Articles taggés avec ‘noir’

Le noir dans tous ses états

dimanche 4 décembre 2011

Le noir est une nuance a manier avec beaucoup de précaution.

Son utilisation peut sembler utile mais peut s’avérer désastreux dans certain cas. En mélange avec des couleurs claires et moyennes, pour obtenir des valeurs foncées, il salit les combinaisons et donnera des nuances peu élégantes, d’aspect sale et terne.

Pour les couleurs foncées, le mélange avec du noir donne des valeurs très profondes et fortes. Ceci est utile pour les ombres dans les feuillages par exemple, pour obtenir des bleus très foncés, ou des fonds très sombres en arrière plan de nature morte façon clair obscur.

Il existe cela dit différents noirs. En mélange leurs différences ne sont pas perceptibles. Utilisés pures, ou juste dégradés avec du blanc pour avoir des gris, on perçoit des nuances très subtiles entre les noirs. IL y a d’un côté les noirs froids, tels que le noir d’ivoire et le gris de Payne, donnant des gris francs et glacials, légèrement bleutés ; et de l’autre côté les noirs chaud tels que le noir de pêche, de mars, donnant des noirs tirant vers le brun.

A la lueur de ces infos, je conseille, plutôt que d’avoir de multiples tubes, est de se munir juste d’un seul noir, et à convenance de légèrement varier sa nuance avec soi du bleu, pour le refroidir, soi du brun pour le réchauffer. Ainsi utilisé on obtient avec du blanc, puis de la terre d’ombre, du bleu outremer, de la terre de cassel, des gris d’une grande richesse colorée. Cette option fait des merveilles si l’on peint des objets blancs (porcelaine, fleur, papier, statue, drap…).

La technique du rehaut à la pierre noire

mardi 29 novembre 2011

Autre question d’une lectrice qui me demandait comment procéder pour réaliser sur son tableau des cernes noirs autour des éléments de sa composition. Beaucoup de peintre tels que Van Gogh, Bernard, Cézanne, Cauvy, ont adopté cette écriture. Nous avons deux possibilités pour ce faire. La première consiste à tracer le dessin sur la toile avec un crayon type pierre noire en marquant largement le trait. On peut le faire avec un fusain (dans ce cas un fixatif empêchera la poudre de se répandre et salir les couleurs), ou même directement avec un jus acrylique noir. On passe ensuite à la mise en couleur en veillant à ne pas couvrir complètement ces traits.

L’autre méthode consiste à l’inverse de souligner les contours et formes après la mise en couleur. Dans le cadre d’une peinture à l’acrylique, nous avons le choix de l’outil et de la technique pour cela. Cela pourra être réalisé avec un jus d’acrylique noir passé à la brosse, un pastel gras noir, ou encore à la peinture à l’huile noire avec une brosse ou une martre pointue. Dans le cas d’un tableau fait à l’huile, seuls des contours réalisés à la peinture à l’huile noire seront possibles. Cette deuxième méthode a le défaut à mon gout de marquer le trait trop nettement.

La première donne un cerne noir irrégulier qui s’intègre mieux à la composition.

Cela dit un mixte des deux méthodes est possible. Une autre couleur pour marquer ces contours donnera un résultat moins fort tout aussi élégant. Un brun, un ocre rouge feront tout aussi bien l’affaire dans ce style d’écriture.

Odilon Redon : un peintre mystique

mardi 27 septembre 2011
ODILON REDON

ODILON REDON

En ces temps agités, je vous propose de vous ressourcer avec un peintre mystique. Ses œuvres sont partout : sur les timbres, les affiches… mais je suis sûre que vous ne le connaissez pas !

De son temps, il n’était question que d’impressionnisme, de peinture de grand air et de lumière. Odilon Redon, lui est totalement à contre-courant. Il se démarque en s’intéressant au mystère de la vie et en puisant son inspiration dans les méandres de l’inconscient. Il décortique la pensée et les rêves. Darwin et le mystère des origines du monde, voilà ses références. Ses œuvres pourraient être accrochées en bonne place dans les salles d’attente des psy…

Il est célèbre pour ses noirs( fusains et lithographies) mais aussi paradoxalement pour ses pastels éclatants de couleurs.

Issu d’une famille bourgeoise, il naît à Bordeaux en 1840. C’est un petit garçon réservé, introverti et rêveur. Doué, il fait ses premiers fusains et visite assidûment les musées, dès l’âge de 6 ans. Il se forme très tôt au dessin, à l’eau-forte et à la sculpture. Il étudie l’architecture pour faire plaisir à papa, mais abandonne bien vite cette voie pour ne se consacrer qu’à la peinture.

Pendant vingt ans, à la suite de tragédies personnelles, il … broie du noir !!! Visions et démons teinteront son œuvre en noir. Il dit alors que « Le noir est la couleur la plus essentielle… ». Le noir témoigne de sa quête intellectuelle, mystique, spirituelle. Ce prince des ténèbres fait un usage virtuose du fusain pour faire jaillir des êtres chimériques : crânes volants, hommes-cactus, œil-montgolfière. Choisissez votre vision de l’humour macabre, il y en a pour tous les goûts ! Son tableau intitulé « L’araignée » montre une boule de poils souriante qui fait frissonner, brrrrrrrrr….

« Mon père me disait souvent : vois ces nuages, y discernes-tu, comme moi, des formes changeantes ? Et il me montrait alors, dans le ciel muable, des apparitions d’êtres bizarres, chimériques et merveilleux. » racontait Odilon Redon pour expliquer sa fascination d’un monde onirique.

A cinquante ans, la naissance de son fils Arï le sort de ses cauchemars aussi noirs que ses nuits. Il voit désormais la vie en couleurs. Il passe de l’ombre à la lumière. Il se met à produire des couleurs toutes plus belles les unes que les autres. Ses tableaux empreints de poésie, d’intériorité et d’harmonie sont comme flamboyants. Il fait preuve d’audace picturale. Ses pastels grattés, frottés, détournés de leur technique classique donnent naissance à des portraits lumineux et des bouquets de fleurs somptueux. La couleur s’étale en larges à-plats rehaussés de petites touches irisées aériennes.

Avec Degas, il demeure le maître absolu du pastel.

La première reconnaissance de son talent a lien en 1879 avec la publication de ses lithographies intitulées « Le rêve ».

A partir de 1890, Son travail connaît un grand succès. En 1904, au Salon d’automne, une salle entière lui est consacrée.

Il peint inlassablement jusqu’à sa mort le 6 Juillet 1916 à Paris. Sur son chevalet, une toile intitulée « La Vierge » restera inachevée.

p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; font-size: 10pt; font-family: « Times New Roman »; }p.MsoBodyText3, li.MsoBodyText3, div.MsoBodyText3 { margin: 0cm 0cm 0.0001pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; font-weight: bold; }span.Corpsdetexte3Car { font-weight: bold; }div.Section1 { page: Section1; }

L’EXPOSITION ODILON REDON …

Odilon Redon, prince du rêve

Montpellier – Musée Fabre

Jusqu’au 16 Octobre 2011