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Les recettes pour vous faire connaître !

mardi 26 avril 2011

Vous allez me trouver bien curieuse peut-être, mais voilà, je vous livre une question qui me titillait de poser à mes amis peintres depuis quelques temps et qui s’est traduite par une véritable enquête de ma part :

« Comment vous êtes-vous fait connaître ? »

Question intéressante, n’est-ce pas ? Et en bonne copine, je vous fais part des résultats de cette enquête…

Pour se faire connaître : chacun sa stratégie !

Chacun sa réflexion, voici trois témoignages :

J’ai d’abord commencé par Georges, un ami architecte de papa. Georges est un bon vivant qui aime deux choses dans la vie : cuisiner et peindre. A la retraite il s’est tout naturellement remis à peindre (il a fait les beaux-arts à Oran) car c’est une vraie passion pour lui. Son style est traditionnel, figuratif et il peint à l’huile.

Témoignage de Georges.

G. – Ma chère Elisa, la commercialisation de mes peintures ne s’est pas faite d’un coup de baguette magique. Après avoir pas mal pataugé dans toutes les directions, j’ai enfin réussi à trouver « le » créneau qui m’a fait connaître. Comme tu le sais, j’habite une région viticole où sont établies des caves prestigieuses, je me suis mis à peindre tout ce qui avait trait au vin… Tout y est passé : les courbes douces et veloutées des vignes étagées le long des collines ensoleillées, Bacchus en train de festoyer, la lumière jouant sur des bouteilles de vin couleur rubis, les vendangeurs au travail, etc… etc…

Et puis, avec quelques tableaux sous le bras, j’ai commencé à démarcher les cavistes. J’ose à peine te raconter le succès que j’ai eu enfin, après toutes ces années de galère ! Maintenant, ce sont les cavistes qui me téléphonent pour me réclamer de nouvelles expositions car elles leurs amènent beaucoup de monde.

E. – Mais alors, tu t’es enfermé dans un seul thème ! Quelle horreur !

G. – Pas du tout. Les clients qui m’ont acheté ces tableaux m’ont commandé ensuite des portraits de leur famille, de leurs animaux, de leur résidence. Ils sont venus à mon atelier et ils m’envoient d’autres clients.

E. – Bref, tu es un artiste heureux.

G. – Oui, on peut le dire.

Ensuite, j’ai rencontré Isabelle, mariée, mère de trois turbulents galopins et qui s’est spécialisée dans les portraits d’enfants. Elle place ses petits modèles dans un environnement qui reflète au mieux leur personnalité et leurs goûts. Auparavant elle a un long entretien avec les parents pour mieux connaître le caractère des enfants.

Témoignage d’Isabelle.

I. – Pour me faire connaître, j’ai frappé fort ! Je me suis payée un « publi-reportage » dans un magazine d’arts très connu…

E. – Tu peux nous en dévoiler le coût ?

I. – Le publi-reportage s’étalait sur deux pages avec beaucoup de photos de mes tableaux. Il était superbement mis en page et le rédactionnel était très valorisant. Il m’a coûté de mémoire environ 3000 euros.

E. – C’est un sacré investissement !

I. – Il était nécessaire pour que je démarre la commercialisation de mes portraits d’enfants.

E. – Tes clients sont devenus ensuite tes ambassadeurs ?

I. – Oui d’ailleurs c’est comme ça que je les appelle… Mais tu sais, je ne ménage pas ma peine, car je fais une sorte de « newsletter » pour les tenir informés régulièrement de mon activité artistique. De plus, je continue à déposer des petites publicités dans les maternités et sur le comptoir des magasins de jouets.

Mon frère (qui ne me lâche jamais…) s’est intéressé à mon enquête et s’est proposé de me faire rencontrer l’un de ses copains Jérôme. J’ai tout de suite adoré le style de Jérôme qui me fait un peu penser aux œuvres de Basquiat. Il peint d’immenses fresques à l’acrylique. Ses peintures dénoncent les agressions de notre vie actuelle.

Témoignage de Jérôme.

J. – Amusant ton enquête. Et je ne te surprends pas si je te dis qu’il n’y a pas « une » façon de se faire connaître, mais plein de façons… Pour ma part, je suis né avec un ordinateur greffé au bout des doigts, alors j’y vais à fond sur la toile !

E. – Explique-toi…

J. – Un copain m’a filmé en plein travail et j’ai mis la vidéo sur Youtube. J’utilise aussi les réseaux sociaux comme Facebook, Viadeo, Linkedin, Twitter…

E. – Qu’est-ce que cela t’a rapporté ?

J. – J’ai été remarqué par un galeriste en Belgique qui m’a proposé une exposition.

E. – Une vraie ?

J. – Une vraie de vraie… Pas une exposition avec une location de murs à ma charge, si c’est ce que tu veux dire. Je n’ai rien eu à débourser. Tous les frais ont été pris en charge par le galeriste qui croit en ce que je fais. Tout a été payé par la galerie : frais d’inauguration, d’affichage, d’invitations, de dossiers de presse. Le jour du vernissage, j’ai vendu 4 fresques.

E. – Et ensuite ?

J. – J’ai laissé en dépôt quelques œuvres car le galeriste a un carnet d’adresses bien fourni et il va proposer mes fresques à des clients qui n’ont pas pu assister à mon expo. J’estime que c’est un beau début, mais j’ai bien conscience que je ne peux pas vivre uniquement de ma peinture et qu’il me faut une activité salariée en parallèle. Néanmoins, je considère cette expérience comme très positive.

A suivre…