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Huile et acrylique : supports entoilés ou papier ?

Lundi 21 janvier 2013

Parmi les produits existants que je ne recommande pas, je citerai Les blocs papier pour peinture huile et acrylique. Pour les avoir testé, je peux affirmer que ce ne sont pas des supports idéaux pour de bons résultats.

En effet, ces papiers, puisqu’il s’agit en fait de papiers apprêtés, n’offrent pas une surface aussi intéressante et efficace que de la toile. Que l’on utilise de l’acrylique ou de l’huile, ces papiers ont déjà la fâcheuse manie de gondoler. Ensuite et c’est l’autre défaut majeur, ils sont très absorbants. Il est donc dur et laborieux de peindre sur ceux-ci puisque la peinture pénètre le support et rend le travail de fondu, dégradé, difficile.

On l’aura compris, ces blocs ne sont pas destinés à réaliser des œuvres de belles factures et abouties, mais plutôt des esquisses rapides, des essais ou des tests couleurs.

Et comble de l’ironie, ils présentent souvent une structure ressemblant au tissage d’une toile.

Cela n’a aucun intérêt ! La matière est déterminante dans le travail qu’exige la peinture … Alors préférez toujours les supports toilés à ces papiers dans vos travaux finalisés.

Je vous renvoie à cet article : Bien choisir sa toile

Et au matériel :

 

Comment réussir à peindre un portrait

Jeudi 20 décembre 2012

La peinture de portrait présente de multiples difficultés. Outre le dessin du visage, la ressemblance, les tons de chair et le bon placement des ombres et lumières, avec leurs bonnes valeurs, il y a la chevelure, le rendu de cette « matière », qui est bien souvent mal interprété, ou naïvement peint.

L’erreur la plus fréquente est de vouloir peindre les cheveux « fil à fil ». C’est-à-dire par une multitude de traits et courbes fines faits à la pointe d’un pinceau. On sait qu’une chevelure est constituée de millier de cheveux. Les peindre un à un relève du labeur et n’offre pas un beau résultat.

Voici mes conseils pour réussir cette épreuve.

Tout d’abord il faut aborder cette matière comme une masse compacte. Comme si la chevelure était en fait du tissu, ou un liquide recouvrant le crâne, en élevant le volume. Ensuite avec une brosse, prolongez par endroit cette masse pour former des mèches (plus ou moins courtes, ou longues suivant la coupe). Nuancez le tout suivant l’incidence de la lumière en apportant des valeurs claires et foncées. Si l’on traite une chevelure brune (Monica Bellucci par exemple…elle est trop jolie), la masse sera peinte en gris très foncé, les parties claires en gris bleuté, et les sombres en noir (je préfère même un gris encore plus foncé). Ensuite on va « ouvrir » des espaces dans cette masse, avec des zones très foncées, peintes comme des mèches, dans les parties claires. Inversement, on ouvre des espaces clairs, peints aussi comme des mèches dans les zones foncées. On peaufine le travail avec quelques éclats de brillance (Les cheveux de Monica sont si bien entretenus qu’ils brillent beaucoup…star oblige), en blanc légèrement bleuté. Il ne reste plus qu’à placer des mèches toutes fines de-ci de-là avec un pinceau fin.

Ce détail d’une étude de nu de Roland illustre cette méthode, applicable aussi bien à l’acrylique qu’à l’huile ou au pastel. A l’aquarelle il faudra juste dans le frai opérer quelques enlevés au pinceau sec ou au papier essuie tout, pour faire ressortir des mèches claires. Et si vous n’y arrivez toujours pas, optez pour des portraits type Zidane ou Michel Blanc. Oh je plaisante… ! ;-)

 

 Pour aller plus loin :

Librairie : Tout savoir sur les portraits avec Les cahiers du Peintre de Fleurus et la collection Leonardo

Notre sélection de pinceaux Raphaël et Isabey

Acrylique Liquitex, Winsor & Newton, Amsterdam

Huile Rembrandt de Talens et Lefranc extra fine

Pastel à l’Ecu Sennelier

Aquarelle Sennelier

Toiles Label Art

Comment réussir à peindre les arbres ?

Jeudi 27 septembre 2012

La plus grande difficulté dans la peinture de paysage est de peindre les arbres. Trouver les bons verts notamment n’est pas évident. Il en existe de multiple tout près en tube qui font merveille : les verts anglais, la terre verte, le vert olive, le vert de vessie etc. Pour plus de nuances il est parfois utile de procéder à de judicieux mélanges en prenant du bleu. On sait, enfin je le rappelle, que l’on obtient du vert en mélangeant du bleu avec du jaune. Des bleus, il en existe plein. Et bien avec tous ces bleus on peut se concocter différents verts.

Avec du bleu outremer et du jaune, on a un vert assez foncé très terreux. Avec du bleu de Prusse et du jaune, on a un vert clair très lumineux, et des nuances turquoises. Le bleu primaire avec du jaune donne un vert moyen. Avec ces nouveaux verts en base on a une nouvelle palette très variée à exploiter pour interpréter la diversité des feuillages.

Pour avoir un vert très foncé, on peut même utiliser du noir. Juste du noir avec une goutte de jaune suffit. Ce mélange est très utile pour les ombres et zones obscures dans les arbres et forêts.

Pas d’importance pour le jaune à choisir. Que l’on prenne du jaune moyen, clair ou foncé, voir même de l’ocre jaune, la différence est minime. C’est le bleu qui est important et inscrit la spécificité du mélange.

Dans ce tableau pour exemple, les verts des feuillages en arrière plan sont réalisés avec du bleu de Prusse. Pour tout le reste, c’est du bleu outremer avec plus ou moins de jaune de cadmium, de l’ocre jaune, du blanc et du noir pour finir dans les ombres. Concluant n’est ce pas !

Choisisses vos tons parmi les gammes proposées chez Label Art :

Voici une short list idéale :

Décrypter vos tubes de peinture : opacité et transparence

Jeudi 15 décembre 2011
Opacité et Transparence

Opacité et Transparence

Il existe sur nos tubes de peinture des symboles qui renseignent sur les spécificités de chaque couleur. Il est important de les connaître pour savoir ce que l’on a entre les mains. Parmi les indices les plus importants, nous avons celui de l’opacité ou de la transparence. C’est le petit carré que l’on voit sur les tubes. Si ce carré est plein, la couleur est opaque. A l’inverse, si celui-ci est vide, c’est que la couleur est transparente. Si le carré est coupé en deux, moitié plein et moitié vide, c’est que la couleur est semi transparente, ou semi opaque, ce qui est la même chose en peinture.

Quand on est averti de ces spécificités, pas de surprise !

Ainsi il y a des couleurs avec lesquelles il sera dur de couvrir un fond, ou d’avoir des rehauts intenses sur un fond coloré. Pour exemple le vert de vessie, qui est une couleur forte, puissante, saturée, n’a pas d’opacité. L’appliquer sur un fond blanc est démonstratif (et catastrophique !!!). Il y en a bien d’autres.

Personnellement je n’aime pas les couleurs transparentes. Elles me gênent dans mon travail. Et si je recherche pour réaliser des glacis une certaine transparence, j’utilise mon médium en plus grande proportion pour casser l’opacité de ma couleur.

C’est évidement une question de technique individuelle et d’habitude.

Et vous quelles techniques utilisez-vous pour réaliser vos glacis ?

Travailler en pâte avec le médium flamand Lefranc & Bourgeois

Jeudi 8 décembre 2011

Petit rappel sur l’utilité des médiums dans le cas bien précis de la peinture au couteau…à l’huile.

J’en connais, qui ne s’embêtent pas et utilisent directement, telle quelle, la peinture sortie du tube. Je ne les dénoncerai pas mais j’ai des noms !! ;-)

Je sais ça marche. Mais cela présente quelques inconvénients, et surtout celui de ne pas assurer une bonne pérennité à l’œuvre. Je le rappelle, la peinture en tube est très pauvre en résine. Elle ne contient que le juste nécessaire d’huile pour assurer la liaison des pigments. Pour réaliser nos tableaux il faut enrichir la peinture de résine, et lui apporter toute les qualités nécessaires à son durcissement et sa stabilité.

Peindre au couteau sans médium c’est s’exposer à des craquelures, des embus, un séchage long, et des « frisures ».

Tous les médiums à l’huile ne sont pas adaptés à la peinture au couteau. Sont à proscrire donc les médiums fluides. Au top, il y a le médium flamand de Lefranc & Bourgeois. Il est très épais, collant et ne dénature pas les couleurs. Il existe des médiums d’empâtement qui contiennent une charge blanche (blanc de zinc, de craie ou autre) qui éclaircissent les couleurs. Je ne les conseille pas pour cette raison bien qu’efficaces pour de lourds empâtements.

Le médium flamand est de loin mon préféré.

Pour l’utiliser il suffit sur la palette de mélanger à une grosse noix de peinture avec une petite noix de médium. Soit en volume : 2/3 peinture, 1/3 médium. On effectue ce type de mélange pour chaque couleur sur sa palette. Ensuite on attaque ces empâtements sur la toile en piochant de-ci de-là nos couleurs comme on le fait habituellement. Attention tout de même, l’huile ne permet pas sans danger de fort empâtement. Il faut rester raisonnable et se limiter à des épaisseurs au maximum de 3mm.

Et si l’on veut plus d’épaisseur et ainsi sculpter la toile, le mieux est de travailler tout à l’acrylique.

La technique du rehaut à la pierre noire

Mardi 29 novembre 2011

Autre question d’une lectrice qui me demandait comment procéder pour réaliser sur son tableau des cernes noirs autour des éléments de sa composition. Beaucoup de peintre tels que Van Gogh, Bernard, Cézanne, Cauvy, ont adopté cette écriture. Nous avons deux possibilités pour ce faire. La première consiste à tracer le dessin sur la toile avec un crayon type pierre noire en marquant largement le trait. On peut le faire avec un fusain (dans ce cas un fixatif empêchera la poudre de se répandre et salir les couleurs), ou même directement avec un jus acrylique noir. On passe ensuite à la mise en couleur en veillant à ne pas couvrir complètement ces traits.

L’autre méthode consiste à l’inverse de souligner les contours et formes après la mise en couleur. Dans le cadre d’une peinture à l’acrylique, nous avons le choix de l’outil et de la technique pour cela. Cela pourra être réalisé avec un jus d’acrylique noir passé à la brosse, un pastel gras noir, ou encore à la peinture à l’huile noire avec une brosse ou une martre pointue. Dans le cas d’un tableau fait à l’huile, seuls des contours réalisés à la peinture à l’huile noire seront possibles. Cette deuxième méthode a le défaut à mon gout de marquer le trait trop nettement.

La première donne un cerne noir irrégulier qui s’intègre mieux à la composition.

Cela dit un mixte des deux méthodes est possible. Une autre couleur pour marquer ces contours donnera un résultat moins fort tout aussi élégant. Un brun, un ocre rouge feront tout aussi bien l’affaire dans ce style d’écriture.

L’utilisation du clair sur le foncé …

Jeudi 3 novembre 2011

Que faire ? Si après avoir peint dans un beau vase, les tiges et feuilles de mimosa, on n’arrive pas en superposition à obtenir de belles petites boules bien jaune par-dessus les masses vertes ! Idem si je veux peindre dans mon paysage, de jolies goldens sur un arbre ! Pas facile de couvrir avec du jaune sur un fond foncé!

Et oui cette couleur a le fâcheux défaut de n’être pas couvrante. Même s’il existe des tubes avec un indice d’opacité maximum, la réalité démontre le contraire. On va dire que l’opacité entre les tubes de jaune est relative, et donc que les jaunes sont plus ou moins transparents.

Alors comment palier à cet inconvénient ?

La première solution est de réserver les parties à peindre en jaune. Ainsi sur le blanc de la toile le jaune prendra tout son éclat.

La seconde solution est de peindre d’abord en blanc les zones concernées, puis une fois sec de poser les jaunes. Technique idéale à l’acrylique.

Troisième solution : pour donner plus d’opacité, on prend un jaune très foncé que l’on mélange avec du blanc. Plus il y aura de blanc et plus il sera couvrant, mais évidement, moins intense en couleur ! Pour une séance alla prima à l’huile c’est l’option idéale.

Dernière solution : empâter au maximum ! Avec des rehauts jaunes d’un bon demi-centimètre le tour est joué ! Mais à ne pas faire à l’huile.

Concilier tempera et technique à l’huile

Lundi 17 octobre 2011

Avant la peinture à l’huile, la technique maîtresse utilisée pour la peinture de chevalet était la tempera. Un médium à base d’œuf dans lequel étaient broyés les pigments. L’eau servait alors de diluant.

Lorsque les techniques de peinture à l’huile se développèrent et se perfectionnèrent, certains peintres, et notamment les flamands, concilièrent ces deux techniques. En effet, beaucoup utilisait la tempera en première étape de réalisation d’un tableau, pour ensuite travailler par-dessus à l’huile ; En respectant ainsi la fameuse règle du « gras sur maigre ».

De cette astuce on peut aujourd’hui en garder le principe. A savoir réaliser l’ébauche de notre œuvre avec une peinture à l’eau (acrylique, caséine, vinylique), et poursuivre avec une peinture à l’huile. C’est dans ce sens, huile sur eau, parfaitement compatible. Cela permet de gagner du temps en délai de séchage, et d’avoir des fonds très précis. Et vous verrez qu’en adoptant cette technique, petit à petit vous irez de plus en plus loin à l’eau, pour ne réaliser que de petites finitions à l’huile.


Médium Vénitien : une matité parfaite

Mardi 4 octobre 2011
Vernis vénitien Lefranc & Bourgeois

Médium vénitien Lefranc & Bourgeois

La peinture à l’huile, ça brille ! Et oui ! Cela parait inévitable dans la mesure où l’un des constituants principaux de cette peinture est l’huile. De plus pratiquement tous les médiums contiennent une résine grasse qui en définitive brille aussi. A l’exception d’un médium ! Voila donc comment faire pour obtenir une peinture à l’huile mate.

Je vous livre mon secret qui ravira tous ceux qui recherchent la matité.

Le secret c’est le médium vénitien Lefranc et Bourgeois. Il est formulé avec de la cire.

Mais attention pour un beau rendu mat voila comment procéder :

Avant de peindre, sur sa palette, mélanger une noix de médium et une noix de couleur avec un couteau. Faire ça évidement pour chaque couleur utilisée.

Ensuite peindre en fluidifiant si besoin nos couleurs avec de l’essence de pétrole (white spirit). Ne pas utiliser d’essence de térébenthine car celle-ci a la particularité d’augmenter la brillance des couleurs.

Vous verrez qu’après séchage (très rapide avec ce médium), le tableau est mat. Après plusieurs mois, pour conserver cette matité vous pourrez même vernir comme je l’ai indiqué dans un article précédent avec le vernis mat Talens.

Peindre le verre : démo et cours en ligne

Dimanche 26 juin 2011

Peindre le verre ! Représenter sa transparence, sa brillance est un exercice assez difficile. Voici quelques astuces pour interpréter cette matière, livrées dans cette démo en peinture à l’huile de notre ami Roland.

1- Je commence comme toute œuvre par un dessin, ici au crayon pastel. Je place volontairement le verre à cheval devant la bouteille.

2- je place les couleurs de fond. Du gris ocré pour l’arrière plan ; du vert foncé pour la bouteille ; pour le verre que je veux incolore, je reprends ma couleur d’arrière plan que je fonce très très légèrement. Pour la partie du verre devant la bouteille, je fais le contraire, à savoir, j’éclaircis la couleur de la bouteille avec un peu de blanc.

3- Je reprends ensuite les contours de mon verre avec un trait, pas trop marqué pour éviter une écriture naïve, d’une valeur plus foncée encore. Je fais l’inverse avec un trait plus clair sur le verre mais devant la bouteille. J’esquisse avec un vert moyen une zone de lumière sur ma bouteille. Je place mes ombres portées en gris moyen. Au travers du pied de mon verre, je peins cette petite portion de l’ombre portée avec un gris plus fort encore.

4- Et pour finir, avec du blanc, je place mes rehauts de lumière pour suggérer une belle brillance.

Et hop ! À la votre ! Merci Roland.

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