On connaît bien le pastel sec, mais moins le pastel à l’huile (ou le pastel gras).
C’est un matériel intéressant à découvrir. Il en existe évidement de différentes sortes et qualités suivant les marques. Il y en a de très durs jusqu’à de très onctueux. Ils ont, pour comparer, la consistance d’un rouge à lèvre.
On peint avec en les frottant à notre surface comme le pastel sec, mais plus énergiquement. Le grain est plus marqué et la touche a un effet plus « crayonnée ». On peut réaliser des fondus avec le doigt en frottant.
Avec cet outil, être précis demande une certaine maîtrise et dextérité. Mais pour des peintures style impressionniste c’est un outil très convaincant. Comme pour le pastel sec, les superpositions de couleurs sont limitées et les mélanges, plus limités, se font directement sur le support. Pour ces raisons il est nécessaire d’avoir une large palette de couleurs.
Le support de prédilection est le carton d’encadrement, même s’il existe des papiers spéciaux. Les pastels à l’huile Sennelier sont les plus doux du marché. Ils offrent une onctuosité parfaite et permettent un travail plus facile et riche en couleur. Ce sont mes petits chouchous.
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Et voici la petite démo du mois réalisée par Roland Charbonnier. C’est au pastel sec que Roland a choisi de vous expliquer comment mettre son sujet en valeur en créant un effet de profondeur, haut en couleur.
1- « Je dessine des oranges et un citron en veillant à ne pas les placer côte à côte pour déjà organiser une perspective. »
2 - Je mets en teinte mes éléments en travaillant le modelé. Pour la lumière :
Du jaune pour les oranges, et du jaune plus du blanc pour les citrons. Pour la valeur moyenne : de l’orange et du jaune pour le citron. Pour les ombres propres : du rouge plus du brun pour les oranges et du kaki pour le citron. »
3- « Je fonds le tout avec les doigts pour obtenir de fins et doux dégradés. »
4- « Je place le fond en gris clair bleuté et place les ombres portées en gris foncé. »
5- « J’affine le travail et place des rehauts de lumières sur mes éléments. A noter que mes éclats de lumières sont plus forts au premier plan. J’inscris ainsi une différence de luminosité entre les oranges au fond et celles en avant. Cela contribue à inscrire cette profondeur recherchée. »
6- « Dernière étape. Avec mon doigt je réalise en estompant un effet de « flou » sur l’arrière plan. Et à l’inverse je précise les contours à la pointe de mes pastels sur le citron et la première orange, sujets principaux de mon étude. »
« Ces « artifices » permettent de donner visuellement un effet de profondeur à ce tableau.
Plus le sujet est près de nous, plus il sera précis et net. Et inversement, plus il sera éloigné, plus il sera flou et imprécis. Exactement comme en photographie lorsque l’on fait la mise au point sur ce que l’on veut mettre en valeur, dans le cadre d’un portrait par exemple. Tout ce qui est derrière ressortira flou. De plus en forçant sur la lumière au premier plan j’augmente cet effet. La netteté et l’intensité lumineuse vont mettre en valeur mon sujet principal. On pourra étendre ce principe au paysage. Celui-ci portera alors le nom de perspective atmosphérique. »
Merci Roland ! Excellent comme d’habitude !
Il ne vous reste plus qu’à mettre en pratique cette leçon.
En 1901, Degas s’adresse à Sennelier pour développer une palette de tons, il cherche à pallier un manque de nuances dans sa gamme. En effet, lui et d’autres peintres impressionnistes recherchent une palette de tons plus vastes. Ainsi débute la mise au point des pastels à l’écu. Gustave Sennelier découvre la qualité de charge naturelle lui permettant de dégrader les tons tout en conférant une luminosité exceptionnelle et une onctuosité particulière. Il mettra ainsi au point une gamme chromatique aux nuances incomparables, utilisées par les grands maîtres du XXème siècle à aujourd’hui.
J’aimerais aujourd’hui vous donner des conseils sur leur utilisation :
Comment peut-on faire ressortir le grain du papier avec des Pastels à l’Ecu ? Et comment faire si à l’inverse je ne veux pas que le grain du papier apparaisse ?
La technique très simple des aplats permettent de mettre en évidence le grain du papier, tout en gardant la spontanéité du geste. On peut faire des aplats forts, moyens, légers afin de faire ressortir plus ou moins le grain. Au contraire, si vous désirez obtenir un fondu, il faut estomper au doigt, à l’estompe ou au pinceau, et ainsi obtenir des dégradés réguliers entre les différentes nuances d’une couleur. En permettant un léger mélange des couleurs, il assure une meilleure transition entre celles-ci, et ainsi le grain n’apparaît pas.
Sur quel support utiliser mes pastels secs ?
Le mieux est d’utiliser vos pastels sur des Pastel cards ou PastelMat, prévus tout spécialement à cet effet, mais vous pouvez aussi utiliser les albums Clairefontaine pastel, Ingres teinté ou le Kraft …
Tout dépend en fait si vous souhaitez que le grain soit visible ou non.
Nous vous déconseillons d’utiliser du papier ponce qui est trop agressif avec les pastels secs et use très rapidement
vos bâtons.
Si vous souhaitez des rendus plus fondus, plus doux, travaillez avec du papier « velours » ou des Bords « Forme ».
Quelles sont les différentes techniques pour utiliser vos pastels ?
L’estompe permet de fondre les couleurs, ce qui est bien utile lorsque l’on sait que les pastels ne se mélangent pas sur une palette mais se travaillent à l’estompe. Il faut superposer les couleurs et ne pas essayer de les mélanger.
A chaque nouvelle couche, pensez à utiliser un fixatif (actuellement en promotion sur le site), sinon la couleur pourrait s’estomper au contact d’un autre pastel.
Comment donner des effets aux pastels ?
Vous pouvez procéder à un lavis sec, qui consiste à étaler de la poudre de pastel directement sur le papier, permettant ainsi des variations subtiles de couleurs dans les fondus surtout lorsqu’il est pratiqué avec les doigts.
Afin de matérialiser les impacts de la lumière vous pouvez appliquer des rehauts de couleur, qui sont les dernières touches posées.
La technique du pointillage donne aussi des résultats inattendus, par la juxtaposition de touches de couleurs vous obtenez un effet moucheté.
La technique du glacis peut aussi améliorer une œuvre : il suffit de poser une fine couche de pastel sur une couleur déjà fixée. Cela suggère une certaine transparence, grâce à des aplats très légers avec un pastel bien propre.
Doit-on fixer une œuvre réalisée au pastel ?
Deux Ecoles s’affrontent pour la conservation du travail : l’une propose d’utiliser un fixatif, lors du travail, entre les couches. D’autres considèrent que fixer le Pastel dénature la vibration originelle des tons.
Pour sa part, Sennelier propose d’utiliser le fixatif Latour, qui ne modifie pas la tonalité des pigments. Sinon, conservez les sous-verre, ainsi ils ne seront en contact avec aucun élément risquant de faire tomber la poudre.
Quelles sont les différentes manières de manier les pastels ?
Outre sa gamme de couleurs étendue, le pastel se travaille de diverses manières pour un résultat toujours différent. Vous pouvez le travailler par frottement, en trait, en aplat, sur tranche, en touches, par écrasement, par estompage, au doigt, avec une estompe ou un chiffon…
Voici une video qui a été réalisée par une artiste professionnelle utilisant cette gamme. Vous voyez, les effets créés sont très subtiles et la finesse du travail extraordinaire. Elle vous montre une technique parfaitement maîtrisée, en pas à pas pour un résultat très réussi. Vous pouvez vous rendre sur le site de cette artiste Sandy Byers et apprécier la finesse de son travail très professionnel.
Je lirai avec plaisir vos commentaires sur ce post, et répondrai à toutes vos questions sur cette gamme extraordinaire. Dans l’attente de lire vos commentaires, à bientôt et bon week end !