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La technique du Sfumato

mardi 3 janvier 2012

Lors d’un article précédent je vous ai exposé la technique mise au point par Léonard de Vinci pour représenter la profondeur et l’éloignement dans un paysage. Cette technique appelée « perspective atmosphérique » joue sur les couleurs et la touche. En réalisant un léger flou sur les sujets lointains, ceux-ci paraissent, grâce donc à leur forme imprécise, plus éloignés.

Cette technique fonctionne aussi pour les natures mortes. Ce sont les éléments en arrière plan qui seront peints avec moins de précision, en accentuant ce flou donc. Ainsi on met en valeur le premier plan, et on inscrit de la profondeur dans notre sujet par ce jeu de « floutage ». Oui je sais je viens d’inventer ce mot mais il traduit bien l’idée. Si en français ce mot est un énorme barbarisme il existe en italien un mot qui définit cette technique. C’est le « sfumato ». Et c’est évidement notre maître vénéré Léonard qui en est l’inventeur. On l’a vu, ce flou a le premier intérêt d’inscrire, en l’accentuant plus ou moins, de la profondeur à notre composition.

Sfumato

Sfumato

Il possède un second intérêt. Celui de créer une cohésion, un lien entre tous les éléments d’une composition. Cet effet de sfumato est alors appliqué partout. Nous n’avons ainsi pas de limites distinctes entre les éléments. Ils sont reliés par ce sfumato. Il est alors très subtil en premier plan et plus enlevé en arrière plan. La Joconde est le parfait exemple de cette technique. Léonard a imaginé, puis peint selon cette technique pour apporter à la fois une illusion du réel et cette vibration qui donne vie au tableau. Dans la réalité nous ne percevons pas les choses ainsi. Encore une preuve que la peinture est une interprétation du monde.

Pour réaliser ce sfumato, il suffit après avoir peint tous nos sujets, après avoir interprété le modelé, de réaliser un léger fondu entre les éléments, pour casser et adoucir leurs contours. Pour ce faire, on frotte avec une petite brosse pour que les couleurs s’interpénètrent. Vous observerez que paradoxalement, cette technique offre beaucoup plus de réalisme, si elle est réalisée tout en finesse, qu’un tableau hyper précis aux contours nets.

J’en reviens à la Joconde. On peut ne pas aimer ce tableau, mais il est le parfait témoignage des progrès et avancés technique apportés par cet artiste. Je vous invite maintenant à l’admirer sous un autre œil.

Rappel sur les règles de perspective

mercredi 23 novembre 2011

Vous connaissez tous la perspective et oh combien il est parfois difficile de la maitriser pour représenter ce bel effet de profondeur dans nos tableaux. Il existe une autre notion de perspective, appelée « atmosphérique », qui ne fait pas appel à la géométrie. Cette notion fut développée par notre maître à tous, Léonard de Vinci.

Pour la petite histoire, soucieux de produire une peinture qui interprète au mieux notre vision de la réalité, il a cherché et trouvé une astuce, pour simuler un effet d’éloignement. Jusqu’alors, la peinture était précision et netteté. Il a compris, à l’inverse de cette écriture, qu’en créant un effet de « flou », il produirait plus de réalisme et de sensation.

Ainsi pour le paysage, l’énoncé est simple :

  1. Plus l’objet est éloigné, plus il est flou.
  2. Plus il est éloigné, plus il est bleuté.

Imaginons un paysage avec de multiples plans. Au lointain, des montagnes, puis plus en avant, des petits monts verdoyants, puis des forêts, et enfin tout devant une petite maison (comme sur ce modèle). En appliquant le principe de perspective atmosphérique, nous allons peindre ce sujet ainsi.

Les montagnes au lointain seront toute bleutées avec des contours flous, fondus avec le ciel. Les montagnes les plus éloignées sont presque noyées dans le ciel.

Ensuite viennent les monts verdoyants. Ils seront eux aussi légèrement bleutés, et en flou, mais évidement moins que les montagnes. Le vert utilisé sera léger. Puis viennent les forêts, elles seront peintes dans des tons de verts plus intenses et sans effet flou et idem pour notre petite maison.

L’effet bleuté qui apparaît comme un voile occultant l’arrière plan, est la conséquence de la présence d’humidité dans l’air. Plus l’air est humide, moins il est transparent. C’est donc cet effet de « brume », appliquée à l’éloignement que l’on interprète en peinture.

Vous savez tout maintenant sur la perspective atmosphérique, ou aérienne (son autre nom). Comparez la peinture d’avant Léonard De Vinci, et d’après, et vous observerez nettement ce changement dans la manière de représenter le monde.

Léonard avait compris qu’en peinture, c’est l’illusion du réel qui rend la réalité.

Les règles de perspective

Les règles de perspective

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Et il ne s’est pas arrêté là. Je vous parlerai d’une autre astuce de son cru bientôt…à suivre donc.

Travailler la profondeur et le modelé

dimanche 6 novembre 2011

Une des règles principales en peinture, pour à la fois donner de la profondeur et travailler le modelé, est de jouer sur les valeurs. Lorsque je parle de valeur, c’est toutes les nuances perceptibles entre le clair et le foncé, quelque soit la couleur de base.

Une couleur peut donc s’exprimer en différentes valeurs. Par exemple, pour le bleu, nous avons toute une gamme allant du bleu très clair au bleu nuit. Ces nuances sont utiles pour représenter le modelé d’un objet, à savoir sa partie éclairée et sa zone d’ombre, en passant par sa couleur de base dite valeur moyenne.

Elles sont aussi utiles pour exprimer la perspective dans le cadre précisément d’un paysage. A savoir que les couleurs s’estompent vers l’horizon. Pour maitriser cette notion il est très intéressant de travailler en « grisaille ». Ainsi en utilisant qu’une seule couleur on apprend à jouer et se servir des valeurs.

Exactement comme on le fait en dessin avec juste une mine graphite. C’est premièrement un excellent exercice, et de plus cela produit de jolis tableaux. Pour ce faire on choisira de préférence comme couleur de base forte, de la terre d’ombre brulée ou naturelle, de la terre de sienne brulée, du gris de Payne, du brun, ou du noir (moins élégant tout de même). A cette couleur, on mélangera plus ou moins de blanc pour obtenir tout un jeu de nuances.

Utilisation des couleurs

Utilisation des couleurs

Sur cette photo d’un tableau d’étude, réalisé avec du blanc et de la terre de sienne brûlée, la profondeur est subtilement représentée, avec des valeurs claires au lointain, et plus foncées au premier plan. Le modelé est aussi savamment exprimé avec ce jeu de valeurs. De plus le résultat est très élégant !

Au XVIIIème siècle ce genre de peinture était même très prisé.

L’utilisation de plusieurs couleurs nous piège parfois, car au lieu de multiplier les valeurs et donner ainsi du réalisme au sujet, on nuance et contraste juste avec des différences de couleurs.