consiste à l’inverse de souligner les contours et formes après la mise en couleur. Dans le cadre d’une peinture à l’acrylique, nous avons le choix de l’outil et de la technique pour cela. Cela pourra être réalisé avec un jus d’acrylique noir passé à la brosse, un pastel gras noir, ou encore à la peinture à l’huile noire avec une brosse ou une martre pointue. Dans le cas d’un tableau fait à l’huile, seuls des contours réalisés à la peinture à l’huile noire seront possibles. Cette deuxième méthode a le défaut à mon gout de marquer le trait trop nettement.

La première donne un cerne noir irrégulier qui s’intègre mieux à la composition.

Cela dit un mixte des deux méthodes est possible. Une autre couleur pour marquer ces contours donnera un résultat moins fort tout aussi élégant. Un brun, un ocre rouge feront tout aussi bien l’affaire dans ce style d’écriture.

L’utilisation du clair sur le foncé …

Jeudi 3 novembre 2011

Que faire ? Si après avoir peint dans un beau vase, les tiges et feuilles de mimosa, on n’arrive pas en superposition à obtenir de belles petites boules bien jaune par-dessus les masses vertes ! Idem si je veux peindre dans mon paysage, de jolies goldens sur un arbre ! Pas facile de couvrir avec du jaune sur un fond foncé!

Et oui cette couleur a le fâcheux défaut de n’être pas couvrante. Même s’il existe des tubes avec un indice d’opacité maximum, la réalité démontre le contraire. On va dire que l’opacité entre les tubes de jaune est relative, et donc que les jaunes sont plus ou moins transparents.

Alors comment palier à cet inconvénient ?

La première solution est de réserver les parties à peindre en jaune. Ainsi sur le blanc de la toile le jaune prendra tout son éclat.

La seconde solution est de peindre d’abord en blanc les zones concernées, puis une fois sec de poser les jaunes. Technique idéale à l’acrylique.

Troisième solution : pour donner plus d’opacité, on prend un jaune très foncé que l’on mélange avec du blanc. Plus il y aura de blanc et plus il sera couvrant, mais évidement, moins intense en couleur ! Pour une séance alla prima à l’huile c’est l’option idéale.

Dernière solution : empâter au maximum ! Avec des rehauts jaunes d’un bon demi-centimètre le tour est joué ! Mais à ne pas faire à l’huile.

Concilier tempera et technique à l’huile

Lundi 17 octobre 2011

Avant la peinture à l’huile, la technique maîtresse utilisée pour la peinture de chevalet était la tempera. Un médium à base d’œuf dans lequel étaient broyés les pigments. L’eau servait alors de diluant.

Lorsque les techniques de peinture à l’huile se développèrent et se perfectionnèrent, certains peintres, et notamment les flamands, concilièrent ces deux techniques. En effet, beaucoup utilisait la tempera en première étape de réalisation d’un tableau, pour ensuite travailler par-dessus à l’huile ; En respectant ainsi la fameuse règle du « gras sur maigre ».

De cette astuce on peut aujourd’hui en garder le principe. A savoir réaliser l’ébauche de notre œuvre avec une peinture à l’eau (acrylique, caséine, vinylique), et poursuivre avec une peinture à l’huile. C’est dans ce sens, huile sur eau, parfaitement compatible. Cela permet de gagner du temps en délai de séchage, et d’avoir des fonds très précis. Et vous verrez qu’en adoptant cette technique, petit à petit vous irez de plus en plus loin à l’eau, pour ne réaliser que de petites finitions à l’huile.


Médium Vénitien : une matité parfaite

Mardi 4 octobre 2011
Vernis vénitien Lefranc & Bourgeois

Médium vénitien Lefranc & Bourgeois

La peinture à l’huile, ça brille ! Et oui ! Cela parait inévitable dans la mesure où l’un des constituants principaux de cette peinture est l’huile. De plus pratiquement tous les médiums contiennent une résine grasse qui en définitive brille aussi. A l’exception d’un médium ! Voila donc comment faire pour obtenir une peinture à l’huile mate.

Je vous livre mon secret qui ravira tous ceux qui recherchent la matité.

Le secret c’est le médium vénitien Lefranc et Bourgeois. Il est formulé avec de la cire.

Mais attention pour un beau rendu mat voila comment procéder :

Avant de peindre, sur sa palette, mélanger une noix de médium et une noix de couleur avec un couteau. Faire ça évidement pour chaque couleur utilisée.

Ensuite peindre en fluidifiant si besoin nos couleurs avec de l’essence de pétrole (white spirit). Ne pas utiliser d’essence de térébenthine car celle-ci a la particularité d’augmenter la brillance des couleurs.

Vous verrez qu’après séchage (très rapide avec ce médium), le tableau est mat. Après plusieurs mois, pour conserver cette matité vous pourrez même vernir comme je l’ai indiqué dans un article précédent avec le vernis mat Talens.

Peindre le verre : démo et cours en ligne

Dimanche 26 juin 2011

Peindre le verre ! Représenter sa transparence, sa brillance est un exercice assez difficile. Voici quelques astuces pour interpréter cette matière, livrées dans cette démo en peinture à l’huile de notre ami Roland.

1- Je commence comme toute œuvre par un dessin, ici au crayon pastel. Je place volontairement le verre à cheval devant la bouteille.

2- je place les couleurs de fond. Du gris ocré pour l’arrière plan ; du vert foncé pour la bouteille ; pour le verre que je veux incolore, je reprends ma couleur d’arrière plan que je fonce très très légèrement. Pour la partie du verre devant la bouteille, je fais le contraire, à savoir, j’éclaircis la couleur de la bouteille avec un peu de blanc.

3- Je reprends ensuite les contours de mon verre avec un trait, pas trop marqué pour éviter une écriture naïve, d’une valeur plus foncée encore. Je fais l’inverse avec un trait plus clair sur le verre mais devant la bouteille. J’esquisse avec un vert moyen une zone de lumière sur ma bouteille. Je place mes ombres portées en gris moyen. Au travers du pied de mon verre, je peins cette petite portion de l’ombre portée avec un gris plus fort encore.

4- Et pour finir, avec du blanc, je place mes rehauts de lumière pour suggérer une belle brillance.

Et hop ! À la votre ! Merci Roland.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les médiums … Act II ! à suivre …

Jeudi 9 juin 2011
Médiums

Médiums

Voici la suite de mon article consacré à l’utilité des médiums. Je vais vous exposer les différents types de médiums à l’huile existant et développer leurs spécificités.

Tout d’abord nous avons les médiums fluides. Ceux ci seront indiqués pour travailler sans charger en pâte, donc en aplat, et tout en finesse. Ils sont pratiques pour travailler en glacis également. Certain ont la particularité de sécher rapidement.

Cela peut être un avantage si l’on souhaite retravailler notre œuvre sur un fond « sec ». Pour exemple ils sont adaptés au travail académique. Mon préféré est le médium incolore Lefranc & bourgeois. Il prend relativement vite et durcit aussi rapidement. Son onctuosité est parfaite.

Ensuite nous avons les médiums en pâte (Généralement en tube). Ceux là sont indiqués pour une peinture généreuse, plus en matière. Il y a le médium flamand de chez Lefranc & Bourgeois. De premier abord il parait très dur. C’est un gel thixotrope. Cela veut dire qu’il s’assouplit en le travaillant. Dilué avec un peu d’essence pour l’ébauche, puis avec moins d’essence pour la suite, et jusqu’à pur, il permet un travail à la foi tout en finesse, en précision, en glacis ou en épaisseur, à l’image des toiles de Rembrandt. Avec ce médium on peut superposer jusqu’à 5 glacis, en respectant la règle du gras sur maigre. Je le conseille qu’aux peintres avertis cependant. Il réclame une « certaine » maîtrise.

Un autre médium en pâte très performant est le médium vénitien. Il ressemble à de la colle néoprène. Il est très collant et prend rapidement. Il ne permet pas vraiment un travail en précision. A l’inverse il est excellent pour une œuvre très généreuse en peinture, très spontanée, rapide et énergique. Avec celui-ci vous peindrez comme les impressionnistes. Pour une œuvre exécutée alla prima, riche et vive, il est parfait.

Tous ces médiums auront une forte influence sur votre écriture, de part leurs spécificités et caractéristiques. Il y en aura forcément un qui optimisera votre touche et technique.

A chacun de trouver maintenant celui qui fera son bonheur.

Mais je n’oublie pas les adeptes de l’acrylique. Il existe là aussi une multitude de gel, médium et additifs. Le dossier n’est donc pas terminé ! A suivre…

Angoisse de la toile blanche ?

Vendredi 20 mai 2011

Une super astuce pour faciliter la réalisation d’une œuvre et notamment d’une peinture Alla prima.

Le premier intérêt de cette astuce est qu’il peut être parfois un peu stressant de se retrouver face à sa toile blanche. On connaît l’angoisse de l’écrivain devant sa page blanche, mais le phénomène peut se produire aussi en peinture. Alors pour éviter cela je conseille de tout d’abord passer un jus de couleur sur sa toile. Un fond ainsi réalisé de couleur ocre jaune claire nous apportera que des bienfaits. Les couleurs rapportées par-dessus seront optimisées.

Dans le cadre d’une peinture alla prima, plus besoin de charger en matière pour couvrir les blancs qui n’existent plus donc. Ce blanc n’apparaissant plus par transparence, notre fond donnera plus d’intensité et d’opacité aux couleurs.. C’est le cas pour les rouges, les verts et les bruns. Pour les bleus attention tout de même ! Ils paraîtront « patinés ». Pour les ciels, l’effet est magique ! Donc pour peindre un paysage cette astuce fera merveille.

Côté technique, un jus acrylique est approprié pour ce faire. On pourra ainsi dans la demi-heure qui suit peindre sur ce nouveau fond, soit à l’acrylique, soit à l’huile. Pour le pastel, il suffit de prendre un papier de couleur. Il n’y a qu’à l’aquarelle que l’on évitera de procéder ainsi.

Comment peindre des coquelicots ?

Jeudi 28 avril 2011

Peindre des coquelicots ne semble pas si difficile de prime abord. Du vert pour les tiges et l’herbe, et du rouge pour les fleurs.

Oui mais quel rouge ?! Du cadmium, foncé, clair, du rouge japonais, du vermillon, du carmin ! Hum hum, ça se complique…

Dans l’exécution d’une œuvre, sur un fond blanc notre rouge aura tendance à paraître rose. Entouré de vert, ce même rouge aura tendance à paraître plus foncé. Entouré de jaune, de brun, de noir, ce sera l’inverse !!

Il faut savoir qu’en peinture, tout est affaire de trucage et d’interprétation.

Si dans la nature les coquelicots sont toujours de la même couleur, en peinture le rouge que l’on utilisera, variera en fonction du sujet.

Si j’utilise pratiquement toujours le même rouge en base, à savoir du cadmium moyen, je le module avec du jaune de cadmium (et même du blanc plus du jaune) pour l’oranger et lui assurer un bel éclat. Je vais même parfois, peindre un fond jaune avant de poser mes rouges, pour éviter cette nuance rose qu’ils prennent par transparence. Pour les foncer légèrement sans les salir, l’ajout de laque carminée fera l’affaire. Avec du violet de cobalt on aura des valeurs rouges foncées froide mais lumineuses, idéales pour les parties ombrées.

Ces petits conseils sont utiles également pour peindre des tomates bien mures, des poivrons, des fraises, en bonbon ou du jardin, le petit poisson rouge gagné à la fête foraine, le nez d’un clown, et tout ce qui est bien évidemment rouge.

Un détail d’un de mes tableaux pour  illustration.

Un détail d’un de mes tableaux pour illustration.

Pour peindre des coquelicots utilisez des peinture à forte teneur en pigments, vous en trouverez ici :

Les couleurs par Label Art