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Le modelé en beaux-arts

samedi 19 novembre 2011

Les impressionnistes nous ont laissé en héritage de nouvelles règles et notions de peinture. Dans le souci toujours d’exalter les couleurs, ils ont développé et adopté une nouvelle manière de représenter le modelé. Les fauves par la suite iront même encore plus loin dans ce concept. Jusqu’alors les ombres, propres et portées étaient peintes dans des valeurs foncées en raccord avec la nature et couleur de la matière. Ainsi les ombres propres d’une tomate rouge étaient peintes en brun, celles d’un citron en ocre brun, d’une prune en noir, etc.

Ce style de peinture et de gradation introduit des valeurs sombres dans le tableau. Donc pour éviter cela, mais toujours en gardant l’idée de volume pour le modelé, ils colorèrent leurs ombres avec des valeurs froides et parfois même opposées à la couleur de la matière. Ainsi pour notre tomate rouge, l’ombre devient verte foncée, idem pour le citron et la prune. Dans les feuillages, les drapés, des touches bleutées suggèrent par contraste chaud/froid des ombres. Tout comme l’on fait par la suite les fauves, l’ensemble du tableau peut aussi, que ce soit une nature morte, un paysage, un nu, un portrait, être exempt de valeurs sombres. Seul le rapport chaud, pour les zones lumineuses, et froid, pour les zones non exposées à la lumière crée le volume.

Observez pour exemple, les robes blanches des belles demoiselles de Renoir ; les feuillages lumineux de Monet ; les nus de Gauguin ; les toiles de Seurat, Van Gogh etc.

Attention cela dit !

De cette technique est née une idée fausse par méconnaissance. Je l’ai déjà évoqué dans un autre article. Ce n’est pas systématiquement la couleur opposée qui ainsi crée le modelé. C’est vraiment le rapport chaud/froid. Pour un citron, on peut utiliser du vert pour l’ombre propre par exemple, qui n’est pas la couleur opposée au jaune. Dans un nu, des valeurs bleutées contrasteront à la perfection avec les valeurs chaudes de la chaire.

De plus ces couleurs sont posées sur la surface, elles ne sont pas mélangées (ce qui produirait des gris pas vraiment élégants). Ce n’est donc pas en mélangeant du rouge et du vert que l’on obtiendra une belle ombre froide et colorée pour notre tomate. Ce vert sera juste posé, d’un geste spontané, comme nos amis impressionnistes. Observez à la loupe leurs tableaux pour mieux comprendre.

Comme je dis souvent même si cette citation n’est pas de moi, «  la peinture s’apprend au musée ».

Lucas Cranach : artiste ou chef d’entreprise ?

mercredi 2 mars 2011

De son temps, au XVIème siècle, Lucas Cranach cumulait charges et honneurs. Aujourd’hui il fait encore parler de lui. Outre les multiples expositions qui lui sont consacrées un peu partout dans le monde, le Louvre vient d’ouvrir une souscription publique pour acquérir le tableau intitulé « Les Trois Grâces » représentant trois jeunes femmes fort dénudées. Il manquait au Louvre la bagatelle d’un million d’euros pour arriver au quatre millions demandés par le vendeur.

Eh bien, bingo ! Le Louvre a réuni cette somme à peine un mois après le lancement de son opération. Plus de 5 000 donateurs ont participé. La moyenne des dons s’échelonnait de 1 à 500 euros, avec des participations exceptionnelles allant de 10 000 à 40 000 euros. Quand on aime, on ne compte pas !

L’INVENTEUR DE LA PEINTURE ÉROTIQUE

Cranach

Cranach

A l’heure où Facebook retire la photo du tableau de Courbet intitulée « L’origine du monde » qui montre en gros plan le sexe d’une femme, les expositions à Francfort, Londres, Rome, Bruxelles, Paris, font la part belle aux nus sensuels et troublants de Lucas Cranach. Allez comprendre où se niche la pudeur !

Ses peintures grandeur nature ne cachent rien de l’anatomie des dames. En général il s’agit de très jeunes filles à peine pubères. Elles ont le regard en coin et désignent leur sexe en pointant un doigt, ou un poignard ou une branche d’arbre. Elles se drapent volontiers de voiles de pure transparence, de bijoux opulents et de chapeaux posés d’une manière coquine sur le côté. Ces éléments témoignent d’une façon significative de l’intention érotique de l’artiste.

En règle générale, la peau très pâle de ses modèles se détache sur un fond sombre. Le contraste visuel rend les jeunes femmes encore plus désirables.

LUCAS CRANACH SUPER STAR

Ah ! La magie du petit écran … Je me demande ce que ce cher Lucas aurait pensé en voyant l’une de ses toiles au générique de la série culte américaine « Desperate Housewives » où l’on peut admirer son « Adam et Eve ».

Je crois qu’il aurait beaucoup aimé car il était très opportuniste. Il est né le 4 octobre 1472 en Allemagne du sud. Le seul auto-portrait que nous ayons de lui, le représente à l’âge de 60 ans avec un visage large et barbu, des traits sévères et un regard incisif et déterminé.

Son parcours aura été remarquable. Peintre et graveur de talent, il a su tout de suite se faire remarquer et il a pu rapidement acquérir la charge enviée d’artiste de cour. C’était un notable riche et influent qui alla jusqu’à fonder une imprimerie pour éditer les écrits de son meilleur ami : le sévère Martin Luther, artisan de la Réforme.

UN HOMME D’AFFAIRES AVISÉ

Comme les commandes de tableaux affluaient, il ne pouvait y faire face tout seul. Il employa donc ses deux fils : Hans et Lucas-le-jeune ainsi qu’une dizaine de peintres. L’énorme succès que son atelier rencontrait l’incita à décliner ses tableaux sous des formes variées. Il mit au point des standards interchangeables de mains, pieds, attitudes, etc… consignés dans des catalogues qui lui permettaient une production quasi industrielle !

On a recensé pas moins de 39 Vénus, 35 Lucrèce, 35 Eve 19 Judith et 12 Aphrodite sorties de son atelier.

Son style est reconnaissable entre tous : la taille de ses dames est souple, le corps longiligne, les seins menus, le visage en cœur, les yeux en amande et le teint laiteux. C’était un canon de nus qu’il avait mis au point au fil des ans pour être facilement reproductible.

UNE SIGNATURE TRÈS … PERSONNELLE

Le roi Frédéric III de Saxe lui avait accordé des armoiries dont l’animal héraldique lui servira de signature. Il s’agissait d’un serpent aux ailes déployées. Après la mort de son fils aîné en 1537 à l’âge de 23 ans, sa signature en portera le deuil… Désormais, le serpent aura ses ailes abaissées.

MIEUX LE CONNAITRE

Exposition au Musée du Luxembourg à Paris

« Lucas Cranach et son temps » du 9 Février 2011 au 23 Mai 2011

Bonnard rime avec bonheur

dimanche 5 juillet 2009

Ce week-end, j’ai été à Lodève voir l’exposition consacrée à Pierre BONNARD.
Que du bonheur !

L’exposition est intitulée « Bonnard, guetteur sensible du quotidien » car il a mis en scène la vie quotidienne illuminée par la lumière méditerranéenne.
Il adorait la vie de famille bien qu’il n’ait jamais eu d’enfants…
Il s’est rattrapé en peignant ses nièces et neveux qu’il adorait. Il consacra sa vie entière à recréer par la couleur un univers enchanté. Marthe son épouse a été la femme la plus peinte au monde !!!
Elle ne pose pas. Elle vaque à ses occupations et il la peint.

Pierre Bonnard était un être humble et généreux qui aimait son prochain. Il n’imaginait pas une nature sans une figure humaine.
Dans ses tableaux de paysage (le plus souvent des jardins foisonnants), il y a toujours un personnage et souvent un chien parfaitement intégrés dans la nature.

Pierre Bonnard (1867-1947) a été l’un des premiers à posséder une voiture. Cela lui permettait de sillonner ses multiples résidences : à Paris, à Deauville, au Cannet.
Je dois certainement en oublier !
Normalement sa maison du Cannet va devenir un musée en 2010.

A noter : ses tableaux n’ont pas les dimensions classiques. Il peignait sur de la toile qu’il achetait en rouleau.
Il découpait ce dont il avait besoin et le punaisait au mur.
Il ne travaillait jamais dehors. Il faisait de nombreux croquis qui lui servaient de base.

Mon conseil :
Et si cette exposition suscitait en vous une irrésistible envie de peindre ?
C’est le moment d’en profiter, les soldes de Label Art c’est en ce moment.

Profitez des p’tits packs de l’été ! Ultra complets, ils se décliente version Huile, acrylique ou dessin !

Label Art > Les p’tits packs de l’été

Aujourd’hui, je vous emmène dans une …. piscine !

mardi 4 novembre 2008

Aujourd’hui je vous emmène dans une … piscine ! Mais oui ! Une piscine reconvertie en musée.
Ca se passe à Roubaix et c’est tout simplement sublime.
Le Musée d’Art de Roubaix est à lui seul un chef d’oeuvre.
Il a été conçu par l’architecte français Jean Paul Philippon.
A l’origine, le site était une piscine municipale construite en 1927.
Elle offrait à la population de Roubaix un service sportif et … hygiénique !
A l’époque la plupart des foyers n’avait ni baignoire, ni douche. En 1987, on ferma la piscine pour des raisons de sécurité.
La transformer en Musée fut une idée de génie.
Aujourd’hui le visiteur déambule parmi des statues et des tableaux magnifiques, porté par l’ambiance sonore des cris des baigneurs d’antan.
C’est tout simplement magique.
Parlez avec les gardiens, ils vous raconteront plein d’anecdotes intéressantes.

Actuellement du 18 octobre 2008 au 1er Février 2009
Rétrospective de l’oeuvre monumentale du peintre voyageur André Maire
(1898-1984)

Mon tour de France des jolis petits musées souvent méconnus…

lundi 6 octobre 2008

Il existe à Bourges un petit « bijou » de Musée ! C’est celui concernant les oeuvres d’Estève.
Sans doute avez-vous beaucoup entendu parlé de ce peintre lorsque Alain Delon a vendu sa collection de tableaux aux enchères. Car il y avait un Estève, somptueux.
Les oeuvres de ce peintre si discret sont donc exposées dans un endroit  remarquable : l’Hôtel des Echevins à Bourges.
Je vous encourage à aller voir ses tableaux, dessins, lithographies et  tapisseries. (prévoyez une visite de deux heures au moins)

Mon secret d’artiste :

Estève avait des blancs somptueux.
Savez-vous comment obtenir ces beaux blancs ?
Tout simplement en mélangeant du blanc de Titane à du jaune de Naples clair ! Eh oui, il fallait le savoir.
Personnellement j’utilise Liquitex Basics N° 432 vendu sur le site :

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